Danny Ainge : quelques erreurs de parcours aussi

Comme nous avons pu le voir récemment, Danny Ainge a excellé dans la construction de l’équipe titrée en 2008.

D’ailleurs, si l’on récapitule les six dernières saisons, Ainge a réussi à mener les Celtics à six apparitions consécutives en playoffs : cinq au second tour, trois en finale de conférence, deux apparitions en finale et bien sûr le titre en 2008. Une régularité incroyable qui commence néanmoins à s’effriter (l’avenir nous dira pour combien de temps).

Ainge a fait de très bons choix ces six dernières années pour renforcer l’équipe, que ce soit en signant James Posey en 2007, en sortant P.J. Brown de sa retraite la même saison, en draftant Avery Bradley en 2010 et Jared Sullinger en 2012, et enfin en prolongeant Paul Pierce avec un contrat de 60 millions de dollars sur 4 ans en 2010. Ainge a plus souvent réussi son coup qu’il ne l’a raté.

Malgré tout, il n’a pas toujours visé juste.

De 2003 à 2007, Ainge a ainsi fait bon nombre d’erreurs (drafter Gerald Green en 2005, faire venir Raef Lafrentz, l’épisode Sebastian Telfair, etc..) mais au final, Ainge possédait à chaque fois assez de forces vives pour faire de nouveaux ajustements. Mauvaises décisions ou pas, il a fini par donner naissance à un nouveau chapitre doré de l’histoire des Celtics.

Malheureusement, on ne peut pas en dire autant de ses erreurs commises depuis 2007. Chaque raté du patron des opérations basket de Boston a fragilisé la situation de l’équipe qui depuis 2009 a échoué trois fois après des séries en sept matchs, dont deux contre les futurs champions (Lakers en 2010 et Heat en 2012). De quelles erreurs parlons-nous ? Faisons le point sur ses plus gros loupés depuis 2007, en gardant à l’esprit qu’il est toujours plus facile de juger après coup.

5. Surpayer des joueurs de complément lors de l’été 2012

Dans les faits : Ainge prolonge Brandon Bass (12,5 points et 6,2 rebonds de moyenne en 2011/12) pour 3 ans et 19,5 millions de dollars, signe le vétéran Jason Terry (15,1 points de moyenne en 2011/12) pour 3 ans et 15,7 millions et conclut l’été avec la signature de Courtney Lee (11,4 points de moyenne en 2011/12) pour 4 ans et 21,25 millions de dollars.

L’été dernier, tout le monde a applaudi Ainge pour sa gestion de l’intersaison, et il y avait de quoi. Il venait d’emmener son équipe jusqu’en finale de Conférence et s’attelait à renforcer un banc décevant en ajoutant à l’effectif Terry et Lee tout en récompensant la régularité de Bass avec une prolongation de contrat. Si Boston devait retourner au charbon avec Pierce et KG, il fallait de bons joueurs de complément pour les entourer et apporter d’autres qualités.

Mais tout ne s’est pas passé comme prévu. Bass a baissé de niveau, retrouvant celui qui était le sien à Orlando. Terry a laissé paraître à chaque instant le poids de ses 35 printemps et Courtney Lee a perdu sa place dans la rotation au moment des playoffs.

Les Celtics ont dépensé 17 millions de dollars cette année pour ce trio, pour n’avoir finalement que l’ombre des joueurs qu’ils étaient censés être. Pire encore, il faudra à nouveau les payer 17 millions en 2013/14 puis 18 millions en 2014/15.

Cette erreur n’a donc pas seulement pénalisé Boston cette année, mais elle va continuer de hanter les Celtics pour quelques temps puisque peu d’équipes font la queue pour payer autant des joueurs de calibre moyen. Que les Celtics choisissent de reconstruire ou de repartir pour un tour, il ne fait que peu de doutes que ces trois contrats vont causer des nuits blanches à Danny Ainge.

4. Laisser partir James Posey / ne pas le remplacer en 2008

Dans les faits : Dans la foulée du titre de 2008, les Celtics proposent à James Posey un contrat de 3 ans et 17,5 millions de dollars. Ils ne proposeront pas de contrat sur quatre ans, durée pour laquelle Posey signera finalement avec les Hornets de la Nouvelle Orléans pour 25 millions de dollars.

