Marcus Smart : quel joueur est-il vraiment ?

Ce jeudi 26 juin, aux alentours de 02h du matin en France, les Celtics ont choisi de sélectionner avec leur sixième choix de draft le meneur d’Oklahoma State, Marcus Smart. L’un de mes collègues vous ayant présenté quel type d’homme il était, je vais désormais vous parler du joueur, afin de connaître un petit peu mieux le prospect auquel les Celtics s’apprêtent à donner leur confiance.

Pour commencer, Marcus Smart est une bête physique d’1m93 pour 103 kilos. Comme beaucoup de prospects, il est comparé à d’autres joueurs NBA. Si dans le style de jeu, il pourrait être comparé à Westbrook, sur le plan physique, c’est un Dwyane Wade bis. Ni plus ni moins, puisque Wade fait 1m93 pour 100 kilos. En plus de ça, le néo-meneur des Celtics possède une envergure de 2m06. L’avantage de ce physique monstrueux est que Smart est à l’heure actuelle l’un des rookies les plus « NBA ready« . Si la plupart des joueurs draftés doivent passer par la case musculation, le natif du Texas n’en aura sûrement pas besoin, et pourra donc directement travailler son jeu, ce qui est véritable point positif.

Venons en à ce qui nous intéresse sûrement le plus : le jeu. Évoluant depuis deux saisons à Oklahoma State, Smart est un joueur complet, plus mature dans son jeu qu’un freshman mais toujours plus jeune qu’un senior. Si nous le comparions à Dwyane Wade sur le plan physique, Marcus Smart est le plus souvent comparé à Russell Westbrook dans le jeu. Pour preuve, la ligne statistique 2013-2014 de Marcus Smart fait état de 18 points, 5,9 rebonds, 4,8 passes décisives et 2,9 interceptions en 32 minutes de moyenne.

Fort rebondeur, Marcus Smart est également réputé pour son sens de la passe. Grâce à son physique, il représente une véritable menace sur pick & roll. En effet, s’il se fraye un chemin au cercle, il n’aura aucune difficulté à finir. En témoignent ses 65% de réussite au panier. Si la prise du pick engendre une prise à deux, son envergure lui permet de trouver des angles de passe impossibles et de servir ses coéquipiers libres derrière l’arc. Alliant rapidité et force, Smart possède un excellent équilibre lui permettant de marquer de nombreux paniers malgré les contacts, et donc de générer des fautes. Durant son année sophomore, le meneur a tiré près de huit lancers francs par match, un chiffre énorme.

marcussmart1152

À côté de ça, ses qualités au rebond très honorables pour un meneur le rendent capable de jaillir sur des situations de contre-attaque et de mener un coast-to-coast sans difficulté après réception du rebond. Si le shoot extérieur de Smart est dans un bon jour, il peut devenir une arme offensive redoutable, capable de finir proche du cercle et à l’extérieur. Brad Stevens a d’ailleurs loué sa mécanique de tir sur le haut du corps. Enfin, pour finir sur le jeu offensif du rookie, il faut noter qu’il est un joueur très intéressant au poste bas compte tenu de sa position et de sa force physique, capable de profiter d’un mismatch et de jouer un meneur plus faible physiquement en post-up.

Malheureusement, comme tous les joueurs, Smart possède un certain nombre de défauts dans son jeu qu’il lui reste à gommer. Tout d’abord, à la ligne de statistiques de l’ex-joueur d’Oklahoma State, il faut rajouter près de 2,6 pertes de balle par match. Ceci accentue la comparaison avec Westbrook, les deux joueurs ayant des statistiques similaires aussi bien dans le positif que le négatif. Créatif, Smart doit toutefois s’améliorer dans sa prise de décisions. Possédant un faible ratio passes décisives/pertes de balle (1,78 assist par balle perdue), Smart y ajoute un faible pourcentage aux tirs de seulement 42%.

S’il attaque le panier, Marcus Smart prend aussi de très mauvais shoots extérieurs en première intention. Possédant une mécanique de tir suspecte, particulièrement dans ses appuis, il ne shootait qu’à 29% derrière l’arc cette saison (et « seulement » à 73% aux lancers francs), ce qui va vite devenir sa priorité de travail. Ainsi, comme on le voyait avec Rondo auparavant, il n’est pas rare de voir son défenseur passer en dessous du pick & roll à deux mètres de lui, car son shoot extérieur ne présente pas de menace – et encore moins lorsqu’il est contesté. De plus, l’agressivité de Smart n’est pas toujours positive, puisqu’il provoque un certain nombre de passages en force. S’il travaille avec Rondo, nul doute qu’il va vite apprendre sur la lecture du jeu, principal défaut du joueur à l’heure actuelle.

