La défense dans la peau : Terry observe l’éclosion de Bradley

Avery Bradley ne laisse aucun répit à ses adversaires

Au bout d’un moment, la plupart se plaignent, jurent, ou implorent pour avoir un peu d’espace.

C’est l’effet Avery Bradley. Pendant sa période de convalescence à la suite de son opération aux deux épaules, ces souvenirs de lui tourmentant les meneurs adverses l’ont parcouru. Avery Bradley attend avec une impatience certaine un éventuel retour le mois prochain, et nul doute que ces plaintes reprendront. Ce sera alors la juste récompense de son travail acharné.

« Certains ne disent rien, mais j’arrive très bien à percevoir à quel point mon pressing tout terrain  les rend nerveux » a reconnu hier l’arrière des Celtics alors qu’il assistait une fois de plus à l’entrainement depuis le banc de touche. « Je suis sur leur dos pendant tout le match, c’est mon but. Personne ne me l’a appris. C’est venu naturellement. »
 

Cette pression si particulière exercée par Avery Bradley en a agacé plus d’un, notamment Jason Terry. Lorsque Bradley avait 13 ans, il faisait partie de l’équipe des Tacoma Icemen, une équipe créée par le père du JET, Curtis. Et, bien qu’étant l’un des premiers mentors de Bradley, la nouvelle recrue des Celtics a subi le même traitement de faveur que les autres. Cela l’a durablement marqué, et leur premier affrontement s’est déroulé lors du match contre Dallas le 11 janvier dernier. Le JET s’en souvient comme si c’était hier :

« Quand ce n’était pas sur moi, c’était sur Jason Kidd. Avery ne nous lâchait pas d’une semelle. Si bien qu’à un moment du match, je lui ai demandé de nous laisser un peu plus d’espace. Et il a répondu qu’il n’y avait que comme ça qu’il pouvait rester sur le terrain. »

Bradley avait trouvé le moyen d’être utile aux yeux de Doc Rivers. Il n’allait pas changer sa façon de faire. Et, comme il le découvrit plus tard, il avait ce soir-là totalement chamboulé les plans des Mavericks :

« Je n’avais pas fait attention car j’étais trop dans le match, mais Terry et Kidd ne voulaient plus porter le ballon. C’est Nowitzki qui avait dû s’y coller. »
 
Le Jet n’aura plus à subir la défense tout terrain de Bradley

Désormais coéquipier de Bradley, Terry est enfin tranquille et peut témoigner du talent de ce dernier. Il compare d’ailleurs le jeune joueur de Boston à son propre mentor :

« Avery me fait penser à Gary Payton, dans sa façon de te coller et de ne pas te lâcher. Payton ne te donnait jamais une seule seconde de répit. » explique ainsi l’ancien arrière des Mavs, « J’ai rencontré Avery lors de sa deuxième année de lycée, et nous avons appris à nous connaître à partir de cet instant. On faisait un 5 contre 5, et il tirait son épingle du jeu. Il en voulait. Il défendait sur moi et deux autres pros, dont Jamal Crawford. À l’époque, il ne faisait pas partie des meilleurs prospects d’université, c’était juste un lycéen. Mais il en voulait. »

Il n’en fallait pas plus au Jet pour intégrer Bradley à sa propre équipe de prospects l’été suivant au Reebok Basketball Challenge de Philadelphie, un tournoi regroupant les 100 meilleurs jeunes du pays dont la plupart misaient tout sur l’attaque pour séduire les recruteurs.

Mais Bradley lui, savait que son salut ne viendrait pas par ses points marqués.

« Je me suis vraiment rendu compte de son potentiel à Philadelphie » note Terry, « Ce gamin se pointe et n’est même pas dans le top 50 au début du tournoi. A la fin, il est dans le top 5. »

« Quand vous participez à un camp avec 100 autres joueurs, vous cherchez un moyen de vous démarquez. Il y avait des mecs qui shootaient depuis le milieu du terrain, d’autres qui étaient d’incroyables dunkers, mais aucun n’avait la volonté de défendre aussi intensément que lui. C’était devant plus de 200 recruteurs d’universités. »
Bradley a dès lors beaucoup gagné en confiance en soi : « Je voulais marquer 30 points et faire en sorte que mon adversaire direct n’en marque aucun. Beaucoup de jeunes veulent être bon sur le plan offensif. Je voulais simplement prouver que j’étais meilleur que n’importe qui. »
 

Ironie du sort, Terry et Bradley sont à nouveau réunis, plus que jamais d’égal à égal. Terry continuera d’avoir le rôle qui était le sien à Dallas, à savoir être un sixième homme de luxe. Et une fois que Bradley sera de retour et à 100% aux entraînements  il est peu probable que le Jet rencontre la même pression défensive lors d’un match NBA cette saison.

Pour Bradley, c’est peut-être plus que jamais le moment de s’inspirer de son mentor.

« Ce qui m’a impressionné chez lui c’est le temps qu’il passe à s’entraîner« ,  explique Bradley au sujet de Terry. « C’est un grand shooter pour une bonne raison, il travail dur pour ça. Que ce soit après les matchs, avant les matchs, à 2h du matin : il shoote, et il continue aujourd’hui. On demande où est Jason ? La réponse est toujours la même : il s’entraîne.  Et je le sais depuis le lycée, donc ça fait bizarre d’être dans la même équipe que lui. Je l’admire depuis mon plus jeune âge. Tout le monde connait Jason Terry. »

Mais tout le monde ne peut pas se vanter de l’avoir à la fois comme mentor et comme coéquipier.

Cadeau :

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 Traduction partielle de l’article du Boston Herald « Deep Roots of Defense » par Léo Hurlin et Louis Jullien, relecture par Elian Kuhn

 
 

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