Evan Turner s’incline en prolongation contre les Bulls (11-20)

Hier soir, les Celtics, malgré une belle réaction d’orgueil, ont subi leur 27e défaite en 28 matchs face à une équipe du top 8 de la conférence Ouest. Dominés dans le jeu durant la majeure partie de la rencontre, ils n’ont pas pu lutté face à une belle équipe des Mavs emmenée par un Rajon Rondo de gala. Ce samedi 3 janvier, en back-to-back, les Celtics vont devoir affronter un nouveau gros morceau, puisqu’ils se déplacent à Chicago pour ce qui est déjà le troisième affrontement de la saison entre les deux équipes. À Chicago, les Celtics s’était d’abord imposés, avant que les Bulls ne prennent leur revanche trois semaines plus tard à Boston. 

Chicago, solidement installé dans le haut de la conférence Est (troisième à l’heure actuelle, une victoire devant les Wizards) sont l’une des équipes en forme de ces derniers temps. Avec un Jimmy Butler qui s’occupe de tout et un banc solide, les Bulls ont remporté douze de leurs seize dernières rencontres, dont une série de sept succès consécutifs. Gros morceau donc ce soir qui s’annonce pour des Celtics à la peine, malgré une victoire face à Sacramento encourageante le soir du 31 décembre.

Par « chance », les Celtics ne vont pas affronter des Bulls au complet. En effet, Jimmy Butler, dont l’absence pourrait beaucoup peser, manquera cette rencontre pour un deuil, tandis que Mike Dunleavy et Doug McDermott, blessés tous les deux, seront inactifs également. À Boston, Marcus Thornton n’est toujours pas remis de sa blessure au mollet, et Jameer Nelson l’a rejoint à l’infirmerie pour une cheville droite douloureuse. 

Le cinq de départ : Evan Turner – Avery Bradley – Jeff Green – Jared Sullinger – Tyler Zeller.

Les clés du match :

Clairement, les Celtics vont devoir profiter de l’absence de Jimmy Butler, véritable homme providentiel des Bulls depuis le début de saison. À l’aile, Jeff Green devra donc se montrer agressif et prendre le dessus sur son vis-à-vis, le rookie Nikola Mirotic qui sera titulaire pour la première fois de sa carrière NBA ce soir, afin de provoquer des fautes et de faire rentrer Tom Thibodeau dans des rotations périlleuses, le coach étant privé de ses deux principales armes à l’aile. Bien sûr, cela ne fera pas tout. À la mène, Rajon Rondo s’est amusé hier soir, il ne faudra clairement pas que Derrick Rose fasse de même ce soir, sans quoi la tâche risque d’être compliquée. Comme d’habitude face aux Bulls, la bataille du rebond sera très importante. Face à Joakim NoahPau Gasol (en forme ces derniers temps, 9 contres notamment au dernier match !) et Taj Gibson (voire Nikola Mirotic), il faudra réduire les opportunités de seconde chance des Bulls en repoussant les intérieurs, sans quoi l’addition risque d’être salée.

Premier quart-temps :

Comme sur les précédentes rencontres face aux Bulls, c’est Avery Bradley qui défend sur Derrick Rose, mais d’un floater, l’ex MVP inscrit les premiers points du match dès la première possession. Parti sur une faible base offensive, les Celtics mènent 4-3 après trois minutes, alors que Tyler Zeller prend déjà sa deuxième faute (faute d’ailleurs bien sèche, chose que l’on voit depuis quelques matchs et qui fait plaisir à voir) sur une pénétration de Pau Gasol. Avec cinq stops consécutifs, les Celtics prennent quatre points d’avance, 9-5 sur un panier avec la faute de Jeff Green, et ce malgré quatre pertes de balle très tôt dans ce matcg. Trois stops plus tard (huit de suite), et trois nouvelles pertes de balle (sept en six minutes…), les Celtics mènent 11-7 après six minutes dans un premier quart-temps à vocation défensive. Bien en place à l’intérieur, les C’s laissent peu d’espace à leur adversaire.

