Doit-on attendre plus de Rajon Rondo ?

Avant même le début de cette saison 2014-2015, Danny Ainge, manager général, avait déclaré qu’il attendait de la part de Rajon Rondo la meilleure saison de sa carrière en NBA. Après un mois de compétition, le bilan du capitaine est plutôt mitigé, sa performance individuelle étant atténuée par les difficultés que rencontrent les Celtics en fin de match, les portant à un bilan de 4-10 après le mois de novembre.

À première vue, la ligne de statistiques de Rondo, flirtant avec le triple double (9,3 points, 7,4 rebonds et 10,5 passes par match en moyenne) n’a rien de choquant. Certes, il inscrit moins de points, mais il passe moins de minutes sur le parquet. Jusque-là, Rondo sort également sa plus belle saison au rebond, et crée du jeu à un haut niveau, malgré le manque de grand talent à ses côtés.

Seulement, c’est sur le plan défensif et dans les fins de matchs que Rondo trouve ses limites, là où les Celtics auraient le plus besoin de leur capitaine. Voyons en quelques points, le bon, le mauvais et l’horrible Rondo après un mois, soit 13 matchs de compétition.

Le bon :

En terme de création, Rajon Rondo est à l’heure actuelle le meilleur de la ligue. D’après les statistiques, il est le joueur qui crée le plus de points faisant suite à une passe (24,5) par match, malgré le fait qu’il joue en moyenne trois minutes de moins que des meneurs comme Ty LawsonChris Paul et John Wall. De plus, Rondo talonne Chris Paul au nombre total de passes par match, ou il est par exemple également numéro 1 aux opportunités de passes (= passe qui amène un tir non converti) avec 21 par match, alors que seulement cinq autres meneurs dans la ligue sont au-dessus de 15 dans ce domaine.

Même si les Celtics sont en difficulté avec leur adresse à trois points depuis le début de saison, Rondo a aidé à remonter le pourcentage au tir des Celtics parmi les mieux classés de la ligue, par de belles trouvailles à l’intérieur, donnant des paniers faciles. Malgré le fait que Rajon Rondo perde beaucoup de ballons, il garde un ratio passes décisives/pertes de balle qui est pour l’instant le meilleur de sa carrière (3,26), et l’offensive rating de Boston (102 points sur 100 possessions) lorsque leur meneur titulaire est sur le parquet est sa meilleure marque depuis la saison 2010-2011.

Bien que son pourcentage au tir soit nettement en deçà de sa moyenne en carrière malgré un pourcentage à trois points qui constitue un record en carrière pour l’instant (sur un nombre de tentatives limité, certes), Rondo inscrit une dizaine de points par matchs, contribuant ainsi au fait que Boston est pour l’instant une équipe performante sur le plan offensif, le plus souvent dans les trois premiers quart-temps mais nous y reviendrons.

Au vu de ces statistiques, il est effrayant de penser à cette équipe de Boston avec un scoreur talentueux associé à Rajon Rondo, tant son potentiel pourrait être maximisé, mais cette discussion sera pour une autre fois.

Bien que la création de Rajon Rondo soit définitivement son meilleur atout, il est également légitime de noter ses bonnes performances au rebond. Pour l’instant, il présente un nouveau record en carrière, en attrapant 22% des rebonds défensifs disponibles, et son total de rebonds par match lui permet de se classer troisième de l’équipe, derrière Jared Sullinger et Tyler Zeller, et devant des intérieurs comme Brandon Bass ou Kelly Olynyk.

Il faut également noter que Rondo a jusqu’ici été un leader exemplaire en dehors du terrain, n’en faisant pas trop sur Brad Stevens, autant dans le négatif que dans le positif, et ne dramatisant pas trop le bilan des Celtics après un premier mois compliqué au calendrier. Surtout, il reste optimiste, bien que les Celtics n’aient pas gagné depuis le 8 novembre contre une équipe NBA. (Ils ont en réalité battu les 76ers, mais qui ne le fait pas ?).

Après la défaite de dimanche face aux Spurs, la plupart de ses coéquipiers étaient frustrés, mais Rondo a préféré regarder vers l’avenir et positiver. Après un premier mois et des matchs face à de grosses équipes, le mois de décembre va permettre de savoir si ces Celtics sont capables de rivaliser avec les équipes de milieu de tableau, celles avec qui les joueurs veulent être en concurrence. Malgré les résultats, il faut donner du crédit à Rondo, qui en capitaine exemplaire, ne fustige pas les résultats moyens de Boston.

Le moins bon :

Le manque de présence actuelle d’un réel protecteur de cercle dans l’effectif met en exergue les faiblesses défensives des extérieurs, à commencer par Rajon Rondo. À l’époque où Kevin Garnett régnait défensivement sur la peinture, Rondo avait en effet été deux fois nommé dans les All NBA-Defensive Team.

Si les Celtics ont aidé Rondo en missionnant très souvent Avery Bradley sur le meneur adverse, il arrive que Rondo soit obligé de défendre sur son vis-à-vis, surtout en l’absence de Marcus Smart, blessé à la cheville, et lorsque Bradley prend des fautes ou se repose. Dans ces moments, nous avons pu voir Rondo en difficulté, notamment sur les pick-and-roll, permettant des pénétrations et des points, que les Celtics ne peuvent stopper, par l’absence d’un intérieur capable de protéger le cercle.

