Playoffs Preview : Boston Celtics – Cleveland Cavaliers

Oui, au terme d’un run de folie en fin de saison, les Celtics sont parvenus à se qualifier en playoffs, deux ans seulement après leur dernière qualification et une élimination en demi-finales de conférence face aux Knicks. Qui l’eût cru en début de saison, alors que cette jeune équipe entamait seulement la deuxième saison de sa reconstruction ? Qui l’eût envisagé le jeudi 18 décembre au soir, lorsque Rajon Rondo a été envoyé à Dallas, ou quand trois semaines plus tard, le 11 janvier, Jeff Green se retrouvait à Memphis ?

Aujourd’hui, au terme d’une saison incroyable, durant laquelle chaque supporter que nous sommes sera passé par tous les états, nous écrivons quelque chose que jamais nous n’aurions pensé écrire au début de cette saison : la preview d’un premier tour de playoffs face aux Cleveland Cavaliers emmenés par leur quadruple MVP, LeBron James. Comme l’a pu faire notre collègue de CavsFR ici, voyons comment les Celtics pourraient titiller l’adversaire coriace qui se présente à eux, en disséquant les deux rosters.

Tout d’abord, d’un point de vue général, voyons où en est chaque équipe. Les Cavs, qui ont fini la saison en boulet de canon (sauf deux défaites fâcheuses face… aux Celtics, mais avec un effectif à des années lumières de celui qui sera en face de Boston durant ce premier tour), se présentent en playoffs à la deuxième place de la Conférence Est, avec un bilan de 53 victoires pour 29 défaites soit le cinquième meilleur bilan de la ligue. Surtout, depuis le 15 janvier, date où l’équipe est allée jouer au bowling en équipe (si, si on le jure, c’est écrit ), les Cavaliers n’ont perdu que 9 matchs, pour 33 victoires. La définition même de « finir la saison en boulet de canon » tout en lâchant du lest pour les dernières rencontres. Avec ce classement, les Cavs possèderont évidemment l’avantage du terrain, chose importante puisqu’ils n’ont perdu que 10 matchs cette saison dans leur antre de la Quicken Loans Arena.

Les Celtics, eux, se présentent en outsiders. Au terme de la saison régulière, ils présentent un bilan négatif de 40 victoires pour 42 défaites. Cependant, depuis le 2 février, les Celtics sont la deuxième meilleure équipe de la Conférence Est avec un bilan de 23 victoires pour 12 défaites, derrière… les Cavs (22-9) et vont arriver en pleine confiance, ayant remporté leurs six derniers matchs de saison régulière et restant sur sept succès consécutifs à l’extérieur.

Si nous résumons, nous avons donc deux équipes en forme, très bien coachées (nous y reviendrons plus bas), avec d’un côté l’expérience d’une équipe qui joue le titre, emmenée par le meilleur joueur du monde et de l’autre, un jeune collectif ambitieux, ayant la furieuse envie de montrer que cette place en playoffs est loin d’être volée. Objectivement, l’opposition entre les deux équipes risque d’être franchement agréable, voyons ce que ça va donner sur le terrain.

Meneur de jeu : Marcus Smart face à Kyrie Irving

Un rookie prometteur face au MVP du dernier championnat du monde, qui découvre les playoffs pour ce premier duel. Ici, l’expérience ne jouera pas ou peu, les deux joueurs vont découvrir une ambiance qu’ils n’ont jamais connu. Nous devrions avoir un duel explosif, avec deux joueurs aux qualités opposées, chacun excellents dans leur domaine.

Cette saison, Kyrie Irving a rendu une copie excellente, notamment sur le plan offensif. Parfaitement utilisé par David Blatt, le meneur a su trouver sa (nouvelle) place dans l’effectif complètement chamboulé des Cavaliers en étant plus effacé que l’année dernière mais non moins redoutable. Aujourd’hui, il constitue l’une des (trop) nombreuses armes à longue distance des Cavs, en shootant à 41,5% derrière l’arc sur la saison sur un volume conséquent de tirs (cinq par match de moyenne) et le tout en conservant sa qualité de création.

Marcus Smart, lui au contraire, n’est pas forcément connu pour ses qualités offensives. Malgré un sursaut d’adresse en janvier, le rookie n’a pas été très régulier sur la totalité de l’exercice. Cependant, sa saison s’est avérée être une grande réussite. Réputé incapable de rentrer le moindre tir en sortant de NCAA, Smart s’est montré capable de profiter des failles adverses pour sanctionner s’il le faut mais surtout, il a montré à la ligue entière l’étendue de ses capacités défensives. Lorsque l’on regarde les stats de plus près, Smart fait partie de quasiment toutes les line-ups les plus performantes défensivement pour Boston. Véritable bulldog sur le porteur de balle mais également si son vis-à-vis évolue sans ballon (comme cela pourrait arriver avec Irving si LeBron James monte le ballon), Smart sait très (très très très…) bien défendre et plus que son apport offensif, c’est de ça qu’aura besoin Boston dans cette série.

