Un air de déjà-vu… (3-6)

Après une nouvelle cruelle défaite face aux Cavs vendredi soir, les Celtics ont l’occasion de se relancer ce lundi 17 novembre au TD Garden face aux Phoenix Suns. Avec un bilan de seulement 1V-4D face aux équipes à 50% de victoires ou plus cette saison, les Celtics sont en difficulté face aux cadors. Si les Suns ne sont pas dans cette catégorie, c’est cependant une équipe solide, complète mais inconstante, qui va se présenter ce soir, emmenée par Goran Dragic et Eric Bledsoe, mais un peu comme les Celtics, qu’il est difficile de scouter car plusieurs joueurs sont capables de prendre feu, et qui a autant de mal que Boston à tenir 48 minutes. En réalité, les deux adversaires ce soir se ressemblent sur beaucoup de points, capables de se sublimer face à de grosses équipes (victoire face aux Warriors et Spurs cette saison pour Phoenix) mais qui se rabaissent souvent au niveau de l’adversaire. Le match de ce soir se présente donc comme très indécis, comme le montre cette infographie des deux équipes avant le match :

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Ce soir, Marcus Smart ne sera toujours pas là, ainsi que Vitor Faverani dont les nouvelles sur un retour proche sont négatives. Du côté des Suns, c’est un groupe (presque) complet qui se présente, sans blessés ni suspendus, mais avec un absent de dernière minute en la personne de PJ Tucker, ce dernier ayant raté l’avion de son équipe… Ayant déjà joué dix matchs, c’est avec un bilan équilibré de 5V-5D que se présente Phoenix à Boston ce soir.

Les clés du match

Toujours en souffrance à l’arrière cette saison, notamment depuis la blessure de Marcus Smart, le match de ce soir est un nouveau test grandeur nature. Face à Dragic, Bledsoe et Isaiah ThomasAvery Bradley et ses coéquipiers vont devoir monter d’un cran leur intensité défensive, s’ils ne souhaitent pas un résultat semblable au match face à Toronto, dans lequel Kyle Lowry et DeMar DeRozan s’étaient amusés. Très fragiles en transition, les Celtics vont devoir stopper le jeu rapide des Suns, réputés pour être une équipe offensive (104 points par match). Il va donc falloir être appliqué défensivement durant 48 minutes, ce que n’ont jamais réussi à faire les C’s cette année, sinon, une troisième défaite consécutive attend les Celtics. N’ayant encaissé qu’une seule fois moins de 100 points cette saison face à de faibles Pacers, il serait temps pour les Celtics de tenir un match défensif référence, qui pourrait être de stopper cette attaque des Suns. Jouant souvent en moins de dix secondes, les Celtics devront contrôler le tempo ce soir, et ne surtout pas tomber dans le jeu des Suns.

Le cinq de départ : Rajon Rondo – Avery Bradley – Jeff Green – Jared Sullinger – Kelly Olynyk.

Premier quart-temps :

Le match commence idéalement pour les Celtics, qui forcent les Suns à des tirs rapides ou forcés, quand de l’autre côté du terrain, Sully fait parler sa puissance au rebond offensif et dans la peinture, permettant un tir primé d’Avery Bradley puis provoquant une faute portant le score rapidement à 7-2. Deux mauvaises aides défensives de Kelly Olynyk plus tard, un panier de Goran Dragic en transition, et les Celtics sont menés 10-9 après quatre minutes. Même si Avery Bradley commence bien le match avec 7 points rapides et une défense serrée sur Eric Bledsoe, les Celtics sont dépassés par le jeu rapide des Suns amenant de nouveau des paniers en transition et le score est de 19-13 en faveur des Suns à mi quart-temps.

Les deux équipes jouent à 100 à l’heure, et il ne semble pas dur d’affirmer que ce match ne sera pas vraiment défensif. Seulement… dans ce jeu à toute vitesse, ce sont les Suns qui sont meilleurs. Kelly Olynyk, complètement absent sur ce début de match est remplacé par Tyler Zeller. Tout va trop vite pour les Celtics qui subissent véritablement le rythme des Suns en ce début de match. Un énorme dunk de Jeff Green va cependant redonner un peu de vie à cette pâle équipe de Boston dans ce premier quart, menée déjà 29 (!) à 20 alors qu’il reste encore trois minutes à jouer. Si Evan Turner a fait une entrée plutôt solide, Brandon Bass n’est pas dedans, et commence le match à 0/4 aux tirs. Un temps-mort bien pris par Brad Stevens va permettre aux Celtics d’initier un 13-2 mené par Evan Turner en personne qui va ramener le score à 31-33 à la fin du premier quart-temps, que celui-ci va finir avec une jolie feuille de stats : 5 points, 2 rebonds et 3 passes décisives. À ses côtés, Bradley a déjà inscrit 7 points, Sullinger et Green 6.

