Kevin Garnett : l’homme qui a révolutionné la NBA [1/2]

1995, un jour de printemps, les hommes les plus puissants du basket professionnel sont réunis dans un gymnase de Chicago pour scruter le futur de la NBA.

Ils sont venus voir un prospect, un adolescent qui culmine à plus de deux mètres dix, possède l’envergure d’un ptérodactyle, court comme un guépard et saute comme une gazelle. Il ressemble à un pivot mais bouge comme un meneur. Dégingandé et pourtant gracieux. Il peut passer, courir, tirer et il est capable de défendre sur les cinq postes.

Avant ce jour, personne n’avait jamais rien vu de semblable. Devant eux se tenait un joueur annonciateur d’une nouvelle ère : Kevin Garnett, le précurseur.

Les voilà face à un intérieur capable de s’élever pour protéger son panier, récupérer le rebond, mener la contre attaque et la conclure d’un dunk rageur ; face à un lycéen convaincu de pouvoir passer pro, à une époque où la draft est peuplée uniquement d’étudiants ; face à un jeune homme audacieux, aux capacités uniques, qui allait littéralement changer la NBA, pour toujours.

Passer directement du lycée à la NBA ? Garnett lança la tendance. La limite d’âge ? Garnett l’a indirectement fixée. Le contrat maximum ? Les contrats rookie de cinq ans ? Le lockout de 1998-1999 ? Toutes ces choses furent influencées par l’incroyable contrat de Garnett à $126 millions.

La recherche permanente d’athlètes longilignes, capables de faire l’aller retour entre la raquette et le périmètre – Darius Miles, Stromile Swift, Anthony Randolph – a véritablement commencé avec Garnett, il y a vingt ans.

Alors que sa brillante carrière s’achève tranquillement, là où tout a commencé, dans le Minnesota – après être passée par Boston et Brooklyn – le moment semble idéal pour faire le point sur l’une des figures les plus uniques à avoir honoré la NBA de sa présence.

Bleacher Report a interrogé plus de quarante personnes qui ont joué ou travaillé avec Garnett au cours de sa vie de basketteur pour vous livrer un récit oral en deux parties d’une carrière NBA unique.

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Garnett 1

Dale Tait/Getty Images

Les ailiers forts étaient des brutes comme Charles Oakley. Les double mètres à la Hakeem Olajuwon passaient leur vie dans la peinture. Les tirs longue distance et les dribbles étaient l’apanage des arrières. La NBA de 1995 était dominée par de musculeux scoreurs intérieurs – Olajuwon, Shaquille O’Neal, David RobinsonKarl MalonePatrick EwingCharles Barkley.

Et puis un gamin de 19 ans a débarqué, filiforme, explosif, égalant O’Neal par la taille et Scottie Pippen par la grâce.

« Je crois qu’à ce moment, on a commencé à se rendre compte combien ces gars étaient habiles, grands et puissants, et à se demander si ça allait devenir la norme », se rappelle Gregg Popovich à propos de l’arrivée de Garnett. « Va-t-on voir arriver d’autres gars identiques, qui peuvent faire ça ? C’est ce que j’ai immédiatement pensé quand je l’ai vu pour la première fois. C’était incroyable. »

D’autres allaient bien vite repousser les limites de nos imaginations – Dirk NowitzkiRasheed Wallace et finalement LeBron James – mais aucun ne le fit comme Garnett.

« Il représentait cette nouvelle génération, un joueur unique pour l’époque, » raconte Paul Pierce, qui a joué contre et plus tard avec Garnett, « car personne n’avait jamais vu ça, un tel mélange de vitesse, d’aptitudes physiques, et de polyvalence. Ce fut le premier. »

Aujourd’hui, personne n’est surpris quand Chris Bosh s’écarte pour tirer à trois points, ou quand DeMarcus Cousins remonte la balle en transition. On s’émerveille devant Kevin Durant et Anthony Davis, mais Garnett fut le prototype, leur ancêtre direct.

« Il fut en quelque sorte le premier monstre athlétique de ce genre, qui pouvait bouger, courir et faire toutes ces choses, » analyse le coach de Toronto, Dwane Casey.

« Il a révolutionné ce sport, » dit de lui Bosh, la star du Heat, sans hyperbole. « C’était un gamin, All-Star, prenant des rebonds, remontant la balle et finissant avec un dunk. Je n’avais jamais vu ça auparavant. Du coup je me disais, ‘Si je veux jouer en NBA, il faut que je sache faire ça’. »

Garnett soufflera trente-neuf bougies jeudi (19 mai NdT), et, bien que sa rage ne se soit pas émoussée, on ne peut en dire autant de ses talents. Si il jouera peut être une ou deux saisons supplémentaires, il ne rejouera sans doute plus aucun match réellement décisif.

Mais Garnett a laissé une marque indélébile dans l’histoire, en tant que pionnier, prototype, trashtalker, précurseur, meneur d’hommes et champion.

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