Portés par Evan Turner, les Celtics s’imposent à Chicago ! (3-3)

Un grand ouf de soulagement. C’est la réaction qu’a dû avoir Brad Stevens et l’ensemble des fans des Celtics lorsque Gerald Wallace a intercepté ce dernier ballon, scellant ainsi la victoire des Celtics sur les Pacers hier soir. Au terme de ce match, les Celtics présentent un bilan de deux victoires pour trois défaites, et se placent au milieu de la conférence Est. Avec un calendrier démentiel durant ce premier mois de compétition (@ Houston, contre Cleveland, @ Portland, @ Chicago et réception de ces mêmes Bulls en fin de mois…), il ne faut pas se rater dans des matchs abordables comme celui-ci face aux Pacers, et Boston a très bien saisi l’occasion. Seul point noir, la blessure de Marcus Smart survenue en début de quatrième quart-temps, qui réduit la rotation au poste de meneur, et retire un energizer en sortie de banc, très efficace défensivement depuis le début de saison.

Ce soir, c’est donc sans son rookie, mais également sans Rajon Rondo que les Celtics rendent visite aux Chicago Bulls. Le capitaine est en effet absent pour se faire retirer les vis qu’il a dans la main gauche, suite à son opération. Avec une rotation au poste de meneur composée de Turner et Pressey (Bradley en renfort ?), les C’s risquent de souffrir toute la soirée, voilà pourquoi la victoire d’hier soir est encore plus importante, pour ne pas tomber dans une spirale négative. Les Bulls se présentent eux toujours sans Derrick Rose, gêné par des problèmes de cheville, avec un bilan de cinq victoires pour une seule défaite.

Les clés du matchs : Sans Rondo, sans Smart, Boston perd là ses deux chiens de garde du meneur adverse, qui heureusement ne sera pas Derrick Rose, une nouvelle fois absent. Il va donc falloir (tenter de) minimiser le rôle du meneur des Bulls titulaire, tâche extrêmement compliquée avec une rotation aussi serrée. Ensuite, le refrain est toujours le même et risque de l’être toute la saison. Déjà en difficulté face à Roy Hibbert hier, la tâche s’annonce infiniment plus complexe ce soir. Les Celtics parviennent à stopper Pau Gasol et Joakim Noah ? Très bien, il faut alors stopper leurs remplaçants, Taj Gibson et Nikola Mirotic. Une mission quasiment impossible pour la raquette de Boston, en délicatesse chaque soir depuis le début de la saison. Cependant, les Bulls sont également en back-to-back, après avoir difficilement battu les 76ers (!) hier soir sans Derrick Rose, la fatigue pourrait alors jouer un rôle, mais malgré cela, la tâche s’annonce très compliquée ce soir. Enfin, il va falloir que Stevens soit encore très habile dans ses rotations, comme il a pu l’être face aux Pacers afin de palier les absences des blessés. 

Le cinq de départ : Evan Turner – Avery Bradley – Jeff Green – Jared Sullinger – Kelly Olynyk.

S’ils veulent embêter Chicago ce soir, les Celtics doivent bien démarrer le match, et cette consigne est visiblement comprise. Dans les cinq premières minutes, un panier à trois points de Jeff Green, un autre de Kelly Olynyk, une passe entre les jambes d’Evan Turner pour Jared Sullinger en contre-attaque et les Celtics mènent très rapidement 12-2. Entrée en matière parfaite. Après un temps-mort pris par Tom Thibodeau, ce sont des Bulls différents qui reviennent sur le parquet. Plus agressifs, ils font des stops, forcent une mauvaise passe d’Avery Bradley et cinq minutes plus tard, cet écart a déjà disparu, le score est de 18-18. Les Celtics prennent même un 7-2 pour finir le quart-temps, qui se conclut sur un score de 25-18 en faveur des Bulls. Les Celtics ont-ils laissé passer leur chance ? 

Pas utilisé dans le premier quart-temps, Tyler Zeller démarre le second acte, et permet aux Celtics de revenir à hauteur des Bulls rapidement, 25-25. À mi quart-temps, c’est même le pivot des Celtics qui va permettre de repasser devant au score, 36-35. Entré en début de second quart, Phil Pressey ne semble pas sur les mêmes bases que face aux Pacers. Auteur rapidement de deux fautes, et ayant raté plusieurs tirs, il est rapidement remplace par Evan Turner, très efficace ce soir. Alors que le score est de 39-37 en la faveur des Celtics à cinq minutes de la mi-temps, un run terrible de leur part est réalisé. Sous l’impulsion d’Evan Turner (encore lui), Jared Sullinger et Kelly Olynyk, c’est sur un 17-4 (!) que va se conclure la première mi-temps, portant le score à 56-41 pour les Celtics à la pause. Bien que Pau Gasol ait raté certains shoots près du cercle qu’il aurait dû réussir, les Bulls n’ont pas à chercher d’excuse, ils sont simplement tombés sur cette mi-temps devant la plus belle performance défensive de ce début de saison pour Boston, qui n’a laissé Chicago shooter qu’à 40% (18/40 à la pause) et autorisé seulement trois tirs à trois points de Mike Dunleavy, et n’a rien donné de facile aux Bulls. 36 points dans le deuxième quart-temps pour les Celtics, 56 en première mi-temps face à l’une des meilleures défenses de la ligue, c’est une très solide performance que viennent de livrer les hommes de Brad Stevens. Désormais, il va falloir faire ce que Boston n’arrive justement pas à faire : tenir cette avance.

