D’une soirée de rêve au cauchemar : l’annonce de la blessure de Rondo

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Il pensait juste s’être fait mal aux ischio-jambiers. Samedi soir, Rajon Rondo était avec des amis chez Keyon Dooling pour regarder la télévision, jouer avec les enfants et juste « parler de tout et de rien », comme le précise Dooling.

« Il a au passage mentionné qu’il avait un peu mal à la jambe, mais rien de grave » ajoute Dooling.

En réussissant ce qui restera certainement comme son dernier triple-double cette année contre Atlanta, Rondo était loin d’imaginer qu’il venait de se rompre les ligaments croisés antérieurs, et qu’il serait sur la touche jusqu’à la fin de la saison.

Doc Rivers a admis que son meneur était très choqué par cette annonce :

« Il pensait que c’était les ischios. Il n’a jamais rien dit à propos de son genou. Lors de l’entraînement dimanche matin, il s’était mis une poche de glace derrière la cuisse. Notre médecin, Brian McKeon, a alors jeté un coup d’œil à sa blessure et il m’a glissé ‘Je te le dis, ce sont les ligaments croisés, j’en suis quasi certain. »

McKeon a alors immédiatement enlevé Rajon Rondo de la feuille de match et l’a envoyé passer une IRM au New England Baptist Hospital.

Au début du troisième quart-temps contre le Heat, plusieurs médias faisaient déjà circuler la rumeur d’une rupture des ligaments croisés antérieurs.

C’est à ce moment-là que Jackie MacMullan de ESPN est allée dans les couloirs du TD Garden pour récupérer quelques informations. Elle a alors croisé Rondo qui revenait juste de l’hôpital, en tongs et en short, se déplaçant avec facilité, du moins sans gêne apparente. S’en suit alors un échange assez incroyable, quand on connaît la suite :

J. McMullan : « Il y a des rumeurs comme quoi vous seriez victime d’une rupture des ligaments croisés.

R. Rondo : Qui a dit ça ? Une rupture des ligaments ? Je n’ai même pas encore eu les résultats de l’examen, je vais voir le médecin justement. Est-ce que je pourrais marcher de la sorte avec une telle blessure ?

J. McM : Oui, plusieurs joueurs ont déjà joué avec des ligaments croisés rompus.

R. R : Je ne me sens pas aussi mal. Je ne pense pas que j’ai quelque chose d’aussi sérieux, mais bon, je n’ai jamais eu les ligaments croisés avant donc je ne sais pas ce que ça fait. Tout ce que je sais c’est que j’ai une sensation étrange dans la jambe.

J. McM : À quel point c’est difficile de ne pas être en tenue pour ce match contre Miami, sachant qu’il marquait en plus le retour de votre ancien coéquipier Ray Allen ?

R. R : Ça me fait vraiment ch*** de rater ce match. Je l’attendais vraiment avec impatience. »

Rondo est alors rentré aux vestiaires. Trois minutes plus tard, c’est le directeur des relations publiques des Celtics qui en sortait, avec le terrible diagnostic que l’on connaît tous désormais : rupture des ligaments croisés, saison terminée et opération inévitable.

Le Doc réconfortant Rajon Rondo.

Ses coéquipiers eux continuaient à jouer, sans savoir que leurs chances sur le long terme venaient de prendre un sacré coup. Le Heat n’était pas non plus au courant. En tout cas, jusqu’à ce que Wade sorte du terrain et se rende dans le vestiaire visiteur, probablement pour aller aux toilettes. Il demande alors à Jackie MacMullan ce qu’il se passe.

En apprenant la nouvelle, il s’est montré touché :

« Non… S’il vous plaît, tout mais pas ça, » grimaça Dwyane avant d’ajouter « C’est vraiment terrible. Écoutez, je sais qu’on a quelques antécédents lui et moi, mais je ne souhaite à personne d’avoir ça. »

Wade a alors mis le reste de son équipe au courant. Ainsi à la fin du troisième quart-temps, James Jones a glissé aux journalistes :

« C’est un coup dur pour Boston, je suis désolé pour ce qui arrive à Rondo. »

Rondo aura mis du temps, mais pendant les deux prolongations il apparaîtra finalement au bord du terrain, habillé en civil.

Son ami Keyon Dooling était à ses côtés.

« Il ne le prend pas trop mal, » assure d’ailleurs ce dernier. « Je pense qu’il est encore sous le choc de la nouvelle. Rondo et KG sont l’âme de cette équipe. Des joueurs comme Bradley et Sullinger apprennent beaucoup à leurs côtés. C’est vraiment une grosse perte pour nous. »

Rondo au bord du terrain hier soir.

Doc Rivers a lui décrit son poulain comme « ému ». Et ayant lui même connu la même blessure lors de sa carrière de joueur NBA, il connaît bien la gravité de la situation.

« Je lui ai dit me souvenir qu’au lendemain de mon diagnostic, je me sentais plutôt bien. Je pensais que les docteurs se trompaient. »

Après le match, c’est au tour de Danny Ainge d’évoquer le futur de l’équipe sans leur meneur vedette :

« Sur de courtes périodes, on s’en est bien sorti sans Rajon, mais on n’a jamais eu à le faire sur le long terme. Ce sera un test intéressant pour nous, même si on aurait préféré s’en passer. Et, honnêtement, je suis quelque peu inquiet. »

Rondo lui annonçait déjà à ses amis et coéquipiers qu’il serait de retour en un temps record : « six mois. » C’est ce qu’il a annoncé en marchant tel un athlète fier, sans béquilles, sans montrer sa douleur et avec un air de défi.

Un athlète qui vient de subir le plus cruel des coups du sort.

Traduction de l’article « Rajon Rondo’s injury hits hard » de ESPN par Louis Jullien, relecture par Elian Kuhn.

2 Comments on “D’une soirée de rêve au cauchemar : l’annonce de la blessure de Rondo”

  1. Merci pour l'article, bien sympa à lire malgré que ce soit une terrible nouvelle pour la saison de nos C's… Good luck Tajon et Go C's !!!

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