Joueur de légende : Robert Parish

Robert Parish, vainqueur de quatre titres NBA, a tranquillement accompli une brillante carrière.

Robert Parish est celui qui a disputé le plus de rencontres de toute l’histoire de la NBA. Pivot de 2m16 alliant puissance, agilité et une endurance remarque, le joueur a remporté trois titres NBA dans les années 1980 avec les Boston Celtics et a fait partie de l’un des meilleurs trios d’intérieurs de l’histoire de la ligue américaine aux côtés de Larry Bird et de Kevin McHale. Il conclut sa carrière en 1997 en remportant un dernier titre avec les Chicago Bulls.

Le pivot, dont la marque de fabrique était un tir qui montait tellement haut qu’il semblait aller toucher les bannières du Boston Garden avant de trouver les filets, annonça son retrait des parquets à l’âge de 43 ans lors de l’intersaison 1997, soit à la suite de sa 21ème saison NBA et 1 611 matchs joués. Il était alors le 13ème meilleur marqueur de l’histoire de la ligue américaine avec 23 334 points inscrits, le sixième meilleur rebondeur et contreur avec 14 715 rebonds et 2 361 tirs détournés et se classait huitième au nombre de paniers inscrits avec 9 614.

ROBERT PARISH
Nom complet : Robert Lee Parish
Naissance : le 30 octobre 1953 à Shreveport, Louisiane.
Lycée : Woodlawn (Shreveport, Louisiane).
Université : Centenary (Lousiane).
Drafté par : Golden State Warriors (1976)
Taille : 2m16
Poids : 113 kg
Palmarés : Elu au Hall of Fame de Basketball (2003), champion NBA (1981, 1984, 1986, 1997) ; Deuxième équipe All-NBA (1982)

« Il est probablement l’intérieur au meilleur tir à mi-distance de l’histoire du basket » déclara Bill Walton, remplaçant de Parish au sein des Celtics victorieux de 1986.

Parish, surnommé « Chief » (« Chef » en anglais) par Cédric Maxwell, alors son coéquipier à Boston, en référence à un personnage du film « Vol au-dessus d’un nid de coucou », joue d’abord à Shreveport (Louisiane), la ville où il a grandi, avec l’université de Centenary. Après quatre ans à l’université et des moyennes de 21,6 points et 16,9 rebonds par match, il est sélectionné au premier tour de la draft NBA de 1976 par les Golden State Warriors.

En 1980, les Warriors transfèrent le joueur à Boston, club avec lequel le pivot passera 14 années remarquables. En effet, sur ces 14 années, les Celtics atteindront 13 fois les playoffs, remporteront neuf fois la Division Atlantique, joueront cinq fois les finales NBA et décrocheront trois titres.

Le pivot en profite ainsi pour participer neuf fois au All-Star Game, terminer six fois consécutivement dans le Top 10 des joueurs aux meilleurs pourcentages aux tirs, prendre en moyenne plus de 10 rebonds par match lors de huit saisons et marquer plus de 15 points par match de moyenne au cours de neuf saisons. En 1981-1982, il établit son record en carrière avec une moyenne de 19,9 points par match et compile 12,5 rebonds par match, un autre record en carrière, à l’occasion de la saison 1988-89.

Surnommé « Chef » pour son attitude stoïque, Robert Parish compte 9 apparitions au All-Star Game.

En 1994, il signe en tant qu’agent libre avec les Charlotte Hornets et apporte son expérience à une équipe jeune mais en pleine progression. Il joue ainsi deux saisons avec les Hornets et en profite pour devenir en fin de saison 1995-1996 le joueur ayant joué le plus de match en NBA aux dépends de Kareem Abdul-Jabbar. Il rejoint les Chicago Bulls à l’été 1996, une nouvelle fois en tant qu’agent libre, et remporte finalement son quatrième titre après une saison régulière à 69 victoires pour l’équipe de l’ancien Celtic.

Ses meilleures années resteront cependant celles qu’il passe avec Boston, où il forme le « Big Three » avec Larry Bird et Kevin McHale.

« Je serai toujours un Celtic dans l’âme. C’est avec cette équipe que ma carrière a décollé. » déclarera Robert Parish. « J’ai moi-même du mal à réaliser à quel point on était bons. Parfois, je me sentais bien, je faisais un bon match, et je prenais alors le temps de regarder Kevin et Larry jouer et je me disais ‘Ça c’est quelque chose. C’est vraiment incroyable.’ »

Lorsque le pivot commence sa carrière en NBA, des joueurs tels que Pete Maravich, Earl Monroe, Bob Lanier, Elvin Hayes, Rick Barry, Julius Erving et John Havlicek font les beaux jours de la NBA – et Shaquille O’Neal n’a alors que quatre ans.

Sélectionné en huitième position par les Warriors, le futur Celtic se retrouve aux côtés de Barry, Phil Smith et Jamaal Wilkes dans une équipe vainqueur du titre NBA en 1975 mais maintenant sur le déclin. Il joue finalement 77 matchs lors de sa première année pour 9,1 points et 7,1 rebonds par match de moyenne. Ses statistiques lors de sa seconde année soulignent déjà sa progression : 12,5 points et 8,3 rebonds de moyenne.

