Les Celtics s’inclinent face à l’équipe bis du Thunder (3-4)

Après une victoire poussive (le mot est faible) face aux Pacers, puis une victoire beaucoup plus convaincante à Chicago samedi, les Celtics sont revenus à l’équilibre, et présentent un bilan de 3-3 ce soir, ce qui est loin d’être négatif au vu de leur mois de novembre démentiel. Au milieu d’un marathon Pacers – Bulls – OKC – Cleveland, les C’s doivent profiter des mésaventures de chacun pour engranger les victoires. Face aux Pacers et leur cascade de blessures, ils l’ont très bien fait avant de réaliser leur match le plus plein de la saison face à des Bulls privés de Derrick Rose, et vont devoir faire de même face à OKC.

Ce soir, mercredi 12 novembre, c’est en effet la franchise d’Oklahoma qui est en visite au TD Garden. Nous pourrions réaliser exactement la même introduction que face aux Pacers, puisque la situation est identique (voire pire). Une équipe prétendante au titre ou presque, mais diminuée par une montagne de blessés et dont le bilan est porté à 2V-6D (0-5 à l’extérieur). Tout comme Indiana, c’est donc le moment parfait pour affronter cette équipe, avant que ses stars reviennent. En effet, c’est sans Kevin DurantRussell WestbrookMitch McGary, Perry Jones, Anthony Robersan et Grant Jerrett que le Thunder va affronter Boston ce soir. De leur côté, les Celtics récupèrent Rajon Rondo, remis de son intervention post-opératoire, tandis que Marcus Smart et Vitor Faverani sont toujours absents, ainsi que Marcus Thornton, après que sa cheville ait tourné à l’entrainement mardi.

Les clés du match : On l’a vu face à Indiana, il est toujours compliqué de jouer face à une équipe « bis », composée de jeunes (ou moins jeunes) joueurs (Sebastian Telfair en est l’exemple parfait ce soir) ayant tout à prouver, dans une équipe où les responsabilités sont redistribuées en l’absence des leaders. Il faudra par exemple stopper Reggie Jackson, auteur de 29 points la nuit dernière dans la défaite à Milwaukee. Après trois jours de repos, on peut également supposer que les C’s auront également un avantage physique face au Thunder qui est lui en back-to-back après un déplacement à Milwaukee hier soir, ce qui pourrait jouer en fin de rencontre. Il faudra donc contrôler le rythme, le rebond, et ne pas perdre trop de ballons (comme d’habitude), pour que le match se termine avec une victoire, moins stressante que celle face aux Pacers si possible. Faire un écart rapidement, et réussir à le garder pour la première fois de la saison serait tout bon pour la confiance. Attention au piège cependant, on se rappelle qu’OKC était venu gagner largement (+18) au TD Garden l’an passé, sans Durant ni Westbrook…

Le cinq de départ : Rajon Rondo – Avery Bradley – Jeff Green – Jared Sullinger – Kelly Olynyk.

Deux tirs forcés provoqués, une interception de Rajon Rondo, les Celtics rentrent très bien dans leur match, avec un Jared Sullinger déjà en forme, qui inscrit six points dont une claquette dunk, le score est rapidement de 10-3 après quatre minutes. Il fallait prendre le match par le bon bout, les Celtics ont l’air de l’avoir compris et sont très sérieux en ce début de match. Steven Adams côté Thunder, se montre très agressif sur Kelly Olynyk qui prend rapidement deux fautes… et est remplacé par Tyler Zeller dont la place dans la rotation semble définitivement faite. Scott Brooks sort alors de son chapeau une défense de zone… directement cassée par un panier à trois points de Rajon Rondo, portant le score à 18-3 à mi quart-temps. Les Celtics sont déterminés en défense, emmenés par Rajon Rondo et Avery Bradley, très efficaces sur les extérieurs et notamment Jeremy Lamb, qui commence le match à 0/5 aux tirs. Le Thunder poursuit malgré le tir de Rondo sur cette défense de zone qui paralyse l’attaque des Celtics, obligés de tirer à mi-distance voire plus loin, notamment par l’intermédiaire de Jeff Green, qui commence le match à un très poussif à 1/6 aux tirs. C’est face à ce genre de défense que les Celtics peuvent regretter l’absence de Marcus Thornton, menace bien plus importante sur zone qu’Evan Turner, sur le terrain à ce moment du match. Jeff Green met fin ensuite à sa série de tirs ratés… par un énorme tir à trois points, en déséquilibre et deux mètres derrière la ligne, au buzzer des 24 secondes… qui sera refusé après visionnage de la vidéo entre les deux quart-temps. À la fin du premier quart, les Celtics mènent 27-15 (24-15 en réalité après le shoot refusé de Green) derrière Rajon Rondo qui joue comme un intérieur, avec 5 points, 2 passes et six rebonds (!), bien aidé par un Jared Sullinger efficace à 6 points et 3 rebonds. C’est un premier écart, qu’il va désormais falloir conserver.