James Posey, le meilleur joueur du banc des Celtics sur ces dernières années : que le maillot des Celtics lui allait bien ! Les chiffres disent que James Posey compilait en moyenne 7,4 points et 4,4 rebonds sur la saison 2007-08. Mais cette fois-ci, ils ne racontent pas la véritable histoire. Posey a rendu service en apportant son excellente défense sur les ailes, tout en rentrant 38% de ses tentatives derrière l’arc et en endossant le costume de sixième homme vert alors que les Celtics allaient chercher leur premier titre depuis 1986.

L’été suivant, Boston refuse de proposer à Posey un contrat sur quatre ans, se contentant de lui proposer l’intégralité de sa mid-level exception sur trois ans. New Orleans, qui cette année-là venait de disputer les demi-finales de conférence à l’Ouest n’a pas laissé passer l’occasion et a proposé à Posey le contrat de quatre ans qu’il recherchait. Et du jour au lendemain, Posey n’était plus là.

Avec le recul, cette signature aura été négative pour les deux équipes. En effet, Posey n’a vraiment apporté quelque chose qu’une seule saison aux Hornets avant d’être transféré l’année d’après et de prendre sa retraite l’année suivante. Si les Hornets pouvaient voyager dans le temps, on peut être sûrs qu’ils ne composeraient pas le numéro de l’agent de Posey.

Malgré tout, cela a également handicapé Boston. Ils n’ont jamais été en mesure de remplacer la défense et l’apport à trois points que l’ailier pouvait avoir, ce qui a obligé Paul Pierce à défendre dans les moments importants sur des joueurs comme LeBron James, lui ôtant une bonne part de sa lucidité offensive. Il est tout à fait possible que Posey n’aurait pas fait long feu à Boston non plus, mais sur les saisons 2009 et 2010, son absence à très clairement amenuisé les chances de titre des Celtics.

3. Rasheed Wallace, Jermaine O’Neal et la valse des pivots.

Dans les faits : À l’été 2009, les Celtics signent Rasheed Wallace pour 18 millions de dollars sur trois ans. Lorsque ce dernier annonce sa retraite après la saison 2010, ils font venir Jermaine O’Neal pour deux ans un contrat de 12 millions de dollars.

« Dupe-moi une fois, honte à toi. Dupe-moi deux fois, honte à moi, » dit le dicton. Pour des raisons obscures, Danny Ainge n’a jamais réussi à ramener un pivot digne de ce nom depuis la pige de P.J. Brown lors de l’épopée 2008. Quelques-uns des contrats ne pesaient pas très lourd (Shaq à deux millions par an) et peuvent facilement être rangés aux oubliettes. D’autres, Sheed et O’Neal pour ne pas les nommer, ont à la fois été des déceptions sur le terrain et des contrats gênants.

La plupart des fans des Celtics ne semblent garder que le souvenir d’un Rasheed Wallace performant et dur au mal lors du septième match des finales 2010 (11 points et 6 rebonds). Néanmoins, il faut se rappeler que le joueur était payé plus de 6 millions de dollars par saison, était arrivé totalement hors de forme, et était plus qu’inconstant lors des playoffs cette année là (6,1 points et 3 rebonds de moyenne sur 17 matchs joués). Après la défaite amère en finale, les Celtics apprennent que le Sheed prend sa retraite, et avec lui se libèrent environ 6 millions de dollars à investir sur un nouvel intérieur.

L’heureux élu se nomme… O’Neal. Ouch. Contrairement à Wallace, aucun fan des Celtics n’a de véritable souvenir heureux du passage de Jermaine dans le Massachusetts. On peut résumer ainsi la carrière de Jermaine en vert à une pléiade de matchs ratés en deux ans (119, playoffs compris), des performances nettement en berne (5,2 points et 4,6 rebonds de moyenne) et de l’argent jeté par les fenêtres. Bien sûr, nous avons trois ans de recul pour juger ces transferts qui à l’époque ne paraissaient pas aussi mauvais qu’ils le deviendront, mais Boston aurait certainement obtenu davantage pour moins d’argent en recrutant une flopée d’autres intérieurs (Kris Humphries, Al Harrington, Ian Mahinmi) ou en investissant cet argent sur d’autres postes (Matt Barnes, Kyle Korver). De même qu’ils auraient pu garder une partie du salaire donné à O’Neal et l’investir sur un autre Celtic, comme par exemple afin de ne pas…

2. Laisser partir Tony Allen après la saison 2010

Dans les faits : Après les finales 2010, Tony Allen se voit offrir un contrat sur deux ans et 6 millions de dollars. Au lieu de ça, l’arrière s’engage pour 3 ans et 9,5 millions de dollars avec les Grizzlies de Memphis.

