Les Celtics se battront jusqu’au bout

La saison des Celtics pourrait se finir ce dimanche. Les Cavaliers seraient en effet bien idiots de ne pas se donner à 120% pour mettre fin à ce premier tour le plus vite possible et profiter de quelques jours de repos avant d’affronter un adversaire peut-être plus coriace. Une chose est sûre, c’est que les Celtics n’abandonneront pas, et regarderont droit dans les yeux leur adversaire, comme ils le font depuis trois matchs désormais.

Les Celtics ont prouvé jeudi dans leur défaite 95-103 à domicile face aux Cavs pour le troisième match de la série, qu’ils n’avaient clairement pas le talent individuel de leur adversaire. Cependant, ils se sont toujours battus. Ils ont fait rugir le TD Garden comme on ne l’avait pas entendu depuis l’ère du Big Three et ont donné l’espoir à tous les supporters Celtes d’un avenir prometteur.

Malgré ça, le talent est aujourd’hui invaincu. Boston est mené 3-0, un déficit qu’aucune équipe NBA n’a jamais remonté dans toute l’histoire. La question est donc de savoir non pas « si » mais « quand » la saison des Celtics va se terminer.

Si vous avez pris en route cette saison, prenez un instant pour savourer ce qu’a fait cette équipe dimanche soir. Ils ont fait mentir tous les pronostics (les projections leur donnaient 27 victoires, ils ont fini avec 40), le tout avec un roster sans cesse perturbé (11 trades, 41 joueurs dans l’effectif au total depuis le training camp. En s’invitant en playoffs en remportant huit de leurs neuf derniers matchs pour obtenir le septième seed, les Celtics ont eu le droit de jouer quatre matchs minimum face au favori de la Conférence Est. Quatre matchs disputés, qui plus est.

Jeudi soir, le meilleur talent individuel de cette équipe des Celtics, Isaiah Thomas, a rendu une copie médiocre à laquelle nous n’étions pas habitués (5 points à 2/9 en 21 minutes de jeu), mais Boston a trouvé une fois de plus le moyen de résister autour de joueurs comme Jae Crowder (16 points, 7 rebonds, 4 passes décisives, 2 interceptions et 2 contres), Evan Turner (19 points, 8 passes décisives et 2 interceptions) ainsi que Jonas Jerebko (4 points, 7 rebonds et une présence physique certaine).

C’est sur un rebond offensif – un de ceux qui tuent les Celtics depuis le début de la série – que les Celtics ont à nouveau été tués jeudi. Alors que les hommes de Brad Stevens étaient revenus à trois points avec moins de trois minutes à jouer, Tristan Thompson a été chercher son quatrième rebond offensif de la soirée, pour transmettre la balle à Kyrie Irving, qui l’a lui même fait voyager jusqu’à Kevin Love pour un tir à trois points ramenant l’écart à six points avec 2min13 à jouer.

On s’est battus, a dit Jae Crowder après le match. Ils ont fait des runs, on a fait des runs, on a bien réagi… et je pense que ça montre le développement fait par ce groupe.

Développement. Progrès. Voilà les mots-clés de la saison 2014-2015 des Celtics. Même si Boston n’a clairement pas le talent pur que possède Cleveland, cette équipe croit réellement en ses chances de pouvoir rivaliser avec les Cavaliers. C’est pourquoi les joueurs ont été si frustrés de ne pas prendre au moins un de ces trois premiers matchs.

Lors de sa dernière conférence d’après match, un journaliste a demandé à Brad Stevens ce qui séparait les Celtics des Cavaliers, ce à quoi l’entraineur a reconnu un écart réel de talent entre les deux équipes.

On verra à la fin de la série, non ? Je serai plus apte à vous répondre, a ajouté Stevens. Je veux être prêt à jouer et être sûr que nous jouions du mieux possible pour les X matchs qu’il nous reste.

