Game 1 : Kyrie Irving tue les Celtics

Hier soir, pour la première fois depuis deux ans, les Celtics retrouvaient les playoffs en se déplaçant à Cleveland, tête de série numéro 2 à l’Est. Revenons sur le déroulement du match en quelques lignes, avant de voir quelques points tactiques de cette rencontre, positifs ou négatifs.

Dès le début du match, les Celtics ont été extrêmement appliqués. Peu de pertes de balle, un plan de jeu bien exécuté, une bonne rentrée en jeu de Kelly Olynyk (sept points de suite dans le premier quart-temps dont un dunk rageur en pénétration) et surtout une défense appliquée font que les Celtics mènent 31-27 après un quart-temps.

La suite est plus compliquée. Tristan Thompson, sorti du banc, a littéralement marché sur la raquette Celte dans le second quart-temps. Rebond offensif sur rebond offensif (six secondes chances sur 13 tirs ratés pour Cleveland), les Cavs augmentent le rythme, poussés par un Kyrie Irving qui a déjà planté 20 points dans la seule première mi-temps alors que les Celtics ont plus de mal à mettre en place leur jeu, subissant l’agressivité des Cavs qui forcent les Celtics à perdre six ballons dans le seul second quart. Au terme des 24 premières minutes, Cleveland a pris les devants, 62-54.

La deuxième mi-temps ressemble au second quart-temps. Les Cavs gèrent, prennent jusqu’à 20 points d’avance, continuent de prendre une valise de rebonds offensifs derrière un Irving majestueux, le tout entrecoupé de petits runs des Celtics les ayant vu revenir notamment à huit points à la fin du troisième quart-temps… avant de reprendre un 9-0. À l’expérience en fin de match et tout en contrôle, les Cavs finiront tranquillement pour s’imposer 113-100 et empocher le Game 1 à la maison.

Jusque-là, tout semble logique. Les Cavs sont favoris et ont (infiniment) plus de talent. Voyons alors quelques points techniques qui ont fait basculer le match, qui pourraient être corrigés pour espérer empocher un match ou deux au cours de cette série. Car oui, il y a des raisons pour les Celtics d’éviter le sweep.

  • Rebonds (offensifs) : hier soir, les Cavs ont pris le rebond offensif sur 35% (!) de leurs shoots manqués. Pour information, la meilleure équipe de la ligue cette saison dans ce domaine (le Jazz) n’en prenait « que » 29%. Déjà dans la preview, nous évoquions avec inquiétude ce secteur du rebond offensif et plus généralement le rebond dans son ensemble. Souvent mis en difficulté cette saison par leur manque de taille et de physique à l’intérieur, les Celtics ont subi hier soir, prenant 12 rebonds de moins que leur adversaire (34 contre 46) et en abandonnant surtout 15 rebonds, offrant 30 points potentiels aux Cavs qui ne se sont pas privés pour les sanctionner. Love, Thompson ou encore Mozgov, tous ont apporté leur pierre à l’édifice dans ce secteur. On le savait, les Celtics manquent de poids face à ces intérieurs, mais ils ont également semblé manquer d’envie, et il était beaucoup trop simple pour les Cavaliers d’obtenir des secondes chances. Dès mardi, les Celtics vont devoir verrouiller le rebond car en réduisant le nombre de secondes chances des Cavaliers, la donne pourrait être complètement différente.

 

  • Avery Bradley : 7 points en 31 minutes à 3/10 au tir et 1/6 à trois points, ajoutés à une défense poreuse. Bradley ne découvrait pas les playoffs hier soir, mais il a pourtant semblé tétanisé par l’enjeu. Ne jouant pas libéré, tout en retenue, Bradley n’a pas du tout pesé sur le match. Pire, il a pris des tirs sans conviction et semblait désintéressé, envoyant notamment trois airballs d’un bon mètre à chaque fois. Faut-il lui tomber dessus cependant ? Non, clairement pas. Déjà, il ne s’est pas entrainé cette semaine pour une blessure au quadriceps. Celle-ci est-elle totalement rétablie ? Difficile de savoir. Très efficace cette saison, Bradley était attendu au tournant ce soir, et n’a pas eu le temps de respirer. Serré de près par Smith, il a été très bien défendu. Malgré cette défense, les Celtics ont besoin de Bradley pour survivre dans cette série. Dès mardi, il lui faudra se remettre en confiance. Bonne nouvelle, sur les matchs suivants une performance à trois tirs inscrits ou moins sur dix tirs ou plus tentés cette saison par Bradley, l’arrière tourne à 18,3 points par match à 57% au tirs. Espérons qu’il poursuive sur cette lancée mardi, car les Celtics ont clairement besoin de sa dimension offensive prise cette saison. Bradley le sait, il a d’ailleurs promis qu’il rebondirait au Game 2.