L’énorme tir de Jeff Green… refusé :

Le second quart-temps débute avec la second unit (accompagnée de Kelly Olynyk) sur le terrain, qui encaisse rapidement un 6-0 laissant revenir le Thunder à 24-21. Face à des Celtics maladroits (1/10 derrière l’arc), la défense de zone d’OKC est ultra-efficace, 25-24, tout est à refaire, l’avance a déjà disparu (comme tout le temps cette saison, non ?). Face à une défense de zone, il s’agit de jouer rapidement, faire circuler la balle vite en passant par le poste… ce que les Celtics n’arrivent pas à faire. Un shoot à trois points de Kelly Olynyk en sortie de temps-mort fait beaucoup de bien, juste avant que les starters reviennent sur le parquet. Avery Bradley s’entête lui à tirer à longue distance face à la zone, sans réussite, et est déjà à 0/4 derrière l’arc, portant le total de l’équipe à 2/13. Seul Olynyk s’éclate, et a déjà inscrit huit points dans ce quart-temps dont un joli dunk en coupant au panier. Même si les C’s ne sont pas sous l’eau face à la zone, le rythme du premier quart-temps a clairement été coupé, par ce coaching astucieux de Scott Brooks. À cinq minutes de la mi-temps, les Celtics mènent 36-31 puis 39-31 par la première réussite à longue distance de Bradley après quatre échecs. Les C’s accélèrent sur les trois dernières minutes, Rondo délivre une superbe passe backdoor conclue par Green au dunk, avant de scorer son deuxième panier à trois-points, nouveau break, 48-36, le capitaine des Celtics est déjà en alerte triple-double. Avery Bradley fait un très bon travail sur Reggie Jackson, maintenu seulement à 1/5 au tir dans cette première période. Face à une équipe qui aura défendu en zone 20 minutes sur 24 (!) en première mi-temps, les Celtics mènent 51-42 à la pause, derrière Rondo et sa monstrueuse ligne de stats : 10 points, 8 rebonds et 6 passes. +9, petit break, mais on connait le refrain, avec ces Celtics là, une avance de neuf points ne signifie quasiment rien. C’est en tout cas une mi-temps solide, face à une défense de zone qui gêne largement les hommes de Brad Stevens, maladroits car forcés à prendre des tirs extérieurs.

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Le Thunder revient cette fois sur le terrain avec une défense individuelle, face au starting five des Celtics. Toujours maladroits, les Celtics voient Reggie Jackson et sa bande revenir dans leur rétroviseur, à quatre points, 59-55 après cinq minutes dans ce quart-temps. J’ai failli écrire d’avance le résumé de ce troisième quart-temps tant la propension des Celtics à garder une avance cette saison est… nulle. Rien de vraiment négatif là-dedans, puisqu’ils ressortent toujours un run après cela, mais quand même, c’est au moins la cinquième fois de la saison qu’une avance de plus de dix points est réduite à néant. Ça fait beaucoup. Avery Bradley, bien que maladroit, marque quelques tirs à mi-distance importants afin de ne pas voir le Thunder revenir à égalité. Alors à +5, le second unit rentre sur le parquet… et laisse sur la première possession deux rebonds offensifs consécutifs au Thunder, qui ne s’en prive pas pour revenir à trois points. À trois minutes du buzzer, le Thunder est revenu à égalité, 66-66. Une fois de plus, avec l’absence de Smart et Thornton ce soir, le banc des Celtics est clairement en souffrance, et n’a scoré que 8 points sur 66 à ce moment du match. La zone de Scott Brooks est de retour, et les Celtics l’attaquent enfin correctement, grâce à deux paniers intérieurs signés Bass et Sullinger. Malgré cela, un dernier panier au buzzer de Reggie Jackson deux mètres derrière l’arc permet à Oklahoma de mener 76-72 à la fin du troisième acte sur le parquet du TD Garden, le Thunder ayant remporté ce quart-temps 34-21. Il va désormais falloir compter sur un réveil des troupes, et espérer que la fraicheur physique des Celtics permette de finir ce match comme il avait commencé.

