Des Celtics sans saveur s’inclinent logiquement à Charlotte (7-13)

Après une victoire convaincante dimanche soir face aux Wizards aux TD Garden, les Celtics se sont inclinés après un superbe come-back de 23 points face à cette même équipe, à l’extérieur cette fois, et en double prolongation. Cruel, mais positif. En effet, cette équipe (et notamment son banc) a montré énormément de coeur pour revenir et passer à deux doigts d’une victoire qui aurait été superbe.

Ce mercredi 10 décembre, les Celtics ont l’occasion de se reprendre face à une équipe surprenante (dans le négatif) en ce début de saison : les Charlotte Hornets. Véritable hype cet été, entre l’arrivée de Lance Stephenson et le changement de nom, le soufflé est vite retombé. Après vingt matchs dans leur saison, les Hornets présentent un bilan de cinq victoires pour quinze défaites (!) dont neuf dans les dix derniers matchs. Même si Boston est sur le papier un effectif moins fort que l’adversaire du soir, il y a un véritable coup à jouer face à cette équipe en plein doute.

Ce soir démarre surtout pour Boston une série de matchs face à des adversaires en difficulté, qu’il serait parfait de débuter par une victoire à l’extérieur. Pour cela, les Celtics ne pourront toujours pas compter sur Vitor Faverani, tandis que Charlotte va voir Michael Kidd-Gilchrist faire son retour de blessure, au contraire de Jeff Taylor, toujours suspendu, et de P.J Hairston, inactif ce soir.

Le cinq de départ : Rajon Rondo – Avery Bradley – Jeff Green – Jared Sullinger – Tyler Zeller

Les clés du match :

Face à une équipe maladroite à longue distance (30,6% de moyenne) et qui a tendance à forcer le jeu dans la raquette, les Celtics vont devoir imposer leur rythme défensif dans le match, et ne pas subir. Comme d’habitude, il ne faudra pas se mettre au niveau de l’adversaire, chose qu’a parfois du mal à faire cette équipe, surtout à l’extérieur. À l’intérieur, Tyler Zeller devra être au niveau défensif qu’on lui connait cette saison pour stopper Al Jefferson. Si Boston réalise le même match que face aux Lakers, abouti de bout en bout, solide défensivement et avec une attaque fluide, il se pourrait bien que la victoire soit au bout. Même si le retour de Michael Kidd-Gilchrist devrait apporter de l’intensité à cette équipe, c’est une équipe sans saveur que va affronter Boston. Enfin, il faudra, comme d’habitude, que Rajon Rondo soit à son niveau (celui que l’on a vu face aux Lakers), pour stopper un Kemba Walker capable de prendre feu à tout moment, et dicter le rythme de l’attaque des C’s. 

Premier quart-temps :

Jeff Green, sur la première attaque celte, attaque dos au panier au poste bas et provoque la première faute de Lance Stephenson, avant de scorer sur la même action sur la suivante… puis sur une troisième ! Après trois minutes, Green a marqué tous les points, et les Celtics mènent 6-4. Tyler Zeller défend plutôt bien sur Jefferson en ce début de match, maintenu à 1/4 au tir. Seulement, les Celtics abusent du tir à trois points, en ratent trois consécutifs, tandis que Kemba Walker inscrit un panier avec la faute, 14-10 pour les locaux après six minutes.

Seul Jeff Green arrive à se sortir de la défense des Hornets, encore une fois au poste bas, mais il concède le panier avec la faute de MKG de l’autre côté, les Hornets mènent 20-12. Jusque-là, Jeff Green est à 3/5 au tir. Le reste de l’équipe ? 3/12. Pour y remédier, Brad Stevens sort un cinq exotique : Rondo – Smart – Turner – Olynyk et Zeller, avant que le pivot prenne sa deuxième faute. Les Celtics jouent jusqu’ici un jeu surprenant, avec énormément de jeu au poste, mais cela se montre peu efficace à 7/21 au tir, et 16 petits points marqués à la fin du premier quart. 16-22, les Celtics s’en sortent pas mal, car montrent peu d’envie et de folie.

