Les Celtics s’inclinent face à des Raptors diminués (1-3)

Après deux défaites en déplacement, respectivement à Houston et Dallas, les Celtics abordent le quatrième match de leur saison avec peu de sérénité. Ce mercredi 5 novembre, ce sont les Toronto Raptors, favoris de la division atlantique qui sont en visite au TD Garden. Équipe solide déjà la saison dernière puisque vainqueur de cette division, les Raptors ont commencé la saison par trois victoires et une seule défaite et viendront à Boston pour enchainer sur leur bon début de saison mais seront en back-to-back, ce qui peut avoir son influence en fin de match notamment.

La clé du match ? Bien rentrer dans le match. Après avoir encaissé respectivement 40 et 37 points dans les premiers quart-temps face à Dallas et Houston, les Celtics auront à coeur de ne pas renouveler cette (mauvaise) expérience, leur ayant garanti sur ces deux matchs un retard insurmontable dans les quart-temps suivants. En bref, il va falloir jouer 48 minutes, et non 36, ce qu’a tenu à répéter Brad Stevens avant le match. Ensuite, comme toute la saison à venir, les Celtics vont devoir verrouiller la raquette (et le rebond) avec leurs moyens, ce qui sera déjà facilité ce soir par l’absence d’Amir Johnson… et celle de Jonas Valanciunas. Côte Celtics, le seul absent est toujours Vitor Faverani.

Le cinq de départ est habituel : Rajon Rondo – Avery Bradley – Jeff Green – Jared Sullinger – Kelly Olynyk.

Pour commencer le match, c’est à Avery Bradley qu’est confiée la tâche de défendre sur Kyle Lowry… mais qui prend rapidement deux fautes, ce qui n’empêche pas les Celtics de rentrer nettement mieux dans le match que dans les deux précédents. Après quatre minutes extrêmement appliquées, ils mènent 13-5. Cinq paniers ? Cinq passes décisives, les Celtics font extrêmement bien tourner la balle, et le tout est très agréable à regarder. Bradley en foul trouble, c’est Marcus Smart qui rentre tôt dans le match et provoque directement une interception. Deux actions plus tard, Jared Sullinger y va d’une énorme claquette dunk, et les Celtics mènent 21-9 à mi quart-temps… à 10 sur 11 aux tirs ! Smart continue la belle série avec deux tirs réussis derrière l’arc, ce premier quart-temps est un régal, conclu sur le score de 35-23 en la faveur des Celtics face à des Raptors largement diminués par l’absence de leurs intérieurs titulaires. Boston domine largement au rebond (13 rebonds à 2 !), shoote à 80% aux tirs, 60% à trois points… Tout va bien. Maintenant, il faut tenir.

La claquette de Sullinger :

On joue vite, la moisson de rebonds continue, le début du deuxième quart-temps ressemble au premier. Toujours adroits, notamment par Bradley à longue distance, les Celtics portent le score à 42-31 en leur faveur et 16 à… 2 au rebond ! Clairement, Toronto subit cruellement l’absence de ses deux intérieurs, la bonne chose c’est que Rondo et ses coéquipiers exploitent à merveille cette absence absence. Rajon Rondo, lui, se régale, fait vivre la balle et surtout se porte extrêmement vite vers l’avant. Le capitaine est déjà à 8 points, 5 passes et 4 rebonds après 15 minutes. De l’alternance intérieur-extérieur, du jeu rapide, on retrouve les Celtics qui avaient écrasé les Nets en ouverture de la saison. Seul point négatif, les Celtics perdent beaucoup le ballon, et ont déjà 10 turnovers après 17 minutes de jeu. Par la suite, la sortie de Rondo dérègle la machine, Smart et Thornton enchainent deux tirs forcés, les Raptors sont de retour, 50-49, un 15-0 en faveur des Raptors. À la mi-temps les Celtics ne mènent plus que 57-54. Evan Turner a fait un passage catastrophique, avec quatre pertes de balle en 8 minutes de jeu. Rondo, toujours sur ses bases d’un triple double, finit la première mi-temps avec 11 points, 5 rebonds et 5 passes mais 3 pertes de balles, accompagné par un Kelly Olynyk qui se régale, 9 points et 8 rebonds à la pause.