Avery Bradley, qui avait pris feu dans le quatrième quart-temps face aux Mavs hier soir, semble être dans le même esprit et score ses sixièmes points de la soirée déjà en pénétration, suivi par un floater de Jared Sullinger, obligé de rentrer dans la raquette car très bien défendu derrière l’arc. Bien dans leur match, les Celtics mènent 18-12. Malheureusement, quelques rebonds offensifs consécutifs empêchent les C’s de concrétiser leur bonne activité en défense. Phil Pressey, rentré en jeu en raison de l’absence de Jameer Nelson inscrit un panier à trois points et à la fin du premier acte, les Celtics mènent de six points, 23-17.

17 points encaissés, c’est excellent. Très en place en défense, les Celtics ont laissé leur adversaire à seulement 22% au tir (6/27 et 0/9 à longue distance). Malheureusement, huit pertes de balle et neuf rebonds offensifs laissés ont empêché les Celtes de s’envoler. Cependant, avec cette intensité défensive durant 48 minutes, les Celtics peuvent largement titiller les Bulls.

Deuxième quart-temps :

On retrouve pour débuter le second quart-temps le duo Pressey – Smart sur le terrain, qui a déjà montré de bonnes choses cette saison lorsqu’il a été proposé par Stevens. Smart, d’ailleurs, inscrit les quatre premiers points Celtes du deuxième acte dont une jolie pénétration conclue par un floater, chose que l’on voit trop peu chez lui cette saison. Toujours solides en défense, les Celtics ne sont pas récompensés et ont déjà laissé en trois minutes trois nouveaux rebonds offensifs (12 déjà ce soir), ne leur permettant seulement que de mener 29-25. Sur deux nouvelles pertes de balle, les Celtics voient même les Bulls revenir à une possession, 31-30, avant que Jae Crowder d’un tir à mi-distance en sortie de dribble ne redonne un peu d’air aux Celtics, 33-30 à six minutes de la pause.

Crowder, une nouvelle fois, apporte une intensité énorme et fait beaucoup de bien par son entrée et son combat sur chaque ballon. Seulement, Brad Stevens doit jongler dans ses rotations, les Celtics ayant déjà pris dix fautes contre… une seule pour les Bulls (14 lancers pour Chicago, un seul pour Boston) avant qu’Avery Bradley, revenu sur le parquet et très agressif vers le cercle ce soir, ne provoque une faute en pénétration. Les Celtics défendent bien, mais onze pertes de balle, c’est beaucoup trop. Les Bulls, malgré un pourcentage au tir catastrophique (13/44, 29,5%) et huit pertes de balle prennent même les devants à trois minutes de la pause sur un panier avec la faute (encore une) de Gasol. L’espagnol, contribue d’ailleurs grandement à la domination au rebond des Bulls (31 prises à 22, 15 rebonds offensifs pour Chicago) et a déjà un double-double : 11 points – 12 rebonds en 16 minutes. Jeff Green, de son côté, joue bizarrement, prenant uniquement des tirs compliqués à mi-distance (sans beaucoup de réussite) et sans aller vers le cercle.

À la fin de la première mi-temps, les Celtics sont menés, 40-46. C’est frustrant, car l’intensité défensive a été plutôt bonne, n’autorisant les Bulls qu’à shooter à 32% au tir et en forçant huit pertes de balle adverses. Cependant, avec douze pertes de balle de leur côté et une attaque stérile notamment par l’étrange sélection de tirs de Jeff Green, les Celtics n’ont pas capitalisé là-dessus et ont laissé les Bulls devant, ce qui ne devrait jamais arriver vu le niveau affiché par l’équipe de Derrick Rose, que l’on a d’ailleurs que très peu vu. Par contre, les intérieurs adverses ont été bien visibles, en captant 15 rebonds offensifs (!) – le record étant de 18 pour Boston cette saison face à… Chicago, donnant de précieuses secondes chances aux Bulls (15 points sur seconde chance). Pour s’imposer, les Celtics vont devoir garder cette même intensité, mais limiter les pertes de balle notamment en évitant de rusher les contre-attaques, et enfin, ne pas laisser autant de secondes chances à l’adversaire. Offensivement, les C’s vont devoir être beaucoup plus agressifs au cercle qu’en première mi-temps, durant laquelle ils n’ont tiré que trois lancers-francs !