Robert Parish continue ensuite sa progression au sein des Warriors, mais l’équipe se retrouve dans les profondeurs de la très compétitive Division Atlantique. Lors de la saison 1978-79, ses statistiques atteignent 17,2 points et 12,1 rebonds par match de moyenne, lui permettant de terminer septième meilleur rebondeur de la saison. En fin de saison, il réalise une performance exceptionnelle lors d’une rencontre contre les New York Knicks en compilant 30 points et 32 rebonds, record en carrière. Les Warriors terminent cependant dernier de la Division Pacifique avec un bilan de 38 victoires et 44 défaites et ne participent donc pas aux playoffs pour la deuxième année consécutive.

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=YvUTTsJLdx8]

Lors de la saison 1979-80, Robert Parish termine une nouvelle fois septième meilleur rebondeur de la ligue avec 10,9 rebonds par match de moyenne sur 72 rencontres et marque également une moyenne de 17 points par match à 50,7 % aux tirs. Les Warriors, bons derniers, manquent pour la troisième année consécutive des playoffs qui sont sur le point de prendre une nouvelle signification pour Robert Parish. Il est en effet transféré aux Boston Celtics le 9 juin 1980, marquant le début de 13 campagnes de playoffs consécutives pour le joueur.

Red Auerbach et les Celtics ne peuvent qu’alors difficilement imaginer ce que vont leur apporter les trois joueurs recrutés ces deux dernières saisons. Larry Bird rejoint en effet l’équipe avant le début de la saison 1979-80 à la suite de se draft en 1978, soit juste avant sa troisième année universitaire. Les Celtics envoient ensuite deux tours de draft du second tour (qui seront utilisés pour sélectionner Joe Barry Carroll et Rickey Bron) à Golden State en échange de Robert Parish. Les Warriors envoient également leur premier tour de draft de 1980 à Boston que ces derniers utilisent pour sélectionner Kevin McHale. Le reste appartient à l’histoire.

Robert Parish devient le pivot titulaire des Celtics à la suite du soudain départ à la retraite de Dave Cowens et compile 18,9 points et 9,5 rebonds de moyenne par match sur 82 rencontres. Il en profite pour faire son premier All-Star Game, six autres suivront. A la lutte avec le Houston Rocket Moses Malone lors des finales NBA 1981, le pivot joue un rôle important dans la conquête du titre dès sa première année avec Boston.

Robert Parish formait avec Larry Bird (à droite) et Kevin McHale l’un des meilleurs trios d’intérieur des années 1980.

Lors des playoffs 1981, il compile 15 points et 8,6 rebonds de moyennes sur 17 matchs. Bird, Parish et McHale formeront dans les années 80 le meilleur trio d’intérieur de la ligue et en profiteront pour remporter trois titres et entretenir une rivalité féroce avec les Los Angeles Lakers et leurs stars, Magic Johnson et Kareem Abdul-Jabbar.

Parish conclura sa carrière par un quatrième titre en 1997.

La saison 1981-82 restera comme l’une des meilleures de sa carrière. Il est en effet sélectionné dans la seconde équipe All-NBA et se place juste derrière son coéquipier Larry Bird dans le classement du meilleur joueur de la saison (MVP). L’ailier et le pivot des Celtics permettent notamment à Boston de remporter 18 matchs consécutifs en fin de saison. De même, Robert Parish marque 21 points (9 sur 12 aux tirs) lors du All-Star Game 1982. Il termine finalement 20ème meilleur marqueur (19,9 points par match), huitième meilleur rebondeur (10,8 rebonds) et cinquième meilleur contreur de la saison (192 contres au total, meilleur contreur de l’équipe). Le pivot affiche ensuite des moyennes de 21,3 points et 11,3 rebonds par match lors des playoffs, mais les Celtics se font finalement éliminer par les Philadelphia 76ers en finale de conférence.

Le « Chief » est à nouveau All-Star lors de la saison 1982-83 avec des moyennes de 19,3 points et 10,6 rebonds par match. Cependant, la saison reste décevante d’un point de vue collectif. En effet, malgré un bilan de 56 victoires pour 26 défaites, Boston termine second de la division Atlantique juste derrière des Sixers qui seront finalement champions NBA. Les Celtics ne jouent que sept matchs de playoffs et se font éliminer par les Milwaukee Bucks en quatre matchs lors des demi-finales de conférence.

Mais la déception va être de courte durée, Parish, Bird, McHale & co remportent en effet le titre dès la saison suivante. Les 19 points et 10,7 rebonds de moyenne par match (septième meilleur rebondeur) lui permettent une nouvelle fois d’être sélectionné au All-Star Game. Les Celtics battent ainsi Magic Johnson, Kareem Abdul-Jabbar et les Lakers en sept matchs (avec deux victoires de Boston en prolongation) lors des finales NBA.

