Gerald Wallace, vétéran modèle

Gerald Wallace n’avait pas foulé le parquet depuis plus d’une semaine lorsque Brad Stevens se tourna vers son banc et l’appella durant le premier quart-temps de la rencontre face aux New York Knicks la semaine dernière. Au premier abord, Wallace se montra surpris par cet appel si tôt dans le match, mais il enleva son survêtement et alla demander son changement à la table de marque avant d’entrer en jeu pour accomplir la mission confiée par le coach : défendre sur Carmelo Anthony.

C’est exactement le rôle de Wallace désormais. Joueur occasionnellement présent sur le parquet (79 minutes en 10 apparitions, 12 fois sur le banc sans rentrer en jeu) avec un contrat de titulaire (10,1 millions de dollars sur chacune des deux prochaines saisons), Wallace a pour tâche d’apporter de l’énergie en défense quand on lui demande, pour pallier aux trous d’air dont sont parfois victimes nos jeunes de ce côté du terrain.

Bien sûr, le contrat de Wallace est un poids, bien que Boston en avait besoin pour soutirer trois premiers tours de draft aux Nets dans un transfert dont les retombées sont de plus en plus favorables à Boston. Toutefois, son salaire n’a pas vraiment freiné le projet de reconstruction des Celtics et n’a pas entravé l’objectif de rester en-dessous de la luxury tax

Cette saison, Stevens a le luxe de pouvoir établir ses rotations sans prêter attention aux contrats de ses joueurs. Son travail est simplement de tirer le maximum des joueurs qu’il a à sa disposition, sans avoir affaire à des problèmes d’égos. Wallace, dès le début de saison, a été apprécié par Stevens en acceptant un rôle réduit et en comprenant le fait que les minutes allaient être données aux plus jeunes. Non seulement a-t-il accepté ce rôle, mais Wallace est de plus toujours prêt à donner le maximum dès qu’on l’appelle, ce qui en fait un atout précieux sur lequel Stevens peut compter.

Offensivement, Wallace n’apporte pas beaucoup (pas du tout, même). Cette saison, il n’a inscrit que sept points au total sur sept tentatives de shoot. Défensivement, cependant, Wallace se réjouit toujours de défendre sur la superstar adverse, comme il l’a fait sur Carmelo Anthony afin de donner un peu de repos à Jeff Green. Autre preuve de sa mentalité exemplaire : dès que besoin, Wallace plongera sur tous les ballons, justifiant son surnom (Crash).

Au vu des stats avancées, l’impact de Wallace sur les Celtics est important lorsqu’il est sur le parquet. Bien que ces chiffres aient été établis sur un petit échantillon, les Celtics n’accordent que 89,8 points sur 100 possessions avec leur vétéran sur le parquet. Cela représente 13,6 points de moins que la moyenne de l’équipe (103,4) et 6,2 points de moins qu’avec le meilleur élément de Boston dans ce domaine, Marcus Smart. Avec un impact défensif certain, Wallace permet également aux C’s de créer des opportunités de jeu en contre-attaque.

Wallace pourrait-il soutenir une production défensive similaire avec un temps de jeu plus conséquent ? Sûrement pas, mais il faut cependant noter que Wallace a posté un defensive rating (soit le nombre de points accordés sur une base de 100 possessions) de 59 seulement face aux Sixers. Certes, il s’agit d’une équipe apathique, mais cela n’enlève pas le fait que ce chiffre est énorme. Synergy Sports a également pointé le fait que Wallace accorde à son adversaire seulement 0,69 points par action, ce qui le place 93è de la ligue dans ce domaine. Surtout, il limite son vis-à-vis à 27,3% au tir. Même sur un faible temps de jeu, l’impact défensif de Wallace est très important, preuve de sa volonté d’apporter à ce groupe chaque fois qu’il le peut.

Avec la cascade de blessures que subissent les Celtics (Marcus Smart est blessé au tendon d’Achille, James Young à l’épaule et Marcus Thornton au mollet), Wallace aura du temps de jeu supplémentaire dans les semaines qui arrivent, et une fois de plus, Stevens ne manquera pas de glisser un mot sur l’impact de Wallace à chaque rencontre, comme il le fait souvent. Ensuite, une fois que les Celtics seront de retour au complet, Wallace reprendra tranquillement sa place en bout de banc, sans rien dire et passera son match à donner des conseils et faire des blagues à qui veut bien l’écouter.

Lorsqu’il est arrivé à Boston, Wallace s’est d’abord montré très dur et exigeant avec ses coéquipiers lorsque l’équipe était en difficulté. Aujourd’hui, il embrasse son rôle de « papa » de l’équipe avec plaisir.

Stevens apprécie Wallace, comme il l’a dit au début de saison en confiant « qu’il était en train de devenir l’un de ses joueurs préférés » et un jour viendra, le coach regrettera la présence et l’expérience du joueur dans son vestiaire. Cependant, si une équipe appelle avant février pour prendre le gros contrat de Wallace, les Celtics ne s’y opposeront certainement pas, malgré son apport au sein du groupe. Présent aujourd’hui, il ne sera sûrement plus là quand les C’s verront le bout du tunnel.

Dans tous les cas, aujourd’hui, la présence actuelle de Wallace n’est que bénéfique, et on peut se douter que Marcus Smart, dont la place dans le vestiaire est située juste à côté, doit attentivement écouter les conseils de son coéquipier. Exemplaire, Gerald Wallace est à l’heure actuelle LE vétéran dont tous ces jeunes avaient besoin, et sur lequel Stevens peut compter.

Article traduit de celui de Chris Forsberg (ESPN) : ‘A Crash course in being a good veteran‘ par Baptiste Godreau, relecture par Léo Hurlin

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