Quid de l’avenir de James Young ?

Le jeune shooteur de Kentucky est arrivé dans la ligue avec beaucoup de potentiel, mais a encore beaucoup de chemin à faire selon Celticsblog.

En juin 2014, les Celtics ont drafté James Young avec le 17ème choix de la draft. Son passage à l’université fut court certes puisqu’il n’a effectué qu’une seule saison à Kentucky, mais intense car il a aidé les Wildcats à atteindre la finale du tournoi NCAA, défaits par les Huskies du Connecticut. Au cours de cette saison, James Young s’est montré comme un joueur possédant une large palette offensive, ce qui intéressa les Celtics pour un possible remplaçant derrière Jeff Green. À l’origine, il devait devenir le joueur multi-tâche titulaire dont nous avons actuellement besoin.

Au Kentucky, Young était doté d’une jolie mécanique de tir, il ne craignait pas les matchs importants, et avait la taille et les qualités athlétiques requises pour jouer à haut niveau. Le futur semblait alors aussi radieux pour Young que cela l’a été pour le premier choix des Celtics : Marcus Smart.
Lorsque son nom à été prononcé à Brooklyn lors de la draft, la réaction générale des fans (dont Bill Simmons en direct sur ESPN) fut plus que positive.

Malheureusement, depuis son arrivé à Boston, Young n’a rien prouvé de concret pour que le coach lui accorde une place dans la rotation. Sur cette première saison, il n’a disputé que 31 matchs, après avoir été au repos tout l’été pour une blessure à la suite d’un accident de voiture, et pour s’être blessé à l’adducteur en pré-saison. Si on lui accordait quelques minutes de plus, il n’avait pas l’impact dans le jeu qui était attendu, au contraire de Luigi Datome, qui lui a pris les minutes promises au moment du transfert de Jeff Green. L’ailier italien a très vite apporté ce qu’on lui demandait, c’est à dire du shoot extérieur et de la défense, et a donc vite repoussé Young au bout du banc, voire en D-League.

Malgré une saison précédente offensivement remarquable en NCAA, James Young n’a tiré qu’à 35.3% sur l’ensemble de la saison NBA. Il faut cependant préciser que deux tiers de ses tirs se situent derrière l’arc, ce qui affecterait le pourcentage de n’importe quel joueur de la ligue. Malheureusement, son pourcentage à trois points est tout aussi médiocre : 25.8%. Un échantillon de tirs plus élevé devrait cependant améliorer ces chiffres l’année prochaine puisqu’on a pu voir que sa mécanique de shoot était plus que correcte. Malgré tout, pour quelqu’un d’aussi dépendant de son tir pour s’imposer en NBA, un tel manque d’adresse reste problématique.

Sa défense, ce n’était pas mieux, voire pire. Incapable de défendre correctement sur le porteur du ballon, il a manqué beaucoup trop de rotations décisives. C’est très certainement pour cette raison que le coach ne pouvait le laisser trop longtemps sur le parquet sans risquer de faire plonger son équipe alors dans la lutte pour les playoffs.

Lorsqu’il jouait poste 3, son PER était de 5.9 alors que celui de son adversaire direct était de 16.6. Son net rating (différence entre les points marqués et encaissés par l’équipe sur 100 possessions) sur la saison est de -8. Ces stats sont certes décourageantes, mais elles ne reflètent pas toute l’histoire.
Au-delà de tout ça, Young semblait surtout perdu de chaque côté du parquet. Nous avons l’impression qu’il a eu beaucoup de difficultés à s’adapter à la complexité et la rapidité d’un match NBA, et ainsi vu sa production s’effondrer. Il est encore très jeune puisqu’il fêtera son 20ème anniversaire en août. C’est ce manque d’expérience qui pourrait être l’un des facteurs X de ses faiblesses. Cette théorie se base sur un critère fondamental : il a été dominant en D-League.