Quand Rondo est autorisé à flotter en défense (= lâcher un peu son joueur, jouer l’interception ou le second rideau), il peut être une vraie teigne en défense, mais force est de constater qu’il n’est qu’un moyen défenseur de un contre un. Face à lui, son adversaire score cette saison à 53,3% au tir, soit 7,6% que la moyenne de ces joueurs. Surtout, les meneurs adverses face à Rondo convertissent 74,2% de leurs tirs à moins de deux mètres du cercle, soit 10% de plus que leur moyenne habituelle.

Les malheurs défensifs des Celtics ne sont bien sûr pas seulement dus à Rondo, et les joueurs doivent continuer à évoluer en équipe, derrière leur meneur qui doit élever son intensité défensive.

L’horrible :

Faut-il vraiment s’étendre sur les difficultés rencontrées par Rondo aux lancers-francs depuis le début de saison ? En quatorze matchs, il shoote à seulement 30% (9/30) mais malgré cela, il continue à dire qu’il va les rentrer, puisqu’il ne rencontre pas de problèmes à l’entrainement.

Le principal problème, c’est que Rondo ne va pas suffisamment sur la ligne de réparation pour aider l’équipe. Une seule fois cette saison, le meneur a tiré plus de quatre lancers-francs, c’était face à Phoenix et il avait fini à un affreux 2/10.

En 157 minutes sur le terrain depuis le match de Phoenix, Rondo n’a tiré que dix lancers (et n’en a réussi que trois). Face à Chicago, il a même raté deux lancers cruciaux alors qu’il restait 64 secondes à jouer et que les deux équipes étaient à égalité, et il a ensuite manqué ses deux tentatives face aux Spurs.

Malgré cela, Rondo a déclaré que ces ratés ne changeaient pas son agressivité vers le cercle… et pourtant, son nombre de lancers est extrêmement bas pour un joueur dont le jeu est basé sur l’agressivité et sur des points scorés dans la raquette, faute de shoot extérieur fiable. Dans une équipe qui a du mal à obtenir ces lancers, Rondo se doit d’être plus agressif afin d’aller les chercher lui-même et de se remettre en confiance.

Plus que sa production aux lancers, c’est la production de Rondo dans le quatrième quart-temps qui est alarmante. Pour un leader, le meneur présente une ligne de statistiques dans ce dernier quart qui est plutôt inquiétante : 98 minutes, 8/31 au tirs (25%, moins bon pourcentage de l’équipe), 28 passes décisives, 11 pertes de balle, et un différentiel de -45 !

Là encore, tout ne repose pas sur lui. Les Celtics sont pour l’instant affreux dans les quatrièmes quart-temps, et ça n’est pas uniquement un « syndrome Rondo » mais bien un « syndrome Celtics ». Seulement, c’est derrière leur capitaine que les Celtics vont s’améliorer dans le final, et l’offensive rating de 90,2 de Boston lorsque Rondo est sur le parquet dans le quatrième quart-temps constitue un vide abyssal avec la note des autres quart-temps.

Après le match de dimanche face aux Spurs, Rondo a eu un long entretien avec le commentateur de CSNNE Tommy Heinsohn (ex-joueur et entraîneur des Celtics) qui l’a rejoint dans les vestiaires. La discussion a notamment porté sur ce domaine, Rondo ayant soufflé que l’incapacité des Celtics à réaliser des stops dans ce moment du match les poussait au découragement, surtout quand il voyait le nombre de matchs que les Celtics ont laissé filer cette saison. Actuellement, le bilan de Boston est de 2-6 lorsque l’écart est de moins de cinq points d’écart dans les cinq dernières minutes.

Pour passer outre ce « syndrome », les Celtics ont désespérément besoin d’une victoire acquise dans le money time pour se relancer et retrouver confiance.

En conclusion :

Rajon Rondo, dans une équipe en reconstruction, réalise un boulot phénoménal pour tirer le meilleur de ses coéquipiers, mais doit élever son niveau de jeu, particulièrement dans le quatrième quart-temps, sans quoi les Celtics seront en difficulté toute la saison. Avec un bilan de 3-10 lorsque Rondo était présent, les Celtics ne sont pas à la hauteur de ce qu’ils ont montré dans le jeu, durant la majeure partie des matchs.

Seulement, Rondo semble bien avoir résumé ce qui devait être fait pour retrouver le chemin de la victoire, après le match face aux Spurs :

« Ce qui est positif, c’est que l’on a encore 68 matchs à jouer. On peut critiquer nos erreurs, et on doit s’améliorer, mais pour cela chacun doit se regarder dans une glace, et faire ce qui est le mieux pour l’équipe, c’est à dire faire des sacrifices. »

À toi de jouer, Rajon, tu peux être sûr que si tu montes d’un cran, l’équipe suivra, les résultats avec.

Article traduit de ‘Rajon Rondo having his ups, downs‘ de Chris Forsberg, par Baptiste Godreau 

One Comment on “Doit-on attendre plus de Rajon Rondo ?”

  1. Sale pique sur les Sixers, j'adore !
    Rondo est un facilitateur, ce n'est pas pour rien qu'on est passé d'une des pires attaques à l'une des meilleurs après son retour (souvenons nous de la purge de la saison dernière). Après on sait très bien que RR9 se chauffe quand il y a de l'enjeu (retour sur les playoffs contre Miami). Et de mes yeux j'ai vu Rondo comme un (le ?) des meneurs défenseurs sur le poste de meneur, et ce n'était pas que grâce à Bradley. Malheureusement oui, une équipe défaillante ça n'entraîne pas le meilleur joueur à jouer son plus beau basket.

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