Capture d’écran 2014-11-06 à 02.40.02   Trois rebonds offensifs de Sully pour commencer la deuxième mi-temps, qui porte son total à 9 rebonds (dont sept offensifs !), mais les deux équipes s’échangent coup pour coup. Ça score des deux côtés du terrain, notamment Kelly Olynyk qui inscrit cinq points consécutifs, mais prend sa quatrième faute, engendrant la rentrée de Tyler Zeller, très peu vu en première mi-temps. Rondo continue de s’occuper de tout ce soir, et fait beaucoup de bien dans des passages compliqués. 11 points, 9 passes et 7 rebonds à six minutes du terme du troisième quart-temps, il pourrait bien signer ce soir son premier triple-double de la saison. Le mouvement de balle est retrouvé, Rondo sort une passe que lui seul sait faire pour Bradley, puis envoie un alley-oop en direction de Jeff Green, 76-71 à mi quart-temps. Gros point négatif du jeu des Celtics ce soir : 17 pertes de balle, menant à 25 points des Raptors (!) contre seulement quatre pertes de balle pour Toronto et six points engendrés pour Boston. Plus généralement, le banc des Celtics est quasiment inexistant. Seul Smart fait un match plein, et est déjà à neuf points dans le troisième quart-temps après un gros drive avec la faute. Ce troisième quart est un véritable match de tennis. Un panier avec la faute d’un côté ? Le même de l’autre côté, sur l’action suivante. Sympa pour le spectacle, moins pour les nerfs. Seule chose qui va que dans un sens ? Les pertes de balle, bien trop nombreuses pour Boston. Kyle Lowry martyrise la défense de Boston, et a déjà 31 points après trois quart-temps. Le quart-temps se finit par un panier au buzzer de Lou Williams, les Celtics sont désormais menés 88-86. Turner a décidé d’aider les Raptors ce soir, avec 5 pertes de balle et quatre fautes en 12 minutes de jeu.

Rondo, ce meneur avec des yeux derrière la tête :

 

Deux minutes après le début du quatrième, Brad Stevens remet le cinq qui a fonctionné contre Dallas : Rondo-Smart-Bradley-Green-Sully, alors que les Celtics sont menés 92-86, en continuant de perdre des ballons à foison, donnant tous des paniers adverses. Bradley score trois lancers, Sully marque avec la faute et porte sa ligne de stats à 17 points et 13 rebonds, maintenant les Celtics en vie malgré 24 pertes de balle. Oui, 24. Comment être mené en sur-dominant son adversaire au rebond 45-21 ? En perdant 24 ballons. Démonstration ce soir. Les shoots ne rentrent plus, et les Celtics sont menés 100-92 à six minutes du terme. Alors que les Celtics enchainent les stops, ils ne concrétisent pas de l’autre côté : deux fautes offensives (très litigieuses) et une (énième) perte de balle plus loin, le score n’a pas bougé, Boston est mené 100-94 à 3 minutes 40 de la fin de ce match. Le quatrième quart-temps ? 1/10 aux tirs, 8 pertes de balle. Rien que ça. La suite n’est que folie. Olynyk score à longue distance, Green répond à Patterson ensuite toujours derrière l’arc et… Smart égalise d’un shoot longue distance ! 105-105, il reste une minute. Malheureusement, Smart perd la balle derrière, engendrant un énorme dunk de DeMar DeRozan qui donne la tête aux Raptors, 108-105 à 30 secondes du buzzer. Deux lancers inscrits par Rondo, auxquels Lowry répond d’un gros tir portant son total à 35 points, et 110-107 pour les Raptors, il reste 8 secondes à jouer. Malheureusement, Jeff Green rate le tir de l’égalisation, les Celtics s’inclinent 110-107.

En conclusion : il est impossible de gagner un match en offrant 28 ballons à l’adversaire. C’est inconcevable. Avec l’absence d’Amir Johnson et Jonas Valanciunas, les Celtics ont explosé les Raptors au rebond, 55 à 24, mais il est tout de même possible de perdre un match en prenant 30 rebonds de plus que l’adversaire. Ensuite, vient la question tout aussi fâcheuse que les pertes de balle. Quel a été l’apport du banc ce soir ? Inexistant. Seul Smart, avec 12 points dont un trois points clutch a apporté. Zeller n’a rien fait en seulement six minutes de jeu, et que dire de Turner ? 12 minutes, 5 pertes de balle et 4 fautes. Si les Celtics veulent gagner ce genre de matchs à leur portée, il faudra un apport du banc, qui n’a pas été présent ce soir. À leur portée, oui, voilà pourquoi c’est avec énormément de regrets que les Celtics portent leur bilan à 1-3. Prochain match vendredi soir, face à une équipe des Pacers amorphe en ce début de saison.

Ah oui, au fait, Rondo a sorti son premier triple-double de la saison : 13 points, 10 rebonds et 15 passes. Pas suffisant.

Et comme l’a dit justement Brad Stevens à la fin du match  :

C’est beau de faire des performances individuelles. J’espère que les quinze gars fassent des performances individuelles. Mais il n’y a qu’une stat qui compte vraiment : les victoires et les défaites.

Le boxscore complet :

Capture d’écran 2014-11-06 à 03.58.52

 

Capture d’écran 2014-11-06 à 03.59.22Article rédigé par Baptiste Godreau (photo : ESPN)