Sur l’ensemble de ses 17 matchs en carrière de D-League, James Young possède une jolie ligne de stats : 21.5 points, 4.8 rebonds, 2 passes décisives et 1.5 interceptions sur 33 minutes par match. Son adresse au tir est largement meilleure : 46.3% de moyenne dont 44.2% à 3pts et son différentiel est cette fois de +5.
Ces stats sont évidemment à relativiser au vu de l’adversité dans l’antichambre de la NBA, mais elles montrent qu’il pourrait être une réelle arme offensive pour les Celtics, notamment s’il retrouve une régularité à 3 points, domaine dans lequel Boston se cherche encore.
Il a par ailleurs déjà montré plusieurs fois qu’il a la capacité de secouer les réseaux sociaux (et les cercles) avec de belles actions (trop peu vues cette année en NBA, par manque de confiance) comme celle-ci en finale du tournoi NCAA l’an passé :

Boston a drafté Young pour une certaine raison, et même s’il n’a pas encore assez prouvé avec les Celtics, son temps passé avec les Red Claws nous montre que cette raison peut s’avérer être très juste. De nombreuses rumeurs, lancées par les journalistes locaux ou autres blogueurs américains, indiquent que James Young pourrait être inclus dans un trade si Boston était amené à monter plus haut dans la draft.
Il pourrait même en être la pièce maîtresse selon ce que rapporte Steve Bulpett du Boston Herald :
« Finalement, Boston ne sait toujours pas précisément ce qu’il possède avec un joueur comme James Young » explique un GM. « Mais ce que nous savons, c’est que si Young était resté un an de plus à la fac, on parlerait aujourd’hui de lui comme un joueur du top 10 de cette draft ».

Qu’il reste à Beantown ou qu’il soit envoyé en dehors du Maine, il est définitivement un joueur au potentiel « dangereux » qui pourrait très bien exploser lors de son année sophomore.
Grâce à une année entière d’expérience puis un été d’entrainement au sein de l’organisation, Young pourrait finalement utiliser ses talents à bon escient sur le parquet. Il va tenter de capitaliser sur toutes les chances qui lui seront offertes cette saison afin de prouver qu’il peut créer une différence positive pour cette jeune équipe.

Aujourd’hui d’ailleurs, dans un article publié sur ESPN a été évoqué le cas James Young, et son été à venir, son premier en tant que joueur NBA. Tout comme Jared Sullinger, Young a été plusieurs fois critiqué cette saison pour son manque de maturité et sur son éthique de travail (notamment dans un récent article publié sur Celticsblog, NDLR), réputée douteuse. Tout comme son coéquipier, le jeune joueur se sert de cela pour se motiver :

Je vois et j’entends tout ce qu’on dit sur moi, explique Young. Ça me motive juste qu’ils disent ça sur moi. Je ne suis pas arrivé là par hasard.

L’ailier semble parfois étonné de ce qu’on dit sur lui puisque dans l’effectif, il semble être l’un des joueurs les plus assidus à l’entraînement d’après le staff. En effet, il s’est régulièrement entraîné deux fois par jour à Waltham cette saison, et ce dès qu’il le pouvait. Pour preuve, il aurait gagné dans l’année presque sept kilos de muscles, le tout en réduisant son taux de graisse et en gagnant presque huit centimètres de détente grâce à une passion trouvée pour la salle de musculation.

Cependant, Young avoue aujourd’hui que son éthique de travail n’a pas toujours été exemplaire. Grâce à un jeu basé essentiellement sur ses fondamentaux et ses capacités athlétiques, il n’a jamais eu véritablement besoin de faire de la salle de musculation sa priorité lorsqu’il était encore à l’université. Heureusement, il a désormais pris conscience que la NBA était un tout autre niveau que la NCAA, et que pour défendre face aux différents monstres physiques de la grande ligue, mais également pour arriver à se créer ses propres tirs, il devait travailler plus dur que ce qu’il a fait jusqu’à présent dans sa jeune carrière de basketteur.

Je pense qu’il a vraiment travaillé, confie aujourd’hui son coach, Brad Stevens. Individuellement, il s’est toujours donné et a beaucoup bossé. Je pense que les gars qui l’ont fait travailler ont vraiment fait du bon boulot. On peut largement voir son avancée.

Si Brad Stevens est satisfait de l’implication de son rookie, cela semble également être le cas de Danny Ainge :

James (Young) a beaucoup évolué en maturité – physiquement et mentalement – et nous sommes impatients de le voir à l’oeuvre.

Young, au cours de sa saison rookie mouvementée, a fait pas moins de onze voyages entre les Celtics et la D-League, chose qu’il a accepté pour progresser :

J’ai toujours vécu les aller-retours en D-League de la même façon, en me disant que c’était mon heure pour montrer ce que je savais faire, afin de ne plus avoir à y revenir. Mentalement, c’était dur mais c’était la meilleure chose pour moi, je sais que ça fait partie du processus.

