36 minutes géniales, puis le néant (3-5)

Au sur-lendemain d’une défaite presque ridicule à domicile face au Thunder, les Celtics de Brad Stevens se doivent de se reprendre le plus rapidement possible, sans rien d’alarmant cependant puisque le bilan de 3-4 est loin d’être catastrophique, au contraire. Dans la continuité de leur calendrier compliqué en ce mois de novembre, Boston reçoit ce vendredi 14 les Cavs au TD Garden.

Une semaine après la mission quasi-impossible d’aller gagner à Chicago, une nouvelle montagne se dresse devant les Celtics. Samedi dernier, contre toute attente, les Celtics ont réalisé leur plus concluant match de ce début de saison et sont allés chercher une victoire de prestige à Chicago. Ce soir, face à LeBron James et sa troupe, le défi est comparable. Largement métamorphosée cet été, cette équipe a du talent à tous les postes, un banc solide, mais n’est pas forcément encore en place (bilan de 3-3), et les Celtics peuvent profiter de la jouer maintenant plutôt que dans un mois. Du côté des Cavs, Matthew Dellavedova sera absent. Dion Waiters, un temps incertain, tiendra sa place. Tandis que pour Boston, Marcus Smart et Vitor Faverani sont toujours blessés, alors que Marcus Thornton fait son retour après un match d’absence.

Les clés du match :

Oublier le match face à OKC, premièrement, un accident. Ensuite, il faudra freiner l’apport de la raquette des Cavs. Kevin LoveAnderson Varejao et Tristan Thompson sont trois machines à rebonds défensif et offensif, qu’il faudra essayer de réduire au maximum. Ensuite, il faut être réaliste, demander de stopper l’apport de LeBron James est plutôt utopique. Il faudra donc stopper ses lieutenants, et notamment Dion Waitersqu’Avery Bradley aura sûrement à coeur de verrouiller. Le duel Kyrie IrvingRajon Rondo promet, et comme il a l’habitude de le faire face à de grands joueurs, Rondo devra se sublimer. À la clé, il pourrait y avoir une victoire prestigieuse, idéale pour se rattraper de la défaite face à OKC, mais pour cela il faudra tenir 48 minutes face aux Cavs, mission on ne peut plus compliquée.

Le cinq de départ : Rajon Rondo – Avery Bradley – Jeff Green – Jared Sullinger – Kelly Olynyk

Le début de ce match est très équilibré, et très plaisant à regarder. Les deux équipes s’échangent coup pour coup, Rajon Rondo délivre une passe en transition à Kelly Olynyk que lui seul sait faire, les Celtics sont solides défensivement et au rebond ; après quatre minutes, les C’s mènent 10-9. Agressifs et appliqués, les coéquipiers de Rajon Rondo dominent le rebond 9 à 4 après six minutes de jeu. Surtout, les deux équipes courent, ce qui donne un résultat assez brouillon mais dont les Celtics se sortent le mieux, en menant 17-11 à mi quart-temps, emmenés notamment par un Kelly Olynyk impérial en défense (oui oui), présent au rebond, qui accepte les contacts. Rajon Rondo en profite pour rentrer un petit peu plus dans l’histoire, en passant devant Pierce à la quatrième position des meilleurs passeurs de l’histoire de la franchise. La second unit accompagnée de Kelly Olynyk se voit alors confier la mission de conserver cet écart. Solides défensivement, adroits en attaque grâce à Marcus Thornton et Brandon Bass notamment, ils font mieux que cela puisqu’ils mènent 27-20 à deux minutes de la fin du premier acte. Défensivement, les hommes de Brad Stevens ne laissent rien de facile notamment à LeBron James qui ne shoote qu’à 3/8. Shooter à 48% alors que les Cavs sont maintenus à 40%, gagner la bataille du rebond 16-11 donne un score de 31 à 25 en faveur des Celtics après le premier quart-temps, très prometteur. Souvent performants cette saison dans le premier quart, il va désormais falloir réitérer ce genre de performance sur 48 minutes. Les Cavs feront forcément un run ce soir, il va falloir tenir à ce moment précis. Surtout, le banc a fait une rentrée essentielle, scorant 17 points dans ce quart-temps contre… 15 dans tout le match contre OKC.

