Que faire de tous ces tours de draft ?

Alors que les Celtics poursuivent leur refonte complète, les deux derniers matchs ont vraisemblablement donné une bonne indication de ce à quoi devrait ressembler le reste de la saison 2014-15 : les Celtics seront compétitifs par séquence (comme hier durant les 18 premières minutes), les jeunes joueurs vont avoir des opportunités pour s’exprimer, mais l’équipe aura beaucoup de mal face à des adversaires de qualité.

En manque de rotations, les Celtics ont joué hier à Toronto leur troisième match en quatre jours, produisant 20 premières minutes très solides dans le jeu, avant que les Raptors, leaders de la division Atlantique, ne montent d’un cran leur niveau durant les 28 dernières minutes et ne s’imposent 109-96 à l’Air Canada Center.

En tant que fan des Celtics, il est difficile de voir Danny Ainge mettre aux enchères le peu de vétérans restants dans cette équipe pour recevoir en échange des atouts (tours de draft ou flexibilité financière). La véritable question à se poser est de savoir combien de temps cela va prendre à Boston de retrouver une place de prétendant au titre, et quel est le projet avec tous ces tours de draft accumulés ? Même quelqu’un qui suit de loin les Celtics actuellement sait que les poches de Danny Ainge débordent de tours de draft. Cependant, avec énormément de conditions pour récupérer ceux-ci, il est difficile de savoir comment ils vont pouvoir accélérer le processus de reconstruction de la franchise.

Alors que les Celtics travaillent actuellement pour finaliser un échange à trois équipes visant à envoyer Jeff Green à Memphis et recevoir un nouveau premier tour de draft, et que nous savons tous que d’autres échanges de la sorte devraient arriver avant la deadline du 19 février, prenons un peu de recul pour étudier comment pourraient être utilisés ces nombreux tours de draft :

Quels sont les picks que les Celtics vont véritablement recevoir ?

À l’heure actuelle, il semblerait que les Celtics soient en mesure de posséder au maximum 14 picks sur les deux prochaines drafts (!), dont six d’entre eux seraient des picks du premier tour. Tout d’abord, les C’s possèderaient deux premiers tours cette saison – celui des Celtics et celui des Clippers – puis quatre pour la draft 2016 avec des picks des Celtics, des Nets, des Cavaliers et des Mavericks.

À cela, il ne faut pas oublier d’ajouter la masse de seconds tours de draft que les Celtics ont en leur possession pour ces deux prochaines éditions de la draft. Bien sûr, certains noteront que les picks reçus de Philly (via Miami) et Minnesota (via Phoenix) devraient passer d’un premier tour à un second tour, mais il est utile de préciser que vu le potentiel des deux équipes, ces choix devraient se situer au début du second tour, ce qui est avantageux.

Il faut d’abord une nouvelle fois rappeler les picks en la possession des Celtics à l’heure actuelle :

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En utilisant les classements actuels après la défaite des Celtics à Toronton, voici ce que pourraient posséder alors les Celtics pour la prochaine draft.

Picks potentiels pour 2015 : 7, 21, 33, 37, 57. 

Il faut garder à l’esprit que ce septième pick reviendrait à Boston avec le classement actuel, sans compter les surprises que peuvent réserver la loterie. De plus, avec la calendrier impressionnant à venir pour Boston, il se pourrait que les Celtics chutent au classement et voient leur nombre de balles de ping-pong en leur possession grimper au moment de cette même loterie.

Avec l’impressionnant niveau de la conférence Ouest, le pick des Clippers devrait lui rester aux alentours de la 20è place et ne devrait pas beaucoup bouger. Boston a également en sa possession un pick du second tour des 76ers, qui devrait, vu leur bilan actuel, se situer très tôt au-delà de la 30è place, tout comme le propre pick des Celtics, qui devrait être proche de la 35è place. Pour finir, les Celtics possèdent un pick des Wizards, qui lui ne devrait pas être très intéressant au vu du bilan de l’équipe de Paul Pierce, mais permettant malgré cela aux Celtics d’avoir pour le moment cinq choix en juin, ce qui est loin d’être négligeable.

Pour 2016, c’est beaucoup plus complexe de se projeter, mais voyons ce que ça pourrait donner en imaginant les classements.

Picks potentiels pour 2016 : 10, 15, 26, 28, 32, 35, 42, 56, 58.

Oui, là, ça commence à faire beaucoup, surtout avec six picks potentiels dans le top 35 de la draft, ce qui est énorme. Pour cet exercice, Boston est placé à la fin de la loterie, et Brooklyn comme un spot à la limite des playoffs à l’Est. Cela dit, ce sont bien les classements de ces deux équipes qui sont le plus incertains pour l’an prochain, et ceux-là pourraient bouger.

Indubitablement, peu importe la position exacte, cela représente énormément de choix pour une seule draft. Qu’est-ce que peut en faire Danny Ainge ?

Monter dans la draft

Beaucoup ont dénigré la valeur des seconds tours de draft, souvent échangés rapidement contre de l’argent, ou, à moins de trouver une pépite oubliée comme il y en a quelques fois, voyant des joueurs draftés ne jamais fouler le parquet. Cependant, ces picks peuvent s’avérer être très utiles, notamment pour grimper dans la draft, de quelques places qui peuvent faire la différence. Le dernier exemple en date pour Boston ? En 2013, quand ils avaient monté un échange avec Dallas pour gagner trois places et aller chercher Kelly Olynyk en treizième position.

Dans cet échange, les Celtics avaient offert deux seconds tours de draft qui ont depuis été utilisés pour sélectionner Cleanthony Early (34e choix) et Russ Smith (47e choix). Avec l’abondance de picks dans les mains de Danny Ainge, Boston n’a pas vraiment à se soucier d’où est placé le pick en leur possession, puisqu’ils seront largement en mesure de trade up, c’est à dire de monter des échanges pour grappiller quelques places importantes et aller chercher le joueur voulu.

Étudier les opportunités

En conséquence du trade envoyant Rajon Rondo à Dallas, Danny Ainge avait noté que l’ensemble des tours de draft ne seraient pas utilisés pour sélectionner des joueurs, mais plutôt de les utiliser le plus intelligemment possible, suivant les opportunités.

Dans le passé, Ainge a prouvé qu’il avait un bon jugement des joueurs de fin de second tour et de début de premier tour. Alors que les Celtics vont devoir étudier le besoin ou non de gagner des places dans la draft, l’équipe devra elle décider quels sont les picks avec la valeur la plus importante afin d’aborder les autres équipes avec plus de confiance, et de se retrouver en position de force par rapport aux équipes possédant moins d’atouts.

Pour conclure :

Une nouvelle fois, il va falloir faire confiance à Danny Ainge. Clairement, les Celtics possèdent des atouts que personne n’a en sa possession à l’heure actuelle dans la ligue, et il faut espérer que cette multitude de tours de draft puisse être maximisée afin d’avancer au mieux dans la draft. Bien sûr, il est difficile de s’extasier sur de potentiels tours de draft et sur des trades exceptions, mais il est important de reconnaître à quel points tous ces atouts accumulés vont pouvoir aider Boston à se reconstruire et aller de l’avant, incessamment sous peu. 

De plus, au-delà de la draft en elle-même, il est évident que tous ces tours de draft pourraient être inclus dans des packages afin de recevoir de meilleurs joueurs dans le futur. Patience.

Traduction par Baptiste Godreau de l’article de Chris Forsberg : ‘What will the Celtics do with all these picks?