smart defense

Défensivement, Marcus Smart est également très imposant. Sa stat la plus impressionnante concerne certainement sa propension à réussir des interceptions : 2,9 par match. Il a même subtilisé neuf ballons en 25 minutes face à Utah. Sa réussite dans ce domaine lui permet fréquemment de contre-attaquer sans opposition. Une fois encore, c’est son envergure qui lui permet de couper les lignes de passes et de se projeter rapidement vers l’avant. L’avantage de son physique est qu’il était en NCAA capable de défendre sur les postes 1,2 et 3. En NBA et malgré les premières déclarations du staff des Celtics, il semble que défendre sur un poste 3 risque d’être compliqué pour lui, mais aucun problème pour les deux autres. Nous pouvons imaginer un tandem défensif Smart-Bradley (s’il est conservé) qui risquerait de vite faire craquer les arrières adverses. Seul point négatif de son physique imposant, Smart est plus lourd et donc parfois moins rapide que certains meneurs de petite taille, ce qui lui fait perdre certains duels en vitesse et en explosivité. Ni véritable arrière ni véritable meneur, Marcus Smart est l’exemple type du « combo-guard » actuel.

Si nous évoquons le jeu de Marcus Smart, nous ne pouvons passer à côté de son mental et de ce que dégage le joueur. Tout d’abord, Smart est un compétiteur hors pair. Sur sa saison sophomore, il a scoré 18 points de moyenne contre des équipes non-classées (NCAA) et 20 contre les plus grosses équipes du pays. Smart est un gagnant, ce qui le pousse parfois à prendre des mauvaises décisions dans le money time. Même si les Cowboys (surnom de l’équipe d’Oklahoma State) se sont fait éliminer au premier tour de la March Madness, Smart a réalisé un match de titan (23 points, 13 rebonds, 7 passes et 6 interceptions), devenant premier joueur de l’histoire à cumuler 20-10-5-5 dans le tournoi.

Bien que compétiteur, Smart dégage pour certains une image négative. Peu apprécié, il semble parfois sûr de lui à tort, et son envie de gagner peut lui attirer les foudres de ses détracteurs. Versant souvent dans le trashtalk, Marcus Smart réagit souvent au quart de tour, envers les adversaires, l’arbitre ou même les supporters, comme sur cette action de sa dernière saison NCAA qui lui a valu trois matchs de suspension.

Nerveux, Smart va devoir se tenir au carreau au plus vite, au risque de se faire des ennemis autres que les supporters des autres équipes. Fort heureusement, il arrive en NBA dans une équipe qui prône une culture d’équipe forte, et coachée par un ancien de la ligue universitaire.

Attaquant solide, bête physique, gros défenseur, Smart va devoir progresser dans sa prise de décision et sur le mental, afin de devenir un joueur redoutable. Sûrement l’un des plus « NBA ready » de cette draft, Smart pourrait être un concurrent sérieux au titre de rookie de l’année, qui s’ajouterait à sa grande vitrine de titres individuels : deux fois First Big-12 Team, All-American Third Team, USWBA Freshman of the Year… Ajoutez à cela un titre mondial avec l’équipe U19 des USA en République Tchèque en 2013, et vous obtenez un rookie qui a déjà beaucoup gagné. Tout ce qu’on espère, c’est qu’il gagne de nouveaux titres vite. Très vite, et sous nos couleurs.

Article rédigé par Baptiste Godreau

10 Comments on “Marcus Smart : quel joueur est-il vraiment ?”

  1. Vous savez ce qu'a donné son passage avec l'équipe U19 ?
    Ses stats et sa façon de partager le ballon dans une équipe où il n'a pas les clés du camion.

    1. Oui, à savoir qu'il était accompagné de joueurs comme Aaron Gordon, Elfrid Payton ou Jahlil Okafor donc pas la première option. Il a fini avec 9,6 pts (60% aux tirs, 28% à trois points), 2,8 rebonds et 2,6 passes de moyenne en 17 minutes de moyenne.

      1. Tu as vu les matchs ?
        Comment était-il dans sa gestion du jeu? Il était décalé poste 2 par séquences ?

        1. Malheureusement je n'ai pas vu, je ne peux pas t'aider. Au vu de l'effectif et de son pourcentage aux tirs, je pense qu'il ne créait pas le jeu et a joué 2. Mais je suppose seulement.

          1. Les demi-finales et les finales du championnat FIBA U19 2013 sont accessibles sur youtube. Je vais regarder ça.

            PS : Marcus Smart est titulaire à la mène et Elfrid Payton est décalé au poste 2.

          2. Très bon offensivement en demi-finale mais je ne l'ai pas trouvé à la hauteur de sa réputation en défense sur ce match. Il a fait quelques passes sublimes.

            EDIT : En finale, il est gêné par les fautes, ne fait pas un super match mais il ne croque pas, ça me rassure.

  2. J'adore ce profil de joueur, il peut tellement progresser mais il y a un truc qui manque à cette excellente analyse, il est assez détesté par ses adversaires à cause d'une chose : le flopping. Il s'est déjà fait remarquer un grand nombre de fois….. Peut-être pourra-t-il donner des conseils à Rondo?
    Enthousiaste sur son cas en tout cas, un peu moins sur le cas Young mais il est trop tôt pour en parler je pense, on aura certainement l'occasion de le faire prochainement.

Comments are closed.