Pour commencer la deuxième période, les Celtics font attention à ne pas se faire cueillir d’entrée par des Bulls remontés, et comptent jusqu’à 19 points d’avance après un tir de Jared Sullinger. La suite du quart-temps est un match de ping pong. Des deux côtés du terrain, ça score, notamment par Evan Turner et une bonne rentrée de Marcus Thornton côté C’s, auteur de cinq points consécutifs. Présent durant les cinq dernières minutes du quart-temps, Tyler Zeller est présent au rebond offensif et défensif, et fait énormément souffrir Pau Gasol. Après trois quart-temps, Boston mène 83-67. Désormais, un seul mot d’ordre : TENIR. 

Au quatrième quart-temps, que les Celtics amorcent avec 16 points d’avance, il ne faut pas être cardiaque avec les Celtics. Habitué à laisser filer des avances solides, Boston tombe ce soir sur un Aaron Brooks déterminé à éviter aux Bulls leur deuxième défaite de la saison. Comment compte-t-il procéder ? Shoot à mi-distance, floater par-dessus Tyler Zeller dans la raquette, shoot à trois points, tout y passe, pour un total de 19 points (!) dans ce seul quart. Grâce à (à cause de ?) Aaron Brooks, les Bulls ont fait un improbable come-back et ne sont alors plus qu’à trois petits points des Celtics à 1 minute du buzzer final. Une avance de 16 points fondue comme neige au soleil, ramenant le match à une possession. 99-96. Les Celtics ne vont alors plus tirer que des lancers, domaine dans lequel ils ont tiré à 75% ce soir, pour sceller une victoire importante. Coupable de quelques erreurs au moment où les Bulls revenaient dans le match, (une perte de balle, une faute offensive et une défensive) c’est un joli symbole que Kelly Olynyk ait sécurisé la victoire, après un lay-up manqué d’Evan Turner, par un énorme rebond offensif sur la raquette des Bulls. Un raté de Taj Gibson, un également pour Jimmy Butler et quelques lancers-francs plus tard, les Celtics peuvent savourer. Ils tiennent ici leur première victoire de prestige cette saison, 106-101 à Chicago, et en back-to-back. Quel match !

En conclusion : Il y aurait beaucoup à dire ce soir. Trop, sûrement. Tout d’abord, si l’on a fustigé la performance d’Evan Turner mercredi soir face aux Raptors, il faut ce soir le féliciter. Rondo et Smart absents, il a été exemplaire à la mène durant 32 minutes sur le parquet et réalisé un match complet avec 19 points, 6 passes et 5 rebonds. Bravo. Au contraire, Phil Pressey n’a pas profité de ses seize minutes de temps de jeu. Toujours en difficulté dans sa prise de décision, il n’a pas eu une bonne sélection de tirs, et n’a pas confirmé son bon match de la veille. Ensuite, il faut également notifier l’excellente rencontre de la raquette Celte. 45-37 : c’est le score au rebond face à la meilleure raquette de la ligue. Tout d’abord Kelly Olynyk, qui avec 18 points et 11 rebonds dont le plus important en fin de match, a régalé. Ensuite, Jared Sullinger, qui n’a joué que 27 minutes mais présente un différentiel de +25 lorsqu’il était sur le parquet. Enfin, Tyler Zeller, qui continue d’impressionner match après match en ce début de saison, et qui a ce soir pris 7 rebonds et a impressionné défensivement (et offensivement à 4/5 aux tirs), prenant même la place de Sullinger sur le terrain dans les dernières minutes du match. Ce soir, Zeller a notamment profité des difficultés de Bass face aux intérieurs des Bulls, pour jouer également sur ses minutes.