Robert Parish est une nouvelle fois le septième meilleur rebondeur de la ligue lors de la saison 1984-85 avec 10,6 rebonds par match et totalise également 17,6 points par match de moyenne. Boston, avec un bilan de 63-19, est la meilleure équipe de la saison régulière mais perd en finale contre les Lakers en six matchs.

La saison 1985-86 voit Boston remporter son troisième titre en six ans et son 16ème au total. Les Celtics écrasent la concurrence lors de la saison régulière avec un bilan de 67 victoires pour 15 défaites et un Robert Parish (maintenant suppléé au poste de pivot par Walton) contribuant à hauteur de 16,1 points et 9,5 rebonds par match de moyenne. Lors des finales NBA, l’équipe de KC Jones bat les Rockets en six matchs après que ces derniers ont battu les Lakers à la surprise générale en finale de conférence ouest.

All-Star pour la septième fois consécutive lors de la saison 1986-87, le pivot compile 17,5 points et 10,6 rebonds par match de moyenne pour sa 11ème saison, dont un triple double, le seul de sa carrière, contre les Philadelphia 76ers le 29 mars. Les Celtics atteignent une nouvelle fois les finales mais s’inclinent contre les Lakers en six matchs. Robert Parish affiche 18 points et 9,4 rebonds de moyenne pendant ces playoffs malgré une entorse de la cheville qui le force à manquer une rencontre du second tour contre les Milwaukee Bucks, mettant par la même occasion fin à une série de 116 matchs de playoffs consécutifs.

Les Celtics commencent maintenant à être âgés, et certaines équipes comme Detroit ou plus tard Chicago montent en puissance. Boston ne remportera pas d’autres titres mais l’ancien Warrior reste cependant productif avec 14,3 points et 8,5 rebonds par match de moyenne lors de la saison 1987-88 ainsi que 58,9 % de réussite aux tirs (deuxième de la ligue). Mais Boston perd en six matchs contre Detroit en finale de conférence Est, mettant fin à une série de quatre finales NBA consécutive pour les Celtics.

Le pivot est sélectionné dans la troisième meilleure équipe All-NBA en 1988-89 avec des moyennes de 18,6 points et 12,5 rebonds par match, mais le bilan des Celtics reste mitigé (42 victoires pour 40 défaites), notamment à cause du fait que Larry Bird ne joue que six matchs de saison régulière après une opération du talon visant à lui enlever des bouts d’os.

Les Celtics ne sont plus un prétendant sérieux au titre, mais Robert Parish va encore connaître quelques bonnes saisons avec Boston. Après deux ans d’absence, il est à nouveau sélectionné au All-Star Game lors de la saison 1989-90 avec 15,7 points et 10,1 par match de moyenne et 58 % de réussite aux tirs (troisième de NBA). Il est une dernière fois All-Star en 1990-91 avec 14,9 points et 10,6 rebonds par match de moyenne et 59,8 % de réussite aux tirs (deuxième de la ligue). Il passe la barre des 20 000 points en 1991-92, durant laquelle il établit des moyennes de 14,1 points et 8,9 rebonds par match.

Tandis que Bird et McHale prennent respectivement leur retraite en 1992 et 1993, Parish est le seul membre restant du « Big Three » de Boston. Souvent oublié parmi les meilleurs intérieurs de l’histoire, le pivot continue cependant d’être performant. A 40 ans, il compile 11,7 points et 7,3 rebonds de moyenne par match et joue 51 minutes lors d’un match de fin de saison contre les Chicago Bulls lors duquel Boston bat le champion en titre 104-94 après prolongation.

Robert Parish a pris sa retraite de façon très discrète – mais en champion – à la suite de sa saison avec les Chicago Bulls en 1997

L’ère du « Big Three » Celtic se termine officiellement lorsque le pivot quitte Boston à l’intersaison 1994 et rejoint les Charlotte Hornets en tant qu’agent libre. Il profite de ses deux saisons avec Charlotte comme remplaçant pour, à l’occasion d’un déplacement à Cleveland le 6 avril 1996, jouer son 1 560ème match et ainsi devenir le joueur ayant disputé le plus de rencontres de l’histoire de la NBA aux dépens de Kareem Abdul-Jabbar.

En septembre 1996, il signe avec Chicago en tant qu’agent libre. Disputant sa 21ème saison, record en NBA, le pivot gagne un quatrième titre après les trois acquis avec Boston à la suite d’une saison qui le verra disputer 43 matchs dont trois titularisations.

Fidèle à lui-même, il annonce alors de façon très discrète qu’il prend sa retraite, non pas lors d’une grande conférence de presse mais à l’occasion d’une interview télévisée d’intersaison le vendredi 25 août 1997.

« Je pense qu’il est temps. Je sais au fond de mon cœur qu’il est temps d’arrêter. »

En 1998, le Boston Garden voit le maillot de Robert Parish être retiré en présence du joueur. Il est élu au Hall of Fame en 2003.

Traduction par Elian Kuhn de l’article de nba.com « Legends profile: Robert Parish« .

Bonus youtube : DVD sur la saison 1981 des Celtics (en anglais) / DVD sur la saison 1986 des Celtics (en anglais) / Finales 1984 en intégralité.