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Troisième quart-temps :

Les Celtics commencent la seconde mi-temps par… une perte de balle, sanctionnée immédiatement par Pau Gasol à trois points, qui donne à son équipe le plus large écart du match, 52-42. Heureusement, les Celtics réagissent immédiatement par un 6-0 du seul Evan Turner qui s’est chauffé dans le vestiaire, suivi par Jared Sullinger d’une claquette. 8-0 en cours, les C’s reviennent à deux points et forcent Tom Thibodeau à prendre un temps mort. Nikola Mirotic met fin à ce run d’un panier à longue distance, auquel répond immédiatement Evan Turner, complètement bouillant, qui a déjà inscrit neuf points en cinq minutes. Jeff Green, sur sa première véritable pénétration du match ramène les Celtics à hauteur avant que Zeller, d’un dunk en contre-attaque ne redonne l’avantage aux Celtics, 59-57 à six minutes de la fin du troisième acte.

Les Celtics font de très bons stops, et cette fois, les convertissent par un Evan Turner (18 points – 5 rebonds – 4 passes) complètement transformé en Kobe Bryant. 13 points pour lui dans ce quart-temps (shoots à mi-distance, fadeaways, hook shots… tout y est) et les Celtics mènent 67-59 sur un 16-6 en cours, avant qu’Aaron Brooks ne stoppe la série d’un tir derrière l’arc. Pour rappel, Evan Turner avait déjà été excellent lors du premier match de la saison face aux Bulls, et il semble à nouveau motivé à l’idée de bien jouer dans sa ville natale.

À la fin du troisième acte, les Celtics et les Bulls sont à égalité, 69-69. Plus agressifs vers le cercle, les Celtics n’ont cependant pas été récompensés par les arbitres qui ne semblent pas avoir le sifflet allumé des deux côtés du terrain, c’est un peu gênant. Cependant, les C’s sont dans le match, notamment grâce à Turner qui a pris feu dans ce début de deuxième période (13 points – 4 rebonds et 3 passes dans ce seul quart !), bien lui en prenne car les C’s étaient en difficulté. Surtout, les Celtics n’ont laissé qu’un rebond offensif aux Bulls, ce qui est déjà beaucoup mieux. Il y a véritablement un coup à jouer dans les 12 dernières minutes ce soir.

Quatrième quart-temps :

Pressey – Smart – Crowder – Olynyk et Wright démarrent ce dernier quart-temps. Crowder inscrit quatre points (8 points en 12 minutes pour lui ce soir, une nouvelle fois très bon) et Pressey deux en ce début de quart-temps, mais ce dernier rate trois tirs importants, qu’il ne devrait pas prendre à ce moment du match. Heureusement, les Bulls ne font pas d’écart et sur un nouveau tir de Crowder, les Celtics restent à une possession, 77-78 à huit minutes de la fin du match mais en face Aaron Brooks, dont la passion est visiblement d’écraser la défense des Celtics (18 points en 17 minutes ce soir), inscrit un très gros tir à trois points qui donne quatre points d’avance aux Bulls. Décidément (on le dit très rarement, donc c’est vraiment criant) les arbitres n’aident pas ce soir, et accordent trois lancers très généreux à ce même Brooks, mais heureusement, Evan Turner lui répond immédiatement à trois points. À six minutes du buzzer final, Evan Turner de deux nouveaux points (23 points ce soir, c’est fou) puis Avery Bradley d’un dunk en contre-attaque ramènent les Celtics à 86-87.

