KG et les Wolves, un match pas comme les autres

Le meilleur joueur de l’histoire de la franchise de Minnesota insiste sur le fait qu’il n’éprouve aucun plaisir particulier à battre son ancienne équipe, celle qui l’avait transféré un certain été  2007.

« Vraiment pas » confirme KG après sa performance lors de la victoire 104-94 contre Minny mercredi soir (18 points, 10 rebonds, 4 passes décisives).

Il ne manquait – en plus d’un peu de franchise – qu’un petit rire pour accompagner le tout.

KG Wolves 1

Garnett ne jure que par la fidélité, et plus de 5 ans après l’échange qui l’avait envoyé à Boston contre 5 joueurs et 2 tours de draft, il continue d’avoir ce petit surplus de motivation au moment de retrouver ce maillot bleu clair qu’il a si brillamment porté pendant de nombreuses années. Croire le contraire équivaut à croire à la petite souris ou aux licornes.

“A votre avis?” a répondu Rivers lors de la conférence de presse quand on lui demande si Garnett a en effet ce petit surplus d’envie contre son ancienne équipe. « Bonne réponse », ajoute-t-il après une réponse affirmative du journaliste.

Il y a 15 équipes dans la conférence Ouest et Garnett a perdu au moins une fois contre 14 d’entre elles avec le maillot vert sur le dos. Toutes sauf une : il n’a en effet jamais perdu contre son ancien employeur. Les Celtics restent sur 11 victoires consécutives contre les Wolves, les 10 dernières avec un Kevin Garnett portant les couleurs de Boston.

Il faut remonter à sa dernière saison à Minnesota (bien qu’il l’ignorait à ce moment-là) pour trouver trace d’une victoire des Wolves. Ricky Davis avait inscrit le panier de la gagne pour une victoire des siens109-107. Garnett avait terminé le match avec un triple-double.

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Moins de six mois plus tard, il était envoyé à Beantown. Il est presque amusant de voir après-coup à quel point cet échange était déséquilibré.

Aucun des 5 joueurs concernés ne joue encore pour Minnesota. Deux d’entre eux (Theo Ratliff et Ryan Gomes) ne sont plus en NBA. Deux autres (Sebastian Telfair et Gerald Green) ont rebondi ailleurs ; Green a d’ailleurs quitté la ligue avant de refaire surface la saison dernière. Seul Al Jefferson a réussi une carrière NBA honorable jusqu’ici, mais il n’a jamais remporté le moindre match en play-offs depuis son départ de Boston. Trois ans plus tard, il a été envoyé chez le Jazz d’Utah. L’un des choix de draft inclus dans l’échange de KG a servi à recruter Dante Cunningham.

Même les têtes pensantes en place à l’époque ne sont plus là. Kevin McHale, manager général d’alors, est aujourd’hui avec les Rockets de Houston. Quant aux coaches Randy Wittman et Dwane Casey, ils sont partis depuis longtemps. Plus aucun joueur présent en 2006-2007 ne fait partie de l’équipe ; Kevin Love étant le plus « ancien » des Wolves avec son arrivée en 2008.

Mais le maillot est resté à peu près le même. Les couleurs aussi. D’ici peu de temps la rencontre contre les Wolves ne sera plus qu’ « un match parmi d’autres », mais pour le moment, cette date est toujours bien marquée dans le calendrier de Kevin Garnett, même s’il affirme le contraire.

Chris Wilcox en témoigne :

« Bien sûr qu’il était à bloc, mais le plus important c’est qu’on l’a bien servi au poste dès le départ, et qu’on a insisté sur lui. On doit faire ça à chaque match, je ne sais pas pourquoi on ne le fait pas tous les soirs. Mais on l’a bien fait hier soir et vous avez pu constater le résultat. »

Garnett est sorti des starting-blocks chauffé à bloc. Il a rentré tous ses tirs lors du premier quart avec un 4/4 au tir pour 8 points. Tous ses paniers ont eu lieu pendant son premier passage sur le terrain, lors de la première moitié du quart-temps. Avec un temps de jeu inférieur à 27 minutes, il a toutefois réussi à finir en double-double, son cinquième de la saison, et a égalé son record de passes cette année. Surtout, il a shooté à 8/13 sur l’ensemble du match.

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Rivers a donc naturellement encensé son intérieur :

« Je l’ai trouvé fantastique, j’ai adoré son agressivité en attaque. Ça se voyait qu’il cherchait à marquer, ce qui est bien car d’habitude son réflexe est plutôt de faire la passe. Donc c’était très bien. »

Défensivement, il s’est occupé à tour de rôle de Love et de l’imposant pivot Nikola Pekovic. Love ne lui a jamais vraiment posé problème malgré des statistiques plutôt bonnes. Garnett a davantage lutté face au pivot serbe. Les Celtics ont ensuite pris le contrôle du match dans le troisième quarttemps et n’ont plus rien lâché ensuite, bien aidés il est vrai par l’adresse famélique de Minnesota aux lancer-francs : 16/30.

On peut noter la bonne performance de Rajon Rondo pour son retour après deux matchs de suspension (17 points, 11 passes), mais Kevin Garnett était sans conteste LE joueur clé du match. Il a donné le ton en bataillant sous le panneau. Il n’a pas hésité à tenter. Et de son point de vue, la soirée était parfaite puisqu’il a eu la chance de voir Gino sur l’écran géant (une danse extraite d’un vieux film, qui ne passe que lorsque le match est plié en faveur des locaux), un fait rare cette année tant les victoires faciles ne sont pas légions.

Cela s’est produit à 64 secondes de la fin du match, quand l’écart était de 14 points pour les C’s. Garnett est venu s’asseoir sur le banc les trois dernières minutes du match. Rivers pouvait bien essayer de donner des conseils pendant le temps mort, Garnett n’y était plus, il regardait fixement l’écran géant, n’attendant que Gino, puis il a pointé son index vers le ciel, saluant ainsi l’apparition du danseur barbu.

Une victoire contre Minnesota avec comme cerise sur le gâteau une apparition du Gino ? Rien ne pouvait rendre KG plus heureux, même s’il n’est pas disposé à l’admettre. Il arrivera sûrement un jour à digérer son échange et à pardonner, mais jamais, jamais, il ne pourra oublier.

Traduction de l’article « Kevin Garnett takes pleasure beating Minnesota » par Louis Jullien, relecture par Elian Kuhn