Si près, si loin… (4-8)

Avec un bilan de quatre victoires pour sept défaites, les Celtics sont actuellement 11è de la conférence Est. Vendredi soir, en déplacement à Memphis, meilleure équipe de la ligue actuellement, les Celtics sont tombés sur un os et se sont inclinés, enregistrant leur 23è défaite consécutive à l’Ouest. Après les Grizzlies, et avant de recevoir Chicago puis les Spurs, Boston reçoit ce dimanche 23 novembre Portland, équipe également très en forme de la conférence Ouest avec un bilan de neuf victoires et trois défaites, dont six victoires consécutives, série en cours.

Boston, très en difficulté face aux grosses équipes (1-5 cette saison face aux équipes avec un bilan de 50% ou plus) et qui plus est face aux équipes de l’Ouest (0-5 cette saison, quinze défaites consécutives et 25 défaites sur les 26 derniers matchs face à l’Ouest), va devoir réagir notamment sur le plan défensif afin d’engranger une victoire référence, que l’on attend depuis la victoire à Chicago. Côté Celtics, Vitor Faverani et Marcus Smart, dont le retour est prévu pour le prochain match, sont toujours absents, tandis que Portland se présentera au complet, excepté CJ McCollum, absent depuis le début de saison.

Les clés du match :

Doit-on se répéter ? Comme depuis le début de saison, si Boston veut espérer s’imposer, il faudra limiter l’adversaire à 105 points maximum, d’autant plus que la défense de Portland est plutôt performante avec seulement 95 points encaissés par match (contre 104 marqués). Ensuite, il va falloir que Rajon Rondo soit performant défensivement pour faire déjouer le meneur adverse, beaucoup plus que sur les premiers matchs de la saison où son investissement défensif n’est clairement pas à la hauteur. Face à Damian Lillard ce soir, il aura face à lui un meneur qui vaut 25,8 points et 8,4 passes (mais également 4,4 pertes de balles) sur les cinq derniers matchs, soit l’un des tout meilleurs meneurs de la ligue actuellement. Accompagné de solides shooteurs tels que Wes Matthews ou Nicolas Batum, il sera très important de verrouiller les tirs extérieurs face à la deuxième meilleure équipe de la ligue dans ce domaine (39,7% de moyenne à trois points). Enfin, il faudra être solide à l’intérieur, et minimiser l’impact de LaMarcus Aldridge (et Robin Lopez), qui évolue lui aussi à un niveau All-Star en ce début de saison, mission là encore compliquée tant les intérieur Celtes sont en difficulté défensivement. Ce match s’annonce donc très compliqué, au vu des nombreux secteurs à verrouiller et le niveau actuel défensif des Celtics, mais ne perdons pas espoir.

Premier quart-temps :

Jared Sullinger commence le match parfaitement, avec un panier sur rebond offensif, puis une excellente défense au poste sur Aldridge, avant de marquer un panier à trois points sur l’action qui suit. Rondo marque ses deux premiers points en transition, 7-0 pour commencer. Après quatre minutes de jeu, les Celtics n’ont encaissé que deux points, mais plusieurs ratés d’Avery Bradley (0/4) puis Jeff Green (1/4) ne permettent pas aux Celtics de prendre une avance. Aldridge, de son côté, est extrêmement bien défendu, et commence son match à 0/5 au tir. À la moitié du premier quart-temps, les Celtics mènent 11-5, très en place défensivement.

Jeff Green répond immédiatement à Nicolas Batum à longue distance, 18-10. Kelly Olynyk est lui très présent au rebond avec déjà six prises à son compteur, tandis que Rondo se régale offensivement, nous sort l’une de ses plus belles feintes pour porter son total à 8 points sur ce premier quart-temps. Malheureusement malchanceux en défense et pas récompensés de leurs efforts, les Celtics encaissent un nouveau panier à longue distance… avec la planche, signé Nicolas Batum à nouveau, et ramenant les Blazers à cinq points, 20-15.