Evan Turner (oui, il n’y a que lui dans cette seconde mi-temps) redonne l’avantage aux C’s. Il joue tout seul, mais il le fait très bien ce soir, c’est déroutant. Il inscrit même sur l’action suivante un nouveau panier à trois points : 28 points pour lui. WOAH. Seulement, les Bulls scorent également par Gasol puis Rose, il reste trois minutes et égalité, 93-93. Jeff Green continue de vouloir faire la différence mais ça n’est vraiment pas ça ce soir : 4/16 au tir. Du coup, forcément vu sa forme du soir, c’est Evan Turner qui prend ses « responsabilités » et prend des tirs compliqués (mais compréhensibles) : 95-98 en faveur des Bulls, il reste 1min13 à jouer. Jeff Green inscrit deux lancers précieux en sortie de temps mort, alors que de l’autre côté, Hinrich manque à trois points… mais prend son propre rebond offensif, permettant un tir à nouveau raté de Gasol. À 30 secondes de la fin du match, 97-98 et balle aux Celtics, mais sur le temps mort, les Celtics ont du mal à rentrer la balle en jeu et sont obligés de prendre leur dernier temps-mort. À la suite de cela, Gibson contre Turner et les Celtics font faute. L’intérieur fait 1/2 aux lancers, Green manque de l’autre côté mais Sully est à la claquette et égalise (un peu miraculeusement), 99-99 et 2,6 secondes à jouer. Aaron Brooks est seul dans le corner… mais rate ! Prolongations. Le dernier système des Bulls était parfait, et les Celtics s’en tirent très bien de ne pas l’avoir encaissé.

Prolongation

Sur un rebond offensif de Kirk Hinrich, les Bulls inscrivent les deux premiers points de cette période, suivi par un panier de Pau Gasol en transition. 4-0, les Celtics n’ont pas scoré en trois minutes, avant qu’Avery Bradley ne score à mi-distance. De l’autre côté, Tyler Zeller est sorti pour une sixième faute encore très litigieuse. À 24 secondes de la fin de cette prolongation, les Celtics sont menés 103-107 avec la possession. En effet, après des ratés et des lancers, les Celtics s’inclinent 104-109 à Chicago.

En conclusion :

C’était complètement n’importe quoi ce match. Dur à conclure. En réalité, c’est Evan Turner (29 points) qui a maintenu les Celtics en vie, sans quoi ils auraient explosé. Mais une nouvelle fois, c’était du hero ball, sauf que ce soir, Turner était déguisé en Jordan (on en rajoute mais c’était vraiment ahurissant). Ainsi, les Celtics ont perdu en prolongation, mais cela ne reflète pas le très pauvre match une fois de plus proposé par les hommes de Brad Stevens : 20 pertes de balle, 24 (!!!) rebonds offensifs laissés, seulement 11 lancers francs tentés contre 40 en face (hum)… Ce soir, seuls Evan Turner et Jared Sullinger sont les arbres qui cachent la forêt. Une très sombre forêt dans laquelle Jeff Green s’est embourbé ce soir : 4/18 au tir et 4 pertes de balle pour une prestation très très mauvaise. En sortie de banc, Crowder a beaucoup apporté sur un faible temps de jeu.

Difficile à exprimer, mais le résultat de ce soir ne reflète pas la performance des Celtics en attaque, vraiment très pauvre. En défense, cela a été plutôt correct, sans compter le rebond qui a fait plonger les Celtics qui auraient largement pu s’imposer face à ces Bulls largement diminués par l’absence de Jimmy Butler. Le prochain match, lundi, opposera les Celtics aux Hornets au TD Garden.

Le boxscore final :

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Article rédigé par Baptiste Godreau