Ce soir, c’est un collectif qui s’est imposé à Chicago. Sept joueurs ont fini avec dix points ou plus, et les C’s n’ont perdu que douze ballons, comme quoi c’est plus simple qu’en en perdant 28. Sans Rajon Rondo à la mène, et face à la meilleure (?) défense de la ligue, les Celtics ont shooté à 52% aux tirs et inscrit 106 points. Bien qu’ils aient laissé filer (une nouvelle fois) une large avance, il faut reconnaitre la solidité mentale des joueurs ce soir, qui ont su remettre un coup d’accélérateur alors qu’Aaron Brooks était en train de faire basculer le match. Ce soir, il faut vraiment profiter de cette jolie performance, et peut-être se dire que Boston a peut être un coup à jouer cette saison… en tous cas c’est ce genre de match qui pourrait nous y faire croire. C’est une victoire complète, offensivement et défensivement que les Celtics ont engrangé ce soir, comme le souligne Brad Stevens à la fin du match :

On devait compenser, parce que nos deux meneurs de jeu étaient absents, on devait trouver un moyen de s’adapter. Je crois que tout le monde, l’ensemble des dix joueurs, a fait son travail ce soir, et l’a bien fait.

Kelly Olynyk, lui, a déclaré que les équipes adverses sous-estiment les Celtics. Nous, ça nous va si cela continue et permet à Boston de s’imposer à Chicago tous les soirs, même privés de D-Rose.

Maintenant, les Celtics ont quelques jours de repos jusqu’à la réception d’Oklahoma mercredi, contre qui il serait excellent d’enchainer une troisième victoire consécutive. Bilan à l’équilibre, 3-3, au suivant.

Comme l’a tweeté Jared Sullinger quelques minutes après le match, on peut remercier la formation d’Ohio State… d’où sortent Turner et Sully :

Voilà l’Evan Turner qu’on aime, qu’on veut revoir :


Le box score final du match :

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Article rédigé par Baptiste Godreau

9 Comments on “Portés par Evan Turner, les Celtics s’imposent à Chicago ! (3-3)”

  1. Très bon article, comme toujours.
    Les Celtes ont réalisé l'exploit de gagner les deux matchs d'un back to back pas forcément évident, et ce sans Rondo sur le second match. C'est prometteur pour la suite. J'y crois aux playoffs.
    J'ai néanmoins quelques questions. N'êtes-vous pas un peu dur avec Phil Pressey? Je suis d'accord pour dire qu'il est en délicatesse avec son shoot, mais sur les derniers matchs, lorsqu'il est sur le terrain, c'est autre chose je trouve. Il est plein de bonne volonté, il fait tout ce qu'il peut et ça se voit, il s'améliore match après match. Il trouve ses coéquipiers les yeux fermés.
    Sinon, je n'ai pas trop suivi, mais qu'est-il advenu de Young?

    1. Je peux te répondre pour Young. Aussi bourré de qualités soit-il, il a besoin d’énormément de travail et ce d’autant plus que sa préparation a été écourtée. Il ne jouera presque pas avec Boston, mais ils ne le délaissent pas pour autant. Son futur là c’est les Maine Red Claws, où le coach va appliquer les préceptes de Stevens afin de créer une sorte de couveuse pour Young et Powell et les préparer au mieux à l’avenir avec les C’s. Cependant, je sais que Young sera probablement rappelé pour s’entraîner avec les C’s dès que les MRC auront un petit break, afin que Boston encadre ses progrès.

      Quant à la remarque sur Pressey, je transmets à Baptiste qui viendra te répondre lui-même.

        1. Concernant Pressey, je ne pense pas avoir été trop dur. Comme je le dis, c'est simplement sa sélection de tirs qui n'est pas toujours bonne. Maintenant, je suis un grand fan de ce joueur, et 1/7 en 16 min hier, je trouve que c'est insuffisant. Cependant, 0 pertes de balle, c'est tout à fait ce qu'on lui demande, et je trouve aussi qu'il fait très bien ce qu'on lui demande. C'était simplement sur la sélection de tirs hier.

  2. Héhé ce bilan positif fait plaisir 🙂
    Ne pas non plus s'enflammer, l'année dernière on avait fait un bon départ (4-4) puis (13-14) il me semble pour le résultat que l'on connait..

  3. Plan de jeu respecté parfaitement par les joueurs avec une entame de match qu nous permet de les mettre en confiance. J'espère qu'on sera capable de faire ce genre d'entame quand on jouera des équipes de l'Ouest histoire d'aller chercher des quelques victoires là-bas. Si Brooks ne sort pas de sa boîte dans les dernières minutes on remporte le match sans vraiment avoir eu peur, ce qui est très positif face à ce genre d'équipe.
    Je trouve que Stevens a bien fait de donner beaucoup de temps de jeu à Zeller hier, c'était le seul capable de gêner un tant soit peu Gasol. De plus, il est très efficace en attaque et joue à merveille le pick and roll. J'aimerais le voir plus souvent utilisé avec Rondo et d'autant plus que c'est notre seul big man capable de résister aux pivots adverses.

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