Phil Pressey, le mini-Rondo ?

Vendredi soir, tous les spectateurs n’avaient d’yeux que pour le grand retour de Rajon Rajon. Et pourtant sur le terrain, un petit meneur a illuminé le match de quelques passes « Rajonesques ». Ce joueur, c’est bien évidemment Phil Pressey.

Avec les départs récents de MarShon Brooks et surtout de Jordan Crawford, le meneur miniature (1m80 quand même, juste pour visualiser autrement qu’au milieu de géants sur un terrain) en a profité pour fêter sa première titularisation face à Toronto mercredi, et pour grappiller de longues minutes face aux Lakers.

C’est peu de dire que le jeune Phil a mis a profit ce temps de jeu. Sur ses 82 dernières minutes de jeu, il a ainsi distribué 25 passes décisives, et n’a perdu qu’une seule fois la balle. Si Kelly Olynyk avait eu les mains plus fermes face aux Rockets lundi, Phil Pressey possèderait l’un des ratios passes décisives / pertes de balle les plus incroyables, et pas uniquement pour un rookie.

Face aux Raptors, Pressey a distribué 10 caviars en 26 minutes de jeu, le tout sans perdre de ballon. Avec le retour de Rondo, Pressey est retourné sur le banc. Mais avec 22 minutes de jeu, il a tout de même donné 9 offrandes à ses coéquipiers, toujours sans aucun déchet.

« Parfois certains joueurs sautent sur l’occasion pour se mettre en avant. Il en profite, et il le fait de bien belle manière. »

Ces mots sont ceux du coach Brad Stevens. La situation évoquée est celle du remaniement de l’équipe. Quelques jours auparavant, sur le parquet des Warriors, Phil Pressey n’avait pas joué. Le premier DNP (Did Not Play) depuis tout début novembre. Jerryd Bayless avait été préféré pour mener l’attaque de la deuxième unité.

Avec le retour du maestro, on pouvait légitimement se demander s’il n’était pas préférable pour Phil Pressey d’aller faire un tour en D-League pour garder du temps de jeu. Mais mercredi, Danny Ainge envoyait Jordan Crawford à Golden State, laissant l’opportunité au jeune meneur d’être dans le cinq de départ pour la première fois de sa carrière.

Au fur et à mesure que Rondo retrouvera ses minutes, celles de Pressey diminueront. Mais le joueur compte sur ces quelques match pour rappeler à tous son potentiel et ses qualités balle en main. Il a ainsi profité d’une rotation aux lignes arrières beaucoup plus réduite pour jouer sans se soucier de quel sera son temps de jeu.

« Mes coéquipiers ont toujours eu confiance en moi, ça m’aide beaucoup également » savoure le joueur qui n’a pas été drafté l’été dernier.

Attention, nous ne sommes pas en train de dire que le jeu de Phil Pressey est parfait. Ses pourcentages sont simplement affreux avec 23.9% aux tirs et un famélique 17.6% derrière l’arc. C’était la principale préoccupation des 30 équipes le soir de la draft, des doutes suffisants pour ne pas figurer parmi les 60 heureux élus. Les Celtics, qui avaient essayé de manoeuvrer en coulisses pour récupérer un second tour de draft afin de sélectionner Pressey, n’ont ensuite pas mis longtemps à exprimer leur intérêt à l’entourage du joueur, et le staff continue aujourd’hui de travailler sur sa confiance au shoot. Il n’est ainsi pas rare que Phil Pressey soit le dernier à quitter la salle d’entraînement, travaillant sans relâche sur ses tirs en suspension.

Capture d’écran 2014-01-19 à 12.29.20

Cela explique pourquoi le banc était si enthousiaste après ses deux tirs à 3-pts face aux Lakers. Les meneurs adverses sont au courant de ses difficultés et laissent souvent beaucoup d’espace, se concentrant sur les quatre autre joueurs. Vendredi soir, Phil leur a fait payer par deux fois ce manque de considération.

