Bilan du road trip : et maintenant, on vise quoi ?

Après un mois de décembre plutôt calme, faisant suite à un début de championnat dantesque, les Celtics attaquaient l’une des parties les plus compliquées de leur calendrier cette saison avec le traditionnel road trip à l’Ouest, situé cette année au milieu du mois de janvier. Comment ces six matchs dans la Conférence adverse se sont-ils déroulés ? Quelles ouvertures cela donne-t-il à Boston pour la suite de la saison ? Faut-il revoir les objectifs à la hausse ? Voyons cela en détail.

Bilan du road-trip

Avant de démarrer ce voyage, le bilan des Celtics face à l’Ouest n’était pas loin d’être catastrophique : 705 jours sans la moindre victoire, 24 défaites de rang à l’Ouest (lors de la dernière victoire, Paul Pierce était encore encore là) et même 26 matchs perdus consécutivement face à des membres du Top 8 de la conférence adverse. Brad Stevens, dans sa deuxième année comme coach à Boston, n’avait ainsi jamais connu un seul succès à l’Ouest, la dernière de l’équipe remontant à l’ère Doc Rivers. Bref, en se déplaçant sur le parquet des Clippers, des Blazers, des Nuggets, des Warriors, du Jazz et des Wolves, la plupart des supporters que nous avions questionnés sur les réseaux sociaux nous répondaient qu’ils ne prévoyaient pas plus d’une victoire, voire aucune, connaissant les difficultés récurrentes des Celtics hors de leur conférence. 12 jours, six villes et 12 000 km de transport plus tard, les Celtics rentrent à la maison avec trois victoires dans la poche, et de belles prestations. Pas que du bon, comme d’habitude, mais assurément un road trip très positif.

Pour commencer, sur le parquet des Clippers et de Doc Rivers, les Celtics ont démarré comme ils étaient habitués à le faire lors de leurs déplacement à l’Ouest. Piétinés par la raquette composée de Blake Griffin et de DeAndre Jordan (41 points et 21 rebonds à eux deux), les Celtics ont été dominés tout le match, pour finalement s’incliner 93-102. Trois jours plus tard, les Celtics ont enchaîné un back-to-back difficile, entamé par un déplacement au Moda Center de Portland. Les Blazers, privés de LaMarcus Aldridge, présentent malgré cela un bilan largement positif de 31 victoires pour 13 défaites. Ce bilan n’effraie en rien les Celtics, qui, au terme d’un dernier quart-temps solide (17 points encaissés seulement) et d’un tir ultra clutch d’Evan Turner, vont décrocher leur première victoire à l’ouest depuis plus d’un an et demi au bout du suspens, 90-89. Ouf, les Celtics ne rentreront pas fanny. Mieux encore, puisque le lendemain, les Celtics récidivent grâce notamment à une belle performance d’Avery Bradley (4/5 à trois points, plusieurs shoots très importants dans le money time) et vont s’imposer sur le parquet des Nuggets d’un souffle, 100-99.

Deux victoires consécutives à l’Ouest, pourquoi ne pas enchaîner ? Ah oui, mais là, la tâche se complique. Face à la meilleure équipe de la ligue du moment, les Warriors, nos Celtics tombent sur le plus gros morceau possible et se retrouvent dans l’une des salles les plus chaudes de la ligue (18 victoires de suite pour Golden State à ce moment) pour espérer continuer dans la lancée de leur road trip. Surtout, l’équipe est transcendée alors que Klay Thompson a marqué l’histoire de la NBA quelques jours plus tôt. Cependant, les Celtics n’explosent pas, et mieux encore, résistent très bien pour ne s’incliner que de trois petits points, 111-114 grâce à un joli retour dans le quatrième quart-temps alors que les Warriors avaient fait le trou. Dès le lendemain, nouvelle destination, nouvel adversaire dans un nouveau back-to-back, direction Utah. Dans ce match, les Celtics ont alterné le très bon (20-0 pour finir la première mi-temps, 38-14 (!) dans le deuxième quart-temps) et le très mauvais (0-18 pour démarrer la deuxième mi-temps) pour finalement remporter une troisième victoire dans ce road trip, 99-90. L’essentiel est assuré, les Celtics rentreront de ce voyage avec un bilan à l’équilibre quoi qu’il advienne.