Oh oui, que ce duel sera intéressant. Kyrie Irving, pépite offensive, face à Marcus Smart, défenseur déjà aguerri, cela nous promet un match-up explosif. Seulement, la volonté de Marcus Smart en défense sera-t-elle suffisante pour contrer le talent offensif de Kyrie Irving ? Pas sûr.

Avantage Cavaliers : 65-35

Arrière : Avery Bradley face à J.R Smith

Au départ, nous avons comme sur le premier duel deux joueurs aux qualités opposées ici. Seulement, la donne a quelque peu changé au cours de cette saison régulière. Avery Bradley, réputé gros défenseur, a su prendre une toute autre mesure sur le plan offensif cette saison et a notamment été capable d’être régulier, chose que l’on attendait depuis bien longtemps, et sur laquelle le joueur était sans cesse critiqué. Au final, Bradley a conclu l’exercice à 14 points de moyenne avec une pointe à 18 points de moyenne sur le mois de février suivant le départ de Jeff Green. Capable de se créer son tir en sortie de pick and roll comme on le voit très souvent à mi-distance, Bradley est également devenu relativement fiable en situation de catch and shoot. Défensivement, son niveau a baissé par rapport à l’an passé (cela semble évident) mais il n’en reste pas moins capable de stopper à peu près n’importe qui dans la ligue. Cela pourrait s’avérer intéressant afin de relayer Marcus Smart sur Kyrie Irving et de façon à avoir toujours quelqu’un de frais et pas menacé par le foul trouble sur le meneur adverse.

Face aux Cavaliers, Bradley sera directement opposé à J.R Smith. Arrivé en cours de saison avec des rires venant de tous les supporters des équipes adverses, le néo-Cavalier a fait taire tous ses détracteurs. Discipliné, pas encore aperçu en boîte de nuit, J.R Smith s’est avéré être un élément clé de l’effectif des Cavs. Très adroit à longue distance (35,6% sur son début de saison à New-York, 39% avec les Cavs), l’arrière shoote énormément (7,3 tirs à trois points en moyenne !) et risque d’être très problématique s’il est négligé. Souvent oublié par les défenses derrière Irving – LeBron – Love, J.R Smith est capable de sanctionner et de prendre feu à tout moment comme il l’a montré face à Detroit récemment, inscrivant 28 points en réussissant 8 tirs derrière l’arc. Attention, danger.

A l’arrière, il sera demandé énormément à Avery Bradley sur cette série. Tout d’abord, il devra assumer son rôle offensif et rester la menace qu’il a été tout au long de la saison. Seulement, il sera largement sollicité défensivement également, que ça soit en relais de Smart sur Irving, ou pour ne pas laisser J.R Smith prendre feu. Cependant, Avery Bradley semble avoir un léger avantage ici.

Avantage Celtics : 60-40

Ailier : Evan Turner face à LeBron James

Sûrement l’un des duels les plus déséquilibrés de cette série. Evan Turner, bien qu’ultra précieux tout au long de la saison malgré le statut avec lequel il est arrivé, aura très fort à faire.

Utilisé sur les différentes postes extérieurs en fonction des besoins durant la saison entière, Evan Turner a été le véritable couteau suisse de Brad Stevens. Auteur d’une saison statistiquement solide (9,5 points de moyenne, 5,5 rebonds et 5,1 passes décisives), Turner a surtout été décisif plusieurs fois en fin de match. Sur ce premier tour de playoffs, sa mission sera notamment de stopper LeBron James, en plus de son activité offensive sur la création. Mission impossible ? Pas loin…

Depuis des années, chaque adversaire de LeBron James se pose la même question : comment le stopper ? Personne semble avoir véritablement trouvé la solution. Capable de créer du jeu que ça soit autour de la ligne des trois points ou au poste bas, le quadruple MVP est également capable de rentrer de gros tirs ou de pénétrer tel un tank dans la raquette. C’est pas tout, puisque ses capacités défensives sont également largement supérieures à la moyenne de par ses attributs physiques. Si LeBron active dès le premier match le « Playoffs Mode », celui qui lui avait permis d’inscrire 45 points dans le Game 6 au TD Garden en 2012 lors des demis-finales de Conférence, les Celtics seront extrêmement en difficulté. Cependant, il est possible que l’on voit moins Evan Turner pour laisser la place à des profils plus défensifs comme celui de Jae CrowderBrandon Bass que l’on verrait décalé défensivement sur LeBron comme il l’avait fait sur Carmelo Anthony il y a deux ans, Gerald Wallace (?) ou encore Marcus Smart. (?)