En attaque, les Celtics ne courent pas, abusent du poste bas et se sont montré peu adroits quand ils ont tenté d’écarter le jeu (0/5 à trois points), dans un match étrange pour l’instant. La rentrée de MKG a apporté de l’intensité en face, et a permis aux Hornets de prendre une petite avance que les C’s ont malgré tout réussi à limiter tant bien que mal.

Deuxième quart-temps :

Par Kelly Olynyk et Brandon Bass, les Celtics reviennent peu à peu, malgré des choix toujours surprenants offensivement. 24-27 à neuf minutes de la pause, mais on s’ennuie un peu, pour le dire poliment. Heureusement, Olynyk, avec déjà 8 points en sortie de banc redonne un peu de vie à une attaque Celte sans saveur. Thornton inscrit le premier panier à trois points des C’s de la partie, tandis que Bradley enchaine avec trois ratés consécutifs à longue distance, face à une nouvelle défense de zone adverse. À six minutes de la pause, les Celtics sont toujours menés 29-32.

Après plusieurs échecs, Jared Sullinger, d’un tir à trois points ramène enfin les deux équipes à égalité. Côté Hornets, l’attaque n’est que peu structurée, mais les Celtics de l’autre côté du terrain ne trouvent pas d’alternance, et passent de posts-up abusifs à tirs à trois points à foison. Les deux équipes ont respectivement 38% et 34% au tir… Bref, c’est pas l’éclate. Rajon Rondo, médiocre jusque-là, d’un tir à mi-distance fait passer les siens devant pour la première fois depuis le début du match, 34-32 puis 36-32 sur un panier de Zeller faisant suite à une passe de… Rondo. Les Celtics ne sont pas meilleurs loin de là, ils sont simplement moins mauvais qu’une équipe de Charlotte franchement triste.

À la pause, les Celtics ont gardé les devants acquis dans le deuxième quart-temps, 45-40. Dans un match fade, sans intensité, les Celtics s’en sont mieux sorti que leur adversaire avec une meilleure présence défensive, maintenant Charlotte à 37,5% au tir. Face à une équipe franchement très moyenne, les Celtics devraient pouvoir s’en sortir s’ils gardent cette concentration et réussissent à mettre plus d’intensité. Pour créer un écart, il faudra également trouver une alternance intérieur-extérieur que l’on a pas vue jusque-là. Individuellement, Tyler Zeller a été excellent avec 9 points et 4 rebonds, tandis que Rondo s’est réveillé en fin de période, portant sa ligne de stats à 8 points, 5 rebonds et 4 passes décisives. Une nouvelle fois, c’est bien les joueurs du banc emmenés par Kelly Olynyk qui ont ramené les Celtics dans le match.

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Rajon Rondo à la toute fin de la première mi-temps :

 

Troisième quart-temps :

Très en difficulté en première mi-temps, Avery Bradley poursuit sur cette lancée en ratant sa première tentative de la seconde période. Tyler Zeller, d’un rebond offensif par-dessus son frère, remonte et inscrit deux points. Trois minutes plus tard, les C’s n’ont toujours pas marqué plus que ces deux points, avec un 1/9 au tir dans ce quart-temps, permettant aux Hornets de repasser devant, 51-49 sur deux pénétrations bien trop faciles pour Lance Stephenson. On vit probablement le match le plus ennuyant des Celtics depuis le début de saison. Aucune intensité, peu de mouvement… et 53-58 à six minutes de la fin de ce quart-temps. Bradley et Sullinger sont véritablement en difficulté, avec un 4/18 combiné au tir et surtout, les Hornets ont désormais portes ouvertes pour rentrer dans la défense Celte.

Jeff Green, discret depuis le premier quart-temps, inscrit ses deux premiers points depuis son bon départ. Trop peu agressifs en défense, les Celtics se retrouvent dos au mur une fois les pénétrations engagées, et sont sanctionnés par les arbitres dans ce quart-temps (11 fautes en 8 minutes !), offrant des lancers gratuits à Charlotte qui prend par la même occasion le plus gros écart du match, 55-65. Les Celtics manquent cruellement d’intensité, et n’ont tenté que 4 lancers dans ce match, contre 22 pour les Hornets.

