Des Celtics trop émoussés à Toronto (12-23)

94 points encaissés dans le temps réglementaire face aux Pacers (107 à la fin de la prolongation), 81 deux jours plus tôt face à Brooklyn… Oui, les Celtics sont en progression défensive. Malgré un début d’exercice catastrophique dans ce domaine, les Celtics ont fait de légers progrès, et sortent de deux bonnes performances dans ce domaine. Malgré cela, les Celtics n’ont remporté que deux de leurs dix derniers matchs, et se sont inclinés hier à Indiana. Surtout, l’équipe a été à nouveau chamboulé par deux échanges, et a perdu son meilleur scoreur en la personne de Jeff Green, qui même si son échange n’a pas été officialisé, n’est pas avec l’équipe ce week-end.

En back-to-back, les Celtics sont à nouveau sur le pont ce soir, pour le dernier match d’une série de trois déplacements, cette fois-ci à Toronto, pour un match de la division Atlantique, dans laquelle les Celtics sont pour l’instant à quatre victoires et trois défaites. Les Raptors, avec un bilan de 24 victoires et 11 défaites, sont installés depuis le début de saison dans le haut de la conférence Est, actuellement à la troisième place. Cependant, ils restent sur une série de quatre revers consécutifs dont trois face à des prétendants aux playoffs à l’Ouest (Portland, Golden State et Phoenix) et la dernière en date, la plus surprenante, à domicile face à Charlotte.

Cette saison, Celtics et Raptors se sont déjà affrontés une fois, les Celtes avaient pris 31 rebonds de plus que leur adversaire, mais avaient perdu 28 ballons, s’inclinant à domicile. Ce soir, pour le deuxième affrontement de la saison, les Celtics composeront avec un groupe au complet, amputé de Jeff Green, qui est encore un Celtic, mais pour combien de temps, et de Jameer Nelson, à nouveau placé sur la liste des inactifs par Brad Stevens.  En face, les Raptors se présenteront sans DeMar DeRozan.

Le cinq de départ : Evan Turner – Avery Bradley – Jae Crowder – Jared Sullinger – Tyler Zeller

Les clés du match :

Faire sans Jeff Green. Sans leur meilleur scoreur, les Celtics vont devoir trouver d’autre atouts offensifs. Hier, en inscrivant 23 points, c’est Avery Bradley qui a bien pris le relais de l’ailier, mais peut-il rester à ce niveau ? Ce soir, avec une rotation à nouveau limitée au poste 3 (Jae Crowder et James Young), ce sont tous les autres membres de l’effectif qui vont devoir apporter offensivement ce qu’apportait Green. Défensivement, il faudra stopper Kyle Lowryqui avait inscrit 35 points lors du dernier match face aux Celtics, ainsi que Jonas Valanciunas, le pivot titulaire de cette équipe, et limiter ainsi la relation entre le poste 1 et le poste 5, chose sur laquelle est souvent en difficulté la défense Celte. En face, c’est une équipe en plein doute défensif (114 points encaissés en moyenne sur les quatre derniers matchs, 49% au tir pour l’adversaire) qui se présentera devant les Celtics, qui vont devoir essayer d’en profiter au mieux.

Premier quart-temps :

Tyler Zeller, au poste bas, inscrit les deux premiers points du match, mais Jonas Valanciunas lui répond deux minutes plus tard par un panier avec la faute suivi d’une claquette sur rebond offensif. Avery Bradley, lui, semble sur les mêmes bases que son quatrième quart-temps hier soir, et se montre très à son avantage dans ce début de match : un gros panier à trois points, un panier à mi-distance, de la création pour Zeller puis Crowder… Il crée comme on l’a rarement vu cette saison, et c’est assez plaisant. Très bien rentrés dans leur match notamment grâce à Zeller, très efficace en défense sur le pivot adverse, les Celtics mènent 13-7 après six minutes, alors que les Raptors sont maintenus à 3/14 au tir.

Zeller poursuit son très bon début de match en encaissant la charge de Valanciunas, immédiatement suivi d’un tir en déséquilibre de Jae Crowder, ce dernier donnant un très bon ballon à Avery Bradley qui coupe au panier (7 points déjà pour lui) sur l’action suivante. 17-9, les Celtics sont parfaitement dans le match, et Jared Sullinger règne dans la raquette avec six rebonds en neuf minutes déjà. Les Celtics n’ont toujours pas perdu une seule balle, ça joue très proprement offensivement (9/19 au tir) et défensivement, les Raptors n’ont rentré que cinq de leurs 16 tentatives. À deux minutes de la fin de ce premier quart-temps, les Raptors rentrent enfin dans leur match, et infligent un 7-0 aux Celtics, avant que Marcus Smart, rentré en jeu, ne coupe la série d’un tir à trois points.