Quoiqu’il arrive, les Celtics semblent être largement déficitaires sur le poste 3. Bien qu’Evan Turner ait été extrêmement satisfaisant dans son rôle, face au meilleur joueur du monde, la tâche risque d’être bien trop compliquée. Idéalement, il faudrait limiter le rôle de LeBron James dans son rôle de scoreur et le pousser à des mauvaises décisions mais… est-ce réellement possible ? Il suffit de regarder cette vidéo pour se rendre compte du poids de LBJ sur l’attaque des Cavaliers :

 Avantage Cavaliers : 90-10

Intérieurs : Brandon Bass et Tyler Zeller face à Kevin Love et Timofey Mozgov

Comme nos collègues de CavsFR l’ont fait, nous réunissons les deux postes intérieurs, il est en effet difficile de considérer l’un sans l’autre.

D’un côté, les Celtics présentent une doublette difficilement imaginable en début de saison. Au poste 4, c’est Brandon Bass qui est titularisé, associé à Tyler Zeller, l’ancien Cavalier au poste de pivot. Offensivement, les Celtics ont donc deux intérieurs extrêmement mobiles et très fiables à mi-distance, notamment pour Zeller qui s’écarte de plus en plus en cette fin de saison, tout en étant capable de finir au cercle très proprement. Défensivement, Brandon Bass peut être performant sur à peu près n’importe quel poste 3 costaud ou n’importe quel poste 4. Zeller, lui, a montré de bonnes choses par séquences sur des pivots adverses, mais manque de physique pour s’imposer au rebond. Ainsi, les Celtics laissent très souvent des rebonds offensifs à leurs adversaires, ce qui pourrait s’avérer problématique dans cette série au vu des intérieurs adverses dans le cinq de départ ou sur le banc (voir plus bas).

De l’autre côté, les Cavaliers vont se présenter avec Kevin Love, arrivé cet été, et Timofey Mozgov, recruté en cours de saison parmi les très bons mouvements effectués par Cleveland. Kevin Love est plutôt utilisé depuis le début de saison comme une arme offensive à trois points (qui n’en est pas une en même temps à Cleveland ?) et joue plutôt loin du cercle. Là où cela pourrait s’avérer problématique pour Boston, c’est que Bass sera obligé de sortir sur lui et… de laisser Mozgov et Zeller se battre pour le rebond, ce qui pourrait mettre Zeller largement en difficulté face à un des meilleurs rebondeurs offensifs de la ligue.

À vrai dire, on a plutôt confiance dans les capacités de Bass pour stopper Kevin Love mais le rebond, lui, risque d’être un réel problème pour les Celtics. Avantage certain pour les Cavaliers dans ce secteur, même si la relative lenteur de Mozgov devrait être exploitée à bon escient.

 

Avantage Cavaliers : 70-30

Le banc :

Voici un des points sur lesquels Boston a des sérieux arguments à faire valoir. Depuis l’arrivée d’Isaiah Thomas (l’un des grands favoris pour le titre de sixième homme de l’année) ou de Jonas Jerebko dans le roster, mais également le décalage de Jae Crowder en sortie de banc, les remplaçants de Brad Stevens sont une véritable menace pour l’adversaire. Souvent extrêmement performants, ils permettent aux titulaires de se reposer tout en gardant un écart certain… voire en l’augmentant ou en comblant leur retard. Véritablement capable de prendre feu, le banc des Celtics pourrait poser de sérieux problèmes défensifs aux Cavaliers, qui devront trouver un moyen de s’adapter. En effet, si Boston peut se permettre de sortir de son banc Thomas, Crowder, Olynyk ou même Sullinger, l’adversaire présente moins de talent offensif à proposer avec Iman ShumpertMatthew Dellavedova ou Tristan Thompson.

Les Celtics poseront de sérieux problèmes aux Cavs… s’ils arrivent à verrouiller le rebond. Que ça soit dans le cinq de départ ou sur le banc, les Celtes vont se retrouver face à deux des meilleurs rebondeurs offensifs en la personne de Timofey Mozgov et Tristan Thompson. Ayant la fâcheuse habitude de se faire dominer au rebond offensif, les Celtics risquent de se retrouver vite en difficulté face à Thompson. Une fois ce problème résolu (ce qui n’est pas une mince affaire), Boston pourrait véritablement avoir son plus gros avantage de la série par les séquences du banc.

Avantage Boston : 65-35

Coaching : Brad Stevens face à David Blatt

S’il existe des duels prometteurs dans cette série, celui entre ces deux coachs de haut niveau s’annonce grandiose.