Le gros dunk de Jeff Green :

 

Deuxième quart-temps :

Le deuxième acte commence avec un cinq small ball composé de Rondo, Thornton et Bradley. Les Celtics reprennent alors la tête, 38-36 grâce à une superbe longue passe de Rondo pour Sullinger. L’apport de Zeller, de match en match est toujours aussi précieux, est accompagné par un Bradley des grands soirs qui a déjà inscrit 11 points en 10 minutes de jeu. Surtout, pour la première fois de la saison, les Celtics ont une sélection de tirs à trois points plutôt cohérente, avec seulement 3 tirs tentés derrière l’arc pour deux réussites, leur permettant de rester dans le match, 43-40 en faveur des Suns emmenés par de très bons Markieff Morris et Goran Dragic. Si le cinq small ball proposé par Stevens durant les cinq premières minutes du quart-temps est assez efficace offensivement, il est difficile à gérer sur le plan défensif, Thornton se retrouvant en défense sur l’un des Morris qui le joue au poste bas à chaque fois. Cependant, le résultat est positif, le score étant de 46-47 à la moitié du second acte.

Le retour de Kelly Olynyk sur le parquet ne semble pas montrer que l’intérieur des Celtics soit enfin rentré dans son match. Un marché, puis sa troisième faute et la première mi-temps est déjà finie pour lui, avec un zéro pointé, permettant à Zeller de revenir sur le parquet après son très bon passage dans le premier quart. En face, Morris et Dragic continuent leur chantier dans la défense Celte avec 31 des 56 points des Suns après un peu plus de 20 minutes jouées. La fin de quart-temps est compliquée mais… Tyler Zeller maintient Boston dans le match avec 9 points (à 4/4 ce soir, 21/24 sur la saison) et 3 rebonds. Décidément, ce pivot n’en finit pas de nous surprendre et confirme les attentes placées en lui. Attention à toi Kelly, un jour il toquera à la porte du cinq de départ…

À la pause, les Celtics sont menés 60-54 par les Suns qui shootent à 50% et 45% à trois points. Oui, Boston est de nouveau sur les bases d’un match à 120 points encaissés… qu’il sera difficile de gagner sur ces mêmes bases. Efficaces offensivement (18 passes décisives, 48% au tir), il va falloir monter l’intensité défensive afin d’aller chercher cette victoire à la portée des Celtics, afin de stopper ce jeu de transition mortel des Suns. Capture d’écran 2014-11-18 à 02.39.26

Troisième quart-temps :

Comme attendu au vu de sa performance médiocre (et de ses trois fautes), Kelly Olynyk débute la deuxième période sur le banc, remplacé par Brandon Bass. Cette période commence d’ailleurs par… un panier en transition de Bledsoe, un panier offert à Morris, et une faute de débutant de Bass, les Celtics sont à -14, commençant par un 11-3 en leur défaveur. Sans intensité défensive, sans AUCUN repli défensif, la tâche semble compliquée. Après un temps mort de Brad Stevens, les Celtics commencent enfin à montrer un semblant d’attitude défensive amenant une interception de Rondo (très agressif en ce début de quart-temps, déjà à 12 points, 7 rebonds et 5 passes) et une de Bradley, 6-0 en cours et temps mort pour les Suns qui mènent 71-63 puis 75-67 à la moitié du quart-temps après un tir à mi-distance de Pressey, entré en jeu en lieu et place de Rondo.

La bonne rentrée de Pressey et l’agressivité combinée des cinq joueurs sur le terrain fait lever le Garden après un panier à longue distance de Sullinger, ramenant les C’s à 74-77. Rentre alors Kelly Olynyk, que l’on va espérer plus performant qu’en première période, mais qui se fait trouer d’entrée sur un drive, puis laisse Morris shooter à trois points… On se retient. Ce soir, il présente le pire différentiel du groupe avec -14 dans le troisième, quand Tyler Zeller est à +8 par exemple. A l’instar des Suns en première, ce sont les Celtics qui finissent très bien le troisième acte, grâce notamment à Rondo, déjà aux portes d’un nouveau triple double (14 points, 9 rebonds et 7 passes après trois quart-temps) et Zeller, qui domine Olynyk ce soir.

Dans une parodie défensive, les Celtics sont dans le match et ne sont menés que 89-88 avant le dernier acte, après avoir été menés de 14 points dans ce même quart-temps. Des stops, c’est surtout ce qui va compter dans le dernier quart.

Rondo régale :

 

Quatrième quart-temps :

Stevens avait annoncé qu’il donnerait des minutes à Pressey, c’est exécuté ce soir. Le petit commence le quatrième quart, et montre de très bonnes choses. Parfois inconstant, il ne force rien ce soir et permet à Rondo de souffler. Zeller est lui aussi toujours sur le parquet, et inscrit son treizième point de la soirée sur une claquette, portant le score à 91-90 en faveur des Suns. Avery Bradley d’un tir à longue distance remet les deux équipes à égalité, 93-93. Le cinq proposé par Stevens associe Sullinger et Green à l’intérieur, et Pressey, Bradley et Turner à l’extérieur pour un small ball qui performe à nouveau. Une passe décisive superbe de Pressey pour Sully à l’intérieur puis une pénétration du même petit meneur, et il laisse les Celtics sur le score de 97-97 au retour de Rondo, puis de Zeller qui remplace Sully, scotchant Olynyk sur le banc avec 13 petites minutes de jeu.