Pour finir, les Celtics se déplaçaient dans le Minnesota pour affronter l’un des pires bilans de la ligue… mais ont également produit leur pire match du road trip, notamment sur le plan défensif, pour finalement s’incliner 98-110, principalement battus par Zach LaVine et Kevin Martin, de retour de blessure. Après six matchs, les Celtics finissent donc cette visite des salles de la conférence Ouest avec un bilan plus qu’honorable de trois victoires pour trois défaites, chose que peu de gens auraient imaginé.

Forcément, après cette série de matchs, il y a plusieurs questions qui se posent sur l’avenir à court terme des Celtics. Les Celtics doivent-ils changer d’objectif (même si, dans la tête de Brad Stevens, il n’a jamais changé) et viser les playoffs ou pas ? Est-ce qu’atteindre les playoffs serait une bonne chose ou non dans le processus de reconstruction de la franchise ? Nous verrons tout cela dans la suite de ce développement, mais avant cela, tirons quelques enseignements de ce road trip à l’Ouest, aussi bien positifs que négatifs. 

Tout d’abord, commençons par les choses qui fâchent. Le premier point, c’est la perte de Kelly Olynyk. Face à Portland, l’intérieur des Celtics s’est méchamment tordu la cheville droite, et il pourrait être absent au moins jusqu’au All-Star Game, week-end pour lequel il a été invité au match mettant aux prises les rookies et sophomores américains à ceux du reste du monde, rencontre pour laquelle il est à l’heure actuelle incertain en raison de cette blessure. Pour les Celtics, cela pourrait représenter un gros manque, surtout sur le plan offensif (on connaît les talents d’Olynyk en défense). Aligné avec la second unit la plupart du temps, Olynyk apporte une menace offensive permanente, et les Celtics sont bien plus dangereux au scoring lorsqu’il est sur le terrain, puisqu’ils scorent 106,7 points lorsqu’il est sur le parquet, contre 95,9 lorsqu’il est sur le banc. Autrement dit, la second unit va devoir trouver une autre arme offensive durant son absence, dont la durée reste indéterminée encore.

Durant ce road trip, Brad Stevens a également opéré un changement dans son cinq de départ, initialement pour matcher avec le small ball de Portland, mais cela a ensuite été conservé. Ainsi, Tyler Zeller est retourné sur le banc, remplacé dans le cinq de départ par Brandon Bass. Cependant, même si ce cinq a été plutôt performant défensivement (voir plus bas), il a été très mauvais offensivement. Sur quatre des cinq matchs durant lesquels Bass a démarré, le cinq de départ a encaissé plus de points qu’il n’en a marqué (le seul où le contraire a eu lieu étant face au Jazz), et ils ont même inscrit 17,3 points de moins que leur adversaire en moyenne sur 100 possessions, pour ce qui constitue alors l’une des plus faibles attaques de la ligue. Contre les Wolves, cependant, ils ont bien défendu en première période et ont trouvé des shoots ouverts qui ne sont simplement pas rentrés. À l’avenir, il va falloir trouver une stabilité offensive et un joueur sur qui se reposer (Sullinger ? Bradley ?), sans quoi les Celtics resteront l’une des pires attaques de la ligue, ce qu’ils sont depuis le départ de Jeff Green, étant moins performants offensivement que les 76ers.

En effet, comme mentionné plus haut, les Celtics ont très mal fini leur road trip, sans pour autant gâcher tout le positif qui en ressort. Face à des Wolves qui restaient sur dix défaites de rang sur leur parquet, les Celtics n’ont pas existé en deuxième période et ont offert seulement la deuxième victoire de plus de dix points de la saison pour Minnesota (la première étant arrivée face aux Knicks). Comme le dit Jared Sullinger, les Celtics n’ont pas le droit de produire de tels matchs s’ils veulent prétendre à quelque chose.

Cependant, vous devez vous en douter, avec trois victoires à l’Ouest en une semaine, il y a forcément du positif. Tout d’abord, le bilan comptable. Avec trois victoires, les Celtics ont engrangé des points dans la course aux playoffs (que nous aborderons plus bas), et pris des matchs que les concurrents laisseront peut-être en route. Ainsi, après ce voyage, Boston est à la dixième place de sa conférence, à deux petits matchs seulement de la huitième place qualificative pour la postseason, détenue aujourd’hui par les Hornets, et convoitée par les Nets, les Pistons et les Pacers.

