Bill Russell évoque ses problèmes cardiaques et l’intersaison des Celtics

Bill Russell, un des joueurs mythiques de Boston, s’est récemment entretenu avec NBA.com au sujet de l’opération du cœur qu’il a subi il y a trois semaines. Voici quelques extraits de l’interview :

Russell : C’est étrange. L’opération était quasiment anodine, même si elle n’en a pas l’air. Il fallait remplacer une de mes valves cardiaques par une opération à cœur ouvert. Cela semble grave, mais ce n’était pas une urgence. C’était juste quelque chose qu’il fallait que je fasse. Dans un cas d’urgence, cela aurait mis ma vie en danger mais là, ce n’était pas le cas. Il leur a fallu à peine deux heures pour changer la valve. Après l’opération, j’ai parlé aux docteurs et ceux-ci m’ont rassuré. Ils ont précisé que j’allais avoir quelques douleurs au début, mais qu’après tout irait beaucoup mieux pour moi. Pour le moment, je ne peux rien faire de plus que marcher, ce qui me limite au quotidien. En temps normal, je me balade chaque été en voiture à travers le pays et je joue au golf tous les jours. Là, je ne fais que râler.

NBA.com : Vous semblez en forme. Comment vous sentez-vous ?

Russell : Bien. Ce n’est qu’une légère rééducation. Je n’ai jamais été en danger. Cette opération était anecdotique, car je suis prudent. Je ne bois pas, je ne fume pas… Je suis en bonne condition.

Russell n’a pas manqué de commenter au passage l’intersaison des Celtics et le fameux départ de Ray Allen :

Russell : Personne ne peut prédire comment [les nouveaux Celtics] s’en sortiront. Récupérer un joueur de calibre supérieur n’améliore pas systématiquement l’équipe. Ce que je dis peut paraître louche, mais acquérir un joueur avec de meilleures stats ne va pas forcément avoir un impact positif sur l’équipe. Avec Red Auerbach, nous discutions souvent de ceci. La question qu’il faut se poser est : « Comment son jeu va-t-il s’intégrer avec nos éléments actuels, et cela va-t-il bonifier l’équipe ? » Ce que Miami fait, c’est exactement ce que Red faisait. Il conservait un noyau dur et y greffait des vétérans, afin que les rotations ne reposent pas sur des rookies. La plupart du temps, cela fonctionnait mais pas toujours. Parfois, nous ajoutions un vétéran à l’effectif en espérant qu’il en ait encore dans les jambes, mais c’est sa mentalité qui ne collait pas et l’expérience ne durait pas plus d’un an. Certains ne venaient pas pour gagner, mais pour relancer leur carrière. Beaucoup de joueurs ne s’impliquaient pas réellement dans le projet collectif.

NBA.com : Le fait que Ray Allen quitte Boston et s’engage avec Miami vous a-t-il surpris ?

Russell : Non. Pendant les playoffs, j’entendais sans cesse des gens dire que son shoot n’était plus aussi efficace qu’avant à cause de ses jambes. Il arrive parfois que les dirigeants ne décident pas seul et accordent du crédit à des gens qui ne savent pas de quoi ils parlent. Il est clair que Ray peut apporter énormément à Miami. Mais Jason Terry peut avoir le même genre d’impact. En gros, on a remplacé un shooteur par un petit gars qui, mine de rien, peut faire très mal.  Ça vaut le coup d’attendre pour voir comment la mayonnaise va prendre.

Traduction de l’article de ESPN Russell on heart, C’s offseason par Léo Hurlin, relecture par Louis Jullien