 

  • Kyrie Irving : 30 points à 11/21 au tir et 5/9 à trois points, voici la performance de Kyrie Irving pour son premier match en playoffs hier soir. On le savait fort, très fort même mais hier soir il a été impressionnant, et a tué à lui tout seul ou presque les Celtics. En première mi-temps, il a livré un parfait 4/4 derrière l’arc dont un dernier panier au buzzer juste avant la mi-temps qui a tué le moral Celte. Utilisant le pick-and-roll à foison, les Cavs ont troué les Celtics avec cette arme. Surtout, sur Irving, les différents défenseurs (Smart et Bradley principalement) sont souvent passés sous l’écran plutôt que de suivre le meneur, permettant à Kyrie soit de tirer en sortie de pick, soit de créer sur son dribble, profitant du temps d’avance que la défense lui a donné à chaque fois. Les Celtics peuvent-ils pourtant espérer remporter quelques matchs avec un Kyrie à ce niveau ? Oui, assurément. La défense qui a été proposée hier soir sur Irving ne peut être comprise indépendamment de celle proposée sur LeBron James. Stevens après le match, a confié avoir été satisfait de ce qui a été entrepris sur LBJ (et on l’est aussi). Cantonné dans un rôle de shooteur à mi-distance et plutôt bien isolé, LeBron n’a pas pesé sur le jeu autant qu’il pourrait le faire. Bien sûr, il a marqué 20 points, mais il faut se rappeler de ce dont il est capable. Or, si les C’s maintiennent LeBron dans ce rôle et à cette production, forcément celle de Kyrie Irving sera supérieure. Parmi Love – LeBron – Kyrie, les Celtics doivent faire des choix, c’est « la peste ou le choléra » a dit Stevens hier après le match. Hier soir, LeBron a été bien défendu, Kyrie a eu plus d’espace mais il a surtout rentré des tirs d’une difficulté extrême. Voyez par vous-même :

  • Les pertes de balle : Danny Ainge l’avait prévenu. Face aux Cavs, il faut rendre une copie parfaite sur 48 minutes pour espérer remporter le match. Le General Manager avait mentionné notamment le fait qu’il fallait pour les Celtics perdre le moins de ballons possibles. Hier, malgré une très bonne entame du match sur ce point (une seule perte de balle dans le premier quart-temps), les Celtics ont terminé la rencontre avec 14 ballons perdus… qui ont donné 20 points aux Cavs. C’est beaucoup trop.

Malgré l’absence au rebond, le non-match de Bradley, le festival de Kyrie Irving et le surplus de ballons perdus, les Celtics ont également montré par séquences des choses encourageantes pour la suite de la série :

  • La capacité à scorer : Face à l’une des meilleures équipes défensives de toute la ligue depuis le All-Star Game, les Celtics ont rassuré offensivement hier. En inscrivant 100 points au terme des 48 minutes, le tout en tirant à 46,8% au tir, la prestation offensive des Celtes a été plus que correcte face à la défense serrée des Cavs, notamment celle de James qui semblait en mission sur Evan Turner. En première mi-temps surtout, l’attaque des Celtics était fluide, dynamisée par Isaiah Thomas et Kelly Olynyk, avec peu de déchet (cela va évidemment de pair avec les pertes de balle) et une réussite au tir presque insolente. On se doute que réussir cette performance sur 48 minutes face à une telle équipe est plus que difficile, mais les Celtics ont néanmoins montré de quoi ils étaient capables offensivement hier.

 

  •  Isaiah Thomas : Avec 22 points, 10 passes décisives et 5 rebonds, Thomas a lui aussi réussi son baptême du feu en playoffs. Il a même rejoint Oscar Robertson et LeBron James dans le club des joueurs à 20 points, 10 passes et 5 rebonds minimum pour leur premier match en postseason. Sur ce match, Thomas a prouvé qu’on pouvait compter sur lui. Malgré trois pertes de balle dans le second quart-temps qui ont fait très mal au moment où les Celtics avaient étaient en difficulté, le potentiel sixième homme de l’année a assuré, et devra rester à ce niveau dans la suite de la série. Highlights :

Malgré la défaite, les Celtics ont largement de quoi espérer après le premier match. En verrouillant le rebond, véritable clé de chaque match à venir, les Celtics peuvent rivaliser (un peu plus qu’hier du moins). Surtout, hier n’était que le premier match d’une longue série, et le second risque d’être plus intéressant. Les deux coachs, aussi bons qu’ils soient, auront eu le temps de faire leurs ajustements et cette deuxième rencontre sera tactiquement bien plus intéressante.

Au suivant donc, mardi à 01h du matin (heure française).

Article rédigé par Baptiste Godreau