Phil Pressey, rentré en jeu inscrit un panier à trois points important, mais les Celtics sont toujours menés, 66-73 après trois quart-temps. Dans ce qui constitue pour l’instant une véritable purge, les Celtics n’ont pas d’intensité, ni en attaque ni en défense, et après avoir limité les dégâts en encaissant que 40 points en première période, ils viennent d’en prendre 33 dans le seul troisième quart. Il y a largement la place, tant l’équipe d’en face est faible, mais pour cela il faudra montrer de l’envie, plutôt que de se mettre à leur niveau comme la font pour l’instant Jared Sullinger et ses coéquipiers. Déjà en grande difficulté face aux Wizards, le cinq de départ est encore mauvais ce soir : -18 pour Zeller et Rondo, -12 pour Green.

Quatrième quart-temps :

Sur un bon mouvement de ballon (enfin) en transition, Marcus Thornton inscrit un panier à trois points important qui fait revenir Boston à une possession, 72-75. Bien rentré, Pressey pousse la balle vers l’avant, provoque une charge, et fait du bien à cette équipe qui revient à un point sur un nouveau panier de Thornton avant d’encaisser un 8-0, et le retour de Rajon Rondo sur le parquet, qui emmène lui aussi plus vite le ballon devant, pour un panier à trois points de… Marcus Thornton, encore lui, auteur de douze précieux points. Seulement, de l’autre côté, Jefferson fait à peu près ce qu’il veut à l’intérieur dans cette deuxième période, avec 19 points (15 en deuxième) et 14 rebonds. À six minutes du terme, l’écart est toujours conséquent et les Celtics auront besoin d’un run, 79-87.

Face à une équipe qui a l’habitude de perdre l’écart dans les dernières minutes (comme Boston), les C’s vont devoir monter d’intensité… et le font. 6-0 en cours mené par Rondo et Thornton (16 points dont 13 dans ce dernier quart !) et l’écart n’est plus que de deux points, 85-87. Rondo – Smart – Thornton – Green et Zeller, Stevens la joue small ball… et Charlotte reprend cinq points d’avance, puis sept sur un nouveau panier de Jefferson à l’intérieur, impressionnant. Deux marchés consécutifs, et malgré des stops grâce à une défense de zone plutôt efficace, les Celtics ne remontent pas cet écart. 85-92 à 1min30 du buzzer final.

Les pertes de balle ont tué la fin de match des Celtics, qui n’ont jamais eu l’occasion de prendre les bons tirs pour revenir. Au final, Boston s’incline 87-96, fort logiquement.

En conclusion :

Sans intensité, sans volonté, sans envie, sans mouvement, les Celtics n’ont pas voulu de cette victoire, ou en tout cas ne se sont pas donné les moyens de la remporter. Très franchement, Charlotte, c’est mauvais. Mais Boston ce soir, c’était encore pire, dans une véritable purge, qui constitue l’un des plus mauvais matchs de Boston cette saison. Battus par plus d’intensité, pas par plus fort ; c’est dommage, car cela représentait le premier match de cinq rencontres prétendues plus « faciles » mais en jouant à ce niveau, les Celtics pourraient ne pas en remporter beaucoup. Individuellement, Jared Sullinger et Avery Bradley sont totalement passés à côté de leur match, tandis que Rajon Rondo a livré un nouveau triple double, entaché de quatre pertes de balle dont trois dans les dernières minutes qui ont coûté très cher aux C’s alors qu’il y avait la place pour revenir. Marcus Thornton, complètement en feu dans le dernier quart, a tout tenté, mais il était trop seul. Bilan de 7-13 pour les C’s.

Prochain match vendredi face aux Knicks, l’autre équipe ultra décevante de ce début de saison à l’Est, au TD Garden.

Le boxscore final :

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Article rédigé par Baptiste Godreau