Plusieurs choix douteux en fin de quart-temps vont ramener les Blazers à 23-21 après le premier acte. Maintenant Aldridge à 1/8 au tir, les Celtics viennent de rendre là l’une de leur plus belle copie défensive sur un quart-temps cette saison. Les Blazers ont shooté là à 30% (8 sur 26) et Damian Lillard est à 0/4. Est-il possible de garder cette intensité défensive sur 48 minutes ? C’est tout ce que l’on espère.

La splendide feinte de Rondo :

 

Deuxième quart-temps :

Le banc commence le second acte, avec Gerald Wallace sur le parquet, que l’on avait pas vu depuis quelques temps. Les Celtics sont jusque-là à une intensité défensive pas encore vue cette saison, très plaisant et alors que l’on a déjà joué quatre minutes dans ce deuxième quart-temps, le score est toujours de 27-25 en faveur des Celtics. Malheureusement, quelques errements laissent aux Blazers plusieurs secondes possessions sur rebonds offensifs, notamment par l’intermédiaire de Chris Kaman qui réalise une bonne rentrée pour Portland en relai d’une raquette en difficulté. Evan Turner, à nouveau sur une belle rentrée, inscrit six points et permet aux Celtics de prendre un premier écart, 37-27 à mi quart-temps sur l’un des tout meilleurs débuts de match des Celtics cette saison. À ce moment du match, les Blazers sont maintenus à 28% au tir, à 10-35. Du jamais vu pour Boston.

Aldridge, maintenu six pieds sous terre jusque-là (1/9 au tir) inscrit un panier avec la faute, avant que Lillard (0/6 jusqu’ici) inscrive un lay-up sur une perte de balle, ramenant le score à 37-32. Une interception et un lay-up de Bradley plus tard, les Celtics reprennent un peu de distance, 41-32, mais de l’autre côté, Aldridge commence à se chauffer et porte son total à 11 points sur trois paniers consécutifs dans la raquette. Rondo, lui, qui a l’air de toujours choisir ses matchs, prend largement le dessus sur Lillard maintenu à trois petits points à 1/7. Un léger relâchement en fin de quart-temps comme au premier permet un panier avec la faute de Lillard, le score est de 49-44 en faveur des Celitcs à la pause.

Après 24 minutes, les Celtics tiennent ici l’une des plus belles copies de ce début de saison. Extrêmement en place dans les rotations défensives, ils n’ont malheureusement pas crée un écart suffisant, faute d’adresse notamment à mi-distance par Brandon Bass qui a raté quatre tirs qu’il met habituellement. N’encaissant que 43 points, en maintenant les Blazers à 35% au tir, c’est ici une intensité défensive rarement (jamais ?) vue en onze matchs, dont il faut donner le crédit à Sullinger et Olynyk notamment, exemplaires sur Aldridge. Du tout bon, qui doit désormais se prolonger sur 24 nouvelles minutes.

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Troisième quart-temps :

Aldridge, visiblement mécontent de sa première mi-temps, commence la seconde par deux paniers consécutifs, tous deux immédiatement répondus par Bradley à mi-distance. Un panier de Lillard à trois points après une possession cafouilleuse permet aux Blazers de revenir à 55-55, puis de prendre la tête pour la première fois du match sur un nouveau panier d’Aldridge, 57-59. Après un dunk de Green sur une jolie passe de Rondo, les Celtics sont menés 60-61 à la moitié du troisième quart temps.

Excellent défensivement, Avery Bradley ne trouve pas la mire à longue distance et est à 0/5 ce soir derrière l’arc. Malgré la maladresse, les Celtics parviennent à rester dans le match, en faisant plusieurs stops défensifs, 64-64 à un peu plus de deux minutes de la fin du troisième quart. Un excellent passage de Brandon Bass et Evan Turner qui scorent à eux deux 10 points consécutifs auxquels répond Steve Blake sur deux tirs à longue distance.

À la fin du troisième quart temps, les Celtics et les Blazers sont à égalité 72-72, mais rien n’est joué. S’ils ont à nouveau été solides défensivement mais coupables de quelques erreurs coûteuses face à une telle équipe (29 points encaissés), leur maladresse les pénalise, et quelques shoots en plus pourraient permettre à Boston d’empocher une belle victoire ici. Il faudra pour cela maintenir ce bon niveau défensif.

