Une réaction est attendue, mais laquelle ?

Après la lamentable défaite (88-103) de dimanche soir chez des Pistons qui avaient pourtant paru complètement hors-sujet trois jours plus tôt face aux Knicks à Londres, Doc Rivers est resté vingt minutes à sermonner son équipe dans le vestiaire des visiteurs.

En effet, ces mêmes Pistons venaient tout juste de laminer les Celtics. En jouant avec plus d’envie, d’intensité et de rage que les joueurs de Doc Rivers, Detroit avait réussi à leur infliger leur troisième revers consécutif après que ceux-ci ont remporté six matchs d’affilée.

Les Celtics se sont fait bouger par les Pistons (NBAE / Getty Images)

Le fait que Doc retienne son équipe aussi longtemps dans le vestiaire signifiait bien que quelque chose se tramait.

S’il ne les a probablement pas averti du danger qu’ils encouraient s’ils continuaient à jouer aussi mal (finir en Sibérie ou à Sacramento, ce qui est peut-être pire), il n’aura eu besoin que d’une minute et trente secondes pour le faire comprendre aux médias présents en conférence de presse.

Alors que la Nouvelle-Angleterre était quasiment en deuil suite à la défaite des Patriots (football américain), l’entraîneur des Celtics – d’habitude jamais avare de paroles et d’humeur badine – jetait l’opprobre sur son équipe.

« Il va falloir que je trouve les bonnes combinaisons ou certains gars devront faire leurs valises. C’est là où nous en sommes, parce qu’ils ne jouent pas bien alors qu’ils en sont capables. Je ne leur ai pas suffisamment fait comprendre que ce n’était pas acceptable, ou ils ne se le disent pas entre eux. Il va falloir que cela se produise, ou des changements surviendront. Si nous ne corrigeons pas tout ça, des ajustements pourraient arriver. Notre série de six victoires était concluante. Trois matchs d’excellent basket et trois autres matchs remportés. »

Rivers acheva son intervention d’un « c’est tout pour moi, merci. » Et il en avait assez dit. Si ce groupe endormi et sans envie ne savait jusqu’alors pas ce que pensait l’entraîneur, c’est maintenant le cas. Et la révolte doit commencer ce soir face aux Cavaliers.

Mis à part Rondo, Pierce et Garnett, les joueurs semblent penser que parce qu’ils portent le maillot de Boston, parce que Rivers est leur coach et parce que cette équipe connaît le succès depuis six ans, tout va s’arranger et les efforts qu’ils ont fourni durant les quarante premiers matchs de la saison suffiront à inverser la tendance.

Mais ce que disent ces quarante premiers matchs, c’est que Boston est au mieux une équipe moyenne qui se dirige tout droit vers une élimination au premier tour des playoffs face au Heat. Ils jouent mal, que ce soit à domicile ou à l’extérieur. Ils ne défendent pas suffisamment. Ils ne prennent pas suffisamment de rebonds. Ils ne marquent pas suffisamment de paniers.

Ray Allen manque à Boston. Non seulement parce qu’il savait marquer à trois points ou obtenir des lancers francs, mais aussi parce qu’il amenait du professionnalisme et du sérieux à l’équipe. L’ambiance dans le vestiaire est devenue trop bon enfant, avec des joueurs balayant d’un revers de main l’importance des défaites.

Non pas qu’ils ne veulent pas gagner. C’est plutôt que certains ne savent pas s’y prendre et que d’autres s’attendent à ce que les vétérans fassent disparaître les problèmes que rencontre l’équipe. Ce que Rivers doit se demander, c’est si Boston a ou non réuni les bons joueurs.

Les Celtics ont en effet greffé Green, Lee et Terry à leur noyau dur car, honnêtement, Pierce et Garnett ne peuvent plus en faire autant qu’avant et à respectivement 35 et 36 ans, personne ne devrait s’attendre à ce que cela soit le cas. On s’attend plutôt à ce que les trois recrues de Boston prennent le relais d’un Pierce lorsque celui-ci n’est pas dans un bon soir.

Ce qui se produit beaucoup moins souvent que prévu. Et pire encore, ce trio n’a pas eu d’influence véritable sur le vestiaire.

Pierce, Rondo et Garnett sont des Celtics. Leurs coéquipiers jouent pour les Celtics. C’est ce qui fait la différence. Avec les effets de l’âge sur Pierce et Garnett, le départ de Allen et les drafts peu réussies de ces dernières années (mis à part Bradley et Sullinger), on attendait beaucoup de ce trio en sortie de banc.

Pendant ce temps, Brandon Bass, qui a signé un contrat de trois ans cet été (le premier long contrat d’une carrière qui l’a vu connaître de nombreuses équipes NBA),  a régressé et ne réussit plus les tirs à mi-distance qui l’avaient rendu si précieux la saison passée. Sur les 20 dernières rencontres, Bass a marqué plus de 10 points seulement trois fois.

« Nous ne sommes pas à la hauteur de nos espérances, » déclarait un Rondo des plus aigris. « Mais nos joueurs sont comme ça. J’aime cette équipe. Je ne suis pas abattu. Je n’aime pas perdre, donc je suis bien évidemment frustré. Mais j’aime l’équipe que l’on a. Nous devons tout simplement faire mieux sur le parquet. Tout le monde, les titulaires, moi. Je dois faire mieux. »

Rondo essaie de devenir un leader, mais il faut pour cela que ses congénères le considèrent comme tel et non pas comme un simple coéquipier. Il a d’ores et déjà été critiqué et doit à son tour tenir plus souvent les autres joueurs pour responsables, exiger d’eux qu’ils aient une approche plus professionnelle. Fini les réactions du type « Ce n’est pas grave, on rejoue demain. »

Si tout ne se met pas en place rapidement, certains iront donc apparemment passer la fin de la saison en Sibérie ou à Sacramento. Et c’est peut-être ce dont cette organisation a réellement besoin, car après quarante matchs, l’équipe n’a rien prouvé mis à part sa capacité à être médiocre. Ce qui ne ressemble en rien à ce qu’on attend des Celtics.

Traduction par Léo Hurlin de l’article du Boston Globe ‘Celtics coach Doc Rivers made the right move by threatening major changes’, relecture par Elian Kuhn

3 Comments on “Une réaction est attendue, mais laquelle ?”

  1. Si l'adresse n'est pas là on va pas aller bien loin …
    C'est les schémas défensifs de Tom Thibodeau qui manquent le plus à Boston. Depuis son départ, on régresse au fil du temps, les nouveaux n'ayant pas reçu cet héritage.
    Après rien n'empêche les Celtics de faire une fin de saison du tonnerre, mais en attendant on aura souffert cette saison en tant que supporter^^

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