Boston vs San Antonio : le match des oubliés

Il doit exister une sorte de Vendetta contre les Celtics et les Spurs. Chaque année ces deux équipes sont oubliées, négligées et pourtant tout le monde sait parfaitement qu’elles seront bel et bien présentes dans la lutte pour le titre.

Boston et San Antonio vont s’affronter mercredi soir au TD Garden et c’est tout sauf une surprise si ce match n’est pas diffusé à la télévision nationale américaine. Ce n’est qu’une preuve supplémentaire que les gens snobent deux des meilleures franchises de la ligue.

Ces équipes ne jouent pas un basket très spectaculaire. Elles sont construites autour de vétérans qui ont perdu un peu de leurs lustres d’antan ces cinq dernières années. Elles ne vont pas marquer autant de points que les jeunes équipes telles que le Heat, les Lakers, les Clippers ou le Thunder (les deux dernières s’affrontent d’ailleurs ce soir et le match est lui retransmis sur ESPN). Néanmoins, quand on rentre dans le vif du sujet en mai et en juin, elles sont bien là et c’est ce qui les caractérise le plus.

Aussi bien Boston que San Antonio se moquent de ce que les autres pensent d’eux. Ce qui les préoccupe, c’est ce qui se passe au sein même de leurs vestiaires. Ils sont au rendez-vous année après année pour une raison : ils font les choses bien, du début à la fin.

Doc Rivers va retrouver l’un de ses mentors : Gregg Popovich

Ces réussites à répétition sont basées sur un leadership incroyable à tout niveau. Les deux équipes possèdent probablement les deux coachs les plus respectés de la ligue : Gregg Popovich et Doc Rivers. Les directeurs généraux Danny Ainge et R.C. Buford n’ont pas leurs pareils pour trouver les bonnes pièces du puzzle, préférant le fond à la forme. Enfin, on ne peut pas laisser de côté le leadership que dégagent ces deux équipes quand elles sont sur le terrain.

Et ça démarre dès le banc, avec Rivers et Popovich qui sont vus par presque tous les joueurs de NBA comme des « coachs joueurs ». Il n’y a pas de véritable définition, mais pour faire court cela signifie principalement que ces deux là font attention à leurs joueurs et que la communication va dans les deux sens. Leur vision des choses n’étant pas forcément la vérité absolue, ils sont ouverts à toute remarque intelligente de leurs joueurs. Tous deux gèrent leurs groupes avec la même mentalité et le même caractère. Tout ne tourne pas autour de leurs personnes, et ils demandent la même mentalité à leurs joueurs.

Rivers a joué pendant deux saisons à San Antonio alors que Popovich y était GM et vice président des opérations basket. Il n’en fallait pas plus pour que le Doc s’approprie à jamais la mentalité de Popovich.

« Il m’a pas mal influencé » admet Rivers. « Prendre le bon joueur, pas le meilleur, prendre celui qui sera utile à l’équipe. Je pense qu’ils font ça mieux que personne dans cette ligue, tout le monde devrait suivre leur exemple ».

Rivers utilise le pluriel car il fait référence au duo Popovich-Buford. Les deux travaillent main dans la main pour mettre au point une équipe compétitive chaque année.

Le même constat existe à Boston avec Rivers et Ainge. Ils connaissent le type de joueur qu’ils cherchent – du caractère, qui prend ses responsabilités, avec du talent et un bon Q.I. basket – et ils font leur possible pour former un véritable groupe à chaque intersaison.

C’est pour cette raison que les Celtics ont dû procéder à de grands changements cet été, avec 10 nouveaux joueurs dans l’équipe par rapport à celle qui a disputé les play-offs en mai dernier. Pour l’heure, leur esprit de camaraderie est en plein développement et ils tentent de former un groupe soudé.

San Antonio est déjà à ce stade là, et ils le sont depuis plus de dix ans maintenant. Le groupe est toujours plus ou moins resté le même, construit autour de trois joueurs hors du commun : Tim Duncan, Tony Parker et Manu Ginobili.

Le Trio magique des Spurs : Duncan, Ginobili, Parker.

« Leur plus grande force est de ne presque pas avoir changé » reconnaît Rivers. « C’est ce qui les rend différents de n’importe quelle équipe, y compris nous ».

Le Doc voit juste. Les Celtics ont changé. Mais ils gardent une base solide qui incarne un véritable état d’esprit depuis plus de cinq saisons. Le reste de l’équipe sait qu’en suivant les conseils de Kevin Garnett, Paul Pierce et Rajon Rondo, ils iront dans la bonne direction.

Celui des Celtics : Garnett, Pierce, Rondo.

L’un des joueurs qui suit à la lettre ce trio de leaders est le rookie Jared Sullinger. A seulement 20 ans, il a grandi en étant le témoin du succès des Celtics et des Spurs. A elles deux, elles sont apparus cinq fois sur 10 finales NBA pour quatre titres au total. Sullinger sait qu’elles se ressemblent en bien des points, et l’un d’eux est la présence de véritables leaders sur le terrain.

« Il y a des grands noms à quelques postes qui peuvent vous rendre meilleur presque n’importe quand », savoure Sullinger.

En réalité, les Cetlics et les Spurs ont de grands noms qui ont étincelé à leurs niveaux d’implication. Rivers et Popovich, Ainge et Buford, et les deux Big Three savent ce qu’il faut pour gagner. Ils ont connu ça. Ils sont allés au bout. Et ils l’ont fait de bien belle façon.

« Se sacrifier », rappelle Rivers. « Chaque joueur doit penser au collectif avant tout. Vous me connaissez, je déteste les mecs qui pensent à leur pomme avant de penser à l’équipe, et qui ne se soucient que de leurs stats personnelles. Vous devez briller à travers l’équipe et j’ai probablement appris ça à San Antonio plus qu’ailleurs ».

Pas étonnant que ces équipes soient aussi bonnes. Pas étonnant qu’à la fin de chaque saison régulière elles soient au rendez-vous des grandes joutes. Le plus étonnant, c’est qu’on continue de les oublier.

Traduction de l’article de NBA.com par Louis Jullien, relecture par Léo Hurlin et Elian Kuhn.

One Comment on “Boston vs San Antonio : le match des oubliés”

Comments are closed.