Quelles rotations pour la saison qui s’annonce ?

On le dit, on le répète souvent. Il est difficile voire impossible de se projeter dans l’avenir quand on suit une équipe en phase de reconstruction, qui plus est avec Danny Ainge à sa tête. C’est pourtant ce qu’on va tenter de faire une fois de plus en faisant aventureusement fi du fait que le roster actuel comprenne 16 joueurs (on ne compte pas Zoran Dragic) et en examinant les options qui se présenteront à Brad Stevens si la saison démarre avec ce groupe.

À la fin de l’exercice précédent, les rotations des Celtics se présentaient comme cela : un cinq titulaire composé de Marcus Smart, Avery Bradley, Evan Turner, Brandon Bass et Tyler Zeller. Isaiah Thomas en sixième homme ; Kelly Olynyk et Jared Sullinger en rotation intérieure (ce dernier revenant tout juste de blessure), Jae Crowder en remplaçant de Turner, Jonas Jerebko et Luigi Datome en jokers avec un temps de jeu fluctuant selon les besoins de l’équipe et leur forme, ; Wallace, Pressey et Young se partageant le peu de restes et Chris Babb faisant le nombre.

Depuis, Bass, Datome (snif), Wallace, Pressey (double snif) et Babb sont partis alors que Amir Johnson, David Lee, Perry Jones III, et les trois rookies Terry Rozier, R.J Hunter et Jordan Mickey ont fait leur apparition au sein du groupe. Celui-ci semble donc encore plus homogène, tous les joueurs pouvant prétendre à passer du temps sur le parquet et il semble encore plus difficile que l’an passé de deviner un cinq de départ clair.

À ce propos, Gary Washburn propose, dans un article pour le Boston Globe le cinq de départ suivant : Marcus Smart, Avery Bradley, Jae Crowder, Amir Johnson, David Lee.

Pour lui, la titularisation des deux vétérans apportera de la présence à l’intérieur, notamment au niveau du rebond. De plus, ils semblent être assez complémentaires, Johnson étant plus porté sur l’aspect défensif et Lee sur l’aspect offensif. Cependant, cela implique de mettre Tyler Zeller, Jared Sullinger et Kelly Olynyk sur le banc et de partager le temps de jeu en sortie de banc, sachant que Jerebko prétendra lui aussi à des minutes, que le rookie Jordan Mickey n’a pas été signé pour rien et que son profil défensif pourrait lui valoir du temps de jeu. Si Sullinger ou Olynyk auront peut être du mal à se satisfaire d’un temps de jeu réduit, Jeff Clark souligne justement, dans un article sur Celticsblog, que s’ils ont montré des bribes de leur talent, ils ont encore du mal à trouver la régularité nécessaire au statut de titulaire. À ce niveau, débuter la saison avec un statut de remplaçant derrière des joueurs aussi expérimentés que Johnson et Lee pourrait les pousser à fournir les efforts pour s’améliorer et gagner leurs places respectives.

Autre changement par rapport au cinq de la fin de saison précédente : Crowder serait propulsé titulaire à la place d’Evan Turner, un moyen d’affirmer son importance dans le projet de la franchise et une suite assez logique au contrat qu’il a signé cet été. Cela contribuerait également à renforcer l’identité défensive de l’équipe, même sans pivot pour protéger le cercle. Ainsi, un quatuor défensif composé de Smart, Bradley, Crowder et Johnson pourrait donner du fil à retordre à plus d’une équipe. Washburn pense également que faire sortir Turner du banc pourrait lui permettre de maximiser son potentiel en jouant sur son meilleur atout : la polyvalence. Il est capable de joueur sur les postes 1, 2 et 3 et l’attaque des Celtics souffrira moins des périodes où il manque de réussite s’il n’a plus un statut de titulaire. Enfin, il y l’énigme Perry Jones. L’ex joueur d’OKC n’a pas franchement convaincu pendant ses trois premières saisons au sein de la ligue, et il n’a pas forcément la réputation d’être un travailleur humble et acharné. Cependant, il n’est pas dépourvu de qualités (loin de là), notamment physiques, et il a déjà montré des choses intéressantes lors de certains matchs l’an passé, lors de l’absence de Kevin Durant notamment. À voir si au sein d’un environnement propice et bien coaché il peut révéler tout son potentiel à la manière d’Evan Turner l’an passé.

