Quelques enseignements à tirer

La série de quatre victoires des Celtics était pour le moins inattendue.

Comme on a pu le voir avec les Clippers de Los Angeles (Chris Paul) et le Magic d’Orlando (Arron Affalo, Glen Davis), ce n’est jamais simple de rester compétitif en perdant un ou deux joueurs clés, et encore moins de gagner. Mais les Celtics ont réussi à le faire sans Rajon Rondo et Jared Sullinger, tous deux absents pour le reste de la saison.

La réussite des C’s résulte de plusieurs ajustements de la part des joueurs. Et avec ces ajustements sont venues quelques certitudes, certitudes que les Celtics n’avaient jusqu’alors pas entrevues avant de devoir jouer avec deux de leurs meilleurs éléments à l’infirmerie.

Kevin Garnett n’apprécie pas tellement ces quelques malheurs, mais le Big Ticket reconnaît qu’ils peuvent avoir certaines vertus, en particulier cette année, avec ce groupe.

« Ça apporte un second souffle, en amenant une sorte de caractère à l’équipe. Ça montre ce que l’on a en nous et les forces avec lesquelles on se bat tous les jours. Si on ne prend que cet aspect en compte, c’est profitable. Mais si je pouvais, je préfèrerais éviter ce genre de problèmes. »

Sur la série de victoires de Boston (toutes sans Rajon Rondo), voici cinq choses que nous avons apprises sur les Celtics :

1. Le Jet peut encore prendre son envol

Après une saison décevante jusqu’ici, Jason Terry semble dernièrement être revenu le remplaçant de luxe qu’il a été pendant de nombreuses années du côté de Dallas.

Cette saison, Terry affiche des moyennes de 10,1 points et 2,4 passes décisives. Sur les quatre matchs sans Rondo, ces moyennes grimpent à 12,5 points et 4 passes décisives avec un pourcentage aux tirs de 52,9% – bien au-delà de sa moyenne de saison à 41,5%.

Boston présente des schémas offensifs plus diversifiés maintenant, et Terry pense que cela y est pour quelque chose dans ses récents progrès.

« Il y a de très bons observateurs dans cette ligue, et ils s’habituent à ce que vous faites. Ils arrivent à connaître vos tendances. Mais avec notre attaque, tout est très dur à prévoir. Ils ne savent jamais qui va prendre le tir, mais on sait que celui qui le prendra sera en bonne position. »

2. Bass rime avec passe

Brandon Bass a été catalogué comme un shooter de pick-and-pop depuis le début de sa carrière. Mais récemment, il a montré sa capacité à distribuer la balle. Et ce n’est pas une blague.

Sur les quatre derniers matchs, il pointe à 1,8 passes décisives par match, ce qui peut vous paraître anodin.

Pour mieux apprécier le chiffre, il faut en avoir un autre en tête : l’intérieur des Celtics n’a jamais terminé une saison NBA avec plus d’une passe décisive de moyenne.

Son envie de mieux faire tourner le ballon et de trouver ses coéquipiers illustre bien comment les Celtics comptent sur chacun pour arriver à leurs fins, même si cela implique pour certains de faire des choses auxquelles ils sont peu habitués – Bass en est un exemple en devenant davantage passeur.

Mais même après avoir égalé son record en carrière de passes (4) contre les Clippers, l’ailier-fort ne veut pas s’approprier tout le mérite :

« À chaque match, n’importe qui dans l’équipe peut finir avec quatre ou cinq passes décisives. C’est comme cela qu’on doit faire, maintenant qu’on n’a plus Rondo. Ce n’était pas quelque chose qui me préoccupait. Je n’essayais pas de créer pour les autres, je me contentais de faire tourner le ballon. »

3. Les points faciles comme Graal

Les Celtics avaient déjà une bonne défense avant la blessure de Rajon Rondo. Mais depuis son absence, les C’s semblent avoir encore plus serré la vis – jusqu’à un niveau où la défense devient un facteur clé de l’attaque.

Cette saison, les Celtics forcent en moyenne leurs adversaires à commettre 16 pertes de balles, ce qui les classe 3ème de cette catégorie. Depuis quatre matchs, ce chiffre est encore plus impressionnant : 18,8.

Ce qui est encore plus édifiant, c’est que les Celtics ont en moyenne inscrit 23 points par matchs à la suite de ces pertes de balle provoquées. Cela représente 22,9% du total de points inscrits par Boston.

