Rozier, Hunter, Mickey, Smart et Young passés au crible de la SL

Avec pléthore de joueurs draftés cette année, les Celtics auront un des effectifs les plus jeunes en NBA la saison prochaine. Analysons ce noyau de jeunes joueurs en examinant leurs productions estivales et leurs niveaux de compétences à l’aube de la saison 2015-2016. Bien sûr, nous savons autant que vous que les évaluations ne sont faites que sur de la Summer League dont le niveau reste très moyen, mais c’est déjà une première idée des joueurs en question.

Marcus Smart, meneur, drafté à la 6ème position en 2014 :

Bien qu’il nous ait fait une belle frayeur quand il s’est écrasé sur le parquet en hurlant de douleur, le meneur dans sa deuxième année a réussi à s’en tirer qu’avec seulement deux doigts déboités. Avant cela, Marcus Smart a été un des meilleurs joueurs de Boston cet été, ayant notamment montré ses progrès sur son maniement du ballon sur pick and roll. Les passes à terre sont également devenues quelque chose de plus courant pour lui, et il a semblé être plus réactif dans sa lecture des passes / du jeu. Smart a réalisé du bon travail dans ses changements de vitesse et est allé sur la ligne des lancers en moyenne cinq fois par match, d’où il a tiré à 82,6%.

Bien que Smart soit un véritable buffle sur pénétration, il n’a pas la vitesse nécessaire pour arriver au panier à volonté, et devra donc adopter un jeu à mi-chemin de cela. Il a travaillé son floater cet été et semblait à l’aise sur ses deux tentatives en Summer League. S’il venait à rentrer ce floater de manière régulière, il ajouterait une corde de plus à son arc qui le rendrait encore plus difficile à arrêter.

Marcus Smart se sent clairement à l’aise pour shooter derrière un pick and roll, mais il a éprouvé de grandes difficultés pour marquer en sortie de dribble. Il n’a shooté qu’à 28,2% à trois points mais il s’est montré efficace dès lors qu’il recevait la balle, faisant étalage de son shoot rapide et tout en confiance. Ce n’est pas une réelle nécessité à ce niveau de sa carrière, mais ce serait un gros plus pour son efficacité s’il pouvait s’améliorer en sortie de dribble à l’avenir.

C’est peut-être l’esprit de leader qui s’est le plus développé chez Smart cet été. Comme on s’y attendait, il a été un véritable monstre assoiffé de sang en défense, ce qui a rendu la vie impossible à ses adversaires. Surtout, cette attitude a entraîné ses coéquipiers. Il également donné plus de voix depuis le banc, embrassant le rôle du leader qui lui est promis à Boston. Bien qu’il ne soit âgé que de 21 ans, Marcus Smart est incontestablement un des chefs d’orchestre de cette jeune équipe des Celtics, en témoigne ses consignes défensives énoncées à R.J Hunter lorsqu’il était sur la touche après sa blessure aux doigts.

Terry Rozier, meneur, drafté à la 16ème position en 2015 :

Les fans des Celtics ont regardé vers le ciel lorsque Danny Ainge a sélectionné Terry Rozier en juin dernier : « encore un énième combo guard ? ». Mais le niveau de jeu du meneur de Louisville a réussi à dissiper (quelques) doutes, puisqu’il a démontré un certain potentiel à devenir une menace des deux côtés du terrain.

Rozier défendait principalement en zone à Louisville, mais il a réalisé du bon travail lorsqu’il s’agissait de défendre sur pick-and-roll et de contenir le porteur du ballon. Il a poussé ses adversaires à perdre le ballon en défendant avec une grande intensité (à la manière de Smart), ce qui lui permettra dans le futur de gagner la confiance des coachs à l’entrainement. De façon générale, Terry Rozier a été très solide en tant que meneur. À quelques occasions il s’est introduit dans la peinture tel un serpent et a distribué avec précision des passes derrière l’arc, un développement positif à ce niveau.

Toutefois, quand on prend en compte l’effectif chargé de Boston à certains postes, il est difficile d’imaginer Rozier bénéficier de beaucoup de minutes cette saison. Il est plus réaliste qu’il joue un rôle à la (sortez les mouchoirs, ndlr) Phil Pressey, où il sortira du banc et jouera en tant qu’énergisant. Mais il serait probablement plus intéressant pour lui d’avoir un grand nombre de minutes en D-League, où il pourra travailler sur ses faiblesses.

