Seconde chance pour Iverson ?

Peut-être l’avez-vous oublié, mais les Celtics avaient sélectionné deux rookies lors de la dernière draft : Kelly Olynyk bien sûr, mais aussi un autre joueur de 2m10 en la personne de Colton Iverson.

Après une audition plutôt réussie, les Celtics avaient payé les Pacers pour récupérer leur 53ème choix et ainsi sélectionner l’ancien joueur de Colorado State.

Mais les Celtics ont pas mal d’intérieurs à ce moment là (et ce n’est pas une blague) avec Shavlik Randolph, Fab Melo, Chris Wilcox ou encore Vitor Faverani qui vient alors de signer un contrat sur plusieurs saisons. Avec les blessures de Rondo et de Bradley, Boston a également besoin de monde sur les lignes arrières et signe Phil Pressey. L’avenir de Colton Iverson avec les Celtics devient de plus en plus flou, mais les dirigeants croient en lui. Danny Ainge lui demande alors de passer une année en Europe et il s’engage avec le club turc du Besiktas.

« Ils avaient beaucoup de gars à mon poste, » reconnaît le jeune pivot. « Je sais aussi qu’ils avaient besoin de meneurs, d’extérieurs. Quand j’ai discuté [avec les Celtics] le soir de la draft, j’ai fait part de mon intérêt pour jouer une année à l’étranger. C’était une bonne expérience et j’ai eu l’occasion de pas mal jouer cette année. »

Tout au long de la saison, les Celtics ont gardé un œil sur lui. Le directeur du personnel des joueurs, Austin Ainge (ancien coach des Maine Red Claws et évidemment fiston de Danny) s’est même rendu plusieurs fois à Istanbul pour montrer au jeune Colton que les Celtics comptent toujours sur lui.

« Il n’est pas très technique, mais il a un shoot décent et il s’est amélioré en défense. Il fait beaucoup moins de fautes qu’avant. Je trouve aussi qu’il a progressé sur les prises à deux. Là-bas, il est tellement imposant que ses adversaires ont du mal à l’écarter de la raquette, du coup ils envoient un deuxième joueur. Il a appris à gérer ces situations et à trouver le joueur démarqué. »

Joueur toujours plein d’envie et d’intensité, Iverson a disputé une cinquantaine de matchs avec Besiktas pour des moyennes correctes de 7,2 points et 4,8 rebonds, le tout en 17 minutes de jeu. Il est depuis peu rentré dans son Dakota natal et devrait rejoindre très prochainement Boston pour participer à quelques entrainements avec le reste de l’équipe. Il devrait avoir une nouvelle fois une chance de montrer de quoi il est capable lors de la Summer League, et il entend bien prouver l’étendue de ses progrès.

« Je sais que j’ai encore tout à prouver. Ce ne sera pas facile, mais comme à chaque fois je donnerai le maximum. Coach Stevens avait insisté sur la nécessité pour moi de m’améliorer aux rebonds, développer mon jeu offensif, ma défense sur pick-and-Roll et ma mécanique de tir. Je crois qu’il a dit qu’il avait vu de bonnes choses dans mon jeu cette année, et j’ai hâte de lui montrer les progrès effectués. »

Si les Celtics auraient bien eu besoin de son physique et de sa présence sous les panneaux cette année, il n’est cependant pas assuré d’intégrer les 15 la saison prochaine. La principale raison ? Il risque d’y avoir pas mal de mouvements dans l’effectif et personne aujourd’hui n’est capable de dire si les Celtics auront toujours besoin de viande dans la peinture.

Austin Ainge le sait, et pour lui cela ne doit pas décourager celui qui pourrait devenir rookie à 25 ans :

« Les joueurs n’ont aucun contrôle sur tout ça. J’ai dit à Colton de venir et de faire de son mieux, pour que tout le monde ait envie de trouver un moyen pour que ça marche. C’est un gars qu’on apprécie assez pour avoir fait ça (ndlr : récupérer le choix des Pacers contre de l’argent), ça devrait vous donner une indication sur l’intérêt qu’on lui porte. »

Ce ne sera probablement jamais un joueur majeur, mais il sera en effet intéressant d’observer les progrès de Colton Iverson. Et si les Celtics n’arrivent pas à trouver de pivot sur le marché, il pourrait apporter ses muscles et sa carrure pour être une menace défensive dans la raquette.

A mon avis, il n’apportera pas beaucoup sur le plan statistique, mais c’est un travailleur de l’ombre et il fait le sale boulot. S’il faut un joueur de plus pour faire le nombre, pourquoi ne pas lui donner sa chance s’il fait une bonne Summer League ?

 

Article écrit par Louis Jullien, inspiré de l’article d’ESPN « Second Chance at a First Impression » et du Boston Globe « Colton Iverson gets chance to shine in Turkey«