Avery Bradley, spécialiste en la matière, peut témoigner :

« C’est comme ça que l’on doit jouer dorénavant. On doit faire payer les équipes qui perdent la balle, et le meilleur moyen de le faire, c’est de marquer. »

4. Le facteur X Jeff Green

Avant même la série de victoires, quelques indices laissaient à penser que Jeff Green était en bonne voie de devenir constant. Mais sur les quatre derniers matchs, peu de Celtics ont été aussi efficaces que Green, qui apporte à chaque fois un petit quelque chose dans tous les compartiments du jeu.

Et avant toutes choses, il y a le scoring. Il a fini avec plus de 10 points sur les cinq derniers matchs, sa plus longue série depuis qu’il porte le maillot au trèfle sur les épaules. Il n’y a plus un match sans un dunk surpuissant de sa part, la plupart du temps sur des défenseurs qui s’attendent à tout sauf à ça.

Doc Rivers explique en partie ce renouveau :

« On lui laisse plus d’espace en attaque, ce qui l’aide pas mal. Il ne fait qu’être agressif dans son jeu. On lui donne la balle en isolation, ce qui à mon avis est très important pour lui vu sa vitesse. La défense n’a pas le temps de se mettre en place, et cela lui permet d’attaquer le cercle. »

5. Le Doc sait toujours coacher

Avec les déboires des Celtics cette saison, quelques-uns, même parmi les fans des Celtics, ont commencé à pointer du doigt son sens du coaching. C’est ce qui arrive quand une équipe ne joue pas à son niveau, ce qui a été le cas des C’s la plupart du temps jusqu’alors.

Il est certes normal que Rivers endosse une part des responsabilités du mauvais début de saison des Celtics, mais il mérite tout autant de crédit pour leur renaissance actuelle.

Rivers n’a pas eu d’autres choix que de s’adapter et de jouer davantage avec des petits cinq à cause des blessures. Mais plus que ça, il arrive mieux à mettre les bons joueurs aux bons moments.

La décision du coach de faire jouer Jason Collins plus que Chris Wilcox peut en surprendre certains. Wilcox est plus athlétique et on se souvient davantage de ses actions que de celles de son coéquipier. Mais, dans la victoire 106-104 des Celtics sur les Clippers, la performance de Collins fait partie des facteurs qui ont porté Boston vers la victoire.

Collins a inscrit sept points en ne prenant qu’un seul tir. Et les stats ne montrent pas à quel point il a pu aider ses coéquipiers en posant de bons écrans, comme celui qui a amené une action à quatre points de Paul Pierce. Toutefois, Wilcox a aussi apporté, marquant quatre points en quatre minutes.

Chaque joueur tente de tirer le meilleur du temps de jeu qu’il a. Mais, tout aussi important, Rivers met ces joueurs dans les conditions qu’ils affectionnent, là où ils sont les plus efficaces, où ils ont un impact et peuvent aider les Celtics à continuer cette série de victoires.

Traduction de l’article de CSNNE « Celtics streak : what we’ve learned » par Louis Jullien, relecture par Léo Hurlin et Elian Kuhn.

3 Comments on “Quelques enseignements à tirer”

  1. Remettre en cause les capacités de coaching du Doc c'est très con. Mais oui j'aime ce que "nos" gars produisent et je pense toujours qu'on peut en emmerder plus d'un en PO !

  2. J'aurais bien mis une petite partie sur Barbosa qui depuis qu'il a un peu de temps de jeu, fait pas mal de bien à l'attaque, il apporte un petit grain de folie, il en fais parfois peut etre un peu trop mais il fait vraiment du bien dans les coup de mous des verts en attaque

    1. Salut Prouss !
      Je suis d'accord avec toi, là je me suis contenté de traduire l'article de base mais c'est clair que Barbosa peut par moment amener cette folie et dynamiter une défense.
      Après il y a une raison pour qu'il ne soit pas dans cette liste, c'est qu'on l'avait déjà vu faire ce genre de performance en début de saison. C'était même l'une des satisfactions avant qu'il n'ait un coup de mou dû peut-être à quelques soucis familiaux.
      Par contre, Bass aussi constant, Green régulier, Jet qui shoote bien etc… ça on avait pas encore vu !

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