Les Celtics commencent le dernier acte avec James Young sur le parquet. Un rebond offensif du Thunder sur lancer-franc (oui oui) permet une action à 4 points pour OKC, dont l’avance grandit jusqu’à 80-72.Après une première mi-temps à 49% aux tirs, les C’s ne shootent plus qu’à 36% sur la deuxième, tués par la zone qui se poursuit dans ce dernier quart. Un panier à trois points de James Young redonne de la vie au TD Garden, mais la défense Celte n’arrive pas à faire de stop, le score est de 84-77 en faveur des hommes de Scott Brooks et Anthony Morrow, qui nous fait très mal en sortie de banc. Après quatre minutes correctes, James Young est remplacé par Jeff Green, et c’est désormais au cinq de départ ainsi que Zeller en lieu et place de Sully d’aller chercher cette victoire. Bien stoppé en première mi-temps, Reggie Jackson s’amuse, accompagné d’Anthony Morrow, et les deux compères ont scoré 46 points à eux deux, les Celtics sont menés 94-81… Attentistes défensivement et stériles en attaque, l’ensemble ne fait pas bon ménage, et le retard est (trop) important désormais. En sortie de temps mort, Brooks ramène ses hommes à une défense individuelle, qui ne change rien à la donne pour Boston. Anthony Morrow est sur une autre planète, et porte son total à 23 points. Bradley ne réussissant pas à stopper l’arrière, c’est Evan Turner qui rentre sur le terrain avec la mission de ne pas le lâcher d’un pouce, mais rien ne change. Le Thunder gère son avance en jouant la montre, Rondo inscrit deux paniers à trois points supplémentaires auxquels répond l’infatigable Anthony Morrow, MVP du soir, la messe est dite. Les Celtics s’inclinent lourdement à domicile 109-94.

En conclusion : Que dire ? Trois jours de repos pour Boston face à une équipe qui disputait son quatrième match en six jours, pour ça ? Ce genre de performance sans envie ni passion, sans mouvement de ballon ? C’est triste, vraiment. Après un premier quart-temps concluant, la zone du Thunder a complètement tué Boston, dont l’attaque est devenue stérile au possible, sans alternance avec un arrosage à trois points (9/33 derrière l’arc) en bonne et due forme. Je prévenais dans l’introduction qu’il fallait se méfier, et enfin garder une avance, mais visiblement, les Celtics n’y sont pas parvenus une nouvelle fois. Un moment à +15, il faut tout de même noter que les Celtics ont ensuite perdu la suite du match 102 à 67. On pourrait en dire des tonnes sur ce match, on va préférer la thèse de l’accident, même s’il y a un peu de dépit ce soir, tant ce match était à la portée des C’s. Si c’est passé face à de faibles Pacers, ça n’est pas passé ce soir, et c’est fort dommage de ne pas profiter de ces matchs-là face à des équipes de notre niveau. Le banc avait réussi à dominer les Pacers, ce soir c’est totalement l’inverse qui s’est produit. Anthony Morrow, leader du banc et les siens ont scoré 50 points, contre 15 petits points pour les Celtics. Je pensais ce Thunder plus faible que nos Celtics, ça n’est pas le cas. Dommage, car avant la réception des Cavs vendredi, une victoire ce soir aurait été la bienvenue. 3-4. Il faut tout de même féliciter Scott Brooks, qui ce soir a sorti une zone ingénieuse durant quasiment 35 minutes, que les Celtics ont été incapable d’attaquer, visiblement pas préparés à cela. Il faudra faire attention, car ce genre de victoire basée sur cette défense pourrait donner des idées à d’autres coachs à l’avenir face aux C’s.

Brad Stevens lui-même cherchait d’ailleurs des explications après le match :

On a été plutôt bon en première période, mais notre défense en deuxième mi-temps était digne d’une passoire. C’est très rare que je trouve que nous avons été battus dans l’effort, ce soir c’est le cas.

Concernant la maladresse des Celtics à longue distance, le coach n’était pas inquiet :

Je pense qu’on va les mettre. Je vois beaucoup trop de bons shooteurs dans notre équipe pour ne pas les mettre.

Le boxscore final : (Oui, Anthony Morrow a inscrit 28 points en 31 minutes sur le museau d’Avery Bradley)

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Article rédigé par Baptiste Godreau (Photo : ESPN)