Barbosa apporte bien plus que des points

Souhaitons tous un joyeux anniversaire à Leandro Barbosa !

C’est aujourd’hui que le meneur brésilien fête ses 30 ans et nous lui souhaitons un bon match contre les Nets avec une victoire à la clé. Alors qu’il n’était pas forcément le plus attendu, il fait aujourd’hui l’unanimité chez les C’s.

Les Celtics ont beaucoup dépensé cet été pour tenter de rendre leur banc plus offensif : 73,2 millions de dollars pour Jason Terry, Jeff Green et Courtney Lee.

Et pourtant c’est Leandro Barbosa, signé une semaine avant le début de la saison et dont le contrat à 854 000 $ est une aubaine, qui jusqu’ici a délivré les meilleurs performances offensives en sortie de banc.

Le coach Doc Rivers a même déclaré en plaisantant qu’il semblait être parti pour battre un record NBA après ses 11 points en à peine plus de trois minutes. Faisant honneur à son surnom de Brazilian blur (que l’on pourrait traduire par « l’éclair brésilien ») , Barbosa a apporté du scoring, de la vitesse et de la finesse.

« C’est un scoreur » rappelle Rivers aux journalistes après le match. « On n’a pas de véritable meneur remplaçant pour le moment, donc quand il entre, il entre pour marquer. C’est ce que je dis à l’équipe : « Quand Leandro est sur le terrain, et que Rajon est sur le banc, nous jouons avec deux arrières. » Quand on met en place des pick-and-roll avec lui, il les utilise comme un scoreur et non comme un passeur. »

Barbosa a fini avec 15 points en un peu moins de 11 minutes de jeu (6 sur 8 aux tirs) et a ainsi grandement contribué à la victoire des siens 116-110 à l’Amway Center.

Après 14 matchs, Barbosa présente des moyennes de 6,9 points et 1,6 passe décisive en 14 minutes. Les Celtics attendaient de l’ancien meilleur sixième homme de la ligue qu’il apporte sur le plan offensif, mais la véritable révélation a été son efficacité en défense.

Prenons l’exemple de la victoire sur Oklahoma City vendredi dernier, un match lors duquel Barbosa n’a pas inscrit un seul point du match (ce qui est seulement la deuxième fois depuis son arrivée). Rivers n’aurait pas pu être plus heureux de la performance de Leandro car il a tout de même eu un fort impact sur le jeu en rendant quelques services à la mène (2 passes décisives en 11 minutes) et surtout en pressant sans discontinuer le porteur de balle adverse.

« C’est drôle, il n’a pas inscrit le moindre point et j’ai trouvé son pressing en défense excellent ce soir » a délcaré Rivers après le match de vendredi. « Il a la réputation d’être un joueur offensif. Mais depuis qu’il nous a rejoint, nous nous sommes aperçus que c’est un sacré défenseur. Il a cette capacité à sans arrêt mettre  la pression sur son vis-à-vis. C’est quelque chose  que nous ignorions. »

À un degré moindre, Barbosa apporte un petit peu de ce que les Celtics ont perdu avec la blessure d’Avery Bradley. Il arrive à utiliser sa vitesse pour gêner les meneurs adverses et les coller au plus près. Il n’a certainement pas la trempe d’un verrouilleur tel qu’Avery Bradley, mais c’est un poison pour l’équipe d’en face.

Avant le match de dimanche, Barbosa limitait ses adversaires à un faible 37% au tir d’après les données Synergy Sports (20/54). « Beaucoup d’équipes ne le pensent pas capable de défendre » admet son coéquipier Jeff Green. « Pourtant ce gars est rapide, il est vif et il a les mains actives. Quand il est là, c’est un poison. Nous allons vraiment poser de gros problèmes aux équipes adverses quand Avery Bradley sera de retour. Lui et Leandro associés…ce sera un duo d’arrières incroyable. »

Garnett entouré de Barbosa et Green

On ne peut qu’apprécier les efforts fournis par Barbosa pour déjouer les pick-and-rolls adverses. Rivers rappelle souvent qu’il faut rester au contact du porteur de balle avant que l’intérieur touche le défenseur, et Barbosa arrive parfaitement à  éviter de se faire avoir et à revenir sur son vis-à-vis.

C’est peut-être Kevin Garnett qui l’exprime le mieux lorsqu’il parle de sa capacité à « se faufiler » partout : « Il est surtout connu pour ses pénétrations et son jeu offensif » admet Garnett. « Mais ce qui m’a le plus surpris est son mental de compétiteur. Il a un très bon QI basket, c’est la première chose que l’on remarque chez lui, mais sa défense est également un atout. Je ne pense pas qu’il ait déjà été entouré de bons défenseurs, dans une équipe qui privilégie la défense, mais il adhère totalement. C’est un mec qui bosse pour l’équipe, un bon coéquipier, et si on veut arriver à quelque chose, il va devoir  nous apporter tout ça. »

On en arrive presque à oublier que Barbosa n’est encore qu’en apprentissage au sein des Celtics. Signé sur le tard, il n’a pas eu le luxe du training camp ou des matchs de présaison. Rivers admet qu’il continue de chercher le moyen d’utiliser au mieux le Brésilien.

Malgré le retour annoncé pour mi-décembre de Bradley, il est clair que Rivers envisage un rôle plus important pour le nouveau trentenaire de l’équipe : « Je pense qu’on n’a pas encore trouvé le meilleur moyen d’utiliser Leandro, car avec sa vitesse il met énormément de pression sur la défense adverse » constate Rivers.

Demandez donc au Magic. S’il n’était pas sorti pour des problèmes de fautes, Barbosa aurait pu leur faire encore plus mal. Leandro est peut-être celui qui rentabilise le plus les investissements placés en lui cet été, comme le montre son rendement offensif en un faible temps de jeu contre Orlando.

Traduction de l’article « Barbosa not just a scorer » par Louis Jullien. Relecture par Elian Kuhn.