La ligne arrière Smart – Bradley resterait elle inchangée, ce qui est plutôt logique au vu des performances des deux joueurs lors de la saison dernière et de la pression défensive que ces deux là peuvent fournir quand ils sont associés. Cela implique encore une fois de laisser Isaiah Thomas sur le banc, et si ce rôle lui a parfaitement convenu jusqu’ici, lui valant presque le titre de sixième homme de l’année, va-t-il s’en contenter longtemps ? Même en sortie de banc, il bénéficiera d’un temps de jeu très conséquent mais on connait l’importance que peut revêtir le statut de titulaire aux yeux des joueurs. Ce qui est certain, c’est que la concurrence marchera à plein régime au sein de la ligne arrière puisque derrière de ces trois là, auxquels on ajoute Evan Turner qui peut jouer également sur les postes 1 et 2, s’agite tout un groupe de jeunes affamés. Terry Rozier qui a séduit durant les summer leagues et qui est décidé à montrer que les fans ont eu tort d’être déçu par le choix d’Ainge durant la draft ; James Young qu’on espère revanchard et qui ne doit pas laisser filer sa chance de montrer son talent cette saison, au risque de compromettre sa carrière NBA ; RJ Hunter enfin, qui a aussi montré de belles choses durant les summer leagues. Si on attend peut être moins de lui pour sa première saison, lui a l’air de son côté assez ambitieux, puisqu’il a promis à son père qu’à la fin de la saison, il serait présent dans une des All-Rookie team.

Concernant les rookies (et James Young…), il semble cependant plus probable que la plupart de leurs minutes soient passées en D-League que sur un terrain NBA. Avec un effectif si complet / homogène, il ne semble pas y avoir de places pour ces jeunes. Ainsi, une acclimatation avec les Red Claws et des allers-retours entre la D-League et le banc NBA semblent certains. Heureusement, les Celtics ont un lien étroit avec leur équipe affiliée en D-League et les Mickey, Rozier ou encore Hunter devraient s’épanouir en jouant avec les systèmes dessinés par Brad Stevens. Du temps de jeu et des systèmes NBA, de quoi profiter tout de même de leur saison rookie pour ces trois recrues.

 

Il n’y a plus qu’à espérer que cette abondance de talent ne crée pas de tensions mais une émulation poussant chaque joueur à donner le meilleur de lui même, mais avec quelqu’un d’aussi habile que Brad Stevens pour gérer tout ça, on ne se fait pas trop de soucis vu comme la saison passée a été gérée de main de maître.

Cette proposition de cinq titulaire semble donc crédible et solide, mais on peut cependant émettre quelques doutes sur sa capacité à créer du jeu balle en main. L’année dernière, ce rôle incombait souvent à Evan Turner, et il est difficile de voir Jae Crowder reprendre le flambeau. Cela donnera beaucoup de responsabilités sur Marcus Smart qui devra développer son arsenal de meneur, ce qui n’est pas forcément un mal. D’autant que les solutions existent sur le banc avec Evan Turner donc, qui peut rentrer à plusieurs postes et Isaiah Thomas qui sont tous les deux capables d’amener de la créativité.

Finalement, au delà du cinq titulaire, il sera intéressant d’observer les rotations, les rôles que les joueurs prendront au sein de l’équipe, les ajustements de Brad Stevens par rapport aux équipes adverses, les joueurs qui auront la confiance du coach dans les fins de matchs serrées, bref, du basket. Vivement que la saison démarre.

Article écrit par Hugo Geindre, inspiré par ‘Roster set, Celtics must now determine rolesde Gary Washburn etWhat will the Boston Celtics starting lineup look like?de Jeff Clark.