Mailbag 14/12/13 : projetons-nous dans les mois

Deuxième édition de notre nouveau rendez-vous du week-end, le mailbag. Le principe est simple : vous nous envoyez vos questions sur Twitter, on en sélectionne quelques-unes et on y répond.

Cette fois-ci, mailbag assez court et avancé d’un jour compte tenu du peu de questions reçues et de mes impératifs personnels, mais j’ai essayé de compenser en approfondissant ma réflexion sans partir dans tous les sens. Bonne lecture.

 

 

Pour le moment, c’est assez flou car il y aura du mouvement, mais il existe tout de même quelques certitudes : avant toute chose, on peut affirmer que les $ 17,285,838 millions de salaire (cumulés) de Kris Humphries et de Keith Bogans seront à effacer des tablettes, le premier devenant agent libre et le second n’ayant que cette première année de contrat garanti.

En revanche, Boston a choisi de ne pas exercer ses qualifying offer sur Avery Bradley et Jordan Crawford, afin de tester leur valeur sur le marché en faisant d’eux des agents libres restreints. Enfin, MarShon Brooks, que Danny Ainge voulait absolument, sera libre à la fin de la saison.

Il y aura donc des choix à faire avec ces trois-là, sachant que Bradley a refusé une offre évaluée à $ 24 millions sur quatre ans l’été dernier et qu’il semblerait, selon plusieurs sources, vouloir au moins huit millions par an, soit ce que touchent actuellement Jeff Green, OJ Mayo ou encore Marcus Thornton (qui avait signé en 2011, et les équipes sont désormais plus frileuses avec le nouveau CBA).

Si l’on ne sait rien de plus pour l’instant à ce sujet, les choses pourraient s’accélérer très bientôt et une décision devra être prise à ce sujet, soit par un transfert, soit en égalant une offre adverse cet été au risque de surpayer le joueur. On se souvient que Ainge a refusé de le faire pour Kendrick Perkins, James Posey mais l’a fait pour Brandon Bass, Courtney Lee voire Jeff Green. Résultat ? Boston cherche à se séparer des deux premiers et le contrat de Green est assez souvent remis en question.

Pour en revenir à la question de base, il faut toujours garder en tête que l’équipe est en reconstruction / tanking (rayez la mention inutile) et que Ainge recherche activement de la flexibilité financière. C’est pourquoi il n’hésitera pas à transférer les vétérans du groupe afin de se dégager de la marge immédiate ou en vue de l’été prochain, période durant laquelle il aura également la fameuse trade exception – utilisable idéalement entre le 10 et le 12 juillet 2014 (voir détails ici) – à sa disposition pour réaliser un coup.

En résumé, la place dans la masse salariale n’est pas encore là mais les dirigeants y concentrent très certainement leurs efforts, avec l’aval, rappelons-le, des propriétaires de l’équipe.

 

 

On en a parlé dans le précédent mailbag, Crawford s’est clairement métamorphosé. Toutefois, je pense que Boston voit plus Bradley comme le complément ultime à Rajon Rondo. On l’a vu plus haut, l’équipe devra faire un choix et bien que Crawford impressionne, je pense qu’il a plus ou moins atteint son meilleur niveau possible alors que Bradley, en nette progression offensive, peut encore gagner en régularité et en adresse extérieure.

De plus, Crawford sera agent libre restrictif à la fin de la saison et un rôle de remplaçant derrière Rondo risque de ne pas lui convenir longtemps, même si l’on considère l’hypothèse d’un transfert de Lee (efficace sans ballon, ce qui pourrait coller avec Crawford en sortie de banc si son contrat n’était pas aussi plombant) et la probabilité que Brooks soit sur le départ cet été.

Si, en plus de cela, les Celtics donnent à Bradley le contrat que ce dernier désire – et je pense que ça ne sera pas un problème car aucune équipe ne devrait pouvoir proposer plus que ça -, ils risquent malgré les atouts accumulés de ne pas avoir assez d’argent pour jouer un rôle majeur sur le marché des agents libres tout en conservant Crawford qui, s’il continue d’impressionner, recevra très certainement des offres cet été.

D’où la perspective d’un transfert.

Je pense que vous commencez à connaître la chanson : l’effectif étant construit de façon bancale, Ainge cherche à maximiser la valeur de chacun de ses joueurs et je crois qu’aucun joueur n’est véritablement intouchable.

Boston possède des jeunes talentueux et des tours de draft à foison (neuf premiers tours sur les cinq années à venir) mais, en l’absence d’un scoreur de premier choix (à voir avec Jeff Green une fois que Rondo sera revenu, sujet abordé dans le premier mailbag), il y a désormais deux scénarios possibles :

• L’équipe se construit patiemment via la draft, en développant ses jeunes joueurs et en visant chaque année les playoffs. Le contrat de Brad Stevens, portant sur six ans, laisse entrevoir cette option, mais les gros contrats dont essaie de se débarrasser Ainge plombent ce scénario, sans mentionner les incertitudes toujours liées à la draft et le fait que cette équipe risque de n’avoir que des choix placés dans le milieu de tableau.

• Le management de l’équipe décide que cette dernière manque d’une vraie star pour épauler Rondo, qui est dans ses plus belles années et sacrifie quelques-uns de ses atouts pour faire venir un joueur de calibre All-Star, permettant ainsi à cette équipe de franchir un palier. La construction pas toujours très cohérente du groupe de joueurs et la volonté de récupérer des tours de draft dans chaque négociation avec les équipes adverses peuvent suggérer qu’un tel scénario soit envisagé, mais il faut trouver les équipes avec qui traiter et, là encore, faire des choix sportifs pas toujours faciles à faire accepter aux fans.