Brad Stevens, après seulement deux ans de coaching dans cette ligue, va découvrir les playoffs. Après une carrière universitaire couronnée de succès (deux finales de la March Madness avec Butler), voici donc un nouveau challenge qui s’offre au jeune coach. Cette saison, Stevens a su faire taire tous ses détracteurs un à un. Extrêmement critiqué en début de saison alors que les Celtics ne parvenaient jamais à s’imposer dans les fins de match, il est aujourd’hui encensé de toutes parts. En effet, malgré un effectif largement chamboulé avec la perte de Rajon Rondo et de Jeff Green, Brad Stevens a su tirer le meilleur de chaque joueur passé sous son commandement cette saison (on peut penser à Marcus Thornton, à Tayshaun Prince ou à Evan Turner) pour guider les Celtics en playoffs. Surtout, il a impressionné par sa capacité à s’adapter à l’adversaire, et c’est bien pour cela que son duel avec David Blatt s’annonce tactiquement passionnant.

David Blatt, lui, est loin d’être un novice à ce niveau. Certes, il honorera ici sa première présence en playoffs NBA, mais l’entraineur américain connait parfaitement ces matchs couperets à très haut niveau. Vainqueur d’un Championnat d’Europe en tant que coach de la Russie, vainqueur de plusieurs titres européens, Blatt connait cet enjeu. Tout comme Stevens, l’entraineur des Cavaliers a été critiqué en début de saison, alors que son équipe présentait un bilan, certes honorable, mais en deçà des attentes. Mais tout comme Stevens, aujourd’hui son équipe va bien et les critiques à son égard sont moindres, Blatt ayant lui aussi démontré d’excellentes capacités d’adaptation face aux adversaires.

Duel de haut niveau sur le banc pour cette série avec deux coachs qui par leurs différents choix, risquent de peser lourd dans le résultat final. Pour l’expérience qu’il a déjà, Blatt part cependant avec une légère avance sur Stevens.

Avantage Cavaliers : 60-40

Conclusion :

360 à 240. Voici le total si l’on ajoute tout ce que l’on a vu dans cette preview. Oui, les Cavaliers semblent infiniment mieux armés, plus talentueux et disposant d’une force de frappe bien plus importante que les Celtics, mais ça n’est pas vraiment une surprise. Ne serait-ce pas malvenu d’espérer voir Boston passer ce premier tour alors que l’on espérait un bon tour de draft à la loterie lors de l’ouverture de cette saison ?

Assurément, Boston ne passera pas ce premier tour, sauf réel miracle. L’objectif, s’il n’a pas déjà été atteint, sera donc de former les jeunes, de leur donner une première expérience du très haut niveau et de l’intensité demandée en playoffs. Pour nous, supporters, profitons de revoir cette franchise disputer des matchs de playoffs, et profitons de cette fin de saison géniale. Comme le dit très bien Danny Ainge :

Si on veut espérer dans cette série, il faudra que cinq ou six joueurs de notre équipe jouent le meilleur basket de leur vie. La montagne qui se dresse devant nous est énorme, mais ça va être fun. C’est une opportunité amusante pour nous.

S’il fallait donner un pronostic, le coeur dirait 4-1 pour les Cavs, tant on espère voir Boston arracher un match dans un TD Garden survolté. Cependant, si les Cavs appliquent leur plan de jeu et jouent à fond durant chacune des 48 minutes des quatre matchs, l’addition pourrait être salée et se rapprocher du sweep.

Et vous, qui voyez-vous s’imposer au terme de cette série ? Les Celtics souhaitent en tout cas vous faire saliver avec cette vidéo d’introduction aux playoffs :

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Article rédigé par Baptiste Godreau

10 Comments on “Playoffs Preview : Boston Celtics – Cleveland Cavaliers”

  1. Great job les gars.
    Bravo pour votre taf toute la saison.

    Si on pouvait chopper 1 ou 2 match au TD ce serait vraiment un kiff de fou.
    Allez je me lance, Cavs en 6 ( juste pour avoir 3 matchs au TD ^^ )

  2. Good job !
    J'ai mis 4 à 1 Cavs, le cœur espère une victoire mais la raison sait que ça ne va pas être facile.
    Mais d'être en Playoffs cette saison est déjà une victoire.
    Go C's !!

  3. Il sera très intéressant de voir ce que Stevens aura prévu pour James. Le coller serait désastreux, je pense qu'il faut le laisser scorer à mi-distance, ne pas le laisser trouver de shooteurs démarqués. Ce genre de joueurs est impossible à défendre, autant partir de ce principe pour construire notre stratégie de ce côté du terrain.

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