Les Celtics peuvent-ils vraiment monter dans la draft ?

Dans un peu plus d’un mois (le 25 juin à 01h du matin exactement) aura lieu à Brooklyn la Draft NBA, rendez-vous extrêmement important dans un processus de reconstruction comme celui engagé par les Celtics. Après un piètre exercice l’an passé, les Celtics étaient passés par la loterie et s’étaient vus remettre le sixième choix de la draft (utilisé pour sélectionner Marcus Smart), ajouté au 17e, qui a amené James Young à Boston.

Cette saison, la donne est différente et les Celtics ne passeront pas par la case loterie, qui a lieu ce soir. En décrochant un spot en playoffs, ils se sont vus attribuer le 16e spot de cette draft 2015, auquel il faut ajouter le 28e choix en provenance des Clippers, le 33e en provenance des Sixers, ainsi que le 45e.

Ces derniers jours (mois ?), quelques rumeurs ont évoqué la volonté des Celtics de trade-up, c’est à dire de monter un échange dont le but est essentiellement de gagner quelques places dans la draft et récupérer un prospect visé. Précisément, c’est Sherrod Blakely (CSNNE) qui a fait monter ce bruit selon lequel les Celtics cibleraient Willie Cauley-Stein, prospect de 2m13 et 111 kilos, hyper athlétique en provenance de Kentucky, avec lequel les Celtics se seraient notamment entretenus lors du Draft Combine à Chicago ces derniers jours. Le problème, c’est que Cauley-Stein apparaît au moment où l’on écrit cet article aux alentours de la dixième place dans les différentes mock drafts, soit six places minimum de plus que celle attribuée à Boston. D’après Chad Ford (ESPN), il y a dans cette cuvée 2015 dix à douze joueurs capables d’avoir un impact immédiat dans l’équipe qui les draftera. Dix à douze, mais pas seize.

Pour acquérir ce type de joueur, les Celtics devront donc passer par un trade afin de gagner quelques précieuses places, celles qui précisément correspondent aux places « perdues » par la présence des Celtics en playoffs. Alors, Danny Ainge peut-il véritablement parvenir à grimper dans cette draft et à récupérer un pick issu de la loterie à l’aide de ses atouts accumulés depuis deux saisons ?

Tout d’abord, prenons un peu de recul pour revenir sur la dernière fois où les Celtics ont réalisé un acte semblable. Qu’est-ce que ça leur a coûté / rapporté ? En 2013, la franchise était dans une situation exactement identique, possédant le 16e choix de la draft. Cependant, les Celtics avaient pu choisir Kelly Olynyk trois choix plus haut en échangeant trois tours de draft. Pour cela, ils avaient dû abandonner leur propre 16e pick, qui a été utilisé pour drafter Lucas Nogueira, ainsi que deux seconds tours de draft de la cuvée 2014, utilisés pour Cleanthony Early à la 34e position de la draft, et pour Russ Smith, à la 47e position.

Cette année, la 13e position de la draft atteinte en 2013 ne devrait cependant pas être suffisante pour atteindre un prospect tel que Cauley-Stein et les Celtics devront lâcher plus qu’un premier tour et deux seconds tours pour atteindre la dixième place… voire mieux. En 2013, dans la même cuvée que celle qui a permis à Boston de gagner trois places, le Jazz était parvenu à intégrer le top 10 en abandonnant son pick #14 (Shabazz Muhammad) et son pick #21 (Gorgui Dieng) pour aller chercher Trey Burke à la neuvième position.

Avec les picks #16, #28, #33 et #45 de cette cuvée, Danny Ainge possède peut-être des atouts qui lui permettront de s’immiscer dans le top 10. Est-il pour autant enclin à céder tout ce qu’il possède « simplement » pour gagner quelques places ? Il a assuré récemment que ça n’était pas le cas, mais il tentera assurément de maximiser le potentiel de ses atouts pour récupérer le plus de valeur possible.

Seulement, les Celtics sont aujourd’hui avec les Sixers l’une des équipes avec le plus de tours de draft en leur possession et peuvent proposer des atouts qu’ils ont en leur possession pour les années à venir. Par exemple, ils pourraient proposer le premier tour des Mavs (protégé 1-7 en 2016) récupéré dans l’échange de Rajon Rondo, ou encore ceux des Wolves ou des Nets en accompagnement d’un pick de cette année.

Mais dans une draft plutôt solide en haut, comme l’indique Chad Ford, et moyenne ensuite, que vaut réellement un package composé d’un 16e choix et d’un 28e choix ? Sûrement pas une place dans le top 10. C’est là que Danny Ainge pourrait également jouer avec d’autres pions. Récemment, un GM anonyme a déclaré que James Young, s’il était resté un an de plus à l’université, aurait pu être dans le top 10 de cette draft. Un an après son arrivée à Boston, et une saison dans laquelle il n’a quasiment pas eu de rôle à jouer, peut-il faire l’objet d’une monnaie d’échange ? C’est une hypothèse, tout comme celle de voir Kelly Olynyk ou un autre jeune membre de l’effectif faire ses bagages pour faire de la place à un prospect plus intéressant.

Plusieurs scénarii sont possibles, pour rattraper ces quelques places perdues par un court run en playoffs. Dans un mois, nous saurons si cette percée en postseason aura coûté aux Celtics quelqu’un comme Willie Cauley-Stein, Mario Hezonja ou encore Kristaps Porzingis.

De ce fait, la loterie qui se tiendra ce soir (2h30, pour ceux que ça intéresse) sera à surveiller à plusieurs égards, car elle pourrait nous révéler les noms des futurs partenaires de négociation de Danny Ainge. Cependant, il ne faut pas croire que la draft sera le seul moment où les Celtics vont pouvoir agir cet été. La fenêtre de tir est large, et il n’est pas improbable que Danny Ainge drafte un prospect à ses choix initialement prévus pour l’échanger plus tard dans l’été et récupérer un plus gros poisson.

L’année dernière, il avait été longtemps question d’un échange du pick #6 jugé décevant à la loterie, pour faire venir un joueur plus confirmé à Boston (Love ?). Malgré les rumeurs, rien ne s’était passé, Danny Ainge préférant garder ses atouts pour un moment plus opportun. Cette année, nul doute que la stratégie sera la même. S’il y a possibilité de monter dans la draft (ce qui sera dur, vous l’avez compris) et de trouver un deal juste, çela pourrait se faire, mais rien ne sera fait à la hâte une fois de plus.

Article rédigé par Baptiste Godreau