Terrence Williams peut poser ses valises à Boston

Malgré ses talents de porteur de balle, Terrence Williams ne s’était jusqu’alors jamais considéré comme un vrai meneur.

C’est l’été dernier, en entrant dans le bureau de Danny Ainge, qu’il se vit pour la première fois catalogué comme tel en voyant son nom sur le tableau blanc de Ainge associé à la mention « meilleur meneur disponible. »

De fait, il a immédiatement questionné Ainge à ce sujet.

« Je lui ai dit ‘Vous voulez que je joue poste 2 ? Je ne pense pas être le meilleur arrière sur le marché, mais j’en suis un,’ se souvient Williams. Et il m’a répondu ‘Non, je pense que tu es un vrai meneur. Tu peux jouer meneur.’ Ça m’a vraiment étonné. Aucun coach ne m’avait jamais dit ça. »

Terrence Williams, nouveau joueur de Boston (Mark J. Terrill / AP Photo)

À 25 ans, Williams (11ème choix de la draft 2009) se retrouvait donc samedi dernier dans ce même bureau, afin de signer un contrat lui permettant de prolonger l’aventure à Boston. Et peut-être même au-delà de cette fin de saison.

Son contrat initial se terminait en effet après la victoire de vendredi contre les Warriors durant laquelle Williams n’a joué qu’une minute et 25 secondes. Après être resté sur le banc lundi dernier, il aurait probablement eu beaucoup de pression s’il n’avait pas su que son agent était en train de finaliser les détails d’un nouveau contrat.

Ce contrat offre à l’équipe une option pour conserver Williams en vue de la saison prochaine.

Ce genre de clause est assez courante pour les joueurs signés en fin de saison régulière. Elle donne aux Celtics l’opportunité de scruter le marché durant toute l’intersaison et de choisir ou non de reconduire son contrat au minimum salarial après le camp de préparation de septembre.

Elle leur offre également la possibilité d’inclure Williams dans un transfert, comme ce fut le cas l’an dernier avec Sean Williams dont le contrat non-garanti fut utilisé pour faire venir Courtney Lee.

Toutefois, les Celtics semblent clairement préférer miser sur le développement du potentiel de Williams afin d’en faire leur meneur numéro un en sortie de banc et l’intégrer durablement au noyau dur de l’équipe.

La perspective est plutôt alléchante, pour un joueur ayant disputé l’essentiel de sa saison en Chine après avoir tenté en vain de décrocher un contrat en NBA l’été dernier.

« J’ai beaucoup aimé son jeu, sauf sur un match, » conclut Doc Rivers après les premiers matchs disputés par Williams sous la tunique verte.

Williams avait rejoint l’équipe lors de sa série de cinq matchs consécutifs à l’Ouest. En peu de temps, il a pu montrer son intéressante capacité à mener une équipe contre Phoenix. Mais sous la pression de son court contrat, il a un peu trop forcé lors du match suivant contre Portland, suite à quoi il n’a plus été appelé par Doc.

Il a cependant su s’imprégner suffisamment des schémas tactiques pour être conservé à la suite des premiers essais.

« En le faisant rester parmi nous, nous espérons réussir à en faire le joueur que nous voyons en lui, » indique Rivers.

Et quel est ce joueur ? Doc développe.

« Un meneur, un joueur solide. Il y a peu de superstars dans cette ligue, donc c’est déjà pas mal de trouver un joueur solide. »

Williams, quant à lui, s’est montré plus qu’à l’aise au sein du vestiaire des Celtics avant d’affronter les Warriors, glissant notamment une anecdote savoureuse.

« Ce n’était pas vraiment certain jusqu’à ce que je le voie sur Twitter, » se souvient Williams. « Sur le coup, je me suis dit ‘Mais comment savent-ils ?’ Sauf que Twitter sait tout. Donc en voyant ça, je me suis dit ‘Bon ok, cette fois c’est sûr.' »

Excité par la nouvelle, il a alors immédiatement foncé au Garden en faisant l’impasse sur son habituelle sieste d’avant-match.

Avec du recul, Terrence Williams admet que les derniers mois ont été décisifs dans sa carrière de joueur. Son expérience dans la ligue chinoise l’a forcé à mûrir, mais lui a aussi été très utile pour retrouver le chemin de la NBA.

« C’est génial, » savoure-t-il. « J’étais déjà là cet été, j’ai fait un essai durant deux semaines. Aujourd’hui, je suis dans la situation que je cherchais cet été. Enfin bon, on ne peut pas réécrire l’histoire. Mais si vous aviez écrit votre article il y a deux semaines, personne ne vous aurait cru. Je me sens béni et très chanceux. J’ai confiance en eux, et il semble clair qu’ils ont confiance en moi. »

Williams semble décidément humble, reconnaissant même ses torts au sujet du match à Portland. Il faut dire que sa famille avait fait le déplacement pour venir le voir jouer.

« À Portland, j’ai voulu trop en faire. C’était le Terrence immature, celui qui voulait épater sa famille. Je suis de Seattle, donc ils étaient tous venus me voir, » se souvient-il. « Je crois que j’ai trop pensé à ma famille et pas assez à l’équipe. Mais j’ai appris de cet épisode. Le fait de ne  pas jouer à Utah a été formateur. J’espère mieux réagir à l’avenir, être plus concentré et remplir le rôle que l’équipe m’a attribué. »

Williams tient donc à prouver qu’il mérite de rester à Boston au moins aussi longtemps que son nouveau contrat le stipule.

« Ça m’enlève beaucoup de pression mais je ne compte pas me relâcher. Ils m’ont signé pour certaines raisons : ma personnalité, mes atouts… Dans ce groupe, personne ne peut n’en faire qu’à sa tête. Pas avec ces joueurs-là. Donc je vais continuer à faire mon travail et donner le maximum à chaque fois que le coach m’appellera, » admet le néo-Celtic.

Traduction de l’article de ESPN Boston « Terrence Williams finds his way with Boston Celtics » par Léo Hurlin, relecture par Elian Kuhn. 

One Comment on “Terrence Williams peut poser ses valises à Boston”

  1. Eh bien il a l'air d'avoir une très bonne mentalité finalement, il comprend la chance qu'il a, à lui d'assurer maintenant! Bonne recrue pour nous, j'ai hâte qu'il prenne ses marques, Crawford et DJ aussi!

    Merci pour l'article, excellent, comme d'hab :p

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