Rozier, Hunter, Mickey et Thornton atterrissent à Boston

Ce jeudi 25 juin 2015, les Celtics se rendaient au Barclays Center de Brooklyn avec quatre choix de draft en leur possession, dont deux au premier tour. Avec une qualification en playoffs, les Celtics se sont vus attribuer le pick #16, ajouté au pick #28 en provenance des Clippers et à deux picks du second tour, à savoir le #33 directement arrivé des 76ers, et le #45 appartenant aux Celtics.

Dans les heures / jours qui ont suivi, de très nombreuses rumeurs ont agité la toile et fait passer les supporters des Celtics dans tous leurs états. Après cette soirée de draft, les Celtics ont donc franchi une nouvelle étape de leur reconstruction, voyons ce que Danny Ainge et l’ensemble des dirigeants des Celtics ont réussi à attirer à Boston.

Pick #16 : 

Pendant plus de 20 minutes, les fans des Celtics ont espéré. Alors que les picks défilaient, un nom ne cessait de descendre sans être appelé par Adam Silver Justise Winslow. Longtemps annoncé aux portes du top 5 (voire dans le top 5 : selon un exécutif de la ligue interrogé le matin de la draft, il était pré-senti à New-York en #4), il s’est avéré que l’arrière était encore disponible avec le pick #9 des Hornets, longtemps ciblé par Danny Ainge pour un trade-up. Malheureusement, après plusieurs longues minutes de négociations, les deux camps n’ont pas réussi à s’entendre et c’est Frank Kaminsky qui a été choisi par Michael Jordan, les Celtics abandonnant leurs rêves de trade-up. Étant clairement en position de force, nous pouvons légitimement penser que les Hornets étaient bien trop gourmands par rapport à ce qu’était prêt à leur laisser Danny Ainge.

C’est donc quelques choix plus tard, au pick #16 initialement prévu que les Celtics ont sélectionné… Terry Rozier, meneur de jeu en provenance de Louisville. Dans les semaines précédentes, Ainge avait été extrêmement positif sur les deux workouts de Rozier. Meneur de jeu de petit gabarit (1m88 pour 86 kilos), très très rapide balle en main, bon créateur, qui joue et défend dur, prêt à se sacrifier pour sauter sur une balle perdue (en gros, un Marcus Smart version mini). Sur certains aspects du jeu, il peut également présenter un profil similaire à Isaiah Thomas… voire Phil Pressey. Brad Stevens confiait après le choix que Rozier était un des favoris de Ainge, avant de le comparer également à Smart :

Danny l’adore. Nous pensons que c’est un talent très spécial, j’ai hâte de le voir, vous allez aimer le voir jouer, vous verrez. Ca va être fun de le voir évoluer avec Smart (en Summer League). On pensait qu’il serait disponible à ce pick, mais pas beaucoup plus longtemps, vu comme sa cote montait.

Inutile de dire que c’est une décision extrêmement surprenante, alors que l’on sait que des joueurs comme Rondae Hollis-Jefferson, Bobby Portis ou Sam Dekker étaient encore disponibles, et que Rozier aurait peut-être pu encore être disponible au pick #28. De plus, le roster est désormais composé de pas moins de quatre meneurs avec IT – Smart – Rozier et Pressey et les Celtics avaient plutôt besoin d’adresse extérieure que d’un énième meneur. Était-ce le best player available ? Pas sûr, c’est pourquoi la stratégie de Ainge reste floue à l’heure actuelle. Ce choix fait peut-être partie d’un plan à moyen terme cet été, en tous cas les prochaines semaines devraient être très intéressantes du côté de Boston.

Le joueur, lui, avait l’air ravi d’atterrir à Boston puisqu’il a sauté tout habillé dans une piscine en apprenant la nouvelle, avant de déclarer cela :

Être sélectionné par quelqu’un comme Danny Ainge, c’est incroyable. Je ne veux pas le décevoir.

Fort heureusement, il est tombé dans une bonne situation eu égard à son profil et ses qualités déjà existantes. Ainsi, Stevens pourra canaliser ce joueur qui saura sans problème attendre patiemment sa chance, ce qui n’aurait pas été le cas partout et aurait pu conditionner son degré de réussite.

Pick #28 : 

12 choix après ce premier choix surprenant, les Celtics sont à nouveau on the clock… et s’orientent vers R.J Hunter (1m96, 79 kilos), en provenance de Georgia State. Danny Ainge le confirme par ce choix, il n’est pas venu ce soir pour drafter mais bien pour récupérer de nouveaux assets à empiler. En effet, il sélectionne avec ce choix un énième arrière, sauf que celui-ci pourrait combler un réel besoin à Boston puisque c’est un shooteur fiable… mais toujours pas le rim protector espéré par nombre de supporters.

