Avery Bradley : une histoire de « famille »

Il y a deux ans, Avery Bradley – qui était alors rookie – cherchait à se faire tout petit lors des entraînements.

« Je ne voulais pas y prendre part, car j’avais vraiment peur de me faire engueuler par KG si je me foirais. » a-t-il avoué lors de la soirée de la Celtics Shamrock Foundation. « Je restais sur la touche. Parfois, je ne participais pas du tout, car je ne voulais pas que KG me reprenne. »

Bradley, le gamin timide de seulement 21 ans a déjà fait un sacré bout de chemin depuis son arrivée dans la grande ligue. Il fut en effet un temps où lui arracher plus qu’une poignée de mots était presque impossible, mais il est désormais volubile et plus à l’aise. Notamment lorsqu’il évoque son parcours et son éclosion.

Il faut se souvenir que tout ne fut pas toujours rose pour Bradley. Lors de sa première année, il ne joua que 31 matchs, pour une moyenne de 5.2 minutes de jeu. Ses pourcentages ? 34.3% au tir, et zéro à trois points.

Alors, d’où lui est venu le déclic ?

« Un jour, KG est venu me voir dans le car. J’avais ma capuche sur la tête, j’avais un peu le moral dans les chaussettes. Je ne jouais jamais. On pouvait voir que je n’étais plus le même Avery. J’étais souriant, mais timide, et il m’a dit ‘Tu sais quoi ? Hier soir, chez moi, j’ai regardé des vidéos de toi au lycée. Si tu continues à bosser dur, tu joueras en NBA comme tu jouais au lycée.’ »

Avery poursuit :

« Quelques mois plus tard, on montait dans le car après une rencontre et KG me lance tout simplement ‘Je te l’avais dit.’ Au début, je ne savais pas de quoi il parlait. D’habitude, il s’assied au fond et dit ce qu’il a à dire, mais là il est venu et m’a dit ‘Je te l’avais dit. Continue à bosser. Travailler dur paye toujours.’ Venant de KG, cela m’a vraiment fait plaisir et donné envie de continuer à travailler pour pouvoir être comme lui. »

Bien sûr, le jeune arrière a encore un sacré bout de chemin pour arriver à un tel niveau, mais on ne peut qu’être admiratifs lorsqu’il évoque l’impact du groupe sur sa personne.

« Nous sommes comme une famille », a-t-il ajouté lors de l’événement caritatif. « Les nouveaux vont vite s’en rendre compte, que ce soit sur comme en dehors du parquet. Nous sortons tous ensemble. Nous nous invitons tous les uns chez les autres. Me sentir intégré m’a fait du bien, et je me sentais beaucoup plus à l’aise avec les autres. »

N’allez pas pour autant croire qu’il se satisfait de s’être enfin révélé individuellement. Ce que les Celtics lui ont donné, il compte bien le leur rendre.

« J’accepterai mon rôle – quel qu’il soit – la saison prochaine. Je ferai ce dont l’équipe aura besoin. Qu’ils veulent que je marque, que je défende, que je commence sur le banc… Peu m’importe. Tout ce qui compte, c’est que l’on gagne nos matchs. »

Bradley, en plus de faire preuve d’humilité et d’abnégation, est en effet entièrement dévoué à son équipe.

« On sera impliqués dès le premier jour du camp d’entraînement, parce qu’on ne veut qu’une seule chose : gagner. Nous sommes unis comme une famille et notre seule préoccupation est de gagner. Dans un groupe comme ça, on ne peut qu’être à l’aise car il n’y a aucune de pression. On n’a pas à se prendre la tête sur le nombre de points que l’on doit marquer, ou à se forcer à faire des choses que l’on ne sait pas faire. Si chacun de nous fait son boulot, tout se mettra en place et nous gagnerons nos matchs. »

Le joueur, pourtant si jeune, a donc totalement intégré le concept de famille si cher à Boston et cela lui confère déjà un recul de vétéran sur la réalité du business NBA. Sa maturité se ressent encore plus lorsqu’il évoque le départ de Ray Allen – l’un de ses mentors.

« Je pense que je parle au nom de nous tous en disant que c’est dur de le voir partir, parce qu’il était un coéquipier extraordinaire. Et en plus d’être un coéquipier, c’était un frère pour nous tous. Donc c’est dur de le voir partir, mais quand on fait du basket, on comprend vite que tout ceci est un business. Des joueurs arrivent, d’autres partent. On ne peut que souhaiter le meilleur à ceux qui partent. Bien sûr, on espère que Ray s’en sortira pour le mieux, mais c’est tellement une bonne personne et un bon joueur qu’on sait tous que ça ira bien pour lui. Mais en ce qui nous concerne, on ne doit penser qu’à bâtir la meilleure équipe possible et se concentrer sur la saison prochaine. »

Jamais avare de bonnes paroles, c’est une fois de plus sans aucun égoïsme qu’il évoque le recrutement estival de Boston.

« Je suis satisfait de ce qu’a fait Danny Ainge. Il fait toujours un excellent travail, en faisant venir des gars qui vont parfaitement s’intégrer à la famille que nous formons, et je n’en peux plus d’attendre le coup d’envoi de la saison. Je sens que ça va être une bonne année, vu notre recrutement. »

Même s’il ne semble jamais raisonner en termes de concurrence à son poste, un joueur qui se révèle aussi soudainement que Bradley s’attire la sympathie des fans jusqu’à devenir leur chouchou.

Il n’a cependant pas voulu parler de ses épaules, déclarant ainsi habilement ‘j’avance jour après jour’ à quatre reprises lors d’une interview précédant la conférence de presse afin de ne pas s’étendre sur le sujet. Et quand, lors de la conférence, quelqu’un du public lui lança ‘Avery, tu reviens quand ?’, il sourit et répliqua ‘Je ne peux pas vous répondre’.

Cette fois-ci, ce ne fut pas une question de timidité !

D’après l’article de WEEI « Celtics ‘veteran’ Avery Bradley emerges from Ray Allen’s shadow », par Léo Hurlin