« Rondo national TV » domine les Celtics (11-19)

Les Celtics ont fini 2014 sur une très bonne note. Mercredi, face aux Sacramento Kings, ils ont remporté leur troisième victoire consécutive face à une équipe de la conférence Ouest, et ont ainsi mis fin à une série de quatre revers consécutifs. En défendant très bien sur DeMarcus Cousins et avec un Jared Sullinger à son meilleur niveau, les C’s ont même remporté leur plus large victoire (106-84, +22 points d’écart) depuis décembre 2013.

Ce vendredi 2 janvier, pour le premier match de la nouvelle année, les Celtics accueillent une nouvelle équipe de la conférence adverse mais d’un tout autre niveau : les Dallas Mavericks. Un match tout à fait normal face à un cador de l’Ouest ? Pas vraiment. En décembre, Rajon Rondo a été transféré à Dallas, en échange notamment de Jameer NelsonBrandan Wright et Jae Crowder. Ainsi, le match de ce soir, au-delà de l’équipe adverse, représente surtout le retour au TD Garden de l’ex capitaine de l’équipe Celte, qui a été membre durant neuf saisons de l’effectif, et surtout le meneur de l’équipe championne en 2008. Assurément, Rondo va recevoir un vibrant hommage du Garden (à la fin du premier quart-temps), mais il y aura malgré cela un match à jouer (et à gagner).

Cette saison, Celtics et Mavericks se sont déjà affrontés une fois, à Dallas, et les Mavericks s’étaient imposés 118-113 malgré 35 points de Jeff Green. Ce soir, ça sera un tout autre match, les deux équipes ayant subi des mouvements importants.

Avec l’arrivée de Rajon Rondo, les Mavericks ont conservé la bonne dynamique du début de saison et sont avant d’affronter Boston sur une série de trois victoires consécutives (les deux dernières face à OKC et Washington, notamment), et ont enregistré sept victoires sur les dix derniers matchs, leur permettant d’être solidement installés dans le groupe de tête de leur conférence très relevée. Surtout, les Mavs sont sérieux et ne laissent quasiment rien aux « petites » équipes. Ainsi, en seize rencontres face à des bilans inférieurs à 50% de victoires, ils n’en ont laissé filer que deux et ont remporté les 14 autres. Tâche compliquée pour Boston qui a surtout perdu ses 26 dernières rencontres face à des équipes playoffables (Top 8) à l’Ouest, mais qui a retrouvé malgré tout un peu de confiance avec une très bonne copie face aux Kings.

Côté Celtics, Marcus Thornton est toujours absent, tandis que le groupe adverse est au complet.

Le cinq de départ : Evan Turner – Avery Bradley – Jeff Green – Jared Sullinger – Tyler Zeller

Les clés du match :

S’ils connaissent par coeur le jeu du meneur adverse, les Celtics vont cependant avoir du mal à réduire sa productivité, notamment sur pick-and-roll. Les Celtics, plutôt faibles dans ce secteur du jeu, vont devoir limiter la connexion Rondo – Chandler, qui a déjà fait ses preuves avec plusieurs alley-oops ravageurs. Marcus Smart, qui aura ce soir la tâche de défendre sur le meneur adverse, va donc devoir faire ce qu’il sait faire de mieux pour limiter l’apport de Rondo dans la construction. À côté de lui, il dispose de joueurs ultra talentueux comme Monta Ellis ou encore Dirk Nowitzki capable de prendre feu à tout moment et pour espérer remporter la victoire ce soir, les Celtics vont véritablement devoir présenter leur meilleur visage défensif, sans quoi Dallas, meilleure attaque de la ligue avec plus de 109 points par match, va se régaler. Surtout, les Mavs sont réellement plus efficaces défensivement depuis l’arrivée de Rondo, et offensivement, les Celtics vont devoir retrouver un Jeff Green agressif vers le cercle pour peser sur cette défense, ce qu’il fait depuis le début de saison mais n’a pas réussi à faire face aux Kings au dernier match (6 points seulement). Enfin, Evan Turner, excellent face à Sacramento, devra poursuivre sur sa lancée à la construction du jeu. 

Premier quart-temps :

Après une chaude ovation du TD Garden, Rondo inscrit les huit premiers points de son équipe dont deux paniers à trois points (!). Après trois minutes, les Celtics sont menés 5-8 par Rajon Rondo. Vous connaissez le « national TV mode » du meneur ? Si non, le voici. L’ex-Celtic inscrit un nouveau lay-up et porte son compteur à dix points (4/4 au tir). Par la suite, Nowitzki prend son relais, inscrit quatre points consécutifs et après six minutes de jeu, les Celtics n’ont pas du tout réussi à stopper l’attaque adverse (7/12 au tir déjà) : 12-16 au score. Côté Celtics, tous les membres du cinq majeur ont déjà scoré.

