Time Out : ode à la patience

Kevin Love ne viendra pas. Tyler Zeller ne nous mènera pas au titre. Jeff Green, Brandon Bass et Gerald Wallace, sur le marché depuis plus d’un an, sont toujours là. Rajon Rondo, une nouvelle fois seul à bord, sera agent libre dans un an, et l’équipe semble promise à une nouvelle saison sans ambitions.

 

Nos Celtics, emmenés par Danny Ainge, ont-ils pour autant manqué le coche cet été ? Non.

 

Retour en arrière. En recrutant Brad Stevens l’été dernier, le front office visait clairement plus loin que l’été 2014. De même qu’en transférant deux futurs Hall of Famers contre une flanquée de tours de draft et de contrats conséquents quelques jours plus tôt, la stratégie de notre équipe s’était alors clairement axée sur le développement des jeunes et l’attente d’opportunités, avec le soutien des propriétaires et d’une large portion des fans.

 

Pour une ville aussi habituée à la gagne que Boston, c’est un fait remarquable. Avec la page Paul Pierce qui se tournait et la convalescence de Rondo, la plupart des supporters de l’équipe ont compris (et accepté) que l’équipe tankerait. Et ce même si Stevens, de par son intransigeance et sa mentalité de vainqueur, est connu et respecté pour savoir tirer le maximum de ses joueurs.

 

C’est justement cette logique qu’il va falloir entretenir pour la saison prochaine. Bien sûr, nous avons failli (?) obtenir Kevin Love, preuve que le changement n’est pas nécessairement censé se produire en 2015. Bien sûr, des joueurs comme Greg Monroe sont encore disponibles. Bien sûr, Boston possède donc déjà pas mal de cartes en main pour s’améliorer quasi-immédiatement. Mais, en tenant compte desdites cartes et de la patience dont fait preuve Ainge, je préfère sans hésiter signer pour une seconde saison à 30 victoires.

 

Car même avec le retour en force de Rondo – auquel je crois fermement, sans toutefois être son plus grand supporter – et même si Stevens arrive à appliquer les préceptes de sa motion offense chérie, il vaut mieux attendre l’été 2015.

 

Pour des raisons sportives, d’abord. L’équipe possède des jeunes intéressants : Avery Bradley, Kelly OlynykPhil Pressey, Jared Sullinger ne sont certes pas des produits finis, mais leur marge de progression est importante et une année de plus sous la houlette de Stevens ne leur sera que bénéfique, que leur futur soit ici ou ailleurs. Il en va évidemment de même pour nos deux rookies Marcus Smart et James Young. Il est important de voir comment Rondo, notre seul joueur majeur, peut jouer avec eux pour savoir sur qui compter à l’avenir et savoir quels postes devront être ciblés lors des prochaines intersaisons.

 

Ensuite, pour des raisons financières. En plus de dix ans à la tête des Celtics, Danny le mécano n’a jamais eu une marge de manœuvre aussi conséquente que celle dont il disposera l’été prochain. Plus fort encore, aucun de ses concurrents ne dispose à l’heure actuelle d’une telle panoplie d’outils. En plus de pouvoir potentiellement détenir dix futurs premiers tours de draft d’ici à 2018, il pourrait disposer d’environ trente millions de dollars pour recruter l’été prochain. Plus important encore, il a la bénédiction des propriétaires de l’équipe pour les dépenser.

 

Pour autant, il faut se remémorer que jamais Ainge n’a attiré le moindre joueur libre de réelle envergure à Waltham. Ses chantiers, c’est grâce à la main d’œuvre à disposition (quitte à la former) qu’il les a gérés, ou en échangeant ses stocks de matière première contre des diamants. Pas en recrutant les meilleurs artisans à coups de gros chèques. D’ailleurs, qui voudrait venir à Boston, Massachusetts… juste pour le plaisir ?

 

C’est pourquoi, qu’on le veuille ou non, l’engrenage Rajon Rondo est désormais la clef de l’avenir des Celtics : quelle que soit l’issue de son contrat, qu’il soit échangé ou conservé pour être associé à un autre phénomène, c’est lui qui conditionnera le futur de Boston. C’est pourquoi, ne doutant pas un instant de son intelligence de jeu, je suis certain que le Rondo que nous verrons cette année sera un joueur nouveau.

 

Et Danny Ainge, maître d’ouvrage omnipotent jusqu’à l’été prochain, devra négocier le chantier le plus critique de sa carrière : refaire des Celtics une équipe compétitive.

 

Alors, plutôt que de réclamer un des quelques « gros noms » qui restent sur le marché quitte à sacrifier une partie de notre marge de manœuvre, accordons au GM qui nous a ramené un titre le temps et les opportunités nécessaires pour en ramener un autre. Rondo veut s’inscrire sur le long terme ici, et nous avons plusieurs contrats expirants pour créer de l’espace : du point de vue de Ainge, rien ne presse. Même si cela implique une autre année de tanking. Rien ne sert de courir, il faut partir à point.

 

Par Léo Hurlin et Laurent Bazart

3 Comments on “Time Out : ode à la patience”

  1. Vucevic, DeAndre Jordan, M. Gasol, Brook Lopez et Jefferson seront sur le marché l'an prochain. De quoi enfin attirer un vrai pivot d'envergure à Boston?

    1. Ça semble être le plan. Gasol sera probablement la cible n°1, DAJ la 2… Enfin, l'idée c'est de ne pas faire dans la demi-mesure comme ça aurait pu être le cas avec Monroe.

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