Qui était véritablement Tony Allen ? On peut se poser la question. Pendant une courte période de la (très pauvre) saison 2006/07, Tony Allen affichait le niveau d’un All-Star. Jugez plutôt : sur 14 matchs à cheval entre décembre et janvier, Allen présentait des moyennes de 18,9 points, 5,9 rebonds, 2,9 passes décisives et 2,6 interceptions tout en étant très adroit : 54% aux tirs et 80% aux lancers francs. Et puis, il y a eu cette blessure stupide. Alors que l’arbitre siffle faute, Tony Allen continue son action et part au dunk. Il se réceptionne mal, se tord le genou, et le phénomène Allen s’éteint aussi vite qu’il n’était apparu.

L’été suivant, les Celtics font venir Ray Allen et signent James Posey, ne laissant que quelques miettes à Tony Allen à son retour de blessure. Les trois années suivantes, son jeu est une succession de hauts et de bas, mais sa défense sur Lebron James en finale de conférence en 2010 fut incroyable. Allen n’apportait que huit points par match en 20 minutes de temps de jeu, mais – plus important – il a largement contribué à limiter LBJ à 44,7% d’adresse et à provoqué 4,5 pertes de balle par match du futur quadruple MVP de la ligue. Cet apport a permis aux Celtics de faire sensation en éliminant des Cavs pourtant favoris cette année-là.

Alors, lorsque Tony Allen se retrouve agent libre quelques mois plus tard, il demande à Danny Ainge un contrat sur trois ans. Un peu trop pour Ainge, qui préfère lui proposer un contrat sur deux ans. Autant dire qu’il l’a mauvaise, Allen (celle-là est cadeau). Comme pour Posey, une autre équipe a flairé le bon coup. Cette fois-ci, c’est Memphis qui ne rate pas l’occasion et propose à Allen le contrat qu’il recherche. La suite, on la connait : en trois ans avec les Grizzlies, Tony Allen a chaque fois été élu dans l’un des meilleurs cinq défensifs de la saison, se hissant dans le cinq de départ d’une équipe qui a toujours connu les playoffs depuis son arrivée, et qui se retrouve même en finale de conférence cette année. Son salaire de 3 millions de dollars la saison est sans conteste l’une des meilleures affaires en NBA, et sa défense acharnée a par la suite largement fait défaut aux C’s.

Lors de chacune des trois dernières saisons, les Celtics ont été éliminés par des équipes ayant un grand attaquant sur les ailes (LeBron en 2011 et 2012, Melo en 2013), et on peut se demander ce que la présence d’Allen aurait changé.

1. Drafter J.R. Giddens en 2008, alors que bon nombre de bons joueurs étaient encore disponibles.

Dans les faits : Avec le 30ème choix de la draft 2008, Ainge sélectionne l’arrière J.R. Giddens, qui ne jouera finalement que 35 matchs en NBA. Parmi les cinq choix suivants, on trouve Mario Chalmers, Nikola Pekovic, DeAndre Jordan, Omer Asik et Luc Mbah a Moute.

Il est rare qu’une draft propose autant de talent au second tour, et celle de 2008 était l’une de ces exceptions. Trois pivots potentiellement titulaires (Pekovic, Jordan, Asik), un meneur/arrière avec un bon shoot (Chalmers) et un excellent ailier défensif (Mbah a Moute) ont tous été sélectionnés de la 31ème à la 37ème place de cette draft.

Ainsi, les Celtics, avec le 30ème choix et la volonté d’ajouter de bons joueurs de compléments à une équipe tout juste titrée auraient pu se pencher sur Chalmers ou Jordan. Ainge a décidé de tenter un pari, celui de Giddens, et cela a été un fiasco total. L’une des marques des grandes équipes est leur faculté à trouver de bons joueurs en fin de premier tour ou en début de second, domaine dans lequel les Spurs de San Antonio excellent. Les Texans ont très souvent réussi à dénicher la bonne pioche lors de la draft, comme par exemple avec Tony Parker (28ème choix) et Manu Ginobili (57ème choix !), deux futurs Hall of Famers.