Plus important que ça, Rozier doit s’améliorer réellement sur sa finition au panier. Avec un premier pas explosif et une grande vitesse, il est capable de pénétrer en profondeur dans la raquette ; mais il a toujours du mal à finir, particulièrement sur sa mauvaise main. Bien que cela soit une source d’inquiétude, il est possible que son manque de scoring ne soit pas dû au toucher, une chose que les joueurs ont ou n’ont pas. Cela vient plus probablement de son niveau technique, que les coachs devraient être à même de mettre au niveau au fur et à mesure qu’il fera son expérience en match. De plus, dans un rôle de troisième meneur ou deuxième arrière, il lui sera demandé de prendre soin du ballon et de contrôler au mieux le tempo, chose avec laquelle il a parfois eu du mal à Las Vegas.

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R.J. Hunter, meneur, drafté à la 28ème position en 2015 :

Les Celtics n’auraient pas pu demander beaucoup plus d’Hunter cet été. Il a excellé en tant que shooteur, passeur et a été actif en défense. Après avoir admis être nerveux lors de ses deux premiers matchs à Utah, Hunter a fait démonstration de sa palette offensive en rentrant 14 de ses 22 dernières tentatives à trois points. A chaque match les Celtics l’ont utilisé de façon plus variée, en le lançant en sortie d’écran et sur pick-and-roll. En joueur très réfléchi, Hunter a compris les systèmes adverses rapidement et même de façon précoce pour son âge.

Comparé à sa dernière saison à Georgia State, Hunter semble avoir amélioré sa maitrise du ballon, mais il devra tout de même devenir plus rapide et devra évidemment s’épaissir. Il aime utiliser sa main faible pour retenir les défenseurs adverses, mais cela sera peut-être moins efficace face aux joueurs NBA, ou alors on lui sifflera des fautes offensives. Il a par contre attiré un total de 43 fautes (le plus élevé des Celtics), en shootant à 83,7% aux lancers-francs. Ces fautes viennent à la fois de ses pénétrations conclues par des floaters ainsi que de ses feintes de tirs avant de provoquer la faute sur les défenseurs qui sautaient sur lui.

Cela n’a pas surpris ceux qui l’ont suivi attentivement à Georgia State, mais Hunter a bien fait preuve de capacité à passer le ballon, pour le plus grand plaisir des fans qui ne s’y attendaient pas. Il a une très bonne vision du jeu, un grand Q.I basket et il a réalisé à chaque match au moins une passe impeccable qu’on est en droit d’attendre d’un meneur, moins d’un joueur à la réputation de tireur. Il a une très bonne compréhension de ce qui se passe sur le parquet, et c’est quelqu’un qui pourrait un jour jouer meneur, en admettant qu’il améliore son maniement du ballon.

Hunter a aussi répondu présent en défense. Il s’en est bien sorti sur le jeu sans ballon en aidant ses coéquipiers à refermer la défense sur un joueur et en laissant rarement un shoot ouvert à son adversaire direct.  Il devra par contre améliorer sa lecture des écrans sans ballon car il s’est fait prendre à plusieurs reprises et s’est retrouvé en retard en sortie d’écran, chose qui ne pardonne pas en NBA. La défense d’Hunter sur pick-and-roll a elle aussi été meilleure que prévue, ce qui est probablement dû à ses grands bras qu’il a utilisé pour chercher la balle et ainsi créer des turnovers. Ce n’est pas une surprise, il aura besoin de devenir plus fort pour éviter que les porteurs du ballon ne lui chargent dans le torse et attirent les fautes, mais c’est quelque chose qui viendra avec le temps.

Enfin, dernier point positif, valable également pour Rozier : Hunter aime les responsabilités en fin de match et les gros tirs. À plusieurs reprises, il a pris les choses en main, tout comme son coéquipier face aux Blazers, pour rentrer des gros tirs et faire gagner son équipe. De bonne augure pour la suite.

Les Celtics se classaient 27ème à longue distance la saison passée, ce qui pourrait donner l’opportunité à R.J. Hunter d’avoir des minutes en début de saison s’il parvient à s’installer devant Young dans la rotation. C’est un joueur intelligent avec un shoot extérieur qui semblerait rentrer même les yeux fermés. S’il conserve cette bonne forme lors de la pré-saison et profite des opportunités, Stevens n’aura peut-être pas d’autre choix que de le faire jouer.

James Young, arrière, drafté à la 17ème position en 2014 :

La bande des groupies de James Young s’est très peu montrée durant cette Summer League. En effet, leur chouchou, ancien arrière de Kentucky a été (très) en difficulté, ne shootant qu’à 22% derrière l’arc en 22 tentatives. Malgré sa non-réussite, Young possède une très jolie mécanique de tir, et fort à penser que le problème doit plutôt être dans sa tête. À plusieurs reprises durant cette Summer League, il est apparu frustré sur le terrain, faisant encore plus vaciller sa production offensive et surtout défensive.

