Turner prêt à passer le flambeau à Smart ?

Evan Turner a beau être un jeune homme brillant, il n’est pas nécessaire d’avoir fait Sciences Po pour cerner les ambitions qu’ont les Celtics au sujet de Marcus Smart et du futur de l’équipe.

Ainsi, c’est donc pour l’instant Turner qui est le meneur titulaire. Toutefois, cela pourrait bien être remis en cause ce soir avec le déplacement de l’équipe chez les Knicks de New York. En effet, si Turner a débuté le dernier match contre le Heat dimanche dernier, c’est bel et bien à Smart que Stevens a confié les clés de l’équipe en seconde période du même match.

Il est tout à fait possible que Stevens ait effectué ce changement en cours de match pour soulager Turner, qui souffre d’une entorse du pouce droit, mais aussi peut-être pour répondre aux débuts de matchs très poussifs livrés par les Celtics sur leur deux dernières rencontres.

Face au Heat, Smart (1/6) n’a pas rendu une copie beaucoup plus adroite que Turner (0/6) mais a délivré neuf passes décisives et, comme toujours, a apporté toute son agressivité en défense.

Quoi qu’il en soit, Turner sait pertinemment que son spot est destiné à revenir tôt ou tard au sixième choix de la draft 2014. Cela ne trouble pas pour autant le deuxième choix de la draft 2010.

« Ce n’est pas le genre de choses qui me prend la tête, » confie un Turner qui, il y a quelques jours à peine, inscrivait le tir de la gagne chez les Trail Blazers. « En même temps, je dois admettre que j’évite de trop m’y intéresser. »

Il poursuit :

« Je me satisfais de ce que j’ai. J’ai trouvé ma place, rien de plus. Je sais ce qu’ils veulent faire, et ça ne me blase pas. Je suis totalement derrière ce projet de développer les jeunes. Je sais ce que je vaux, je sais que je peux faire à peu près tout ce qu’on me demande, donc je suis pour. »

À vrai dire, Turner trouve même que faire de la place pour Smart était une bonne chose. C’est en effet l’une des raisons qui ont poussé Boston à transférer Rajon Rondo aux Dallas Mavericks.

« Je pense qu’il fallait un sacré cran pour faire ce qu’ils ont fait, se séparer d’un franchise player comme Rondo pour se concentrer sur un jeune. Il leur fallait faire un choix, pour trouver un meilleur équilibre. Ne rien choisir, c’est risquer d’avoir doublement tort, » affirme-t-il ainsi.

Il enchaîne avec deux exemples :

« J’ai passé deux ans dans l’ombre de Andre Iguodala à Philadelphie, et j’ai certes développé mon jeu, mais pas autant que j’aurais pu. Les Wizards ont drafté John Wall et ont transféré Gilbert Arenas. Ils ont galéré pendant deux ans, mais aujourd’hui, ils ont peut-être l’un des trois meilleurs meneurs. Je suis de ceux qui pensent que la vie, ce n’est pas du 50-50. On ne peut pas rester le cul entre deux chaises, quoi. Développer ses jeunes, c’est très important. »

Turner a essuyé son lot de critiques à Philadelphie, probablement parce qu’il n’a jamais montré qu’il pouvait devenir le grand scoreur que certains attendaient de lui au vu de sa position à la draft. Aujourd’hui, il a l’opportunité de s’inscrire à Boston sur le long terme, grâce à une certaine polyvalence et un esprit collectif.

« Au final, on m’a surtout reproché d’être un deuxième choix. Tout le monde disait des trucs du genre ‘Il ne sait pas faire ci, il ne sait pas faire ça,’ mais on ne m’avait jamais collé ces étiquettes auparavant. Enfin, je m’en suis remis. Je suis content de pouvoir jouer, de m’améliorer. Je pense que je me suis amélioré, et que j’ai une certaine polyvalence qui m’a assuré une place en NBA, comparé à d’autres gars choisis en 2010 qui en ont disparu. »

Le n°11 des Celtics, clairement impressionné par le rookie qu’est Smart, voit ce dernier faire une longue carrière NBA.

« Mon truc à moi, c’est que je peux apporter de beaucoup de façons. Je pense que la plus grande force de Marcus n’est pas descriptible. Ce n’est pas quelque chose que l’on peut nommer ou quantifier, mais imaginons que l’équipe a besoin de deux interceptions : Marcus plongera sur tous les ballons et ira arracher un temps mort. »

Il conclut :

« Chaque joueur est différent. Regardez James Young, il a le potentiel pour devenir un gros shooteur, c’est un gars qui a un don pour scorer. Eh bien Marcus, je crois vraiment qu’il aura toujours ce truc indéfinissable, qu’on ne peut comprendre qu’en le voyant jouer. »

Traduction de l’article du Boston Herald « Evan Turner goes with flow » par Léo Hurlin

2 Comments on “Turner prêt à passer le flambeau à Smart ?”

  1. Turner très mature et réflechi dans ses propos, ça fait plaisir! Je pense toujours qu'il n'a pas sa place chez nous mais il monte dans mon estime!

  2. Ce truc indéfinissable, compréhensible uniquement en le voyant jouer, ca s'appelle la rage, le cœur. Ca porte également un autre nom : être un Celtics tout simplement.
    Marcus <3

Comments are closed.