Avery Bradley : « Je dois montrer l’exemple »

Lors de cette pré-saison, on n’a pu s’empêcher d’être stupéfaits de la vitesse à laquelle le discours du néo-coach Brad Stevens a déjà déteint sur Avery Bradley.

L’arrière de Boston redirige toujours les louanges individuelles sur ses coéquipiers, ne se mettant que très peu sous le feu des projecteurs. Quand il accepte de parler de ses progrès, c’est toujours pour réitérer son désir d’être le meilleur coéquipier possible.

Bradley concède également volontiers que la saison des Celtics ne sera pas parfaite, mais ce que lui attend de son équipe, c’est qu’elle s’améliore à chaque fois qu’elle rentre sur un parquet NBA.

On ne sait pas à quoi ressemble exactement le joueur idéal dans l’esprit de Brad Stevens, mais il y a fort à parier que Avery Bradley possède la plupart des caractéristiques souhaitées. Depuis la rentrée en particulier, Bradley s’est montré très altruiste, et montre l’exemple en étant un bourreau de travail à l’entraînement.

Il est indéniable qu’arrière est son poste de prédilection, mais pour compenser l’absence de Rajon Rondo, Brad Stevens s’appuie énormément sur lui, et ce des deux côtés du terrain : en attaque, le jeune Bradley se voit régulièrement confier la mène, alors qu’en défense, il lui demande de s’occuper de la plus grande menace offensive adverse (sauf sur les intérieurs, évidemment) et non plus simplement du meneur d’en face.

Qu’importe ce qu’on lui demande de faire, Bradley n’a jamais fui devant les responsabilités qu’on lui donnait. Une volonté de bien faire que coach Stevens apprécie beaucoup :

« J’aime vraiment coacher Avery, car il est très réceptif aux enseignements qu’il peut en tirer. »

Le joueur confirme d’ailleurs les dires de son entraîneur :

« On a tous envie d’apprendre, car on sait qu’on a besoin de chacun dans l’équipe. Étant dans cette ligue depuis quatre ans, je sais que je dois m’adapter aux nouveaux systèmes un peu plus rapidement que les autres car je suis désormais un des leaders de l’équipe. »

Bradley n’a que 22 ans. Et pourtant, il est derrière Rajon Rondo le deuxième joueur le plus capé sous la tunique verte et blanche. Et s’il reconnaît qu’il n’est pas du genre leader vocal – peut-être que cela viendra avec le temps –,  son comportement sur le terrain ne peut qu’inspirer ses coéquipiers.

« Parfois, les jeunes joueurs mettent du temps à comprendre que tout ce qu’on produit en match n’est que le résultat des efforts fournis à l’entraînement. Depuis le début du camp, on se donne à fond. Je dois montrer l’exemple. Même les jours où j’ai moins envie, je me dois de rentrer sur le terrain et tout donner. »

Il est difficile de ne pas tiquer lorsque Bradley parle de jeunes joueurs. Kelly Olynyk et Phil Pressey, les deux rookies, n’ont respectivement que cinq et trois mois de moins que lui ! Dans l’effectif, seul Sullinger avec ses 21 printemps est également plus jeune que lui. Même le récemment coupé Chris Babb était de neuf mois l’aîné de Bradley.

Il a toutefois raison de se comporter ainsi : lors d’une saison de transition sans réelles attentes du côté de Boston, s’il y en a bien un qui joue gros cette année, c’est Avery Bradley. Il rentre dans la quatrième année de son contrat rookie et est donc éligible à une extension de contrat avant le 31 octobre (jeudi) à minuit. Passé cette limite, il sera un agent libre restrictif l’été prochain. Autrement dit, Boston pourra s’aligner sur n’importe quelle offre.

Interrogé le mois dernier sur l’éventualité d’une prolongation de l’arrière avant la date-butoir de Halloween, Danny Ainge ne s’était pas montré pressé, préférant attendre de voir comment le jeune joueur allait s’intégrer dans les nouveaux systèmes de Stevens avant d’aligner les billets verts. Les premiers retours sont plutôt positifs, mais la vrai equestion est de savoir si les Celtics veulent faire de Bradley l’une des pierres fondatrices du projet de reconstruction.