À la fin du premier acte, les Celtics mènent 26-19. Très en place défensivement (19 points encaissés seulement), et appliqués offensivement, avec beaucoup de mouvement (sept passes décisives déjà), les Celtics ont réalisé un premier quart-temps d’une très bonne qualité. Récemment, les Celtics avaient du mal à démarrer les matchs, ce soir, ils l’ont fait avec brio. Pourvu que ça dure.

Deuxième quart-temps :

Pour débuter le second quart-temps, les deux équipes s’échangent coup pour coup. Lou Williams répond à trois points à un dunk autoritaire de Kelly Olynyk, avant que Terrence Ross n’inscrive un second panier à longue distance consécutif pour les Raptors… et que Brandon Bass ne lui réponde d’un panier avec la faute. Après trois minutes, les Celtics sont toujours devant, 32-27, mais commencent à gâcher quelques occasions (un 4v1 par Kelly Olynyk notamment) et perdre quelques ballons bêtes. Grâce à Phil Pressey et Marcus Smart, auteurs de deux paniers coup sur coup (dont un sale tir avec la planche de Smart, mais on prend quand même), les Celtics se redonnent un peu d’air et mènent 38-31 à six minutes de la pause, en shootant à 50% au tir notamment.

Pressey – Smart – Crowder – Bass – Zeller, c’est le cinq alors proposé par Brad Stevens. À défaut d’avoir beaucoup de talent, ce genre de cinq permet au moins à la balle de beaucoup circuler, et le hero ball qu’on voyait ces derniers temps a complètement disparu avec un cinq comme celui-ci, c’est réellement appréciable. Malgré tout, forcément, c’est difficile de scorer et par deux banderilles consécutives à trois points signées Vasquez et Lowry, les Raptors inscrivent un 6-0 et reviennent à une possession, 40-37 à trois minutes de la pause. Malgré une adresse défaillante, les Raptors bénéficient de plusieurs rebonds offensifs qu’ils exploitent à merveille et le dernier en date (le sixième déjà), leur donne un panier avec la faute, et les ramène à égalité, 9-0 en cours. Les pertes de balle Celtes commencent à se multiplier (9 désormais) et les Raptors, qui ont accéléré le rythme, en profitent pour passer devant, surtout que l’action suivante des C’s mène à la dixième perte de balle de leur part. Vraiment dommage, car les Celtics avaient fait très attention à bien garder la balle en début de match, mais cela semble vite s’être envolé, avec huit pertes de balle (!) dans ce seul deuxième quart-temps.

Sur une neuvième perte de balle sur la dernière action, les Celtics offrent en fin de quart-temps un lay-up facile aux Raptors, et rentrent ainsi au vestiaire avec un retard de quatre points, 43-47. C’est dommage de mal finir cette première mi-temps (le back-to-back peut l’expliquer), car les Celtics ont vraiment bien joué durant les 18 premières minutes de ce match ; peu de pertes de balle, une défense solide et de la circulation de balle, c’était agréable. Malheureusement, la fin de quart-temps brouillonne a coûté très cher aux Celtics et ont laissé les Raptors reprendre la tête. Malgré cela, c’était une plutôt bonne copie qu’ont rendu là les Celtics, notamment défensivement où ils n’ont encaissé que 47 points en n’autorisant leurs adversaires à ne tirer qu’à 36%. L’apport du banc, par Smart, Olynyk et Bass, a été très bon.

Capture d’écran 2015-01-11 à 02.35.41

Troisième quart-temps :

Sur un 7-2 initié par Avery Bradley, déjà très bon en première mi-temps, les Celtics recollent au score et repassent même devant les Raptors, dès le début de ce troisième quart-temps. Avec cinq points déjà dans ce troisième acte, Avery Bradley (15 points) continue d’avoir la main chaude, comme l’ensemble de l’équipe dans ces quatre premières minutes (5/6 au tir pour commencer le quart-temps), mais les Raptors retrouvent à leur tour de l’adresse, notamment par l’intermédiaire de Jonas Valanciunas (15 points – 4 rebonds) qui apporte beaucoup au rebond offensif et permet un 9-2 en cours de son équipe ; 57-62 alors qu’il reste six minutes à jouer.