Ensuite, les Celtics ont bien géré plusieurs fins de match, chose très rare cette saison, qui leur permet enfin d’engranger ces victoires qui leur échappaient en début de saison. Ainsi, face à Portland, à Denver ou à Utah, les Celtics ont bien résisté dans le money time et ont su inscrire des tirs très importants, que ça soit par Evan Turner face à Portland ou par Avery Bradley sur deux tirs de haut niveau face à Denver.

L’apport du banc est également à souligner. Excellent depuis le début de saison, le banc a encore tenu la baraque plusieurs fois durant ces six matchs. Étant globalement toujours très performant, Brad Stevens a même pu s’appuyer dessous pour obtenir des ressources inespérées, tel que l’apport de Gerald Wallace, qui a eu du temps de jeu avec la blessure d’Olynyk. Est-il capable d’assurer tout l’intérim avec cet apport (défensif et prendre les points qu’on lui donne) durant toute l’absence de l’intérieur ? Pas sûr, mais il était déjà très bon de l’avoir cette semaine. Tayshaun Prince, ensuite, excellent contre Utah (19 points) a été très important durant toute la durée du road trip. Toujours bien placé, efficace défensivement (notamment sur le dernier tir de Jameer Nelson pour la gagne face à Denver), Prince s’est très vite montré à son avantage dans la rotation et a pris la place du vétéran qu’on attendait qu’il prenne.

Marcus Smart, pour en finir (ou presque) avec le banc. Le rookie, snobé par la NBA pour le match des rookies du All-Star Game, a réalisé un road trip de haute volée, sur différents points. Absent face à Golden State pour un deuil familial, et passé à côté de son match face à Portland, il s’est montré à son avantage des deux côtés du terrain sur les autres rencontres. Face à Denver, il a réalisé quatre minutes de très haut niveau (sûrement les meilleures de sa saison) qui ont ramené Boston dans le match, alors qu’ils étaient menés 56-63. Défensivement partout, il a également très bien mené le jeu en attaque et montré ses progrès sur pick & roll (séquences vidéos ici). Au final, même s’il n’a joué que 14 minutes sur ce match, il a été essentiel. Cependant, une fois de plus, son apport ne se reflète sur les statistiques, raison peut-être pour laquelle Zach LaVine ou Elfrid Payton lui ont été préférés au week-end du All Star Game. Sur les matchs face à Utah et Minnesota, Smart a également été présent, placé en défense pour prendre les fautes offensives qu’il fallait, et adroit à longue distance (4/5 face aux Wolves à trois points) marquant ses progrès indéniables au tir, puisqu’il a fini ces six matchs à 10/19 derrière l’arc. Bref, Smart progresse vite, et on peut qu’être satisfait de cela. Globalement, le banc, avec Smart, Thornton, Zeller et Prince est très bien armé, et continue d’impressionner depuis le début de saison.

Enfin, pour terminer, le dernier point positif de ce road trip est la défense. En dehors du dernier match face à Minnesota (et les 114 points encaissés face aux Warriors, mais qui peut les empêcher de scorer autant ?), les Celtics ont très bien défendu, particulièrement dans le deuxième quart-temps du match face à Utah, remporté 38-14, clairement l’un des meilleurs de la saison.

Maintenant, abordons les choses qui fâchent. Avec un road trip aussi positif, récompensé de succès qu’on l’on n’avait pas connu depuis plus d’un an et demi, que peut espérer Boston ? La franchise doit-elle rêver de playoffs ? Nous évoquerons cela en deux questions, la première sur les chances de Boston d’aller en playoffs, et enfin l’intérêt que cela pourrait avoir (ou non…) de s’y rendre.

Le TD Garden retrouvera-t-il l'ambiance des playoffs ?
Le TD Garden retrouvera-t-il l’ambiance des playoffs ?

Les Celtics, prétendants légitimes aux playoffs ?