Alors que son coéquipier rookie, Marcus Smart, glanait du temps de jeu en tant que titulaire dans une équipe se battant pour les playoffs, Young a lui progressivement disparu de la rotation au profit de Datome, pour au final ne disputer que 20 minutes au total sur les 26 dernières rencontres de la saison (!) sans compter l’ultime match, comptant pour du beurre sachant que les Celtics étaient assurés de finir septièmes. Stevens, de son côté, l’a toujours soutenu, comprenant qu’il était dans une situation difficile, incapable de retranscrire ses progrès à l’entrainement une fois en compétition. Ses progrès ? Ils ont cependant été remarqués, notamment par le coach des Delaware 87ers, Kevin Young (aucun lien, fils unique, NDLR) :

Je ne sais pas ce que voient Danny Ainge et Brad Stevens, mais ce joueur pourrait définitivement obtenir des minutes à Boston, à moins qu’il ait juste fait le match de sa vie contre nous. C’est ma huitième année en D-League, donc j’en ai vu des joueurs assignés. Honnêtement, c’est l’un des tous meilleurs que j’ai pu voir, autant par sa taille que par sa capacité à tirer, mais également par sa dureté.

Malgré les progrès sans cesse évoqués par le coaching staff, Young a regardé le « Playoffs Push » en costume, sur le banc.

Parfois, il n’y a pas beaucoup d’opportunités, ou alors on revient de blessure (blessure à l’épaule ici pour Young, NDLR) et on est directement confronté à des mecs comme Avery Bradley, Evan Turner, Marcus Smart ou encore Jae Crowder. Or ces gens-là sont physiquement plus matures que Young, explique Stevens. Malgré cela, James a des choses en lui qui ne s’apprennent pas et possède une énorme marge de progression. Il est encore extrêmement jeune, il ne faut pas l’oublier. Parfois, on a des joueurs en workouts ici qui ont deux voire trois ans de plus que lui. On prend du recul et on se dit : ‘whoa’.

À cette heure, Young est uniquement focalisé sur la Summer League, puisqu’il sera de l’effectif qui se déplacera à Salt Lake City et à Las Vegas en juillet. A-t-il prévu de se reposer à un moment cet été pour couper avec le basket ? « Pas pour le moment », répond le joueur.

Je vais aller là-bas et donner tout ce que j’ai, confie Young en évoquant cette période. Je vais attaquer cette compétition comme si c’était la saison régulière. On est plusieurs à avoir énormément travaillé depuis la fin de la saison et à vouloir montrer de quoi on est capable.

Brad Stevens a largement confirmé les dires de son joueur, mentionnant à quel point Young était avide de compétition.

Aujourd’hui, aucune information n’a été donnée sur le rôle que tiendra Young et sa place dans la rotation la saison prochaine. Bien sûr, au vu de ses paroles et de celles du coaching staff, il est envisageable de croire en une solide saison sophomore pour Young mais l’avenir ne lui appartient pas totalement. Cet été, Danny Ainge sera actif et envisage de renforcer l’équipe, peu importe le poste. D’ailleurs, ces déclarations à une semaine de la draft ne sont-elles pas volontairement exprimées pour faire grimper la valeur marchande de Young ? Difficile de vraiment savoir ce que pense le GM de son joueur au vu du timing millimétré de cette sortie médiatique.

James Young, lui, peu importe ce qu’il se passe autour, déclare :

Je serai toujours là à m’épuiser à l’entraînement.

Article co-écrit par Maximilien Clément et Baptiste Godreau

8 Comments on “Quid de l’avenir de James Young ?”

  1. Ce serait dommage de se séparer de James Young aussi rapidement. Il a les qualités athlétiques pour s'améliorer en défense et devenir un scoreur dynamique en sortie de banc. A seulement 19 ans, il a beaucoup de marge de progression.

