Intersaison 2014 : quelle marge de manœuvre pour Boston ?

Peu après la draft, Wyc Grousbeck, l’un des propriétaires de l’équipe, a déclaré que la saison des transferts « n’était pas finie ». C’est on ne peut plus exact, car seul un transfert permettra à Boston de franchir un réel palier durant l’intersaison qui débute en ce premier juillet de l’année 2014. La raison est toute simple : la masse salariale de l’équipe sera, selon toute vraisemblance, au-dessus de la limite fixée par la ligue. Cela limitera leur marge de manœuvre vis-à-vis des agents libres, à qui elle ne pourra proposer que ses diverses exceptions.

Toutefois, avant d’explorer avec vous l’état des finances de Boston, quelques précisions s’imposent afin de comprendre toutes les subtilités qui se dressent devant les ambitions de la franchise.

Le plafond prévisionnel (projected cap)

En 2014-15, si l’on en croit le très bien informé Larry Coon du site cbafaq.com, les équipes devraient voir leur plafond de masse salariale fixé à 63,2 millions de dollars. La limite avant de devoir payer des taxes sera elle fixée à 77 millions de dollars. Toutefois, ces chiffres ne seront officiels qu’au 10 juillet, une fois que le moratoire annuel tenu par la NBA sera terminé.

Cap Hold

Bien qu’elle soit un élément essentiel, la notion cap hold reste méconnue. Ce sont des retenues, des réserves de salaires qui sont intégrées aux comptes d’une équipe, et qui concernent notamment les joueurs dont l’équipe possède les droits, ceux qu’elle prévoit de signer ou ceux qui n’ont pas fait les papiers pour officialiser leur retraite (exemple : Shaquille O’Neal) possèdent ainsi des cap holds dans l’équipe. Illustration avec Marcus Smart, qui génère un cap hold d’environ 2,7 millions dans la masse salariale des Celtics. C’est également le cas de Kris Humphries. À noter que le montant exact du cap hold est déterminé par un pourcentage du précédent salaire touché par le joueur, selon sa situation avec l’équipe. Humphries occupe donc un cap hold de 18 millions de dollars.

Exceptions

Les différentes exceptions dont disposent les équipes constituent elles aussi des cap holds. La mid-level exception, la bi-annual exception mais aussi les Bird Rights ou les trade exceptions sont donc à intégrer à vos calculs. Il y a par exemple la mid-level exception (qui a récemment servi à signer Jason Terry) s’élève à 5,305 millions de dollars, mais ce n’est pas tout, en ce qui concerne Boston. L’équipe possède plusieurs trade exceptions, dont la plus référencée de toutes reste celle créée par le transfert de Paul Pierce, qui s’élève approximativement à 10,3 millions de dollars (les deux autres concernant Fab Melo et Courtney Lee). Ce n’est donc absolument pas une marge de dix millions que l’on peut combler autrement que par un transfert. Enfin, les Bird Rights que nous avons évoqué en début de paragraphe servent, lorsque détenus par l’équipe, à resigner les joueurs sans se soucier de la situation des finances. Concrètement, cela signifie que l’équipe pourrait offrir un salaire de 12 millions annuels à Humphries si elle le souhaitait (ce qui n’est pas le cas, bien qu’elle soit satisfaite de la saison du joueur).

Au-dessous ou en-dessous du cap ?

Les mid-level et bi-annual exceptions dont nous avons fait mention plus tôt ne peuvent être utilisées que si l’équipe est au-dessus du plafond de 63,2 millions fixé par la ligue. Si elle est en-dessous de cette limite, alors elle ne peut utiliser que l’espace disponible dans sa masse salariale pour recruter. Et, comme nous l’avons vu, tous les salaires et les cap holds sont pris en compte pour calculer l’espace disponible dans la masse salariale.

***

Et pour Boston, ça signifie quoi ?

Difficile à dire. Les Celtics n’auront probablement aucune marge dans leur salary cap et devront donc s’en tenir aux différentes exceptions pour signer ou faire venir des joueurs via un transfert sans céder quoi que ce soit en retour.

En effet, le cumul des salaires, cap holds et exceptions détenus par Boston nous indique un montant de 131,5 millions de dollars. Pour générer le plus de marge possible, nos Celtics devraient renoncer à tous leurs droits et toutes leurs diverses exceptions.

Mais ce n’est pas nécessairement la meilleure chose à faire. Il se trouve qu’être au-dessus du plafond fixé leur donne plus de moyens pour recruter, grâce aux mid-level et bi-annual exceptions, mais aussi aux fameuses trade exceptions.

Pourquoi ? Car si l’équipe renonçait à tous ses cap holds (exceptions, droits sur les joueurs comme Keith Bogans ou Phil Pressey) afin de redescendre sous le plafond de 63,2 millions, elle aurait alors une masse salariale de 53,7 millions de dollars et n’aurait que 9,5 millions à dépenser sur le marché.