Quatrième quart-temps :

Un panier à trois points de Wes Matthews, un panier intérieur de Kaman puis un shoot longue distance de Lillard en transition permettent aux Blazers de démarrer le dernier quart sur un 8-0, 72-80, premier gros run de la soirée et plus gros écart du match pour les Blazers. Si les Blazers n’avaient scoré que 4 points sur les pertes de balle des Celtics jusque-là, ils viennent d’en marquer 6 en 1min47. Le run se poursuit jusqu’à 10-0, avant que Jeff sonne le réveil des troupes par un panier avec la faute. Chris Kaman fait très très mal à la défense des Celtics ce soir, avec 16 points en sortie de banc. Les Celtics se battent sur tous les ballons, réveillant le TD Garden, mais n’arrivent malheureusement pas à convertir ces stops en points de l’autre côté du terrain et l’écart reste conséquent, 77-88 à six minutes du terme de ce match.

Les Celtics continuent d’arroser à longue distance malgré leur manque d’adresse, 2/15 sur le match, et 1/11 pour le duo Bradley-Sullinger. Un regain d’agressivité, un panier à trois points de Sullinger puis de Bradley (oui, ils ont continué à tirer mais cette fois c’est tombé dedans) permet au TD Garden de garder un mince espoir. 85-92 à 1min42 du buzzer final puis 88-92 sur un nouveau panier à trois points de Sully en sortie de temps mort. 11-3 en cours pour Boston, sur les bases d’un gros come-back. Il reste 25 secondes à jouer, et l’écart est de quatre petits points avec possession pour les Celtics. Un très mauvais tir de Sully scelle le sort de ce match, les Blazers s’imposent à Boston 94-88.

En conclusion :

Argh. Que c’est cruel, une nouvelle fois. Ce soir, contrairement au match face aux Cavs où il était dur de sortir du positif après avoir jeté une telle avance, il y a énormément de bonnes choses ce soir. Tout d’abord, 94 points encaissés. Oui, ce match est pour l’instant LA référence qu’attendait Boston défensivement. En maintenant LaMarcus Aldridge à 7/21 et Damian Lillard à 4/14, les Celtics ont parfaitement exécuté le plan de jeu. C’est offensivement que ça n’a pas été ce soir, tout simplement parce que les shoots ne sont pas tombés dedans. Il y a des soirs comme ça, à 38% au tir, et 21% (…) à trois points, à 5 sur 23. Dans ces soirs, il faut réaliser une grande prestation défensive, ce qu’ont fait les Celtics, mais qui n’ont pas su encore une fois donner un coup d’accélérateur dans le quatrième et l’ont même subi, avant un dernier run à la desperado. C’est dommage, mais si les Celtics arrivent à réitérer ce genre de performance, ils pourraient continuer de titiller les grosses équipes. Ensuite, l’apport du banc est toujours excellent, notamment celui de Bass et Turner. Enfin, il faut souligner les belles performances de Jeff Green et Jared Sullinger, excellents depuis le début de saison. Avery Bradley, lui, est toujours très en délicatesse avec son shoot extérieur, pénalisant l’équipe. Cependant, ce soir il a défendu extrêmement bien, comme le reste de l’équipe.

Si près, si loin… et un bilan de 4-8, peu flatteur au vu de matchs comme ceux-là. Oui, les Celtics tiennent tête aux cadors de la conférence Ouest, mais sont trop courts pour finir. Oui, les Celtics en sont capables, puisqu’ils ont l’habitude (positive ou négative) de se mettre au niveau de l’adversaire. D’où ce bilan toujours aussi frustrant. Désormais, place au repos avec quatre jours « off », avant la réception des Bulls vendredi au TD Garden, à 19h heure française.

Le boxscore final :

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Article rédigé par Baptiste Godreau

One Comment on “Si près, si loin… (4-8)”

  1. Une bonne défaite comme on dit… Les joueurs ont montré qu'ils savaient défendre et que c'est bon d'en voir un petit peu ! C'est une défaite qui amènera des victoires dans le futur à coup sûr. Allez, plus que deux matchs compliqués avant d'entamer un mois de décembre qui risque de nous apporter plus de victoires tant le calendrier est a priori plus simple que celui de novembre.

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