La superbe passe de Pressey :

Jeff Green rentré en jeu fait passer les Celtics devant 103-102 sur deux grosses pénétrations consécutives dans un TD Garden conquis. Agressif, Jeff Green réclame la balle en attaque et porte son total à 25 points ce soir, avec six points consécutifs… avant de perdre la balle sur une faute offensive. À 2min46 du buzzer final, les Celtics sont menés 110-107 avec la possession adverse. Il va falloir réaliser des stops, ce qu’a eu du mal à faire Boston toute la soirée. Un panier à mi-distance de Sullinger fait passer les Celtics devant 111-110 avant que Bledsoe ne réponde. Interception de Jeff Green, dunk monstrueux avec la faute sur Morris, les Celtics sont à +2, 114-112, il reste 57 secondes. Un lay-up de Dragic ramène les Suns à 114 partout, il reste 45 secondes… et Avery Bradley décide alors de faire sa première mauvaise action du match en balançant une passe à Bledsoe qui offre un lay-up gratuit… 114-116, avant que Jeff Green rate à trois points. Rajon Rondo subit une faute à trois points sur l’action suivante… mais rate les trois, portant son total à 2/10 sur la ligne des lancers ce soir… Terminé, les Celtics s’inclinent 114-118.

Le poster monstrueux (monstrueusement clutch également) de Jeff Green, qui m’a fait lever de ma chaise :

 En conclusion :

Une nouvelle (énième) défaite frustrante pour les Celtics ce soir. Frustrante, car les Suns étaient à leur niveau, que les Celtics sont plusieurs fois revenus à leur hauteur et sont même passés devant grâce à un Jeff Green des grands soirs. Malheureusement, au basket, il est compliqué de gagner en encaissant 118 points. Equipe réputée défensive, la sonnette d’alarme se doit d’être tirée ce soir sur le plan défensif. Markieff Morris a inscrit 30 points ce soir, les Suns ont shooté à 51% (42% à trois points) et les Celtics n’ont pas été capables de faire les stops nécessaires dans la dernière minute. C’est dommage. Le point positif une nouvelle fois, est l’apport du banc, marqué par celui de Zeller et Pressey ce soir. Olynyk (13 minutes) complètement fantomatique, il était primordial de pouvoir compter sur Zeller, qui prouve match après match. Cependant, cette défaite est méritée, les Celtics ont couru après le score durant la quasi-totalité du match, et n’ont pas été aidé par le 2/10 aux lancers de Rondo, qui a pourtant encore fait un match complet ce soir. Il faut également notifier le bon match de Jeff Green, précieux en fin de match qui a pris ses responsabilités, en vain. Nos résumés se ressemblent, tant les matchs sont similaires cette saison… Comme le dit Rondo, « c’est un sentiment de déjà-vu ». Prochain match mercredi soir à Philly, attention défaite honteuse si les Celtics venaient à s’incliner là-bas. 3-6.

Le boxscore final :

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Article rédigé par Baptiste Godreau

4 Comments on “Un air de déjà-vu… (3-6)”

  1. Ca fait du bien de voir Green attaquer le cercle, dommage que ça ne soit pour rien._Une défaite bien collective encore une fois, défensivement il faut vraiment réajuster. Prendre plus de 100 pts par match, c'est assez inquiétant._Mention à Zeller qui, bien que discret, nous signe un petit match sympa, avec un 8/9 au shoot._Son entente avec Rondo est intéressante. Il prend du temps de jeu en l'absence de Faverani et ça lui fait du bien.

    1. ça fait bcp trop de défaite par moins de 5 points… il nous manque un gars capable de finir les matchs! Paulo manque!! Sinon autre solution on commence à défendre et on aura pas à finir les matchs vu qu'on sera loin devant! Bref déjà après Cleveland j'étais bien véner et là encore pire

  2. Nos matchs c'est soit on fout en l'air une avance de près de 20 points et on perd, soit on perd de moins de 5 points dans un close game… C'est assez frustrant. Pour y remédier il faudra être un peu (beaucoup) meilleur défensivement car on doit pas être loin d'être dernier à ce niveau-là. D'ailleurs, l'an passé on prenait moins de points donc bon, même si on attaque plus ce qui est fatigant, on doit être capable d'être meilleur. Zeller confirme qu'on doit compter sur lui cette saison et Green montre que c'est à lui de prendre ses responsabilités sur la fin. Rondo doit absolument résoudre se problème de confiance aux lancers car autant j'adore ce joueur, autant il est inconcevable de tirer à 2/10 aux LFs pour un joueur NBA et ça nous fait perdre des points faciles. Quand on voit des équipes comme Orlando et Milwaukee et leur bilan (même s'ils ont joué plus et pas les mêmes équipes), on est quand même en droit de se dire qu'on est pas à notre place. Cela dit, on s'éclate en regardant un match des Celtics et ça tend à atténuer un tant soit peu notre frustration.
    Seulement, une défaite face aux Sixers et c'est la voie royale vers une fin d'année cauchemardesque… (en plus de la honte)

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