OUI

Oui, les Celtics sont prétendants aux playoffs, pour ces quelques raisons :

  • Les concurrents sont affaiblis : comme cité plus haut, les Celtics sont aujourd’hui en concurrence directe avec Charlotte, Brooklyn, Detroit et à moindre mesure Indiana. Charlotte, tout d’abord, a perdu Kemba Walker pour une durée minimale de six semaines. Detroit, ensuite, a perdu Brandon Jennings, son MVP depuis le départ de Josh Smith, qui était le fer de lance du retour en force des Pistons. Brooklyn n’a perdu personne, mais plus le temps avance, plus ils sont mauvais et plus leur classement baisse. Indiana, enfin, jongle avec ses blessés, et pourrait retrouver le chemin de la victoire avec George Hill, mais rien n’est moins sûr.
  • Le calendrier des Celtics est le plus aisé parmi ce groupe de concurrents : d’après Elias Sports Bureau, les Celtics ont une fin de saison plutôt tranquille, comparé à toutes ces autres équipes. En effet, les Celtics vont affronter des adversaires qui ont un pourcentage de victoire moyen de 45,1%. À côté d’eux, les Nets vont rencontrer des équipes au bilan moyen de 51,6% de victoires (!), le Magic 49,6%, les Hornets 49,2%, Detroit 48,3 et enfin les Pacers, face à des équipes à 47,4% de victoires en moyenne.

NON

Non, les Celtics ne sont pas prétendants aux playoffs, et ce pour plusieurs raisons :

  • Boston n’a jamais rien eu de facile cette saison : capable d’accrocher les meilleurs et d’exploser face à de faibles équipes, il est très difficile de prévoir ce que pourrait faire Boston en cette fin de saison. Ce road trip serait-il un simple sursaut, sur lequel on se base pour faire grimper les objectifs ? Possible, sûrement d’ailleurs. En effet, pour gagner sa place en playoffs, il faudra finir la saison avec plus de 50% de victoires sur les matchs restants. Boston en est-il capable ? Vu l’irrégularité dont font preuve les Celtics depuis le début de saison, pas sûr.
  • La trade deadline : oui, il ne faut pas oublier que le petit marché de Danny Ainge ne sera pas fini avant le 19 février, et en trois semaines, beaucoup de choses peuvent se passer. À l’heure actuelle, Tayshaun Prince, Brandon Bass, Marcus Thornton ou encore Evan Turner sont toujours susceptibles de partir si une équipe paie le prix fixé. Ainsi, avec Shavlik Randolph en rotation intérieure et Andre Dawkins à l’arrière (s’il reste), dur de rester confiants sur les chances des Celtics dans la course aux playoffs.

En conclusion, avec un niveau de jeu équivalent à celui du road trip et les blessures rencontrées par les concurrents directs, les Celtics peuvent clairement prétendre aux playoffs. Est-ce véritablement l’objectif de Brad Stevens et ses hommes ? Sûrement. Cependant, l’important sera plutôt de continuer régulièrement à gagner des matchs, et la récente capacité qu’a eu Boston de mettre la main sur des rencontres au couteau en fin de match est encourageante en ce point. Ensuite, il est dur de se projeter sur cette fin de saison et la potentielle place de Boston au classement, puisque l’effectif pourrait encore être chamboulé au moment de la deadline. Clairement, il faut continuer à chercher à viser le plus haut possible, remporter le plus de matchs possibles. Boston n’a jamais « tanké » cette saison, et nul doute que ça n’est pas la mi-saison passée que cela va débuter. Quel en serait l’intérêt, alors que les spécialistes de la discipline ont des kilomètres d’avance dans ce domaine ? À l’heure actuelle, Boston peut prétendre à jouer au minimum quatre matchs de plus cette saison, mais toute victoire ne sera que du bonus dans cette saison de reconstruction. En parlant de reconstruction d’ailleurs, les Celtics ont-ils dans ce processus un intérêt à atteindre les playoffs dès cette année ? Abordons ce point pour terminer.

Les Celtics doivent-ils faire les playoffs dès cette année ?

