Boston manque à Paul Pierce

Boston lui manque.

Paul Pierce ne l’a peut-être pas exprimé explicitement lors de la réception des Celtics au Barclays Center mardi dernier, mais c’est tout comme. Sinon, comment expliquer le fait qu’il ait regardé quelques matchs de la pré-saison des Celtics (alors que même la plupart des habitants de la Nouvelle-Angleterre ne le font pas) ? Et comment expliquer le fait qu’il ait pris le numéro de Jeff Green afin de l’appeler pendant la saison et l’aider à assumer son nouveau rôle en l’absence de Garnett et de lui-même ?

Mais la preuve la plus évidente est sans aucun doute le temps passé par Pierce à venir saluer ses anciens coéquipiers. 90 minutes avant le coup d’envoi, il s’est ainsi rendu dans le vestiaire visiteur et a eu un petit mot pour tout le monde. Il a d’abord accueilli avec le sourire Avery Bradley, lui demandant des nouvelles sur la naissance de son premier enfant le mois dernier. Puis est venu le tour de Jeff Green et de Brandon Bass, l’ancien capitaine n’a d’ailleurs pu s’empêcher de leur dire que c’était désormais à leur tour d’être les leaders dans le vestiaire. Il a ensuite salué plusieurs membres de l’organisation dont Phil Lynch, responsable de la sécurité.

Pierce n’avait pas l’air pressé de partir, faisant également un tour vers les douches pour croiser d’autres visages familiers. Une fois le match commencé, il a profité d’un arrêt de jeu pour aller parler à Rajon Rondo, qu’il n’avait pas croisé jusque là, sur le banc des Celtics. Après le match, il a même commencé à revenir sur sa non-participation à la « revanche » au TD Garden la semaine prochaine, laissant entendre qu’il allait très prochainement avoir une discussion avec Jason Kidd à ce propos.

Boston lui manque. Et même s’il est conscient que son retour sera chargé d’émotions – un retour qu’il ferait surement bien de garder pour la saison régulière – l’idée de refouler le parquet qu’il connaît tant l’intrigue.

« Mon retour au Garden sera vraiment spécial, la première fois que je reviendrai à Boston » a-t-il reconnu. « J’y ai fait toute ma carrière, j’y ai tellement d’amis, ce sera vraiment émouvant. Je ne sais pas si je suis impatient d’y être, car je sais déjà que je lâcherai une larme ou deux. Mais c’est comme ça, c’est le business. Maintenant je suis à Brooklyn, et je leur souhaite à tous le meilleur. »

Maintenant vêtu de noir et blanc, Pierce n’a pu s’empêcher d’être un peu désorienté sur le terrain mardi dernier :

« Voir tous ces maillots verts en face de moi, c’était bizarre. J’ai porté cette tenue verte et blanche pendant si longtemps ! Mais c’était agréable de voir d’anciens coéquipiers. J’ai pu me rendre dans leur vestiaire et reparler à plein de monde. »

Du côté performance, Pierce n’a pas été très adroit (4 points à 1/6), mais il a tout de même trouvé le moyen de peser sur la rencontre (faculté que les fans celtes ne connaissent que trop bien.) Meilleur rebondeur du match avec 10 unités, il a aussi délivré 5 passes décisives, le tout en 27 minutes.

Dans le vestiaire des Nets, Pierce devait répondre tour après tour aux journalistes des Celtics, lui posant des questions sur cette rencontre si spéciale contre son ancienne équipe, et aux locaux, plus intéressés par la possibilité d’aller chatouiller le Heat cette année au sein de la conférence Est.

Lorsqu’un journaliste lui a demandé s’il s’était adapté au maillot des Nets, maillot qui lui paraissait si étrange lors de sa présentation en juillet dernier, Pierce a répondu que cette période était désormais révolue :

« Il est fait pour moi. Je suis à Brooklyn et je fais maintenant partie de cette équipe. »

Cela ne veut pas dire pour autant qu’il ne gardera pas un œil sur son ancienne équipe, et il se montre même plutôt optimiste à son sujet :

« Ils ont beaucoup de jeunes très talentueux. Je les ai vus quelques fois à la télévision. Leur rookie (Kelly Olynyk) sort vraiment du lot ; Sullinger aussi, il a vraiment franchi un cap et je pense qu’il est enfin en bonne santé ; et avec le retour de Rondo, cette équipe a un avenir radieux. J’attends de Jeff Green qu’il s’affirme et fasse une bonne saison. Courtney Lee est bien, c’est aussi le moment pour Avery Bradley de passer un cap. Ils ont de bons éléments pour reconstruire. »

Il faut également y rajouter trois futurs choix de premier tour de draft, récupéré dans l’échange entre les deux équipes.

Pour Pierce, les Celtics ne peuvent que s’en sortir. Les [nouveaux] cadres de l’équipe ont en tout cas eu le bon exemple :

« Je pense qu’ils sont prêt à assumer ce rôle de leader. Ils ont été à la bonne école, ils ont vu ce que nous faisions et sont maintenant prêts à prendre la relève. »

Ce rôle lui manquera surement aussi, au moins un peu. C’était le moment de passer à autre chose, mais une petite partie de Paul Pierce sera toujours du côté de Boston.

Traduction par Louis Jullien  de l’article d’ESPN Boston Pierce balances past and present , relecture par Elian Kuhn. 

Crédits photo : Noah K.Murray/USA Today