Jason Terry revient à Dallas avec des choses à (se) prouver

Il y a certains soirs où passer la balle à Jason Terry ne donne pas grand chose de bon. Mercredi soir par exemple : face aux Hornets, l’arrière des Celtics n’a ainsi pas inscrit le moindre point, ratant cinq tentatives en vingt minutes de jeu dont deux qui auraient pu sceller la victoire de Boston.

Le score final 86-87 symbolise ce qui reste comme l’une des pires défaites de la saison. Si jamais les Celtics se plaignent de leur place en playoffs, ils pourront se souvenir que cette défaite face aux Hornets y est pour quelque chose.

Terry a pris la défaite à cœur. Le JET est de ceux qui détestent perdre, surtout lorsque la défaite laisse un amer goût d’inachevé.

Le JET doit reprendre de l’altitude après son trou d’air face aux Hornets (Barry Chin/Boston Globe)

En le signant pour trois ans l’été dernier, Boston recrutait un leader mais également un joueur aux forces et faiblesses connues. Ainsi, nous connaissons tous ses fabuleux paniers à trois points, sa façon d’imiter l’avion en regagnant sa moitié de terrain après un panier, mais aussi son côté impertinent.

Du haut de ses 35 ans, il arrive cependant que Terry s’énerve. Notamment lorsque ses tirs à trois points ne rentrent plus, ou lorsqu’il ne parvient pas à ralentir son vis-à-vis.

Dure réalité pour un joueur dont les plus belles années sont derrière lui. Terry le sait-il ?

« Je vais devenir plus agressif, » promet-il. « Je sais à quel stade de ma carrière je suis. Des trous d’air comme ça ne doivent pas se reproduire. »

Il poursuit :

« Je ne peux pas me préserver jusqu’au troisième ou quatrième quart-temps en pensant que je serai dans le rythme. Je suis responsable de cette défaite. L’équipe compte sur moi, et je leur ai dit que c’était de ma faute. Je vais vraiment tout faire pour me racheter vendredi. »

Face aux médias après la défaite, il n’était pas vraiment d’humeur à s’étendre sur ses années à Dallas, où il a passé huit belles années en remportant un titre pour deux finales disputées. D’après Mark Cuban, le propriétaire des Mavericks, le numéro 31 de Terry sera d’ailleurs un jour retiré et figurera en bonne compagnie aux sommets de l’American Airlines Center.

Alors, lorsqu’on évoque avec lui son retour dans cette salle ce soir, c’est empreint de colère et de déception qu’il répond brièvement.

« C’est chouette, ça devait arriver à un moment ou un autre de la saison. Je vais jouer de façon très agressive, et on verra bien ce que ça donnera. »

Nul doute que Terry aurait plus à dire s’il n’était pas aussi mécontent. Il aimerait probablement prouver aux Mavericks que ceux-ci auraient dû en faire plus pour essayer de le garder.

Terry voulait poursuivre sa carrière à Dallas, mais l’intérêt de ceux-ci était apparemment modéré. Aujourd’hui, le JET retrouvera donc ses anciens coéquipiers, à qui son sourire, sa personnalité enjouée et ses paniers décisifs manquent probablement.

« Il mérite de recevoir une belle ovation, » affirme Shawn Marion. « Il a joué un rôle-clé l’année du titre, et cela nous lie pour le restant de nos vies. Les fans en ont conscience, et c’est tout ce qui compte. »

The Matrix ajoute :

« Cela n’a pas été facile pour lui de partir. Ils ne sont pas parvenu à trouver un terrain d’entente, et il a dû partir écrire une nouvelle page de sa carrière à Boston. Mais personne ne doit oublier qu’une partie de notre bannière de champion lui revient. »

Quels sont leurs liens, désormais ?

« Nous restons en contact. Bien sûr, je vais devoir le chambrer après ce que LeBron lui a fait. Mais il reste mon pote. On se connaît depuis si longtemps. »

En revenant sur les lieux qui ont forgé sa carrière et sa réputation, les souvenirs de Terry reprendront forcément le dessus sur les galères actuelles. Son sourire pourrait bien faire des heureux, ce soir.

Traduction partielle de l’article du Boston Globe « Jason Terry returns to Dallas with point to prove — to himself » par Léo Hurlin, relecture par Elian Kuhn.