OUI

Pour différentes raisons, il serait bénéfique pour Boston de basculer en playoffs dès cette saison. Voyons pourquoi :

  • Gagner de l’expérience : avec un groupe composé de joueurs majoritairement jeunes (pour ceux qui font partie du projet), une qualification en playoffs est forcément bénéfique, car l’enjeu est tout autre qu’un simple match de saison régulière. Surtout, étant donné que Boston serait sûrement huitième, il faudrait rencontrer d’entrée un très gros morceau (les Hawks ?) pour un défi de taille : espérer ne pas finir sur un sweep. Ainsi, pour les joueurs, cela ne peut qu’être bénéfique. Par ailleurs, pour Brad Stevens, il est évident que disputer une série de playoffs dès sa deuxième année dans la ligue serait un moyen génial de progresser plus vite. En effet, jouer quatre fois (minimum) le même adversaire à intervalle si rapproché exige du coach des facultés d’adaptation à chaque match, et nul doute que Brad Stevens apprendrait énormément en se rendant en playoffs. Même s’il n’y a que cette raison, l’intérêt sportif est très important et pourrait apporter beaucoup à ce jeune groupe.

NON

Ensuite, en pensant au processus de reconstruction dans lequel sont engagés les Celtics, participer aux playoffs dès cette saison pourrait constituer un frein à l’avancement de la franchise. Explications :

  • Reculer dans la draft : Bien sûr, tout le monde le sait, Danny Ainge n’a pas basé tout son projet sur la draft. Cependant, il est évident qu’une qualification en playoffs dès cette saison pour Boston les éloignerait de la lottery, et de la possibilité d’atteindre de forts joueurs dans le Top 6 de la draft, pour tomber en milieu de premier tour, ce qui, ajouté au pick des Clippers en leur possession, donnerait un total de deux picks moyens. Bien sûr, il est possible de monter dans la draft par des atouts que possèdent Danny Ainge, mais cela n’est jamais aisé. Ainsi, en se qualifiant en postseason, les Celtics retarderaient l’échéance d’avoir ce joueur capable de faire la différence, comme l’ont pu être Andrew Wiggins ou Jabari Parker cette année (si tant est qu’il y en ait véritablement cette année). Ainsi, dans une conférence Est dont le niveau devrait monter progressivement, les Celtics stagneraient puisque joueraient la saison prochaine avec un effectif quasiment identique, auquel s’ajouteraient deux rookies a priori moyens. Pas l’idéal, surtout que cela ne forgerait pas forcément une culture de la gagne pour des joueurs comme Smart.
  • Une qualification en playoffs n’augmenterait pas le pouvoir d’attractivité de la franchise : Clairement, avec les départs de Rajon Rondo et Jeff Green, les Celtics ont largement perdu dans leur capacité à attirer des agents libres dès cet été. Est-ce qu’une qualification en playoffs arrangerait cela ? Rien n’est moins sûr. Si Boston est en playoffs cette saison, cela sera en grande partie dû à la médiocrité de leurs concurrents, et ainsi, cette qualification ne garantirait en aucun cas une saison suivante réussie, et ne permettrait clairement pas de présenter aux agents libres cet été un projet sportif attrayant à court terme.

Si nous devions conclure sur ce vaste sujet qu’est une éventuelle qualification en playoffs dès cette saison, il faut avoir en tête que pour Boston, l’intérêt sportif est réel. Pour les joueurs qui font partie du projet, pour le coach, il est évident que disputer une série de playoffs serait une expérience formidable, ainsi qu’une grande satisfaction pour l’ensemble des supporters, ne nous en cachons pas. Cependant, cela représente plutôt une vision à très court terme. En regardant plutôt à moyen terme, par contre, cela serait beaucoup plus fâcheux. En effet, en récupérant un piètre choix de draft plutôt qu’un tour de loterie intéressant qui pourrait faire basculer le futur avec un peu de chance (les Cavs, hum…), les Celtics pourraient bien se tirer une balle dans le pied et repousser encore un peu plus l’échéance de la reconstruction.

En résumé, quoi que les joueurs et le coaching staff réaliseront d’ici le All-Star Weekend, c’est avant tout les choix que fera l’équipe dirigeante qui traduiront les intentions réelles de l’ensemble de la franchise à court et peut-être à moyen terme.

Article rédigé par Baptiste Godreau, relecture par Léo Hurlin. Merci à Gajs, créateur de Debats-Sports et responsable de sixers.debats-sports.com pour son précieux avis.