En imaginant ensuite que Boston utilise la stretch provision (qui permet de couper un joueur en étalant son salaire sur plusieurs années) sur – au hasard – Gerald Wallace, cela ne permettrait d’augmenter ce total de fonds disponibles à 15,1 millions.

En revanche, en restant dans sa situation actuelle, l’équipe possède 27,9 millions de dollars à dépenser sous la forme de ses diverses exceptions ainsi que des contrats non-garantis. Cela confère un statut un peu à part aux Celtics, car peu d’équipes seront comme eux en mesure de monter des échanges via cet argent, que l’on pourrait qualifier de mort.

Néanmoins, il leur faudra éviter de dépasser le plafond de 77 millions de dollars si les propriétaires ne veulent se retrouver à payer la luxury tax. Sans compter le chiffre des 81 millions de dollars qui correspond au hard cap prévisionnel et restreint considérablement les options d’une équipe : pas de sign and trade, une mid-level exception réduite et pas de bi-annual exception.

Comment faire pour recruter ?

Tout en étant au-delà du cap, Boston ne ferme pas exactement la porte au marché des transferts ou des agents libres. Leurs exceptions leur en donnent l’opportunité. Quelques exemples :

• Les Bird Rights

Kris Humphries et Jerryd Bayless sont tous les deux agents libres non-restreints, mais les Celtics peuvent les resigner grâce aux Bird Rights qu’ils détiennent sur eux. Ce sont des exceptions qui permettent de resigner un joueur (jusqu’au maximum possible si voulu) sans se soucier de dépasser la limite de 63,2 millions.

C’est pourquoi Boston peut faire rempiler Humphries sans dégraisser au préalable sa masse salariale ou utiliser une de ses exceptions, ce qui serait un calcul nécessaire avec d’autres agents libres.

• Les Mid-level et bi-annual exceptions

Si l’équipe désire s’attacher les services d’un agent libre issu d’une autre équipe, ils possèdent les fameuses mid-level et bi-annual exceptions. Prenons l’exemple de Patty Mills : pour signer le meneur champion avec les Spurs, l’équipe ne disposerait pas de fonds propres, mais pourrait recourir à ses exceptions et proposer un contrat de 12 millions sur quatre ans. Le fait d’être au-dessus du cap ne les en empêche pas, mais les restreint à ces options.

Les sign and trade

Grâce aux trade exceptions et aux contrats non-garantis dont ils disposent – sans même parler de la quantité de tours de draft accumulés par Boston -, les Celtics sont en bonne position pour saisir les opportunités qui se présenteront avec les agents libres des autres équipes. S’ils veulent signer un joueur demandant plus que ce qu’ils ne peuvent proposer (au plus, les 5,035 millions de la mid-level exception), il leur faudra passer par un sign and trade.

Exemple : pour tenter d’acquérir un joueur ayant tout juste signé un contrat s’élevant à dix millions pour la première année, Boston pourrait utiliser les 10,3 millions de dollars créés par le transfert de Paul Pierce. Concrètement, l’équipe qui ferait le sign and trade s’assurerait au préalable de récupérer une contrepartie dans le transfert avant d’engager des négociations de resignature avec le joueur concerné, sinon elle n’y aurait aucun intérêt.

Autre exemple avec un contrat signé pour six millions : Boston pourrait offrir les contrats non-garantis de Bogans et Chris Babb pour égaler le montant, et ainsi permettre à l’équipe d’en face de libérer immédiatement 6,1 millions de sa masse salariale.

Alors, à quoi s’attendre ?

Cette question ne saurait trouver de réponse tant les options et les atouts dont dispose Boston sont nombreux, mais aussi car on ne peut discuter seul. Le fait est que trop de paramètres sont à prendre en compte pour pouvoir déterminer précisément ce que nous sommes en mesure d’attendre : Danny Ainge trouvera-t-il une équipe désirant faire un sign and trade ? Le joueur concerné acceptera-t-il de venir à Boston ? Les joueurs que nous sommes en mesure de viser en valent-ils vraiment la peine ? Ne peut-on pas trouver de joueurs à impact avec notre mid-level exception ?

Il ne nous reste qu’à espérer que Boston fera de son mieux pour améliorer l’effectif. Les besoins sont connus de tous : un scoreur régulier et un pivot à vocation défensive, capable de protéger le panier. On est en droit de croire que Boston fera son possible – et vous savez désormais tous ce que cela signifie – pour combler ces besoins. Toutefois, c’est évidemment plus facile à dire qu’à faire, et rien ne nous garantit que l’on y arrivera dès cet été.

Cependant, avec autant d’atouts à disposition et pour un temps limité, il est quasiment certain que les Celtics 2014-15 ne ressembleront que peu aux Celtics de l’an dernier. Ce que tout le monde et même Ainge ignore en revanche, c’est si l’équipe sera plus compétitive ou si l’échéance sera repoussée.

Par Léo Hurlin, traduction adaptée de l’article de celticsblog.com « What is the Boston Celtics’ salary cap situation? »

One Comment on “Intersaison 2014 : quelle marge de manœuvre pour Boston ?”

Comments are closed.