Le deuxième acte commence par un échange de paniers de chaque côté. Sully offre un panier gratuit à Kyrie Irving, Rajon Rondo se venge pour un lay-up de Tyler Zeller, et les C’s mènent 39-32 à 8 minutes de la fin du quart-temps. Légèrement moins appliqués en attaque et ne profitant pas des coups de sifflet du trio arbitral, Boston voit Cleveland revenir à sa hauteur, 39-38 puis passer devant sur un shoot à mi-distance de LBJ, qui fait très mal à la défense Celte ce soir. Maladroit parfois, Avery Bradley fait une première mi-temps extrêmement solide, maintenant les Celtics dans le match grâce à plusieurs tirs à mi-distance, il score 8 points dans ce deuxième quart-temps, portant le score à 50-49 en faveur des Cavs, plus saillants offensivement. Dans le cinq de départ des Celtics, seul Jeff Green est en difficulté, avec un 0/3 à longue distance et seulement 1/4 au tir, tandis que Kelly Olynyk régale avec neuf points au compteur, nous gratifiant d’un drive au cercle au ralenti, avec sa feinte de passe que lui seul sait faire. On en vient également à se demander s’il arrive à Brandon Bass de rater des tirs à mi-distance ? On dirait pas en tout cas. 10 points pour lui en première période, marquant le bon apport du banc ainsi que d’Evan Turner qui rend une copie complète : 4 points, 3 rebonds et 4 passes. A la fin des deux premiers quarts, Celtics et Cavaliers sont à égalité, 59-59. Certes, LeBron a scoré 22 points en face, mais il a déjà shooté 16 fois, pour 9 réussites et à ses côtés, Kyrie Irving est maintenu à 4 points, Kevin Love à 7 points. Si les C’s continuent, ils pourraient embêter jusqu’au bout ces Cavs, fragiles défensivement. Les Celtics ont eu jusqu’à dix points d’avance, mais il est difficile de tenir un écart face à une équipe si complète. Ce qui compte ce soir, c’est simplement d’être à +1 au buzzer final, pas plus. Seul bémol jusque-là, la transition défensive, où les Celtics laissent les Cavs scorer trop de points rapidement, sur un mauvais repli. Heureusement, les Celtics n’ont perdu que six ballons.

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La second mi-temps commence de la meilleure des manières avec un joli alley-oop de Rondo pour Green en contre-attaque. Kelly Olynyk continue sur les bases de sa très bonne première période, avec cinq points très tôt dans ce quart-temps dont un panier derrière l’arc offrant déjà la dixième passe décisive de Rondo ce soir… puis un deuxième portant le total de points d’Olynyk à 19, et 11 passes pour le capitaine des Celtics. A mi quart-temps, le score est de 78-72 en la faveur des Celtics, après un gros panier avec la faute de Sullinger et un drive en transition de Jeff Green. Ce dernier, d’ailleurs, est beaucoup mieux rentré dans cette mi-temps qu’au premier quart, et provoque la troisième faute de LeBron James, sur un nouveau drive en transition. Les Celtics sont très bien revenus des vestiaires, et mènent 84-76 alors qu’il reste 4 minutes dans ce quart. Vraiment, jusque-là, ce match est un régal. Défensivement, les Celtics laissent LeBron James prendre ses tirs, mais verrouillent les quatre autres joueurs ET le rebond. Offensivement, la balle circule, tout le monde est dans le moule, et le tout donne huit points d’avance aux Celtics. Tyler Zeller (qui shoote à 84% cette saison, 16/19) trouve ensuite le chemin du panier sur une énième relation avec Rajon Rondo sur pick and roll. La suite, attention, est improbable. Rajon Rondo intercepte un ballon (jusque-là ça va) et adresse sa treizième passe décisive sur un alley-oop pour… Evan Turner. Les Celtics prennent alors jusqu’à 16 points d’avance, 96-80. IL FAUT TENIR. Il ne faut pas s’enflammer, mais jusque-là, les Celtics réalisent le match parfait. Jusque-là. A la fin du troisième quart, les C’s mènent 101-84, Rajon Rondo enflamme le TD Garden avec un lay-up au buzzer, portant sa ligne de statistiques à 4 points, 7 rebonds et… 15 passes. Oui, déjà. Ses intérieurs l’aident bien, puisque Olynyk est à 21 points, et Sullinger à 16. Oui, les Celtics viennent d’inscrire 42 points dans le troisième quart-temps.