Mais évidemment, ce qui nous sépare d’eux, c’est le numéro 23. Evidemment, ils ont d’autres joueurs extrêmement talentueux. Kevin Love a rentré de gros tirs, Kyrie Irving a rentré des gros tirs, et J.R Smith a joué à un niveau supérieur des deux premiers matchs. Donc je pense que tous ces gars, en ajoutant Thompson et les rebondeurs, ainsi que tout le reste de l’équipe, fait qu’on a un tas de bons joueurs autour de superstars, qui deviennent meilleurs à leurs côtés. C’est ce que les meilleurs font, ils subliment le niveau de jeu de leurs coéquipiers.

Les Celtics ont impressionné leur adversaire par leur combat. LeBron James a complimenté Brad Stevens sur la préparation effectuée et sur son coaching, saluant surtout ce que Stevens a fait avec un roster jeune démuni de superstar. David Blatt a également un avis sur la question :

Ça n’était pas un match facile et honnêtement, aucun des trois premiers matchs n’a été facile. Coach Stevens réalise un énorme travail avec son équipe, ils jouent dur et combattent comme ça devrait l’être en playoffs.

Peu de personnes auraient prédit que les Celtics résisteraient autant qu’ils le font actuellement. Bien sûr, certains s’attendaient à ce que Boston prenne un match (et ils le peuvent toujours), mais ces Celtics étaient censés être simplement heureux d’en être ici. Cela ne semble pas être dans l’esprit de cette équipe, qui n’est pas satisfaite de ces défaites, comme Jared Sullinger l’a confié après le second match :

On n’aime pas les victoires morales. On veut gagner.

Pour garder leur saison en vie, les Celtics devront s’imposer dimanche. Si les Cavs et LeBron James jouent à leur meilleur niveau, ils peuvent cependant éviter de revenir à Boston pour un cinquième match. Prenez donc un moment pour savourer tout ce qui entoure cette saison 2014-2015 des Celtics.

Processus de reconstruction ? Les Celtics ont préféré aller chercher une place en playoffs. De plus, ils auraient pu se laisser un peu couler afin d’affronter des Hawks qui semblaient plus abordables au premier tour, mais ont préféré continuer de se battre pour demander à affronter ces Cavaliers.

La plupart des observateurs voyaient les Celtics comme une simple formalité pour les Cavs, mais ils ont poussé cette équipe dans ses retranchements à chaque match. Avec cette saison sur le point de se terminer, Boston ne changera pas ce qui a été fait pour en arriver là.

Il y a un match dimanche, a dit Brad Stevens. On se prépare pour jouer du mieux possible.

Ca peut ne pas être suffisant face à un tel adversaire, mais cette équipe a été un plaisir à regarder cette saison. Savourez chaque fois que Jae Crowder essaie de voler un ballon dans les mains de son adversaire. Savourez chaque fois que Marcus Smart joue le chien de garde sur le meneur adverse (ou lorsqu’il va même prendre le challenge de défendre sur LeBron James). Savourez chaque drive au panier d’Isaiah Thomas et chaque skyhook de Jonas Jerebko. Savourez la façon dont Jared Sullinger est revenu de ce qui était censé être une blessure mettant fin à sa saison pour donner des minutes précieuses à Boston en playoffs. Savourez surtout la façon dont Brad Stevens coachera ses joueurs jusqu’à la dernière minute dimanche, et plus s’il le faut.

Appréciez le fait que ces Celtics se battent chaque fois qu’ils sont sur le parquet. La saison pourrait se terminer dès demain, mais n’oubliez pas que c’est une chance d’en être là aujourd’hui, après la saison vécue et les attentes qui étaient celles du début de saison (tanking ?). Cette équipe vous manquera dès lundi si les Celtics venaient à perdre demain alors ne faites qu’une chose : profitez. Profitez de ce qui pourrait être le dernier match de Boston avant octobre.

Allez Boston, faites nous rêver une dernière fois !

Article traduit et adapté par Baptiste Godreau de celui de Chris Forsberg, ‘On the brink, Celtics won’t stop fighting