Green, 20 points sinon rien

Nous sommes nombreux à penser que Jeff Green peut faire plus, doit faire plus. Et il semblerait que le principal intéressé partage ce point de vue :

« J’espère afficher des moyennes de 30 points, 7 rebonds et 5 passes. Non plus sérieusement je vise la vingtaine ou un peu plus. »

Sous ce trait d’humour, Green fait preuve néanmoins d’ambition, lui dont le record en carrière est de 16,5 points par match sur une saison. Mais quelque chose a changé.

« Chaque année je me fixe des objectifs, mais cette année atteindre ce chiffre est une de mes priorités. »

Cela peut paraître individualiste pour certains. Mais la plupart de ses coéquipiers sont sur la même longueur d’onde. Mardi dernier, Sullinger lui a fait remarquer qu’il ne prenait pas assez de tirs. Green a également reconnu que Rondo l’encourageait à davantage prendre ses responsabilités en attaque, et vu les pièces maitresses qui ont quitté Boston à l’intersaison, si Green arrive à marquer régulièrement 20 points ou plus, cela aiderait grandement.

Il a déjà montré qu’il en avait le potentiel lors des derniers playoffs. Avec 20,3 points par match il était le meilleur marqueur de son équipe. Mais ne s’est-il pas mis trop de pression sur les épaules ? A force de répéter qu’il était devenu la plus grande menace, celle sur laquelle l’adversaire allait se focaliser, il n’a fait qu’augmenter les attentes placées en lui.

Malheureusement sa pré-saison n’a pas été à la hauteur. 10 points, 2,1 rebonds et 2 passes décisives en moyenne. Même Stevens s’est montré plutôt critique envers son ailier pendant que les compliments pleuvaient sur ses coéquipiers.

Bien sûr la pré-saison ne prédit en aucun cas le futur. Mais ce n’est pas le seul signal d’alerte. Green a par moment invoqué le fait que devoir apprendre les systèmes pour trois différentes positions sur le terrain (2,3 et 4) n’était pas chose aisée. Son contrat inclus également une clause avec un bonus pondéré suivant ses statistiques aux rebonds, domaine où il n’a pas montré grand-chose ces dernières semaines.

Il est tout à fait possible que Green ait besoin de temps pour s’adapter à tous ces récents changements. Nouveau coach, nouveaux coéquipiers, nouvelles responsabilités. Ce n’est jamais évident comme il le rappelait la semaine dernière :

« Je n’ai jamais été dans cette situation avant, avec un certain nombre de tirs à prendre, privilégier ma contribution offensive. Toute ma carrière on m’a surtout demandé de défendre, de courir des deux côtés du terrain. J’avais toujours 3/4  aspects de mon jeu sur lesquels je devais me focaliser. Maintenant c’est marquer, impliquer mes coéquipiers et être fort en défense. Tout ceci en jouant à plusieurs postes, et en défendant à plusieurs positions. Ça fait beaucoup à intégrer d’un coup mais ça va finir par s’arranger »

Coach Stevens est au moins d’accord là-dessus :

« Il doit réussir à s’adapter. Pour sa défense, on lui demande de faire beaucoup, d’intégrer beaucoup de choses. C’est un challenge c’est sûr. Ce n’est pas facile à faire quand il y a de nouveaux systèmes, une nouvelle équipe. Je pense que jusqu’ici il s’en sort plutôt bien. Il a joué son meilleur basket ces deux dernières semaines. »

Car finalement personne ne doute de son talent. Ses 43 points contre Miami en playoffs la saison passée sont là pour l’attester. Mais il n’a pas encore franchi le pas de la régularité. Celui qui fera de lui un candidat crédible pour le All Star Game, un poison pour les défenses adverses, et ce chaque soir de match.

Green sait qu’il peut le faire, et peut compter sur son entourage pour y arriver :

« Je dois tout faire pour devenir ce joueur là. Bien sûr j’aurai des hauts et des bas, mais je peux vous promettre qu’il y aura plus de hauts que de bas. Ça va être un véritable défi pour moi, mais je peux compter sur mes coéquipiers et sur un bon coach pour m’aider dans cette tâche. »

Lors du premier match de la saison hier soir, Green a tenu parole : 25 points (+5 rebonds, 2 passes décisives, 1 interception, 1 contre). Il s’est montré agressif, preuve en est ses neuf lancer-francs obtenus, soit le deuxième meilleur total de la soirée derrière Kyle Lowry.

Après avoir commencé le match au poste d’arrière, il s’est rapidement retrouver ailier. C’est finalement au poste d’ailier-fort qu’il a le moins joué.

Ses pourcentages sont excellents pour cette première : 50% aux tirs, 66% derrière l’arc et 78% aux lancers. Rien à voir avec sa pré-saison.

A votre avis, Green peut-il être au dessus des 20 points de moyenne sur la saison ?

 

Article écrit par Louis Jullien, d’après l’article de Masslive, « Green continues to put pressure on himself« .