Brad Stevens et Danny Ainge ont-ils volontairement drafté deux arrières ?

On drafte toujours le meilleur joueur disponible. Y a-t-il assez de places pour tous nos extérieurs ? C’est une bonne question. Ce qui est sûr, c’est qu’ils seront en compétition.

Et ce dont nous sommes sûrs, c’est que vous allez adorer R.J. Hunter. En plus d’être un sniper (malgré ce qu’indiquent ses pourcentages universitaires), c’est un très bon passeur et globalement, un joueur avec de bons instincts et une solide éthique de travail. À seulement 21 ans, il a par exemple déjà adopté l’alimentation saine de tout sportif qui se respecte et passe des heures à analyser des vidéos.

S’il reste à Boston, l’équipe se sera clairement renforcée avec son profil et aura peut-être même réalisé un steal.

Pick #33 : 

Dès le début du second tour, les Celtics sont à nouveau amenés à drafter… et sélectionnent Jordan Mickey, en provenance de LSU.

Intérieur au profil un peu bâtard de 2m03 pour 109 kilos, Mickey est un joueur extrêmement athlétique, qui contrait plus de trois tirs par match à l’université malgré sa petite taille pour un intérieur, mais grâce à un très bon timing de contre. D’après les scouting reports, il serait un joueur intelligent, ayant gagné un peu en tir extérieur la saison dernière et étant capable de jouer au poste. Par contre, sa taille reste un problème puisqu’il se situe entre le poste 3 et le poste 4.

Brad Stevens avait l’air surpris de voir Mickey encore disponible à ce choix, satisfait de pouvoir l’atteindre. Il se murmure même que Boston a envisagé de le prendre en #28.

L’équipe récupère en tout cas non seulement le meilleur contreur universitaire de cette taille, mais également un excellent poseur d’écrans, ce qui n’est peut-être pas anodin étant donné la propension du staff à se tourner vers les stats avancées ainsi que l’importance toujours plus forte du pick dans les systèmes NBA.

Pick #45 : 

Sérieux candidat au draft and stash, Marcus Thornton ne devrait pas rester suffisamment aux USA pour qu’on ait le temps de trouver de vraies bonnes blagues au sujet de son nom et… Enfin, vous savez.

Arrière de petite taille, il ne pourra pas occuper un autre poste que celui de meneur en NBA s’il y joue un jour. Mauvais passeur, sorti d’une fac peu connue, il se présente comme un handicap défensif pour toute équipe, handicap qu’il ne pourra espérer compenser que par une rapidité utilisée à bon escient, ce que confirme son adresse à trois points (40%).

https://www.youtube.com/watch?v=z3LQfbrWSOM

Vous l’aurez compris, c’est un curieux choix et on peut supposer que si Ainge l’a pris, c’est qu’il ne devait vraiment pas être emballé par quelqu’un d’autre.

Conclusion :

Incapable de trouver un partenaire enclin à négocier selon ses conditions, Ainge n’a pas pu monter dans l’ordre de la draft, ce qu’il espérait pourtant au moins autant que les fans de l’équipe.

J’avais annoncé qu’on essaierait de trade up, mais là, c’était bien trop cher, indique le GM tout en dénonçant les fausses rumeurs qui avaient excité toute la fanbase des Celtics. Je ne suis pas frustré, nous avons tout essayé depuis deux semaines et il n’y a qu’aujourd’hui qu’on a senti que c’était plus ou moins possible. On a tout donné.

Tout ?

On a peut-être trop tenté, même. À un moment, je me suis dit qu’on était en train de perdre pied, et qu’on allait placer beaucoup trop d’œufs dans le même panier pour un seul jeune.

La bonne dynamique récente ne doit en effet pas nous faire oublier que si le futur s’annonce brillant, les dividendes des sacrifices entrepris depuis deux ans maintenant ne doivent pas être dilapidés dans la précipitation. L’intersaison débute à peine, les opportunités seront nombreuses et le front office les évaluera toutes. D’ailleurs, Ainge conclut en rappelant les sages paroles d’un des plus illustres hommes qu’ait connu la maison verte :

Red Auerbach avait coutume de dire que parfois, les meilleurs trades sont ceux qu’on ne fait pas.

Article rédigé par Baptiste Godreau et Léo Hurlin

One Comment on “Rozier, Hunter, Mickey et Thornton atterrissent à Boston”

  1. Merci de nous avoir fait relativiser un peu cette draft plus qu'étrange!

    (puis le choix de prendre Thornton alors que Wood voire Dakari Johnson était encore dispo….)

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