Sur deux paniers consécutifs de Patrick Patterson et James Johnson, les Raptors prennent neuf points d’avance, le plus large écart du match. Ces derniers ont surtout augmenté considérablement l’intensité défensive, et les Celtics ne parviennent plus à scorer, la prolongation de la veille commençant sérieusement à peser sur les organismes. Tout devient trop facile pour les Raptors en attaque, qui ont clairement retrouvé de l’adresse et l’avance grimpe à 15 points sur un panier de Kyle Lowry faisant suite à deux tirs derrière l’arc inscrits dans les corners par les Raptors. 23-6 en cours, c’est allé très vite, trop vite pour Boston. Une nouvelle fois (comme souvent ces derniers temps), les rebonds offensifs font très mal aux Celtics, qui sont désormais menés 65-82 après trois quart-temps.

C’était prévisible, mais c’est allé très vite. Les Raptors ont augmenté leur intensité d’un cran, alors que les Celtics, visiblement fatigués de la prolongation de la veille, n’ont pas été capables de maintenir l’intensité produite dans le premier quart-temps. Cependant, avec un peu plus d’envie et de concentration (au rebond défensif notamment, où les Raptors font ce qu’ils veulent pour saisir à nouveau leurs tirs ratés), les Celtics auraient pu limiter la casse.

Quatrième quart-temps :

Kelly Olynyk (16 points) et Brandon Bass (10 points) n’abdiquent pas, et font ce qu’ils peuvent pour maintenir les Celtics à la distance d’un come-back éventuel. Bass, par deux dunks consécutifs, permet aux Celtics de revenir à douze points, puis huit points sur un drive impressionnant de Smart au panier, menant à un panier avec la faute (fais ça plus souvent, Marcus !), suivi d’une claquette dunk du rookie. Une nouvelle fois, les Celtics réagissent à l’orgueil, et sont là sur un 10-0, avant que Lowry ne mette fin au run en sortie de temps mort. Bien sûr, les Raptors, à l’expérience, ne laissent pas les Celtics revenir trop proches, mais c’est déjà bien de réagir. Amir Johnson puis Kyle Lowry à trois points, cependant, vont briser les derniers espoirs Celtes et à six minutes de la fin du match, les Celtics sont menés 78-97.

James Young fait alors sa première rentrée sur le terrain de la soirée, mais le spectacle n’est pas là, plutôt du côté de Kyle Lowry, qui fait étalage de tout son talent. Comme d’habitude dans ce genre de situation qu’on commence à connaitre, l’équipe qui mène (pas la nôtre, en l’occurrence) gère le chrono pour finir le match, et après 48 minutes ce soir, les Celtics s’inclinent 96-109 à Toronto.

En conclusion :

18 minutes de très bon basket pour les Celtics ce soir. La suite, c’était plus compliqué, à partir du moment où les Raptors ont monté d’un cran leur niveau de jeu. Pour leur troisième match en quatre jours, les Celtics ont montré leurs limites physiques ce soir face à un adversaire bien plus en jambe. Du positif cependant, avec les 23 points de Kelly Olynyk ou encore les pénétrations de Smart dans le quatrième quart-temps, chose que l’on aimerait beaucoup plus voir. Difficile cependant de tirer quelque chose de ce match dans lequel la fraîcheur physique a joué un rôle important. Évidemment, les Celtics manquaient de talent ce soir, et leurs sauts de concentration (au rebond notamment, où ils ont encore laissé 15 rebonds offensifs à l’adversaire…) n’ont pas aidé, mais pas sûr que ce match soit réellement représentatif du niveau réel des C’s sur 48 minutes. L’important ? Le début de match, vraiment à retenir et à réitérer, notamment en défense. Au suivant.

Pour la prochaine rencontre, les Celtics accueilleront lundi soir les Pelicans, pour leur retour au TD Garden après ce road trip de trois matchs.

Peu importe les défaites, nous on se marre toujours autant, visiblement sur le banc des Celtics également :

Le boxscore final :

Capture d’écran 2015-01-11 à 03.55.35

Article rédigé par Baptiste Godreau