Renaissance

Le coup de massue

C’était le 27 janvier dernier. Via notre page Facebook, plusieurs d’entre vous s’étaient réunis dans des bars, à Paris, à Lyon, beaucoup étaient devant leur télévision ou leur ordinateur pour ce match tant attendu face au Heat de Miami.

Mais voilà, peu avant la rencontre, les nouvelles tombaient, toutes plus mauvaises les unes que les autres. « Rondo ne jouera pas le match, il s’est blessé contre Atlanta lors du dernier match », « Sa blessure pourrait être assez sérieuse », etc… jusqu’au verdict final, coup de grâce porté aux supporters celtes : « les ligaments du genou sont touchés, sa saison est finie. »

Le choc est brutal, tellement violent que le retour de Ray au TD Garden et la victoire après double-prolongations passent au second plan. Paul Pierce apprend la gravité de la situation lors de l’interview d’après-match, lui qui vient de rendre un bel hommage à son meneur en signant un triple-double, spécialité du n°9.

On en vient à se demander quel sera l’avenir des Celtics, eux qui jusque-là n’avaient pas encore trouvé la bonne formule (21-23). Un sursaut d’orgueil pousse les joueurs à une série de sept victoires consécutives. Assez pour que quelques analystes en carton se demandent si les Celtics ne seraient pas meilleurs sans leur meneur de jeu fétiche… Finalement, le bilan sans Rajon ne sera pas tellement différent de ce qu’il était avant (20-17). Mais surtout, son absence sera l’étincelle qui provoquera la fin d’une ère : celle de Paul Pierce, Kevin Garnett et Doc Rivers. Rondo assistera à tout cela depuis le banc de touche, place qu’il occupe depuis maintenant quelques mois.

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Sur la touche

De son propre aveu, il a mis à profit son séjour au bord du terrain. Lui, qui se voit bien coach à la fin de sa carrière, a passé son temps à analyser le jeu de ses coéquipiers, à leur donner ses conseils, à observer son coach, et même parfois à lui piquer la palette pour y dessiner quelques systèmes de sa création.

On a encore pu le voir avec le dernier match face à Toronto, Rajon Rondo fait attention aux moindres détails d’un match. Qui d’autre que lui pouvait prévenir Jared Sullinger qu’il ne lui manquait qu’un rebond pour obtenir un double « double-double » ? Il est comme ça le Rajon, très intellectuel, grand amateur de chiffres. C’est ainsi que pour annoncer son retour face aux Lakers, il a opté pour l’énigme mathématique.

 

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Sortez les calculettes, vous divisez le tout par 60 (minutes), de nouveau par 60 (heures), puis par 24 (jours), cela vous donne 338 et des poussières. Ajoutez 338 jours après l’annonce de sa blessure, et vous obtenez la date du 17 janvier. L’idée de base est si unique, que je pense même que les poussières correspondent exactement aux minutes manquantes.

Cela n’est qu’une preuve de plus que le meneur est très cérébral. Sur ce point, il partage de nombreuses affinités avec son nouveau coach Brad Stevens (ainsi qu’avec certains des assistants que l’ancien coach de Butler a fait venir avec lui, notamment Drew Cannon). Les deux ont toujours été des « premiers de la classe », mais aussi d’excellents joueurs de Puissance 4. Pas étonnant dès lors que ça ait rapidement collé entre les deux cerveaux surdoués.

Brad Stevens conseille Rajon sur ses lectures, le meneur lui récupère toutes les notes du coach, pas seulement sur sa propre équipe, mais aussi sur n’importe quel adversaire. Le joueur est comme un gamin dans une piscine à boule avec toutes ces statistiques avancées dont se sert l’ancien coach de Butler.

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Boston lui appartient

Une conséquence de cet esprit si spécial est que Rondo adore les challenges. Il se nourrit de la difficulté, de l’adversité, et se sublime par la suite. Plus de Pierce ou de Garnett ? Un processus de reconstruction ? Rien de plus excitant pour le joueur, qui a envie de montrer qu’il peut mener une équipe au bout tout en étant le patron sur le terrain.

Certaines équipes avaient pourtant flairé la bonne affaire. Mais Danny Ainge tient à son poulain. Il a cependant reçu un coup de fil d’un autre GM, mais de ses propres dires, la discussion n’a pas duré plus d’une minute. Quand votre GM et votre coach vous annonce en face-à-face que cette équipe est la vôtre, que son avenir vous appartient, vous ne pouvez qu’être aussi enthousiaste de revenir que ne l’est le lutin celte.

Tous ses coéquipiers attendent cela avec impatience, tous veulent profiter de ses caviars venus de nulle part, de son état d’esprit conquérant, de son aura tout simplement. Alors certes, il ne faut pas lui mettre trop de pression sur les épaules, il ne claquera pas un triple-double pour son premier match. Mais peu importe. Qu’il joue 30, 20, 10 ou deux minutes, le TD Garden vibrera comme jamais depuis le 27 janvier dernier. Presque un an sans son magicien, une éternité pour nous autres, fans du trèfle.

Les Celtics-Lakers ont traditionnellement une saveur toute particulière. Peu importe le résultat ce soir, l’important, c’est le retour du maestro.

Mix par Anto Melo (sa chaine youtube ici)

 

Article rédigé par Louis Jullien.

15 Comments on “Renaissance”

  1. Excellent article ! On attend tous son retour depuis si longtemps ! Et puis, Chris Webber le dit si bien : ROOOOOOOOONDO !

  2. super article! Vivement ce soir, le retour du king! Hate de voir ce que ça va donner, ce soir mais surtout sur le long terme.

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