Brad Stevens et Evan Turner racontent l’Afrique du Sud

Devenir entraîneur de basket a offert l’opportunité à Brad Stevens de voyager à travers le globe, lui permettant ainsi de connaître différentes cultures tout en faisant partager sa science du jeu. La semaine dernière, le coach des Celtics l’a passée à presque 13 000 kilomètres de Boston, à Johannesburg (Afrique du Sud) plus précisément, en compagnie d’Evan Turner et de deux douzaines de coachs et joueurs.

Samedi, les deux représentants des Celtics avaient l’honneur de faire partie de la Team World pour le premier match NBA de l’Histoire disputé sur le sol africain. Stevens était l’assistant du coach des Nets, Lionel Hollins, pour l’occasion, tandis qu’Evan Turner était membre d’un roster composé de stars telles que Chris PaulBradley Beal ou encore les frères Gasol.

Après 48 minutes de jeu, cette équipe World est venue à bout de la Team Africa (101-97), composée de joueurs d’origine africaine (à une ou deux générations) tels que Luol DengNicolas Batum ou des membres du Hall Of Fame comme Hakeem Olajuwon ou Dikembe Mutombo.

Stevens et Turner ont eu l’honneur d’être invités à cet événement (tout comme Marcus Smart, mais ce dernier a dû déclarer forfait en raison de sa blessure au doigt), mais ce sont les jours précédents ce match particulier qui ont été les plus significatifs pour les membres des Celtics.

Vendredi, les deux sont en effet allés rendre visite à des enfants à Ennerdale, petit village à une trentaine de kilomètres au sud de Johannesburg. À l’occasion de cette visite, eux et d’autres membres de la ligue ont pu rencontrer de nombreux enfants orphelins réunis dans ce village, et inaugurer une nouvelle bibliothèque ainsi qu’un terrain de basket.

Stevens, joint par téléphone par celtics.com alors qu’il rentrait en bus de ce village, a confié que ce voyage était une leçon d’humilité, expliquant que ce trip en Afrique du Sud « n’était pas nécessairement fait pour mettre en avant la marque qu’est la NBA mais surtout pour aider. Je pense que c’est ce qui a guidé Adam Silver, ses associés ainsi que les joueurs, les dirigeants et les coachs. C’est là que se trouve l’impact de cet événement. »

Ce voyage a également ouvert les yeux de Turner, joint par téléphone peu après son entraîneur.

« Nous sommes extrêmement chanceux d’avoir grandi aux USA », confiait Turner. « J’ai été stupéfait par le bon esprit et la reconnaissance de ces enfants ici. »

Cette reconnaissance, les joueurs en ont été témoins durant tout le séjour en Afrique du Sud, et ce même avant la découverte de ce village. Mercredi et jeudi dernier, ils se sont rendus dans des hôpitaux de Johannesburg où les soins étaient prodigués par des étudiants.

« C’est incroyable de voir à quel point le basket a de l’impact, et pas seulement sur moi mais sur tous les gens dans cette pièce », confiait Stevens à propos de cette visite à l’hôpital. « C’est quelque chose qui nous relie, quelque chose que l’on aime tous, une passion commune que l’on partage, c’était vraiment super d’avoir cette chance de rencontrer ces gamins. »

Stevens a rajouté plus tard, « C’est absolument incroyable d’être là et de voir le regard des enfants quand Hakeem Olajuwon passe à côté d’eux, ou quand Dikembe Mutombo est dans le coin, ou même Luol Deng, à quel point ils font figure de modèles pour les enfants d’ici qui aiment le basket. »

Cet amour du basket fut largement exposé pendant le très attendu match de samedi.

L’Ellis Park Arena, qui affiche une capacité de 4 300 places, toutes vendues en dix-neuf minutes (!), était pleine à craquer pour assister à la victoire de la Team World sur la team Africa.

L’équipe menée par Stevens et Hollins accusait pourtant un retard de 15 points (62-77) à l’entrée du quatrième quart temps, mais l’autre Celtic de l’équipe apporta sa contribution pour un impressionnant come-back.

Turner, comme à son habitude, a noirci la feuille de statistiques avec 14 points, 7 rebonds et 8 assists (record sur le match), animant le jeu de la Team World exactement comme il l’a fait pour les C’s durant une grande partie de la saison dernière. Il a notamment rentré une poignée de jumpers décisifs et distribué quelques superbes caviars dans les dernières minutes, alors que la Team World filait vers une victoire serrée 101-97.

Mais la plus grande victoire de ce voyage fut l’impression laissée par ces ambassadeurs de la NBA sur l’Afrique du Sud.

« La NBA, les joueurs présents ici, ont été formidables avec les enfants, allant à leur rencontre, allant aux différents événements, et, tout comme moi, apprenant un tas de choses » confie Stevens.

« Pour nous tous, c’était une opportunité de découvrir une partie du monde, des choses sur Johannesburg, sur l’Afrique du Sud et un tas d’autres choses. »

C’était également une opportunité pour la NBA de s’exporter dans un endroit qu’elle n’a pas encore colonisé. En tout cas, Stevens et Turner ont laissé ici une marque qu’ils, eux et ceux qu’ils ont rencontré, chériront à l’avenir.

Article traduit par Hugo Geindre et Baptiste Godreau, de l’article original de celtics.com : ‘Stevens, Turner Leave Their Mark in Africa