Vous l’aurez compris, du haut de ses 25 ans, Crawford est l’un de ces jeunes atouts dont dispose l’équipe et le contexte de cet été fait, selon moi, pencher la balance en sa défaveur… bien qu’il impressionne tout le monde.

À ce jour, aucune rumeur le concernant n’a fait surface et il est pour le moment difficile de faire état de la demande dont il fera probablement très bientôt l’objet. J’aime beaucoup ce qu’il apporte à Boston mais je pense que la meilleure chose à faire le concernant sera de le vendre tant que sa cote est au plus haut avant qu’il ne se retrouve « étouffé ».

 

 

• Je vais commencer par « fessier » : son atout principal, que l’on a majoritairement découvert l’an dernier (sauf pour ceux qui suivaient Ohio State en NCAA) et qui lui est très utile lorsqu’il attaque poste bas, mais aussi pour les écrans retard. Bryan Doo, le préparateur physique, a fait un excellent travail avec Jared Sullinger suite à son opération du dos afin de lui permettre de retrouver toute sa mobilité sans qu’il n’ait à revoir son jeu, en partie basé sur ses attributs physiques.

• Ensuite, je dirais « technique » : il n’est ni exceptionnellement grand ni athlétique pour son poste et pas mal d’analystes pensaient qu’il n’arriverait pas à transposer son jeu à la NBA. Mais voilà, outre ses qualités physiques, Sullinger possède une technique quasi-irréprochable. Depuis ses débuts sous le maillot vert, on a l’impression de voir en lui un joueur qui en est à sa quinzième saison.

Alors certes, défensivement, il ne sera probablement jamais un intimidateur même s’il y a du progrès.

Mais sur le plan offensif, voilà ses qualités : capable de poster son défenseur, de tirer à mi-distance et même à trois points, très bon passeur, doté d’un indéniable sens du rebond, il ne lui reste plus qu’à mieux lire les défenses adverses et les prises à deux pour franchir un cap. Mentalement, c’est déjà très costaud. Ce qui m’amène au troisième point.

• « Leader » : Sullinger n’est que dans sa deuxième année mais il est déjà très mûr et sans doute a-t-il bénéficié de la présence de Kevin Garnett à ses côtés l’an dernier pour progresser dans ce domaine.

J’ai évidemment été très déçu en apprenant les accusations de violence domestique dont il a fait l’objet cet été et j’ai évidemment remis en question son attitude (pourtant irréprochable en tant que joueur), mais il n’a pas démérité depuis. Arrivé fin octobre hors de forme, il n’a reculé devant rien et n’a pas cherché la moindre excuse, nous a tous bluffés et est devenu un leader vocal et par l’exemple.

Réfutant les allégations des journalistes sur le tanking dans un style un peu moins poétique que les métaphores culinaires dont Garnett avait le secret, il semble – plus que Green – prendre cette équipe sur son large dos en l’absence de Rondo et c’est une excellente nouvelle pour le développement du noyau dur sur lequel Stevens et Ainge devraient s’appuyer dans les années à venir.

 

 

Ce n’est pas du flan puisqu’il y a apparemment quelque chose de vrai dans ces rumeurs : New York semble en rêver. Ça restera néanmoins très probablement de l’ordre du fantasme, pour la simple raison que, comme le disait je ne sais plus quel insider dernièrement, Boston (tout comme Houston) recherche avant tout des tours de draft… chose que ne possède pas New York à court terme.

Sans rentrer dans les détails, la marge de manœuvre de New York est ultra-limitée et même une déconstruction totale de l’effectif prendrait du temps car leurs atouts sont très peu nombreux et James Dolan, le propriétaire, semble réticent au changement.

Par ailleurs, Rondo et Carmelo Anthony ont tous deux démenti s’être parlé de l’éventualité d’évoluer ensemble sous le maillot de Gotham City.

Du côté des Celtics, dans le plan de Ainge, Rondo n’est certainement pas intransférable mais sa valeur est quasi-exorbitante. Nous le rappelions il y a quelques temps, Ainge n’était prêt à lâcher son meneur All-Star que pour Chris Paul en échange. Ça vous donne une idée des chances qu’ont les Knicks de l’obtenir.

Par Léo Hurlin

4 Comments on “Mailbag 14/12/13 : projetons-nous dans les mois”

  1. Super article !
    Vraiment déçu cela dit, d'apprendre que Bradley souhaite 8M par an… Je suis sur le cul, ca semble cher sachant que Tony Allen ne coûte que 4,5M. Je ne m'attendais pas à ce qu'il demande plus de 6,5M à vrai dire.
    Crawford, quant à lui, représente un risque et comme vous le dites, il vaut mieux avoir retour sur investissement tant que sa valeur est au plus haut mais je ne pense pas que sa cote soit élevée et je ne vois pas non plus quelle équipe le signerait en tant que titulaire. Son match d'hier fait d'ailleurs très peur.

    1. Concernant la cote de Crawford, il est certes dur de la mesurer parce qu'on se base sur un petit échantillon d'une carrière NBA mais le fait est qu'elle n'a probablement jamais été aussi haute. C'est là-dessus que je pense qu'il faut jouer. On a une tonne de guards et Rondo revient…

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