Ainge a admis cette semaine être de nouveau en contact avec l’entourage du joueur pour parler affaires, sans donner plus de détails. Tout porte à croire que les deux camps cherchent une issue heureuse, il ne reste plus qu’à s’entendre sur la durée du contrat et le salaire.

La loi du marché fonctionnant à merveille en NBA, il faut regarder un œil aux prolongations déjà signées par les joueurs de la même cuvée 2009. Et jusque là, les meilleurs ont plus ou moins touché le pactole, que ce soit avec des contrats maximum sur cinq ans pour John Wall et Paul George, quatre ans pour DeMarcus Cousins, ou les contrats juteux sur quatre ans de Derrick Favors et Larry Sanders (45-50 millions de dollars sur la période). La qualifying offer que Boston peut proposer à son joueur l’été prochain est de 3,6 millions de dollars. C’est-à-dire que cette offre, si elle est acceptée par le joueur, prolonge le contrat d’un an et le rend agent libre non-restrictif la saison suivante.

La question que doit se poser Ainge au sujet de son joueur est de savoir quelle est sa valeur sur le marché ? Difficile d’avancer un chiffre précis car Bradley a connu des blessures et ne s’est pas toujours montré très constant. Loué par toute la ligue pour sa défense, ses errements en attaque altèrent forcément sa valeur marchande. Le joueur aura cette année l’occasion de montrer que sa fin de saison 2011-12 (juste avant sa blessure à l’épaule) n’était pas qu’un feu de paille.

De son côté, Bradley affirme laisser son entourage gérer cela, préférant se concentrer sur son jeu. Parvenir à un accord avant jeudi lui permettrait pourtant d’être plus tranquille psychologiquement, surtout après un été particulièrement riche en émotions avec le décès de sa mère et la naissance de son premier enfant, Avery Bradley III. En le laissant devenir agent libre restrictif, les Celtics courent le risque qu’une autre équipe fasse monter les enchères, surtout si sa saison est convaincante.

Sur ses huit apparitions en pré-saison, Bradley affiche une moyenne de 10,6 points par match à 37,8% aux tirs. Il s’est montré plus adroit derrière la ligne (43,8%) qu’à deux points, montrant quelques difficultés à finir près du cercle. Dans un rôle de meneur titulaire, il affiche 2,5 passes décisives de moyenne ainsi que 1,8 ballon perdu par match, statistique que Stevens justifie par le poste non-naturel occupé par Avery Bradley.

Bradley doit devenir une plus grande menace offensive cette année, situation qui pourrait ne pas intervenir avant le retour de Rondo, dont la présence lui libère des espaces.

Malgré ses quelques imprécisions dans le rôle de meneur, Stevens adore la volonté de Bradley de bien faire quelle que soit la requête du staff, et la possibilité de le faire jouer à différents postes.

L’avis de la rédac :

– Louis : Bradley est pour moi clairement un élément important du futur des Celtics. Son côté chien de garde est un véritable atout, même s’il doit faire plus attention à ne pas prendre deux fautes rapidement dans le match. Le mieux serait évidemment de le prolonger avant jeudi. Pour ce qui est du prix, difficile en effet de s’avancer. À titre de comparaison, Tony Allen – ancien de la maison et désormais aux Grizzlies – a signé un nouveau contrat de 20 millions sur 4 ans avec Memphis.

Si cela satisfait le joueur, je pense que le club y trouvera son compte aussi. De toute façon, le nouveau contrat ne commencera que la saison prochaine, l’augmentation ne rentrera donc pas en compte pour calculer la luxury tax cette saison. Je suis d’avis de le laisser arrière le plus possible. Je pense qu’il commencera meneur sur les dix premiers matchs environ, mais si Pressey continue de montrer de belles choses, il faudra alors sérieusement penser à l’intégrer au cinq et à remettre Bradley à son poste. L’intégration de Rondo – lorsqu’il sera remis – n’en sera que plus simple.

Traduction de l’article d’ESPN « Bradley buys in to Stevens system » par Louis Jullien, relecture par Léo Hurlin