Evan Turner, d’un panier à trois points en fin de possession fait revenir les Celtics à un point de leur adversaire du soir, avant que Chandler Parsons ne lui réponde. La première information du soir, c’est que Jameer Nelson rentre dans la rotation avant Marcus Smart. Alors que l’on a déjà joué huit minutes, le rookie n’a pas encore foulé le parquet, ce qui est plutôt inhabituel. Après un temps-mort, il rentre enfin mais les Celtics ont déjà neuf points de retard, 17-26 sur un panier derrière l’arc de Devin Harris, puis onze sur un floater de Rajon Rondo (12points à 5/5 au tir) et enfin quatorze, sur un panier à trois points au buzzer du quart-temps de… Rajon Rondo, complètement transcendé, comme on ne l’a jamais vu cette saison sous le maillot vert.

Avec 15 points à 6/6, le nouveau meneur des Mavs fait l’étalage de son talent… à la télévision nationale et permet aux Mavs d’avoir une large avance après le premier quart-temps : 17-31.

Deuxième quart-temps :

Après une émouvante vidéo hommage, le second quart-temps débute par un échange de paniers à longue distance entre Rajon Rondo (4/4 à longue distance déjà, 18 points, c’est irréel) et… Marcus Smart. Cependant, les Celtics sont largement menés, 23-40, puis 26-40 sur un panier à trois points de Jameer Nelson très compliqué. Globalement, les Celtics ne scorent que sur des exploits individuels et sont très très en difficulté sur attaque placée, face à une défense qui semble connaître par coeur les systèmes de Brad Stevens, on se doute pourquoi. En face, les Mavs ont déjà inscrit sept paniers à trois points (sur onze tentatives) et sont sur une très grosse base offensive : 47 points inscrits en 18 minutes. En face, les Celtics n’en ont inscrit que 27, et se font littéralement dévorer, en défense comme en attaque. Au rebond, les Mavs ont déjà 11 prises de plus (24-13) et ne laissent les Celtics tirer qu’à 30% (10/30). C’est très très dur. Preuve de l’attaque stérile des C’s ? 15 des 30 tirs tentés ont été pris derrière l’arc. C’est beaucoup trop.

Les Celtics retrouvent du rythme et redonnent vie au TD Garden sur un petit run initié par Tyler Zeller d’une jolie claquette et Jeff Green d’un panier à trois points après une bonne circulation de balle. 8-0 en cours, les Celtics reviennent à onze points, 40-51. Le problème auquel sont confrontés les Celtics, c’est qu’en face, le danger peut venir de partout, et les Mavs profitent de n’importe quel avantage de taille : Ellis, Nowitzki, Parsons… tous scorent et trouent la défense des Celtics, plutôt en place pourtant. Heureusement, en cette fin de quart-temps, les Celtics retrouvent le Rondo qui a été transféré et qui envoie un gros airball à trois points et stoppe son insolente confiance de cette première période.

À la pause, après avoir pris 20 points de retard en début de second quart-temps, les Celtics ont limité la casse et ne sont menés « que » 46-59. Face à une défense parfaitement au fait du jeu proposé par les Celtics, ces derniers ont forcé par le tir à longue distance, avant de retrouver une agressivité amenée par Tyler Zeller et Jeff Green. En face, Rajon Rondo a déjà inscrit 18 points dont quatre paniers à trois points, ce qui est beaucoup trop, soyons d’accord. Pour espérer revenir, il va falloir clairement limiter l’apport de l’ex-Celtic, sans quoi… mission impossible. Également, les Celtics vont devoir retrouver un jeu collectif, nous avons trop vu en première mi-temps de hero ball, où chaque joueur ou presque a tenté de ramener l’équipe à lui tout seul.

Capture d’écran 2015-01-03 à 02.46.44

Troisième quart-temps :

Tyler Zeller, Jeff Green puis Jared Sullinger à trois points et enfin Avery Bradley (fantomatique en première mi-temps) d’un panier avec la faute ramènent les Celtics à 59-66, avant que Chandler et Monta Ellis ne coupent cet élan, répondant aux Celtics par un 8-0 et ramenant un large écart, 59-72 en faveur des Mavs à six minutes de la fin du troisième acte. Sur ce run, les Celtics par Evan Turner notamment ont à nouveau essayé de stopper individuellement ce run de Dallas, ce qui n’est pas vraiment le meilleur moyen.

Jameer Nelson en pénétration stoppe l’hémorragie, profitant en face de la maladresse de Chandler Parsons sur plusieurs possessions consécutives. Les Celtics maintiennent un temps cet écart, mais tombent sur un Monta Ellis de très haut niveau en face, qui rentre de très gros tirs et refait grimper l’écart à 16 points en faveur des Mavs. Nelson, toujours lui, est agressif vers le panier mais pêche dans la finition (2/8 ce soir, 9/41 depuis qu’il est aux Celtics) et Dirk Nowitzki d’un panier avec la faute refait passer la barre des 20 points d’avance à son équipe.

