Brandon Bass est (légitimement) frustré

Avec un temps de jeu et un rendement en baisse, c’est une frustration compréhensible qu’exprimait Brandon Bass après la défaite de jeudi soir face aux Knicks.

L’ailier fort des Celtics venait en effet de terminer la rencontre en ayant inscrit quatre points et pris deux rebonds, en 19’41 » de jeu. Pire, il n’allait pas inscrire le moindre point en 18’49 » lors du match suivant contre Atlanta (défaite après deux prolongations).

Le joueur, que l’on connaissait discret mais régulier l’an dernier, s’était ouvert les portes d’un nouveau contrat de trois ans (et 19,3 millions de dollars) en jouant 59 des 66 matchs de Boston et en totalisant 12,5 points et 6,2 rebonds de moyenne en 31 minutes de jeu.

Mais, après 43 matchs disputés cette saison, Bass est loin d’avoir eu le même impact sur l’équipe, ses moyennes étant retombées à 7,4 points, 4,9 rebonds et surtout 26 minutes de jeu.

« En résumé, tout ce qui compte c’est de faire aussi bien, sinon mieux que l’année précédente, » déclarait Bass après la défaite de jeudi soir. « Donc évidemment c’est frustrant, mais le collectif passe avant tout. La seule chose à faire, c’est de bosser et de continuer à croire que la situation finira par se débloquer. »

Brandon Bass ne peut que ronger son frein, en attendant des jours meilleurs (Brian Babineau / Getty Images)

Et lorsque l’on demande à Bass ce qui ne va pas au sujet de son rendement, ce dernier pointe du doigt son temps de jeu.

« Je pense que lorsque l’on regarde mes statistiques, il faut voir ce qui va avec. Si vous voyez qu’elles sont en baisse, regardez mes minutes. Elles sont également en baisse ? Ceci explique cela. Ensuite, regardez les opportunités que j’ai. Ça aussi, ça joue. On fait avec ce que l’on a. »

Est-il content de sa saison ? Le joueur répond directement « Non, je ne suis pas satisfait. »

Les statistiques de Bass présentées plus haut, les plus basiques, ne sont pas les seules à souffrir de la comparaison avec celles de l’an dernier. Selon Basketball-Reference, le taux d’utilisation de Bass est passé de 19,8% l’an dernier à 15,6% cette saison. En carrière, ce taux est à 19,2%.

Cela prouve qu’offensivement, le numéro 30 des Celtics n’est pas autant servi qu’avant. Sur les 43 premiers matchs de la saison, il prend d’ailleurs environ quatre tirs de moins qu’avant, et même moins de ceux qui lui réussissaient : le nombre de tirs pris en moyenne par Bass entre trois et quatre mètres est passé de 2,1 à 1,5 cette saison, et de 5,1 à 3,2 pour les tirs entre cinq et sept mètres.

Pourtant, Bass ne se sent pas plus hésitant balle en main que l’an dernier. Il pointe du doigt la mise en place de schémas offensifs différents de ceux qui lui réussissaient l’an dernier pour expliquer une telle baisse dans son impact statistique.

Toutefois, compte tenu de l’utilisation réduite du joueur, ses moyennes au rebond sont bien loin d’avoir lourdement chuté :  si son pourcentage de rebonds défensifs a baissé de quelques points, son pourcentage total de rebonds pris est quasiment identique à celui de l’an dernier. Mieux encore, son pourcentage de rebonds offensifs gobés a augmenté par rapport à la saison précédente, passant de 6,3% à 7,8%.

Et si aujourd’hui sa place de titulaire semble acquise, cela n’a pas été le cas toute la saison. Il y a à peine un mois, Boston insérait Jason Collins dans le cinq de départ aux côtés de Kevin Garnett, reléguant Bass sur le banc. Mais cette expérience fit long feu et Bass fut réinséré dans le cinq de départ. Sur les 43 matchs déjà joués, il totalise désormais 33 titularisations.

« Très frustrant, » qualifie-t-il son rôle fluctuant. « Mais c’est normal, pour un second couteau. La seule chose à faire, c’est de tirer le maximum de son temps de jeu. »

L’arme principale de Brandon Bass, moins utilisée cette saison (Brian Babineau / Getty Images)

Qu’aimerait-il alors voir changer en deuxième partie de saison ?

« Tout ce qui peut me permettre d’être plus productif. Voilà ce que j’aimerais voir s’améliorer. » réplique-t-il. « J’aimerais être plus efficace avec ce qu’on me donne, rentrer mes tirs, toujours tendre vers le meilleur. Et voir mon temps de jeu augmenter en conséquence. »

Ce n’est pas tant Bass qui a changé que Boston. Lors de la saison passée, et plus particulièrement une fois les problèmes au cœur de Wilcox diagnostiqués, Bass était pratiquement devenu la seule option au poste 4. Qui d’autre que lui pouvait fournir autant de minutes de qualité à Doc Rivers ? Ryan Hollins ? JaJuan Johnson ?

Cette année, l’émergence du rookie Jared Sullinger et le retour de Jeff Green dans les rangs de Boston ont très certainement pesé sur le temps de jeu de Bass. Bien que ce dernier ait toujours sa place parmi les titulaires, Sullinger mérite davantage de minutes et sur certaines séquences, c’est Green qui occupe le poste d’ailier fort (quand les Celtics jouent small ball).

En conséquence, Bass a du mal à s’adapter à cette nouvelle situation. Il éprouve certaines difficultés à être aussi efficace que l’année dernière avec un temps de jeu restreint et un rôle dans l’équipe pas clairement défini. Alors que certains joueurs connaissent parfaitement leur rôle (Jason Terry est là pour apporter des points par exemple, bien qu’il ne soit pas encore à la hauteur des attentes de ce point de vue), Bass lui ne se voit pas offrir un rôle clair qu’il pourrait jouer match après match.

L’année dernière, sans avoir excellé dans un compartiment du jeu en particulier, Bass était régulier dans presque tous les domaines : il marquait, prenait des rebonds et défendait. Il était consistant, tout simplement, et les Celtics l’étaient tout autant avec lui sur le terrain. Ainsi, la saison dernière, les Celtics battaient en moyenne leurs adversaires de 4,3 points sur 100 possessions avec Bass dans leurs rangs. Cette année, cette statistique s’est inversée pour chuter à -7,3 points sur 100 possessions.

Mis à part un hypothétique et malheureux « rookie wall » de Sullinger (tendance chez certains rookies à accuser le coup sur la deuxième partie de saison), ou une blessure de Green, on imagine mal le temps de jeu de Brandon Bass augmenter de manière significative.

Cela signifie qu’il devra donc essayer d’avoir un meilleur rendement sans pour autant davantage fouler le parquet. Ce n’est pas une solution plaisante, et il n’aura certainement pas le même apport général que l’année dernière (peut-être que les attentes placées en lui doivent être revues à la baisse également), mais à moins qu’il prenne du jour au lendemain autant de rebonds que Sullinger ou que les Celtics mettent en place plus de systèmes pour le mettre en bonne position de tir dans un futur proche, Bass devra se faire à cette situation rapidement.

Traduction par Léo Hurlin et Louis Jullien de l’article de ESPN Boston « Frustrated Bass ‘not satisfied’ with play »

3 Comments on “Brandon Bass est (légitimement) frustré”

    1. Je ne peux que acquiescer, j'adore ce joueur. Mais pour moi c'est normal qu'il ait moins de minutes que l'année dernière, Sullinger lui pique quelques minutes, par contre je préférerai voir Green grappiller des minutes sur le temps de jeu de Pierce que sur celui de Bass…

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