Terry Rozier : « Les fans finiront par m’adopter »

Terry Rozier était à des kilomètres de la déception exprimée par les fans à Boston lorsque son nom a été appelé par Adam Silver le 26 juin dernier, annonçant que les Celtics l’avaient sélectionné en 16e position de la Draft. Alors que les gens huaient et critiquaient ce choix à la fête organisée pour l’occasion par les Celtics, Rozier, lui, sautait dans une piscine tout habillé.

Quand mon nom a été appelé, les gens criaient, je n’entendais rien. J’étais simplement heureux de voir comment réagissait ma famille, confie Terry Rozier.

Danny Ainge, en revanche, a bien entendu la réaction des fans. Il avait beau être en-dessous de la salle des invités au Seaport Hotel, la réaction des abonnés du TD Garden s’est faite entendre et sentir. Cependant, le président des opérations basket des Celtics savait par expérience qu’il ne devait pas s’inquiéter.

Plusieurs des meilleurs picks drafts avec lesquels j’ai évolué sont des joueurs qui n’avaient pas été bien accueillis, explique le GM. Le premier qui me vient à l’esprit, c’est Steve Nash, alors que je coachais Phoenix. Les gens voulaient que l’on sélectionne John Wallace de Syracuse. Les fans étaient dingues. L’accueil a été horrible.

Nash s’est avéré être un steal de la draft 1996. Trois picks plus tard, John Wallace était sélectionné, avant de réaliser une carrière NBA banale dans cinq franchises différentes. C’est également lors de cette Draft que les Celtics ont sélectionné Antoine Walker au pick #6, alors que Kobe Bryant a été sélectionné sept choix plus tard. Ainge poursuit :

Je me rappelle également du jour où l’on a drafté Shawn Marion. Tout le monde pensait alors que l’on sélectionnerait forcément Corey Maggette. Il a certes fait une bonne carrière, mais pas comparable à celle de Marion, qui est exceptionnelle. Ce sont les deux picks qui me viennent en tête.

Danny Ainge avait choisi Marion en neuvième position, tandis que Maggette avait été sélectionné par Seattle au pick #15, avant d’être transféré à Orlando le soir-même.

Rozier semble bien comprendre les caprices d’une fanbase, surtout ceux de supporters qui espéraient voir sortir un nom plus familier de la bouche d’Adam Silver pour le pick des Celtics. Mais il est prêt à faire changer les mentalités.

J’ai compris. Je sais que les fans de Boston vivent pour le basket et attendaient sûrement un plus grand nom.

Cependant, je dirais que les fans finiront par m’adopter. Je me donne toujours à 110 %, que ça soit à l’entraînement, en match, ou n’importe où. J’espère donc que leurs sifflets vont se transformer en « hourra ». C’est mon but. Je sais que les gens ne plaisantent pas avec le basket ici, mais moi non plus. Ça finira bien par s’améliorer.

Personne ne veut que son nom soit hué un jour, mais je le vis bien. Je ne vais pas me laisser perturber parce que je sais ce que je vaux. Je sais que les gens finiront par adopter mon approche du jeu.

Ce qui est sûr, c’est que Rozier a déjà la confiance de Danny Ainge, et ce dernier n’est pas influencé par les opinions extérieures.

On a le choix entre drafter la personne que les gens veulent que l’on drafte, ou bien drafter le joueur que l’on pense être le meilleur. Au bout du compte, on choisit toujours le meilleur joueur disponible, et je crois beaucoup en Terry. Je ne crois pas seulement en son talent, je crois aussi en lui en tant que personne, et en son éthique de travail. Ses qualités athlétiques et son physique, voilà ce qui m’a attiré chez lui et j’ai hâte de voir ce que ça va donner.

Je pense que ça ne prendra pas longtemps pour que nos supporters réalisent à quel point c’est un bon joueur. Terry a un féroce esprit de compétition et de grandes qualités athlétiques. C’est le type de joueur que je préfère — Delonte West, Tony Allen, Avery Bradley, vraiment. J’adore ce type de gars.

Rozier croit fermement qu’il peut être adopté par ces supporters. Bien qu’il ne soit pas très large, il pense pouvoir gérer la pression qui pèse sur ses épaules. À la manière de Paul Pierce après que neuf équipes ont fait l’impasse sur lui en 1998, Rozier a beaucoup à prouver aux équipes qui ne l’ont pas choisi plus tôt, mais également à ses détracteurs, qui pensent qu’il a été sélectionné bien trop haut. Il confie :

J’ai toujours joué comme ça dans ma vie. Vous voyez, je suis content d’être dans la position du joueur qui a été oublié par 15 équipes. Je suis prêt pour ça.

Curieusement, Rozier a été plutôt calme et détendu depuis son arrivée dans l’effectif de la Summer League, durant laquelle il a enregistré 12,2 points, 3 rebonds et 3,9 passes en moyenne sur huit matchs, avec une appréciable tendance à prendre les matchs à son compte dans le money time (voir highlights plus bas).

Chaque fois que j’entre sur un terrain, je suis une autre personne. Je suis à fond. Je veux gagner en me battant aussi dur qu’il le faut.

Je ne suis pas quelqu’un de méchant en dehors du terrain, mais je veux que mon adversaire donne le meilleur de lui-même, tout comme moi. Je ne pense qu’à gagner.

Et à changer l’opinion des fans des Celtics par la même occasion.


Article traduit par Baptiste Godreau de l’article de Steve Bulpett : ‘Terry Rozier: Celtics fans ‘will end up falling in love with me

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