En 2008, Ainge avait encore beaucoup de talent à sa disposition mais n’a pas su saisir cette opportunité. Cette erreur en a provoqué d’autres que nous avons déjà vues plus haut. La sélection de DeAndre Jordan aurait ainsi permis à Boston de se passer de Rasheed Wallace et Jermaine O’Neal et ainsi utiliser l’argent ailleurs. Celle de Chalmers aurait mis un terme à la valse des meneurs remplaçants, poste qui n’a jamais été stabilisé depuis cinq saisons.

Au lieu de ça, les Celtics n’obtiendront rien de cette draft, tout comme ils n’auront pas plus en 2009 (pas de choix au premier tour) et en 2011 (JaJuan Johnson sélectionné devant Jimmy Butler, ça pique). Pour la défense de Danny Ainge, rappelons que la plupart de ses choix à la draft ont été de véritables succès. Sans posséder un seul choix parmi les 10 premiers, il a réussi à recruter Perkins, Jefferson, West, Allen, Rondo, Powe, Glen Davis, Bradley et Sullinger. N’importe quel GM serait fier d’un tel bilan.

Néanmoins, ce raté de 2008 a fait du mal à une équipe qui avait besoin d’un apport immédiat, et qui à la place a eu Giddens et ses 8 points en carrière sous le maillot des Celtics.

Traduction de l’article de CelticsLife « Danny Ainge’s five biggest mistakes in the of the big-three era » par Louis Jullien, relecture par Léo Hurlin

5 Comments on “Danny Ainge : quelques erreurs de parcours aussi”

  1. Autant dire qu’il l’a mauvaise, Allen (celle-là est cadeau) … parfait ! 🙂

    Bon article encore une fois, et c'est vrai que Danny a fait un mauvais choix en 2008 mais bon, comme vous le dites a la fin, Ainge reste un GM d'audace et de chance mais pour qui ça réussi en générale, au plus grand bonheur des C's.

  2. ça fait beaucoup d'erreur quand même … surtout au niveau des resignatures …
    On va voir s'il est vraiment doué maintenant car là il y a une sacrée inéquation à résoudre !

    Une petite question : c'est le GM ou le coach qui décide pour la draft ?

    1. Comme pour un transfert ou une prolongation de contrat, c'est le président des opérations basket qui a le dernier mot, donc le GM.
      Après dans certains clubs, le président ou le coach peuvent avoir plus ou moins dínfluence sur le recrutement et leur mot à dire.

      Dans le cas présent c'est clairement Ainge aui est aux commandes, mais j'imagine qu'il consulte quand même le Doc pour avoir son avis.

      1. Merci pour ta réponse aussi rapide !
        Donc quand Boston a bien drafté c'est que Danny avait demandé conseil à Doc et quand les Celtics se sont plantés à la draft c'est que Ainge en avait fait qu'à sa tête ??? MDR !!!

  3. Danny, mon garçon, j'ai du mal à te comprendre. Que tu veuilles tourner la page et reconstruire ça se comprend. Mais pourquoi ne pas l'avoir fait l'année dernière ? Ou alors resigner nos Légendes avec une option "en fonction de l'année à venir" ? Tu choisis de resigner tout le monde l'année dernière, tu offres des longs contrats de 5M à plusieurs bencher, bref tout nous montrait que tu avais choisi un effectif pour les 2 ou 3 années à venir.
    Et là on rase tout !!!!!!!!!!!! What the fuck man ????

    Bon, … soit, on rase tout. Donc le but à mes yeux ce serait d'avoir de l'argent cette année et l'année prochaine pour être actif sur le marché des FA non ? Ben tu va faire comment gros nigot avec les contrats de Wallace et Humphries ??? T'as changé les bonhommes mais t'as toujours le même souci économique !!! What the fuck man ????

    Donc maintenant on se retrouve avec ça comme team :
    Rondo – Bradley – Wallace – Humphries – Sullinger
    Même pas dit qu'on chope les PO. De prétendant au titre on frôle le prétendant at the first pick !!! What the fuck man ????

    Donc autant garder tes Légendes si c'est pour faire ça. On perd mais on fait une tournée d'adieu, les joueurs entrent définitivement dans la Légende et on accroche leur maillot tout en haut du Garden. Et pour les FA 2014 on est nikel, tu fais venir de gros joueurs et c'est reparti !
    Mais t'as pas voulu … What the fuck man ????

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