Attention au retour, disons-nous. Oui, parce que le quatrième quart commence par trois paniers à longue distance de Kyrie Irving, ne ramenant l’avance des Celtics qu’à 12 points… avant qu’Avery Bradley fasse une faute sur une nouvelle tentative de Kyrie, lui offrant trois lancers gratuits, qu’il convertit, l’avance n’est plus que de neuf points. Irving vient alors de scorer 16 des 18 derniers points des Cavs. La balle ne bouge plus en attaque, dès que Rondo est sur le banc. Les Celtics ont également déjà donné toutes leur fautes pour ce quart-temps, alors qu’il reste huit longues minutes à jouer et le score est de 111-102. La fin de match risque d’être très tendue. Le moment est bien choisi par Jeff Green pour inscrire son premier tir à trois points du match. 114-102, les Celtics ont survécu au run des Cavs. Alors que Rajon Rondo est sur le banc, les membres de la second unit continuent d’assurer, et de dominer le banc adverse. En effet, Turner, Bass et les autres ont scoré 44 points déjà, contre 17 points pour leurs adversaires. Les Celtics ont cependant du mal à marquer des points en cette fin de match, et laissent les Cavs revenir à 114-108 à quatre minutes de la fin de ce match sur un 6-0 en leur faveur. Les Celtics ne veulent pas gagner ce match, font deux marchés consécutifs, et on y est. 116-113. Une possession. Alors qu’ils n’avaient perdu que six ballons jusque-là, ils viennent d’en perdre autant en huit minutes. Heureusement, une pénétration de Rondo ramène le match à deux possessions, 118-113 à deux minutes du terme de ce match haletant, ce qui ne plait pas à LeBron James  qui inscrit trois paniers consécutifs, et fait passer les siens devant… 118-120, 18-4 en cours pour les Cavs. On ne sait pas exactement ce qui s’est passé ensuite pour que Jeff Green se retrouve sur la ligne des lancers, mais il inscrit les deux et égalise à 121-121 alors qu’il ne reste que quarante secondes à jouer. LeBron fait alors 1/2 aux lancers de l’autre côté, Rajon n’arrive pas à prendre de tir pour finir, terminé. Rideau. 121-122.

En conclusion : Oui, les Celtics ont magnifiquement joué pendant trois quart-temps. Oui, la balle a circulé, les Celtics ont bien défendu, ont stoppé Kevin Love et Kyrie Irving durant trois quart-temps. Oui, les Celtics n’ont perdu que six ballons en trois quart-temps. Oui, les Celtics ont dominé durant 36 minutes, tout simplement. Mais un match, en NBA, ça dure 48 minutes. Même contre les Cavs, il est impensable de balancer une avance de 19 points en douze minutes. Non, vraiment pas. Alors il y a tout de même beaucoup de positif dans ce match, notamment l’apport du banc (Sept joueurs au-dessus de 12 points), mais impossible de le tirer à chaud, tant cette défaite est amère. Pour la septième fois de la saison (je me trompe peut-être), les Celtics ont réduit à néant une avance de 12 points ou plus. Sept fois. En huit matchs. Ce qui est sûr, c’est que sur trois quart-temps, les Celtics auraient leur 18è bague à la fin de la saison. Mais pas sur quatre, ce qui est franchement dommage, au vu de la performance magnifique ce soir sur 36 minutes. Bilan de 3-5, cruel. Oui, une nouvelle fois, cette défaite est frustrante. Certes, les Celtics sont en reconstruction et ce genre de défaite est « normal ». Mais vu la tournure du match, avec le talent qu’a cette équipe, il devrait être impossible de perdre ce match. Ah et oui, au fait, on ne pourra gagner en encaissant 122 points cette saison. C’est impossible.

Et comme le dit Jared Sullinger après le match :

On n’a pas à s’en prendre aux arbitres ce soir, on peut s’en prendre qu’à nous-même.

Avant que le capitaine ne rajoute à quel point le bilan des Celtics est frustrant :

Tous les matchs ont été serrés jusque-là, mis à part Houston. On prend 100 points tous les soirs. C’est pas l’attaque, c’est la défense.

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Article rédigé par Baptiste Godreau (crédit photo : ESPN)

One Comment on “36 minutes géniales, puis le néant (3-5)”

  1. Chouette résumé encore une fois

    Clairement, quand rondo est capable d'alterner le jeu, et de jouer a son vrai niveau, l'équipe n'est plus la même, ce qui est la définition même du franchise player , un mec qui tire l'ensemble de l'équipe vers le haut.

    Cet été, je me posais la question du trade de Rondo et je me disais que ca serait peut être un mal pour un bien (comme a peu près tout les fana des Celtics) mais sur ce genre de match, il rapelle a quel point il peut être LA base sur laquelle construire…

    wait and see

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