De nombreux athlètes évoluent avec des préparateurs mentaux avant les matchs et durant les jours off, afin d’améliorer leur concentration et d’apprendre à mieux gérer le stress. Si Young ne s’en sert pas encore, cela pourrait notamment l’aider à mieux appréhender les rencontres et éviter cette anxiété qui le bloque sur le train. Doug McDermott, par exemple, y a eu recours et en a parlé comme étant l’une des clés de son succès.

Young n’a pas fait de gros progrès en défense, un domaine où chaque joueur NBA peut réussir, avec un peu de volonté / concentration. Parfois, il a fait du bon boulot pour lire les écrans et se déplacer en suivant son adversaire à la culotte, bien aidé également dans les situations de un-contre-un par sa prise de masse récente. Malheureusement, il s’est également souvent endormi, oubliant par exemple de lever un bras devant un tir pour le contester… Ses maigres progrès sont encourageants, mais il n’a toujours clairement pas le niveau défensif requis pour évoluer en NBA.

Malgré cela, il est important de garder en tête que James Young n’a que 19 ans, et il était même dans cet effectif de Summer League le bébé de l’équipe. Seulement, les opportunités se suivent, aussi rares qu’elles soient pour lui ou pour tous les autres joueurs de son âge, et il n’a toujours pas été capable de montrer ses supposés progrès.

La suite s’annonce donc compliquée pour James Young. Avec autant de profondeur à son poste devant lui dans la rotation, les opportunités vont être réduites l’an prochain, qui plus est dans un groupe qui jouera les Playoffs. À moins d’un miracle d’ici au training camp, il est peu probable de voir Young dans la rotation, Brad Stevens devant plutôt s’appuyer sur des joueurs prêts à faire gagner l’équipe immédiatement, ce que n’est pas Young. Pour un jeune de 19 ans, il n’y a rien d’alarmant, mais la prochaine saison risque d’être encore parsemée d’allers-retours entre Celtics et Red Claws pour le sophomore.

Jordan Mickey, intérieur, drafté à la 33ème position en 2015 :

Mickey a signé cette semaine un contrat de quatre ans et cinq millions de dollars avec les Celtics, l’un des plus lucratifs contrats jamais proposé à un second tour dans l’histoire de la ligue. Verrouiller Mickey à Boston est une sage décision pour les Celtics, bien qu’il ne soit à cette heure-ci pas garanti que le rookie ait un temps de jeu conséquent dès la saison prochaine. Derrière cinq autres intérieurs, il sera dur pour lui de s’imposer et Mickey pourrait également faire des allers-retours avec les Red Claws.

Pour mériter ce contrat, Mickey a montré de très bonnes choses durant les deux dernières semaines de compétition. L’intérieur de LSU a notamment contré 2,4 tirs en moyenne par match, démontrant tout son sens du timing et sa faculté à utiliser son envergure de façon adéquate. Pour un intérieur, il dispose également d’une bonne rapidité et ressemble au profil des intérieurs modernes de la ligue qui sont à la fois fins, capables de défendre dans le périmètre et capables de contrer des tirs.

Aussi intéressant qu’il a été cet été, il a tout de même besoin de faire de gros progrès dans la régularité de son jeu. Bien qu’il ait saisi 7,9 rebonds en moyenne par match, il a manqué quelques box-outs qu’il n’aurait pas dû et a une fâcheuse tendance à mordre dans les feintes de tir. En NBA, les vétérans risquent de très vite trouver une façon de le battre en un-contre-un, donc prendre de l’expérience en D-League ne lui ferait pas de mal pour bien débuter sa carrière.

Sur le plan offensif, Mickey a été solide, plus qu’il n’était prévu. Pour son âge, c’est un très bon poseur d’écran, véritable menace en roulant vers le panier. Cependant, il a été en difficulté sur son tir à mi-distance, chose sur laquelle il doit progresser pour passer du statut de role player à titulaire un jour dans la ligue. Les Celtics vont devoir travailler avec le joueur pour qu’il passe un cap, gagne en consistance et améliore sa mécanique de tir.

Avec le 33e pick de la Draft, les Celtics n’auraient pas pu avoir mieux que Mickey cet été. C’est réellement un bon prospect et il a le potentiel de devenir le meilleur joueur des quatre choix des Celtics cette année, notamment par sa capacité à protéger le cercle.

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Nous avons ici évoqué les cinq prospects les plus importants de ce roster de Summer League, nous reviendrons prochainement sur les prestations de Marcus ThorntonJonathan Holmes et C.J Fair par exemple.

Article traduit et adapté par Jérémy Kervran et Baptiste Godreau, de l’article original de Kevin O’Connor : ‘2015 Summer League: Assessing the fit of the young Boston Celtics core