Si Pressey veut s’imposer sur le long terme en NBA, il doit sérieusement travailler son tir, au minimum pour que les défenseurs adverses le prennent au sérieux. Cela ne vous rappelle personne ? Ses coéquipiers espèrent en tout cas que le joueur continuera à tenter, afin de trouver cette confiance.

« On veut qu’il prenne sa chance aussi souvent qu’il le peut quand il est démarqué » admet Jared Sullinger, « Il le sait, même si son profil est clairement celui d’un meneur distributeur, et que c’est compliqué pour lui de ne pas chercher la passe [avant le tir]. »

Il est vrai que Pressey a davantage le profil d’un quarterback que d’un receveur (pour les amateurs, les Patriots jouent à 21h ce soir pour se qualifier pour le prochain Super Bowl).

« J’adore faire des passes, et j’ai la chance d’avoir une bonne vision de jeu. Certains ont le don d’avoir une excellente adresse, certains sont athlétiques, je pense vraiment que j’ai un don pour la passe, donc j’essaie d’en profiter du mieux que je peux. »

Malgré sa petite taille, Pressey a su également se montrer bon en défense, utilisant sa vitesse pour gêner les meneurs adverses. Les Celtics n’encaissent que 99.6 points sur 100 possessions quand il est sur le terrain (meilleur de l’équipe), ce chiffre passe à 104.5 quand il est sur le banc. Sur le plan individuel, il est classé 51ème de la ligue par Synergy Sports (0.853 points encaissés par possession), mais il peut encore progresser dans ce domaine.

boston-celtics-phil-pressey-jared-sullilnger-11514

Pressey aura 23 ans le mois prochain, et son contrat le lie avec les Celtics (à moindre coût) sur les deux prochaines saisons (816,000 et 947,000 dollars). Il est exactement le genre de joueur qui aurait pu rendre de bons services à la mène ces dernières années, quand l’équipe avait du mal à trouver le bon remplaçant derrière Rajon Rondo.

Le retour de ce dernier risque de diminuer le temps de jeu de Pressey, mais le rookie ne pense pas que cela gênera sa progression, au contraire.

« Je dois beaucoup à Rajon, car même quand il ne jouait pas, il était là à me parler, à me dire quoi faire, » reconnaît Phil Pressey. « Rien que l’observer lors des entrainements m’aide dans mon jeu. Mais depuis qu’il est avec nous sur le terrain, on peut déjà voir que l’équipe se parle davantage et que tout commence à aller un peu mieux. »

Il reste maintenant à tenir sur la durée. Il a quelques mois pour convaincre Danny Ainge qu’il peut être le meneur remplaçant que les Celtics recherchent. Cela passera forcément par une meilleure adresse.

 

Article rédigé par Louis Jullien, à partir de l’article d’ESPN « Pressey pressing for playing time« .

7 Comments on “Phil Pressey, le mini-Rondo ?”

  1. Vu son salaire, c'est une bonne affaire pour le moment, ca va permettre de mettre du cash au poste 2 (bradley), au poste 3 et au poste 5. Et penser à reconduire le contrat de Sullinger !

    1. Ca sera toujours une bonne affaire à mon avis! Dans 4 ans il ne coutera pas plus que 2M vu le faible temps de jeu dont il disposera derrière Rondo (Bayless) ! Nous sommes plutot serein grâce à ce garçon qui ne fait que très peu d'erreur…je sui content!

  2. Ce mec est une très belle affaire ! en esperant qu'il puisse arrivé à terme à 40% histoire d'en faire un mec toujours sous-estimé à qui on laissera de l'espace mais qui pourra sanctionner.. en tout cas on tient là un bon back-up pour rondo !

    1. ouais enfin ceci dit, si il pouvait devenir un monstre au tir en plus de sa qualité de passe je signe aussi 🙂

  3. Une bonne pioche et malgré le retour de Rajon, il devrait garder un rôle et des minutes. Un vrai meneur, pas cher et qui va progresser au contact de Rondo, que demander de plus !

Comments are closed.