  2. Ainge ferait une erreur de le lacher si tot, la deuxieme année est toujours meilleur pour un jeune.
    Il est amené a etre le compere de smart (jaime bien le duo de pibull avec avery mais il faudra aussi des points).
    Smart en defense pourra compenser ses faiblesses defensives, pas tout le temps mais un minimum, il y a d'ailleurs de moins en moins de grand 2 offensif.
    Son talent en phase offensif peut etre une benediction pour nous car stevens cherche avant tout a avoir une defense coherente mais il faudra aussi avoir des gars qui puisse creer pour eux meme quand il fera jouer sur des matchs ultra serré et sur sa young en est capable.
    Nous n'avons actuellement que turner qui puisse le faire, smart s'il progresse vraiment sur ce cote mais sinon apres…
    J'espere que ainge fera un trade up pour prendre stein, l'associer a sullinger ou monroe (sullinger peut tres bien etre inclus dans le trade up pour stein), faire progresser young en le faisant sortir du banc et a terme de passer bradley qui rejoindra le banc pour former un duo de tacoma boys sur le banc.
    Laisser turner ou crowder sur le poste 3 en attendant mieux, attendre la free agency 2016 pour recruter une superstar.

    1. Je suis tout à fait d'accord avec toi, on ne devrait pas le lâcher maintenant. La plupart des joueurs pas assez matures lors de leur saison rookie montrent de vrai progrès la deuxième année (avant d'exploser la 3ème ou 4ème). J'attend vraiment de voir ce qu'il nous montrera l'an prochain !

      Pour Sully ce serait un tel pincement au coeur de le voir partir….J'adore ce joueur, il aura toujours un soutien indefectible avec moi !!

      1. Yep mais pour sully, sa t'attend plus de lui, encore plus apres sa blessure.
        Si ainge sait que monroe aimerait venir, bah que faire de lui, sur le banc?
        Je pense pas car il est dans sa derniere année de contrat donc il voudra se montrer et sa peut causer des problemes, il est encore une bonne asset pour ainge et puis s'il a monroe, pourquoi attendre un an avec un sullinger sur le banc puis qu'il devra payer pour conserver.
        J'adore sully mais soyons franc, monroe est plus grand, plus fort, moins blessé, ils ont un jeu similaire mais monroe, tu sais qu'il va etre ultra regulier quand sully a encore des non match.
        Monroe est aussi un meilleur defenseur, de peu mais meilleur, j'en voudrais pas ainge d'avoir monroe en lieu et place de sullinger.

        1. Bien sur que Monroe est plus abouti que Sullinger (l'un est drafté en 2010 dans une équipe avec 0 raquette et l'autre en 2012 sans avoir directement des responsabilités).
          Niveau fragilité on savait à quoi s'attendre, en défense il a encore beaucoup à faire mais avec un peu d'envie il fait clairement le taf (Monroe est dans le même cas mais ce dernier s'étant battu pour obtenir un gros contrat a forcément plus montré de ce côté là).
          Offensivement je dirai presque que ça se vaut. Monroe a un petit shoot à3m50 mais au-delà ça commence à être triste. Au poste il est hyper costaud et a un petit toucher (exactement comme Sully). Son avantage est de faire entre 3 et 5 cm de plus que Sully ce qui est non négligeable. Mais ce dernier shoot de loin (long mid-range et à 3pts).

          Donc oui si on chope Monroe je serai très heureux (je suis aussi fan de Detroit et j'affectionne vraiment ce joueur) mais en même temps j'ai vraiment envie de voir Sully exploser chez nous et montrer l'étendue de son potentiel !!

  3. Je pense que ce serait une erreur de s'en séparer. Comme il est écrit dans l'article, Young serait sûrement un top 10 de la Draft cette année. On a eu la chance qu'en raison de son jeune âge il n'ait pas été sélectionné avant le 17ème choix, alors il serait bête de ne pas lui donner sa chance et de le voir briller ailleurs plus tard. Un joueur à l'esprit offensif comme lui manque d'ailleurs à Boston, c'est une raison de plus de tenter de le faire jouer. Et si ça ne marche pas, un joueur jeune et athlétique dans son style est toujours "tradable". Mais je ne crois pas qu'il faille l'échanger cet été.

  4. C'est vrai que parfois il semblait "perdu" sur le terrain surtout en défense, et en attaque c'était du shoot à 3pts à chaque fois qu'il pouvait, sans doute une consigne. Maintenant, il est tellement jeune que ce serait un risque de le lâcher si tôt.
    Après, Ainge souhaite chopper un top pick ou un gros calibre, ce qui ne serait pas étonnant de voir partir un jeune, comme Zeller, Sully, KO, Young. Le seul intouchable étant Smart à mon avis.
    Été passionnant en perspective.

  5. Avec lui et Hunter ont a enfin nos gâchettes, un au poste 2 et Young pourra jouer sur 3 / 2.

    Plus qu'à s'occuper de la raquette..

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