Richard Jefferson, de deux paniers consécutifs en fin de quart-temps, permet même aux Mavs de prendre la plus large avance du match et après trois actes, les visiteurs mènent très très (très…) largement : 64-90. En 2 minutes 41, les Mavs viennent d’inscrire un 17-1 aux Celtics, qui ne s’en remettront certainement pas, l’adversaire est tout simplement trop fort en face pour Boston.

Quatrième quart-temps :

Les Celtics démarrent le dernier quart-temps par un 7-0, mais avec 25 points de retard, cela représente pas grand chose. Cependant, ils forcent Rick Carlisle à prendre un temps-mort et ce regain d’énergie nous évite de nous endormir. Par trois actions consécutives (et trois passes décisives pour Bass et Zeller au dunk, puis Bradley à trois-points), Marcus Smart montre sa vision du jeu et permet aux C’s de mener 17-5 dans ce dernier quart-temps… puis 21-5 sur une pénétration d’un Bradley retrouvé en seconde période, et sur un hustle play de Jae Crowder qui intercepte et va finir au cercle. Un temps menés de 28 points, les Celtics sont revenus à douze points, 85-97 et le TD Garden est à nouveau en fusion. Une nouvelle fois, les Celtics montrent une réaction d’orgueil qui fait plaisir à voir. Avery Bradley, à 5/5 au tir dans ce dernier quart-temps, permet même aux Celtics de revenir à dix points, avant que Rajon Rondo ne coupe le run Celte. À six minutes du terme de ce match, les Celtics sont menés 87-101, mais ont déjà forcé Carlisle à prendre trois temps-morts dans cette remontée.

Crowder, une fois de plus, a métamorphosé la défense des C’s ce soir en apportant toute son intensité. Il prend un rebond offensif, et Avery Bradley score à nouveau à trois points. Bouillant comme on ne l’a jamais vu cette saison, l’arrière a inscrit 15 points dans ce seul quart-temps ! Seulement, en face, Rondo, déjà leader des Mavs après si peu de temps, porte son total de points à 26 et redonne de l’air à son équipe, puis 29, sur son cinquième tir à trois points de la soirée (record en carrière). Good effort, une fois de plus, mais les Celtics sont (une fois de plus) partis de trop loin. Au final, après un léger relâchement, les Celtics s’inclinent finalement 101-119.

En conclusion :

Face à la meilleure attaque de la ligue, les Celtics n’ont tout simplement pas trouvé de solution. 119 points encaissés, c’est trop, mais les solutions adverses étaient trop nombreuses. Dirk Nowitzki (17 points), Monta Ellis (22 points) et surtout Rajon Rondo, transformé par son retour (et la télévision nationale ?) qui a sorti un match grandiose : 29 points, 6 rebonds et 5 passes et de gros tirs alors que les Celtics revenaient. Du côté de Boston d’ailleurs, il faut une nouvelle fois souligner l’apport de Crowder (qui a de ce fait complètement tué Gerald Wallace, complètement disparu de la rotation), assurément le plus décisif des trois Mavs arrivés en échange de Rondo pour l’instant. Au contraire, Nelson n’a pas été bon ce soir, ratant plusieurs tirs faciles et très léger en défense. Pour les Celtics, il va falloir retrouver les valeurs collectives que l’on a vu parfois cette saison : mouvement de balle, aides défensives… sans quoi ce genre de match risque d’être un douloureux refrain cette saison.

Dans le quatrième quart-temps, il est appréciable de voir qu’ils ont refusé de baisser la tête et de rentrer au vestiaire avec 30 points dans la vue, mais l’écart était bien trop important pour les Celtics (Avery Bradley, surtout). Pour la prochaine rencontre, les Celtics recevront dès demain les Bulls à 2h heure française.

Le boxscore final :

Capture d’écran 2015-01-03 à 03.55.03

 

Article rédigé par Baptiste Godreau

One Comment on “« Rondo national TV » domine les Celtics (11-19)”

  1. Pourquoi Zeller n'a le droit qu'à 25 min de temps de jeu alors qu'il est à 17pts / 10reb ? Pourquoi vouloir jouer aux shoots à 3pts avec les Mavs alors qu'on finit à 12/34 à la fin ? Pourquoi certains joueurs jouent sans envie comme Wright ? Pourquoi Smart et Sully ne font que bombarder à 3pts alors qu'ils auraient dû attaquer la raquette "soft" des Mavs surtout quand Chandler est sur le banc ? Je me pose des questions sur l'envie de l'équipe et les choix du coach.

Comments are closed.